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Publié le 4 juillet 2018 – 18 h 53 min , par

Paris, 22 septembre 2018: engageons ensemble la bataille pour une nouvelle hégémonie politico-culturelle

Retenez cette date sur votre agenda ! Le 22 septembre 2018, de 10H à 18H à Paris.1
C’est la date anniversaire de la proclamation de la 1ére République, en plein milieu de la grande Révolution française. Ensemble, faisons en celle de la refondation d’une Éducation Populaire de combat, éminemment sociale et politique.

Fidèles lecteurs de Respublica, citoyens éclairés ayant participé aux nombreuses initiatives du Réseau Éducation Populaire (REP), signataires de l’appel « Combat laïque-Combat social, fédérer le peuple »… Nous voulons et devons nous rencontrer à nouveau !

Nous vivons le début de la fin d’une une période charnière. Le dispositif macronien du mouvement réformateur néolibéral a gagné toutes les batailles. Il intensifie comme jamais sa politique de destruction sociale contre les vrais gens, citoyens et travailleurs.

Jamais pourtant on n’avait connu une aussi faible mobilisation sociale, et ce malgré une multitude de mouvements. La manifestation de la fonction publique du 22 mai est la plus faible en participation de l’histoire de France ! La plus importante (celle du 26 mai) a montré le recul des mobilisations de toutes les organisations bien qu’elles aient été enfin rassemblées. Les stratégies syndicales nationales manquent de sens et de visibilité, avec une convergence qui s’arrête uniquement à un vague mot d’ordre. Où sont les campagnes de mobilisation construites autour de revendications fédératrices qui permettent de préparer une grève forte dans tous les secteurs en même temps ? L’exemple de la SNCF – des journées éparpillées qui ne font pas le rapport de force nécessaire pour gagner – ou des appels nationaux interprofessionnels totalement déconnectés des réalités quotidiennes doivent nous interpeller pour travailler dès la rentrée sur la question des retraites, autour de trois axes et trois revendications à mettre en avant : la répartition des richesses (salaires et pensions minimums), la répartition du temps du travail  (32H et embauches pour réduire le chômage) et une harmonisation par le haut (pour une égalité et solidarité public/privé).
Mais ses saccages sociaux ne sont, pour Macron, que des victoires à la Pyrrhus. Comme Sarkozy et Hollande avant lui, Macron dégringole dans tous les baromètres. Son principal soutien, le grand patronat, pragmatique, renoue avec ceux qui bénéficient toujours du mécontentement. Comme dans beaucoup de pays européens (Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Autriche, Italie) la colère induite par la politique européiste néolibérale de Macron bénéficie prioritairement aujourd’hui à la droite et à l’extrême droite. Même si l’histoire ne repasse jamais les mêmes plats, c’est une guerre d’un nouveau type qui est à l’horizon. Suivons alors la maxime du colonel André «Nous avons vaincu le nazisme. Ensemble, nous devons vaincre la guerre».

Wauquiez, Dupont-Aignan et Le Pen cumulent plus de 40% d’opinions favorables (42% si on rajoute les petites formations) face à un Macron à 23% (25,5% si on lui adjoint l’Udi).

La gauche a rarement été aussi affaiblie ! La France insoumise plafonne à 11% (elle avait fait 11,7% aux législatives de 2017), suivie d’Eelv et du Ps chacun à 6%. Génération.s dégringole à 3%, le PCF à 2,5% (il avait fait 2,7% aux législatives de 2017), le NPA n’es plus qu’à 1% !

Les intentions de vote de gauche s’établissent sous la barre des 30 %. Une situation inédite en France ! A noter que, pour la première fois, l’institut de sondage n’a pas trouvé de vote ouvrier pour le PCF ; ce parti est devenu un parti de couches moyennes intermédiaires (6% dans cette couche sociale). Pour la France insoumise, le vote ouvrier et employé est supérieur à sa moyenne générale (12 et 15%) mais représente moins de la moitié du vote pour le Rassemblement national. Tous ces chiffres sont bien sûr en suffrages exprimés et les ouvriers et les employés sont majoritairement en abstention.
Devant ce constat accablant, faire comme si  tout allait bien serait purement et simplement suicidaire !

Déjà Jean-Luc Mélenchon change de stratégie. Il a annoncé vendredi soir dernier au congrès national du PG qu’il remisait sa stratégie populiste de gauche, pour engager la France insoumise à faire la course en tête de la gauche pour les européennes (tout en continuant l’action dégagiste) et proposer ensuite pour les municipales le rassemblement le plus large possible au peuple au deuxième tour. Il a aussi expliqué que la formation des cadres politiques devait incomber au PG.
Pour ce qui nous concerne, militants politico-culturels, éducateurs populaires, nous faisons l’analyse que la priorité est la formation des militants politiques, syndicaux et associatifs, et le développement prioritaire de campagnes d’éducation populaire refondée (2) dans toute la France. Car l’urgence est la bataille gramscienne de l’hégémonie culturelle sans laquelle le mouvement syndical et politique ne sortira pas de la nasse dans laquelle il est aujourd’hui contenu. Nous invitons toutes les organisations politiques, syndicales et associatives à engager, le plus rapidement possible, une réflexion visant à donner à leurs actions une dynamique d’éducation politique refondée (2).

Partout où vous êtes, organisez-vous en groupes d’action politico-culturelle et lançons ensemble une campagne d’éducation populaire refondée2. N’hésitez pas à nous contacter car nous pouvons vous donner des idées, vous fournir des intervenants, du matériel, etc.

Bonnes vacances et à bientôt le 22 septembre 2018, car nous ne doutons pas de votre présence et pour nos ami-e-s qui ne pourraient pas être sur Paris mais qui souhaitent s’impliquer dans leurs territoires, contactez-nous pour co-organiser une rencontre dans vos régions !

  1. Si vous êtes intéressés, écrivez-nous sur evariste@gaucherepublicaine.org et nous vous fournirons l’adresse exacte de notre rencontre. []
  2. Nous parlons d’éducation populaire refondée car pour nous les vieilles organisations naguère d’éducation populaire (Ligue de l’enseignement, Léo Lagrange, etc.) ont largement trahit l’éducation populaire en devenant les supplétifs des néolibéraux en transformant leur action en vendeur de prestations dites socioculturelles). Il s’agit donc bien de refonder l’éducation populaire qui doit donc revenir à être « un travail culturel qui vise à la transformation sociale et politique aux fins que chacun devienne acteur et auteur de sa propre vie » ! []