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Publié le 17 février 2019 – 22 h 44 min , par

Rien ne va plus : le mouvement réformateur néolibéral frappe le monde du travail de plus en plus fort sur le plan démocratique, laïque, social et écologique et la gauche continue de s’écrouler. Le mouvement syndical dit de lutte recule (voir notre article…) et permet à la CFDT de devenir le premier syndicat français. La gauche recule dans les suffrages exprimés (voir notre article…) : à la présidentielle de 2017, moins de 30 % des suffrages exprimés, début 2019, tout juste plus de 25 % des suffrages exprimés… Qui progresse ? Le dispositif de la droite macroniste et la future union des droites autour du RN (dernier sondage IFOP).
Et pendant ce temps-là, la gauche s’ébroue dans les impasses simplistes et magiques. Nous n’avons pas d’ennemi à gauche mais nous développons une critique légitime quand nous estimons qu’une position divise la gauche sans autre intérêt ou quand une position déprime la gauche. La cause principale du surgissement du mouvement des gilets jaunes est bien la délectation de la gauche syndicale et politique dans ces impasses simplistes et magiques. Alors que le surgissement du mouvement des gilets jaunes correspond au retour de la lutte des classes abandonnée par la majorité de la gauche syndicale et politique, cette gauche du renoncement se divise de nouveau tant dans le syndicalisme dit de lutte que dans la gauche dite politique. Sauve l’honneur du syndicalisme dit de lutte en appelant à la convergence des luttes syndicales et des gilets jaunes que les nombreuses UD et quelques fédérations de la CGT qui ont bravé leur direction confédérale et leur Comité confédéral national (Ccn) ainsi que la majorité des syndicats Sud. Quant à la gauche politique, l’irruption du mouvement des gilets jaunes divise une fois de plus toutes les organisations de la gauche politique même si on peut voir la direction de la France insoumise plus encline à appeler aux manifestations des gilets jaunes que les autres organisations et à la direction du PC à défendre de l’extérieur ces manifestations.

« En marche » ver la démocrature

L’histoire des renoncements de la gauche syndicale et politique est longue. Déjà, la Chambre du Front populaire, avec à sa tête Daladier, portait atteinte aux libertés publiques en votant des lois et en organisant sa police que le maréchal Pétain utilisera plus tard. C’est exactement ce que fait le dispositif macroniste, avec ses anciens socialistes, dispositif qui a vacillé début décembre, avec sa loi anticasseurs (qui sanctionne sans délits), avec l’utilisation des blindés de l’armée et surtout avec le déploiement militarisé des « Détachements d’action rapide », véritables milices fascisantes sans foi ni loi, qui nous font froid dans le dos quand on pense à ce que pourrait faire la future union des droites sous la direction du RN avec ces dispositifs.
« C’est la dérive complète ! On se croit revenu sous le régime de Vichy ! » a dit le député de droite Charles de Courson à l’Assemblée nationale. Reconnaissons à Charles de Courson la même rigueur que son grand-père le marquis de Moustier qui fut le seul député de droite qui vota contre les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940. Il est incroyable de donner au parquet et aux préfets les mesures d’investigation dévolues jusqu’ici aux juges d’instruction ; incroyable de voir l’ancien socialiste Christophe Castaner se transformer en Daladier.

« En marche » vers la destruction de la laïcité

La loi dite de 1905 a déjà été violée 17 fois hier par la droite et l’extrême droite mais aussi par une partie de la gauche. Macron s’apprête à vouloir être le 18ème violeur. Il prend le prétexte de la nécessité de durcir la police des cultes pour sanctionner les agissements des responsables des associations cultuelles lorsque les lieux de culte visent à combattre les principes laïques et républicains. Disons-le, il suffit de mesures réglementaires sans toucher à la loi dite de 1905. Mais il veut aussi mettre dans cette loi la promesse qu’il a faite à l’église catholique, qu’il n’a pas réussi à placer à l’article 38 dans sa dernière loi sur « l’État au service d’une société de confiance », à savoir la possibilité de mettre le patrimoine des immeubles de rapport de l’église catholique dans les associations cultuelles pour leur donner les avantages fiscaux de ces associations. Et, oui, le mouvement réformateur néolibéral, c’est de moins en moins d’argent pour le social et de plus en plus pour les églises !
Voilà pourquoi il faut soutenir l’action défensive dite du « cran d’arrêt » du Collectif national laïque et de sa trentaine d’associations rassemblées autour du Grand orient de France. Mais notre tâche principale est autre, elle est celle de l’offensive vers un modèle politique laïque et social, celle de l’appel « Combat laïque-combat social, fédérer le peuple » (www.combatlaiquecombatsocial.net ) pour continuer la bataille de l’émancipation sociale. Une bataille qui dure depuis la Révolution française à nos jours, en passant par la révolution de 1848, la Commune de Paris, le rétablissement de la République du temps de Jean Jaurès, le Front populaire jusqu’en 1937, la Résistance et le programme des « Jours heureux » du CNR, le Serment de Vincennes de 1961, la lutte pour recouvrer les trois circulaires de Jean Zay qui dura du 21 octobre 1989 au 18 novembre 2003 pour obtenir la loi du 15 mars 2004 (voir le livre « Laïcité : plus de liberté pour tous » que vous retrouverez dans la « librairie militante » de Respublica dans la colonne de droite de la page d’accueil) et enfin la proposition de loi Autun-Labarre au Sénat en 2011 (voir dans le même livre que précédemment) sur la promotion de la laïcité.
Dans tous ces combats ; force est de constater qu’une partie de la gauche socialiste, écologique et communiste n’a pas été du bon côté de la barricade notamment les dirigeants de la Ligue de l’enseignement et de la Ligue des droits de l’homme !

 

« En marche » pour la destruction du social

Après l’augmentation des inégalités sociales, de la misère, de la pauvreté, la destruction des services publics, de l’école de la formation du citoyen, de la Sécurité sociale, du Code de la mutualité en 2001, du Code du travail, nous voyons poindre la privatisation des profits et la socialisation des pertes. Du marché commun au traité de Lisbonne et au traité budgétaire (TSCG), le carcan contre toute politique progressiste est en place.
Une partie de la gauche socialiste, écologiste et communiste s’est même perdue dans ces reculs du social pensant toujours faire le dernier compromis pour sauver l’essentiel et pour finir par tout perdre.

« En marche » pour la destruction de l’écologie

À force de soutenir des textes non contraignants du style COP 21, de faire croire que la transition écologique et énergétique est compatible avec le capitalisme, une partie de la gauche socialiste et écologiste s’est compromise avec le mouvement réformateur néolibéral.

Pour retrouver le chemin de l’émancipation, rompre avec les pensées simplistes et magiques

Mais d’autres cancers guettent ! Les pensées simplistes et magiques (Yaka et Faukon) sont là pour désarmer le camp du travail et pour organiser des chemins de traverse qui seront utilisés ultérieurement par la droite néolibérale macroniste voire par l’Union des droites autour du RN. Ainsi le revenu universel de base restera un rêve sans fondements ou sera utilisé par les néolibéraux qui appliqueront les thèses de Milton Friedman dans Capitalisme et liberté de 1962. Ainsi, l’abandon du primat du combat global des luttes démocratiques, laïques, sociales et écologiques pour ne se consacrer qu’aux revendications sociétales et environnementales compatibles avec le capitalisme est une planche de salut pour le mouvement réformateur néolibéral. Ainsi, les mono-luttes sans lien avec les autres luttes participent à la division de la gauche. Ainsi faire croire que l’on peut aller vers la laïcité avec ceux qui pratiquent la laïcité usurpée de l’extrême droite et d’une partie de la droite, avec ceux qui pratiquent la laïcité d’imposture à gauche, avec les néo-concordataires qui se détournent du « je veux l’État chez lui et l’église chez elle » de Victor Hugo, est une insanité ! Ainsi, la croyance qu’il est possible de construire le chemin de l’émancipation avec les théories du capitalisme ce qui revient à vouloir résoudre des problèmes avec les théories, les hommes et les femmes qui les ont engendrés est une calamité. Ainsi, la croyance qu’il suffit pour avancer de désigner un coupable d’un crime ou d’un délit sans en rechercher les causes relève de l’imposture. Ainsi faire croire que l’on peut réformer l’Union européenne(UE) et la zone euro de l’intérieur (plan A) participe du désarmement intellectuel du peuple. Ainsi faire croire que l’on peut sortir de l’UE et de la zone euro par un plan B à froid par la simple volonté d’un dirigeant suprême est une imposture. Ainsi croire que l’on peut négocier sans désobéir immédiatement à la Commission européenne suite à une simple élection en arguant que la France est la deuxième économie de la zone euro est un mirage. Ainsi croire que l’on peut organiser une bifurcation sociale et politique sans situation paroxystique procède d’une méconnaissance des réalités historiques depuis 2500 ans ! Croire que l’on peut construire l’avenir sans philosophie matérialiste est une ânerie ! Ainsi croire à la stratégie des « républicains des deux rives » – alors que tous les républicains du CNR étaient sur la même rive – est une imposture ! Ainsi croire qu’une stratégie populiste de gauche tournant le dos à la lutte des classes est possible dans un pays développé est une sottise ! Ainsi croire que l’on peut promouvoir la démocratie avec une organisation sans processus démocratique est un non-sens. Ainsi croire que l’on peut faire la révolution par les urnes avec des gauches qui reculent électoralement est une fumisterie ! Etc.

 

Nos tâches de l’heure

Nous proposons un élargissement de notre Réseau autour de nos trois outils :
– le journal électronique Respublica (evariste@gaucherepublicaine.org ) adressé à 37 000 abonnés ;
– le Réseau Éducation Populaire (Rep, reseaueducationpopulaire@gmail.com ) qui est un centre de ressources qui fournit des intervenants et des comédiens pour monter des initiatives visant à la refondation de l’éducation populaire : conférence-débat traditionnelle ou interactive, cinés-débats, débat théâtral, conférences populaires sans conférenciers, web-radio, etc. (plus de 400 initiatives prévues en 2019). Utilisent déjà le Rep : des associations, des structures de base syndicales et politiques, des Mjc et centre sociaux, des écoles, des universités, des universités populaires, des groupes de gilets jaunes, etc.
– l’Appel « Combat laïque-Combat social, fédérer le peuple » (combatlaiquecombatsocial@gmail.com ) pour former ici et là des groupes militants d’intervention travaillant à la globalisation des combats (déjà plusieurs dizaines de groupes départementaux sont en formation). Une réunion nationale est prévue toute la journée du samedi 12 octobre prochain à Paris.

Ces trois outils sont à votre disposition ! Utilisez-les !

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