Des difficultés pour lire cette lettre ? Cliquez ici : lettre en ligne - Pour vous désabonner, ici : désinscrire

ReSPUBLICA, le journal de la gauche républicaine

n°581 - mercredi 12 mars 2008

Envoyé à 38299 courriels inscrits

Mode d'emploi:

Adhésion de soutien:
Bien que le journal électronique soit rédigé par des contributeurs non rémunérés, nous devons faire face à des frais (notamment informatique). C'est pour cela que votre aide financière est la bienvenue pour nous permettre de continuer à vous informer sur les combats de la Gauche Républicaine et Laïque. Pour ce faire vous pouvez faire une adhésion de soutien en vous inspirant du barème ci-après et en nous envoyant sur papier libre vos Noms, Prénoms, Adresse et courriel à :

Les Amis de ReSPUBLICA
27, rue de la Réunion
75 020 PARIS

Barème indicatif :
Chômeurs, RMIstes, Etudiants: 10 euros
SMIC et au-delà: entre 25 euros et 100 euros

1 - chronique d'Evariste

1 - L'avenir s'ouvre sur les européennes de 2009

Enfin, le cap des municipales est en passe d'être tourné car il reste encore une semaine pour entendre la glose politicienne où il n'est pas question de « politique », mais bien de publicité.
Quelle programmatique pour cette gauche ? Quel avenir ? Quelles transformations du projet social ?
Rien.

On trouvera certainement très noir ce constat fait au lendemain des résultats de dimanche. On lui opposera les scores, les pourcentages, le nombre d'élus de gauche. En somme, on opposera « la remontée de la gauche ». Certes... mais osons la question : quelle gauche ?

Car si l'on entend par gauche l'acteur d'une programmatique de progrès, le promoteur d'une capacité de création, la matrice d'un projet social fort, alors on sera bien déçu. Car c'est davantage la dérive droitière qui a été à l'honneur ; dérive dont Ségolène Royale a encore été la pitoyable emblème (le mot est pesé ! ) en appelant de ces voeux l'alliance avec le Modem. Certes, la direction du PS a rapidement rectifié le tir en rappelant la donzelle à l'ordre, mais le réflexe tient lieu de révélateur du comportement pathologique des dirigeants du parti socialiste. Ouvrons les yeux, enlevons ces lunettes de soleil que l'on tente de nous imposer pour réfléchir sur le score, pour dépasser le sempiternel message médiatique « la gauche remonte ! ». Regardons la programmatique et constatons le « rien ». Hormis l'opposition à la politique de Sarkozy, quelle alternative ? Quel fond ? Quel programme pour une autre société ? Alors le triste constat nous réveille et rend la « victoire » amère : la remontée de la gauche n'est pas signe d'alternative sociale, mais bien d'alternance. Dure réalité que voila... mais réalité véridique.

La gauche est à la dérive et cette dérive n'est pas que programmatique. Elle est dans la manière d'aborder la politique et de se positionner en tant qu'élus de gauche. Pourquoi ne pas laisser à la droite les postes majeurs : présidence de la République et majorité à l'assemblée nationale, et ne briguer sérieusement que les postes aux élections locales ? Celles-ci offrent davantage de postes, davantage de revenus et de situations bien plus tranquilles à l'écart des projecteurs des média nationaux. Pourquoi les partis de gauche se risqueraient-ils à la direction du pays ? Pourquoi prendraient-ils le risque d'assumer la descente vers le libéralisme alors qu'ils peuvent préserver leurs élus en les tenant à l'écart de telles responsabilité ? À la droite le sale boulot des réformes libérales, à la gauche le vote contestataire garanti par la posture d'indigné qui siée si bien à François Hollande, ce fossoyeur du socialisme, cet accoucheur du phénomène Ségolène Royale. Car l'enjeu est là : le nombre d'élus. La professionnalisation de la politique est une tare qui coule notre démocratie et notre Pacte Républicain. L'objectif premier d'une personne qui vit depuis 10 ans de son activité politique est de garantir son indemnité. Et qui le lui reprocherait ? Quant on connaît les réalités du monde du travail, avoir passé 10 ans hors de toute activité professionnelle revient à une condamnation au chômage de longue durée. Dès lors plus de programmatique (c'est un risque ! ), plus de projet à long terme (l'élection peut arriver avant ! ), juste de petites touches, histoire de se teinter d'un « air de gauche » (et là encore l'indignation face à la politique libérale est un accessoire indispensable).

Quel avenir pour la gauche ?

Dans une semaine les dirigeants du parti socialiste auront vite oublié leurs propos de campagne pour se concentrer sur ce qui est de loin le plus important pour la France et l'avenir de notre société : qui va diriger le parti à l'issue du congrès de cette fin d'année ? Au cas où le lecteur l'aurait oublié, c'est bien la question la plus importante de l'univers et pour la France (selon la direction du PS bien sûr...). Non seulement ceci confirmera que le PS n'est plus qu'un parti d'élus, mais qu'il ne vise rien d'autre ; d'où la concentration sur les postes aux élections locales, sans risques. Déjà les réunions de sections sont l'occasion de sélectionner qui parlent le mieux, qui s'exprime avec aisance, qui excelle dans l'art de la contorsion verbale qui assure de pouvoir un jour dire le contraire de ce que l'on a déclaré la veille. Pour preuve : Ségolène Royale en « rectifiant » ce matin ses désirs d'alliance avec le Modem exprimés pas plus tard que 12 heures auparavant ! La conclusion du parti socialiste au terme de ces élections ne sera pas la construction de la gauche, mais comment récolter encore davantage d'électeurs : l'alternance, plutôt que l'alternative ; la publicité plutôt que la position qui demande responsabilité et courage.

Au PCF, Buffet a pris les devants, en annonçant une semaine avant que la perte du conseil général de la Seine St-Denis ne serait pas un symbole fort, comme si la rupture de l'alliance entre le PS et le PCF dans 7 communes de Seine St-Denis n'était pas un signe des temps. Car ce n'est pas la droite qui chasse le PCF, mais bien le PS qui veut bouter le PCF hors du 93. N'en déplaise à Marie-Georges Buffet, la perte du conseil général 93 serait un coup de tonnerre ! Le PS vient d'inaugurer la chasse aux élus communistes, c'est dire si l'avenir du parti communiste est sombre.

Sur le plan national, on pourra effectivement relever qu'il se maintient, voire progresse en nombre d'élus, mais on relèvera également que ce fait n'est en rien dû à une quelconque programmatique forte ou à un renouveau de la pensée au sein du PCF. On cherchera en vain un élan de cette sorte au PCF que les courants minent peut être davantage que le PS. Et de fait, le maintient du PCF n'est que le résultat de la politique de Sarkozy et de son désir toujours réaffirmé de faire basculer notre pays dans le mode de vie que lui assigne les libéraux anglo-saxons. Le meilleur élément programmatique du PCF est à l'Élysée, et c'est grave. Car si le PCF se berce de l'illusion de sa remontée, il ne verra pas son avenir politique aux européennes, il ne réalisera pas la rupture historique avec la politique d'union de la gauche dont la Seine St-Denis est aujourd'hui le premier témoignage. Le PS a objectivement choisi de mettre en balance le PCF avec le Modem dans la chasse aux électeurs et cette logique augure les pires nouvelles pour le PCF s'il ne s'ouvre pas à l'avenir au lieu de camper sur les positions qui ont fait sa force au sortant de la seconde guerre mondiale. Rappelons un fait : le score national du PCF n'a cessé de décroître depuis 1950. Aujourd'hui, n'en déplaise aux nostalgiques, l'avenir de l'hypothèse communiste est dans la construction d'une gauche nouvelle, non dans l'ancrage dans un passé dont toutes les conditions d'existences sont aujourd'hui inexistantes. Il y a un temps pour tout, aujourd'hui n'est plus le temps de la préservation mais bien celui de la construction de la gauche nouvelle.

Nous tournons enfin la page des municipales pour découvrir cette page qui sera peut-être l'avenir de la gauche : les congrès de cette fin d'année 2008. Nous aurons la possibilité d'avoir la confirmation de l'ancrage du PS dans le libéralisme, dans la « ligne de la gagne », dans le déni de programme, dans l'esbroufe et la « pub-politique » qui permet au vide de l'emporter momentanément sur le fond. Restera la prise de conscience des acteurs qui, ici et là, dans les partis de gauche et dans les associations veulent tendre à unir la gauche véritable. La fin de l'année 2006 avait mis cette gauche devant l'impasse de ses logiques d'appareils et de personnes. La gauche du non : ce parti qui n'existe pas encore. Dès lundi prochain, les militants de cette nouvelle gauche auront 6 mois pour oeuvrer à faire comprendre aux dirigeants du parti communiste que son avenir solitaire, non collectif, aux élections européennes de 2009 sera bien sombre. Les militants auront 6 mois pour raviver ce que fût l'expérience de Mai 2005 tout en rappelant quelles furent les erreurs de ceux qui se sont vu en haut de l'affiche et ont déchanté pitoyablement en 2007. L'avenir de la gauche est un collectif, de même que sa construction, ses fondements.

 

« Celui qui ne veut pas apprendre l'histoire se condamne à la revivre », Goethe.

Évariste Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org

2 - Elections

1 - 2004 et 2005 n’ont pas empêché 2007, que nous prépare 2008 ?

Mes amis, quelle défaite de la droite néolibérale ! Cela nous fait du bien et il n’y a pas de mal à se faire du bien. Cela nous fait plaisir et donc c’est bon pour le moral ! 47,5 % pour la gauche, 40 % pour la droite sarkoziste !
Le vote du 9 mars 2008 est un complet renversement de tendance par rapport aux scrutins de 2007, on en revient à des votes proches de 2004. C’est un retournement électoral puissant qui accompagne un rejet massif du sarkozysme, de sa politique comme de sa personne.
Que la leçon, dimanche prochain, leur soit la plus cuisante possible ! Que pas une voix ne manque, ne soit perdue, tous à gauche ! Plus le message sera fort, moins Bling-bling aura les moyens de continuer politique néo-libérale ety communautariste.

Oui, mais… si on étudiait en profondeur la nouvelle situation et les perspectives, n’y-a-t-il pas en plus de notre joie non dissimulée, quelques inquiétudes dont il faut débattre avec calme, sérénité mais avec une grande pugnacité ?

Rappelons-nous, après le séisme de 2002 et du deuxième tour droite - extrême-droite, la poussée de la gauche aux deux élections de 2004 puis la victoire éclatante du 29 mai 2005. Il suffit de se rappeler les « lendemains qui devaient chanter » tant du coté de la gauche anti-libérale et altermondialiste que du coté de la gauche social-libérale. Patatras, la gauche social-libérale échouait une fois de plus et la gauche anti-libérale et altermondialiste fut incapable d’engager la recomposition nécessaire comme dans beaucoup d’autres pays (Die Linke en Allemagne, etc.). Et on se paye pour cinq ans, un président de la république avec la politique la plus anti-sociale et anti-laïque depuis la Libération de 1945 ! Ce VRP de l’intégrisme néo-capitaliste ayant réussi l’alliance entre l’intégrisme néo-libéral et l’ensemble des variantes des intégrismes et autres communautarismes sociaux, ethniques ou religieux !

Et, bien revoilà les poussées de la gauche pour les deux élections de 2008 comme en 2004. Comment faire pour ne pas faire les mêmes erreurs politico-stratégiques ?

D’abord, force est de constater que l’international (OMC, BM, FMI, entre autres) est aux mains de la droite néolibérale et de ses alliés supplétifs de la gauche social-libérale (exemple Strauss-Kahn). Les directions des firmes multinationales sont monopolisés par la droite néolibérale. Le gendarme du monde (l’armée états-unienne) est sous direction de la droite néolibérale. De ce point de vue, le débat qui s’ouvre pour la présidentielle américaine est de fait de la plus grande importance. L’Union européenne n’a jamais été autant aux avant-postes de l’intégrisme néolibéral avec un compromis avec la gauche social-libérale pour tuer la démocratie (voir Congrès du 4 février 2008 en France).

La France accentue la répartition des pouvoirs entre la droite néolibérale à la tête de l’Etat et des grandes institutions (Sécu notamment) et la gauche social-libérale pour les collectivités locales.
Le PS français capable d’augmenter son pouvoir sur les collectivités locales est aujourd’hui toujours incapable de rassembler la gauche pour la conquête de l’Etat et des grandes institutions. C’est comme le SPD majoritaire à gauche qui préfère s’allier nationalement avec la droite démocrate-chrétienne d’Angela merkel plutôt que de s’allier avec Die Linke !

Alors que la majorité de l’électorat socialiste a voté, le 29 mai 2005, non au traité qui deviendra celui de Lisbonne, la seule perspective pour les nonistes du PS (qui sont sans stratégie !) sera de soutenir un oui-ouiste contre un autre oui-ouiste (Bertrand Delanoé versus Ségolène Royal) pour leur congrès de l’automne 2008.

Quant à la gauche du non, elle fait mieux que de se défendre (l’extrême gauche, là où elle se présente, fait entre 2 et 14,6 % des voix et le PC se renforce en élus). Mais ce renforcement de l’extrême gauche et du PCF, que nous vaut-il pour l’avenir ?
D’abord, à noter que les bovétistes, chantre du « small is beautiful » contre l’Etat-nation, pivot du communautarisme d’une partie des couches moyennes supérieures radicalisées face à l’espoir laïque des couches populaires, ont été pulvérisées.
Mais les organisations d’extrême gauche et le PCF qui ont fait un bon résultat, que nous prépare-t-il ?
Que nous propose d’autre la LCR que de témoigner de la « trahison » de la gauche social-libérale ?
Que nous propose d’autre LO que d’engranger des postes de conseillers municipaux en alliance avec la gauche gouvernementale ? Que nous propose le PT d’autre que l’incorporation dans un nouveau parti de ceux qui étaient en infiltration dans les autres organisations ?

Quant aux Verts, ils viennent de montrer qu’ils ont engagé leur descente électorale aux enfers ! S’ils continuent comme cela, ils deviendront un deuxième PRG, c’est-à-dire un parti uniquement tourné vers la prise de postes sans peser politiquement. Les Ségolène Royal et Bertrand Delanöé ont suffisamment intégrés le phénomène vert pour que, petit à petit, les citoyens se posent la question : « à quoi servent les verts aujourd’hui » ?
Quant au MODEM, comment vont-ils expliquer le soutien à Juppé à Bordeaux, leur attaque contre le sectarisme socialo-communiste à Pau, et leur soutien aux socialistes dans plusieurs villes de France ? Nous leur souhaitons bien du plaisir !

Tout cela vous paraît peu réjouissant ? Surtout qu’il semble bien que les forces qui ont produit le non de gauche (31,3%, sondage à la sortie des urnes le 29 mai 2005) paraissent dans une incapacité de présenter une liste aux européennes de 2009 qui puisse concurrencer le oui de gauche. Cela est du à une incapacité de penser politiquement ces 31,3%. La gauche anti-libérale et altermondialiste donne le triste spectacle d’une armée mexicaine avec un nombre de « généraux sans troupe » et surtout coupés organiquement des couches populaires (ouvriers, employés représentant 50% des ménages).
Alors ca y est, vous sombrez dans le fatalisme ? Ou dans le retour dans la gauche social-libérale en mettant des cierges dans les églises pour que la grâce leur tombe sur la tête ? Ou dans la radicalisation coupée des masses ? Ou dans vos dévotions, avec de nouveaux cierges, pour qu’un noniste de droite puisse émerger avec votre soutien ? Ou alors avez-vous décidé de ne plus faire de politique ? Ou d’intégrer une organisation de la myriade groupusculaire spécialisée dans la « posture juste » sans efficacité ? Ou d’entrer dans une activité uniquement de charité familiale pour les plus pauvres ? Ou entrer dans l’ésotérico-mysticisme ? Ou encore dans le délire psychiatrique qui définit l’adversaire principal comme étant celui qui est le plus proche de vous ?
Alors, bonne chance pour votre choix ! Pour le complexifier, je vous propose humblement, une autre voie qui à l’avantage de sortir des impasses ci-dessus. Mais ce n’est pas une sortie de crise pour demain matin. Pressés s’abstenir ! Mais ce sont les pressés qui nous ont peut-être engagés dans les stratégies politiques sans suite depuis un quart de siècle ?

Maintenant, c’est à vous ! Donnez votre avis et entrer dans la résistance et le militantisme efficace !
N’hésitez pas à réagir sur evariste@gaucherepublicaine.org

Hasta la victoria siempre( jusqu’à la victoire finale !),

Jérôme Manouchian

2 - La tromperie ne dure qu’un temps, les français découvrent enfin l’aposématisme* sarkozien.

* L’aposématisme est une caractéristique du monde animal qui consiste à arborer des couleurs très voyantes pour avertir ses prédateurs d’un danger.

Sarkozy n’a qu’un prédateur, le peuple.

Le patronnat en a fait son poulain. Après le fiasco du CPE et la déroute du CNE, il lui donne une mission : casser le code du travail. Les riches ont misé sur lui, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont été bien payés en retour (3 kerviels -15 milliards d’euros- obtenus 3 mois après la mise, qui dit mieux ?). Une bonne partie de la presse est aux mains de ses amis, il peut donc compter sur une couverture médiatique que ne renierait pas Ben Ali. La gauche s’embourbe dans un néant idéologique et s’entête dans ses impasses organisationnelles. Si elle continue ainsi, elle n’est pas prête de représenter un danger pour l’omniprésident.

Sarkozy n’a qu’un obstacle : le peuple. Il a su l’amadouer pour accéder au pouvoir grâce un discours populiste qui n’avait d’égal que la vacuité du programme de la gauche. Il a su parler aux français de ce qui les préoccupaient. Ils attendent toujours la traduction en acte des beaux discours d’alors et commencent à comprendre qu’ils risquent d’attendre longtemps. « Les caisses sont vides », circulez, l’espoir, c’était bon pour la campagne.

Mais les français n’en peuvent plus de souffrir au quotidien et de subir la remise en cause systématique des acquis sociaux des soixante dernières années. Aussi, depuis trois mois, la cote de popularité sarkozienne s’est effondrée et est au plus bas depuis sa nomination comme ministre de l’intérieur en avril 2002. Encore un effort, et il retombera au niveau de son score aux élections européennes de 1999.

Sous le bling-bling, une politique mortifère pour la République laïque et sociale.

Le président flambeur se complait dans le luxe, tel un enfant gâté qui jouit de l’opulence sans se soucier du monde qui l’entoure. Le bling-bling est un moyen de détourner l’attention. Et pourquoi faudrait-il détourner l’attention sinon pour mener la politique la plus antisociale depuis l’après guerre ? Mais si l’attention a bien été un temps détournée, aujourd’hui, c’est le vent qui tourne !

C’est dans ce contexte que Sarkoléon a lancé une vaste offensive, la première de son quinquennat qui ne vise pas le court terme : attaquer la laïcité. Avec deux objectifs : poursuivre la division du peuple pour continuer à pouvoir régner, et détruire l’héritage des Lumières et de leurs descendants de la troisième République pour promouvoir à sa place le modèle états-unien et faciliter la pénétration des sectes dans notre pays. Cette attaque est tout sauf une surprise pour ceux qui ont eu le courage de lire « La République, les religions, l’espérance » et qui ont suivi l’opération commission Machelon, mais elle a destabilisé certains, car pour une fois, ce ne sont pas les forces cléricales ou leur représentants politiques qui sont à la barre. Il faut l’analyser telle qu’elle est : une offensive politique qui vise à s’affranchir du devoir d’assurer l’espoir et de garantir la cohésion sociale et la sécurité publique. Cette offensive n’est que le pendant du plan de privatisation de notre protection sociale par la destruction méthodique de notre système solidaire.

La méthodologie ne varie pas : discours chocs provocateurs, répliques violentes face aux critiques, testage des réactions en envoyant en première ligne un conseiller, et attente des résultats des sondages d’opinion.

Sarkoléon est persuadé qu’il n’a rien à perdre, puisque si l’opération échoue, il pourra toujours profiter de l’agitation et des polémiques pour accélérer la casse sociale et l’asservissement de la France à ses amis états-uniens. Un peu plus d’un mois après l’inauguration de l’historial Charles de Gaulle, il participera (une première sous la Ve République) au sommet de l’OTAN du 2 au 4 avril à Bucarest où il devrait annoncer que la France rejoint la structure militaire intégrée de l’OTAN, envoie de nouveaux renforts de troupes en Afghanistan, et participera travaux communs de planification des forces de l’OTAN, le tout sans débat parlementaire bien entendu.

La tâche principale de l’heure pour les républicains et les laïques est de lui montrer qu’il a commis une grosse erreur en s’aventurant à remettre en cause la Loi de 1905, en assurant un large front laïque faisant descendre plus d’un million de personnes dans les rues de Paris avant l’été.

Les municipales: les français peuvent confirmer dimanche l'envoi d'un premier signal fort.

Avant l’été, les français ont l'occasion de sonner la fin du sarko-show, en amplifiant dimanche le résultat du premier tour des élections municipales et cantonales.
Du fait de la proximité avec l’électeur, l’échelon local est le dernier à être encore porteur de démocratie et de citoyenneté. Avec l’intercommunalité, les champs d’actions toujours plus larges des conseils généraux, les sénatoriales à venir, c’est un échelon qui a une portée qui va bien au-delà des frontières de sa circonscription. Face aux défaillances parlementaires et aux dérives despotiques présidentielles (il vient de montrer qu’il commençait à se trouver à l’étroit dans le cadre constitutionnel), les conseils municipaux et les conseils généraux, doivent devenir le socle institutionnel de la résistance aux politiques antisociales.

Peu importe la valeur de ceux qui vont recevoir notre vote, du moment que nous exercerons un droit de suite citoyenne pour qu’ils appliquent ce pour quoi nous allons les élire : entrer en résistance contre l’entreprise de casse des néolibéraux et de leur poulain Sarkoléon. Après la trahison du 4 février 2008, le peuple du non de gauche de 2005, qui dispose d’une majorité relative dans le pays, doit mettre la gauche face à ses responsabilités. Le peuple du non de gauche est aujourd’hui divisé dans les urnes du fait de l’absence de représentation politique, mais il est pourtant probablement plus important encore qu’en 2005, car la paupérisation croissante des classes moyennes renforce les communautés d’intérêt avec les classes populaires.

Dynamisme associatif et éducation populaire, le terreau de la reconquête sociale.

Chat échaudé craignant l’eau froide, il faut en parallèle consolider et développer le tissu associatif et s’engager dans un nouvel essor de l’éducation populaire sur l’ensemble du territoire. C’est aujourd’hui le seul moyen qui permette d’éveiller les consciences et de s’émanciper des média « voix de Sarko » et des lancinants discours des principaux responsables politiques, qui sont au néolibéralisme ce que Tom Cruise est à la Scientologie.

La question, c’est de savoir comment le système sarkozien va chercher à rebondir pour regagner la confiance des français et pouvoir ainsi poursuivre son œuvre : les contre-réformes au profit de l’aristocratie de la richesse ?

Dès lors, il faut travailler à la seule réponse qui vaille : la gauche républicaine doit enfin se mettre en situation de devenir une force de proposition et de défense des acquis sociaux audible par le peuple. A nous de la contraindre. Nous sommes peut être des « pauvres cons », mais c’est Sarkoléon qui doit se « casser » !

Alexis Secondat

3 - Au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable

Le premier tour des municipales et des cantonales a répondu aux prévisions des organismes de sondage qui, au passage, et pourquoi ne pas le signaler aux gens distraits, ont fait leur beurre. Il faut maintenant faire tapis et gagner, autrement dit, prendre un risque.

Un vote annoncé

L’activité sondagière est la solution fataliste à l’absence de démocratie réelle et de participation effective des citoyens aux orientations qui les concernent ; le contrôle des mandats et la reddition de comptes des élus seraient plus efficaces, non pas devant des jurys citoyens manipulables ou sensibles à la tromperie de l’image ou de la propagande, curieusement ce mot s’oublie, mais grâce à une séparation des pouvoirs qui confie à un contrôle de légalité exercé par des magistrats des pouvoirs de poursuite immédiats.
On a préféré marchandiser la vie politique et la formation de l’opinion plutôt que de se préoccuper de la légitimité dans l’exercice du pouvoir. C’est ainsi qu’on revient à l’état sauvage et que les politiciens à l’échelle nationale sont devenus des peoples clinquants, bavards et méprisants. Il en est si peu qui ne pensent pas d’abord à leur ambition personnelle, qu’ils en ont oublié au nom de qui ils s’exprimaient et la notion même de carrière politique a supplanté celle de dévouement au bien public. On n’est pas légitime parce qu’on a été élu mais parce qu’on est dévoué, au sens fort de ce mot, au bien commun.
Ne boudons pas cependant devant la possibilité de sanctionner les plus dangereux d’entre eux, ceux qui, élus sur l’imposture d’une rupture présentée comme un progrès pour tous, ont en fait accentué le rétrécissement de la sphère de décision et du politique à une petite troupe d’affidés et de prédateurs. Car s’il est une institution qui ne joue pas son rôle aujourd’hui c’est bien un Parlement dont la majorité n’a pas d’autre fonction que de satisfaire les vœux de l’exécutif. Sanctionner cette majorité, c’est donc un moyen détourné mais fondé d’affaiblir une légitimité « trouvée ». Dans une république, « une et indivisible », il convient de rappeler périodiquement que l’expression des citoyens dans leurs comices n’est pas hiérarchisée mais a la même valeur politique et le même poids de contrainte pour les « représentants du peuple » dans toutes les fonctions déléguées. Un maire n’est pas moins élu que le président de la République, et personne ne se trompe d’élection.

Eviter la confusion

Personne ne se trompe d’élection…voire. On trouve toujours des opportunistes, qui faisant flèche de tout bois s’attribuent indûment des mérites douteux à propos de combats imperdables. Sanctionner par une défaite électorale une majorité réactionnaire est un espoir pour la gauche, à condition que de ce rejet s’accompagne de la construction d’un projet réel.
La droite accuse la gauche, le PS en fait, d’envisager de faire de sa victoire dans les élections municipales et cantonales le point de départ d’une résistance qui gênerait la poursuite des réformes… Si seulement ! A de rares exceptions près, les programmes diffusés lors de ces élections n’annoncent pas plus que celui de 2007 lors de l’élection présidentielle, une alternative pensée à la gestion commune des affaires par la droite : certains organes de presse, et non des moindres, quoique lus par ce qu’on pourrait un peu vite qualifier d’élites, reparlent d’intérêt de classe, il est vrai à la suite de la guerre picrocholine que se livrent quelques dirigeants du Medef!
Or le vocable tabou n’est pas encore réapparu dans les discours de la gauche de gouvernement ; on ne l’avait pas non plus entendu en 2007 alors que le candidat élu depuis lors avait bien explicité, lui, ce qu’était une droite décomplexée . Reste à fourbir les armes pour retrouver une gauche décomplexée.
Aspirer à gouverner pour améliorer concrètement le sort de ses concitoyens est une ambition légitime, gérer villes, départements et régions aussi : mais la résistance à une politique nationale néfaste pour les humbles, attentatoire aux libertés publiques, bienveillante aux nantis, liquidatrice à bien des égards du Pacte fondamental suppose une coordination, une synergie des élus d’opposition qui n’existe pas et qui en tout cas ne s’est pas encore manifestée clairement. C’est que la France n’est pas un agrégat de communes, de départements et de régions mais un tout, et c’est au nom de ce tout, de ce qu’on appelle ordinairement une nation, ou la République puisque les deux se confondent, qu’il faut dénoncer la politique de la droite, la combattre et proposer au peuple une perspective de progrès.
Le mot progrès a du sens et le refus de le réintroduire dans le discours politique serait un aveu de consentement à une simple alternance, le signe d’une politique au fil de l’eau.
Ce que Sarkozy avait mis en avant dans sa campagne, c’est un volontarisme politique et c’est de politique qu’il s’agit lorsque M.Mittal veut délocaliser une usine, que M. Ghosn achète le quart des actions d‘un constructeur d’automobiles russe, ou que EADS rafle un marché du Pentagone, de politique quand la commission de Bruxelles veut contraindre EDF à se séparer de son réseau : de politique, parce que l’économie fonctionne dans des cadres légaux, normés et n’est pas autonome ; ni ses dirigeants, ni ses clients, ni ses employés ne sont les citoyens d’un marché mondialisé ; « on n’emporte pas sa patrie à la semelle de ses souliers » disait Danton ; on n’emporte pas non plus son capital et les états savent bien rappeler, quelquefois, quelques unes de ces évidences, comme Mme Merkel aux autorités du Lichtenstein , l’important n’étant pas alors dans la taille inégale des deux états concernés.

Confirmer, amplifier, préciser

« Au second tour, on élimine ». Le slogan a beaucoup servi et il est peu flatteur pour la nature du débat politique, réduit à un affrontement, au moins au moment des élections, pour occuper la place. Mais il est « parlant ».
Dimanche 16 mars, il faut que la majorité des Français aient clairement exprimé leur refus d’accompagner plus avant les choix du président et de ceux de son camp. Il est certes regrettable que M. Sarkozy ait renoncé à être le président de tous les Français, mais on fera avec, c’est-à-dire en l’empêchant de se dire soutenu par une majorité confortée au premier test électoral majeur suivant son élection.
N’en pas tenir compte, comme l’annonce déjà M.Fillon qui veut continuer des réformes au prétexte qu’une élection qui a précédé était de nature supérieure à celle qui a suivi, est tout simplement une trahison de l’esprit des institutions républicaines et de l’histoire de France. Curieux démocrates qui ne choisissent d’écouter que ce qui les conforte dans leurs choix préalables.
Le 16 mars, ce ne sont pas seulement des maires, des conseillers municipaux, des conseillers généraux qui seront élus ; tous, à leur place, jouent leur rôle dans les rouages de l’Etat et tous exercent un mandat délégué par le Souverain et non pas octroyé par le Prince.
Les conseils généraux exercent une compétence décisive dans la politique sociale : imagine-t-on que la marge de manœuvre dont ils disposent soit sans impact sur la population de leur département ? Ou que cette possibilité de moduler l’orientation et les choix budgétaires ne soient pas fondés sur la légitimité que leur a déléguée l’électorat, au même titre que lorsque fut élu M.Sarkozy ?
Dimanche il s’agit de rappeler non seulement que la politique est une affaire sérieuse, mais que le politique n’est pas une affaire de communication ou du story telling.
La gauche doit gagner parce que la droite a déjà trahi les citoyens qui l’ont élue au printemps 2007, non pas parce qu’elle n’aurait pas assez tenu ses engagements de campagne, mais parce que ce qu’elle a mis en place va très au-delà de ce qui peut être en débat entre un peuple et ceux qui ont voulu parler et agir en son nom.

Mais la gauche pour gagner a précisément besoins de redonner à ce peuple espoir et confiance dans un avenir de progrès et de démocratie. L’histoire n’est pas finie. Comme le dit si justement Gosta Esping-Andersen, l’Etat-providence, n’est pas mort. C’est heureux et ce n’est pas un conte.

Jean-Paul Beauquier

3 - politique française

1 - Quand TF1 pleurniche dans les jupes de l'Etat

Supprimer la publicité dans l'audiovisuel public, une idée du président? Non! Une idée de TF1, venue quémander à l'ami de Martin Bouygues un moyen de relancer le fournisseur n°1 de temps de cerveau.

Alain Minc n'aurait donc pas été le seul inspirateur de la suppression de la pub sur le service public, l'une des rares idées sorties du chapeau présidentiel lors de la conférence de presse de début d'année. C'est un «livre blanc» pleurnichard remis par TF1 en décembre dernier, qui aurait inspiré la compassion de Sarkozy pour la pauvre petite chaîne de son ami Bouygues et qui aurait conduit à cette décision charitable.
Quand ça ne va pas, qu'il a un gros coup de blues, que son audience baisse et ses recettes publicitaires aussi, vers qui se tourne en pleurnichant le champion français de la télé privée ? L'Etat bien sûr. Et c'est donc un livre blanc, pas moins, que TF1 a remis au gouvernement en fin d'année dernière, et dont Les Echos ont révélé l'essentiel du contenu la semaine dernière. Ce document répertorie tous les gros malheurs qui s'abattent sur la pauvre chaîne martyre du nouveau paysage audiovisuel de ces dernières années. Une panne d'imagination dans les programmes ? Des spectateurs qui désertent des émissions nulles et racoleuses? Un manque de vista dans les nouvelles technologies ? Une incapacité à se développer à l'international ? Vous n'y êtes pas. Si TF1 souffre depuis quelque temps, c'est qu'il y a vraiment trop de concurrence et pas assez de chiffre d'affaires. Et que cette situation «intenable» met en péril notre «chaîne historique», ce qui conduit irrémédiablement à la «destruction de valeur collective». Rien que ça.

Pauvre petite chaîne riche

C'est vrai quoi, la réglementation en matière de pub est vraiment trop contraignante ! TF1 n'a pas le droit de mettre autant de pub que l'on voudrait pendant les films. Et puis il y a la TNT, technologie numérique «marxiste» stigmatisée par l'inoubliable Le Lay, qui permet aujourd'hui aux téléspectateurs de recevoir gratuitement quatre fois plus de crétineries qu'au bon vieux temps de l'analogique. C'est-à-dire que maintenant, les spectateurs ont droit non seulement à TF1, mais à des tas d'autres mini-TF1, encore plus trash, comme TMC, NRJ12 ou NT1 (dont certaines appartiennent d'ailleurs à TF1). Cette TNT diabolique a ouvert les portes du PAF à d'autres grands groupes, et pas des moindres : Lagardère, NRJ et Bolloré, qui eux se fichent sûrement de la «valeur collective» comme d'une guigne. Sans compter les centaines de chaînes qu'on peut voir sur le satellite, le câble ou l'ADSL. Trop c'est trop! La concurrence c'est comme toutes les bonnes choses, il ne faut pas en abuser. La télévision selon TF1, c'est tout de même mieux quand on n'est pas nombreux, quand on peut accumuler des centaines de millions d'euros de bénéfices chaque année (presque 300 millions d'euros en 2007 pour 2,8 milliards de Chiffre d'affaires) et profiter d'une position dominante sur la publicité avec 40% du marché (unique en Europe) sans être inquiété par trop d'importuns. Le tout en exploitant gratuitement une fréquence hertzienne de première bourre. Rappelons-le en passant, cette fréquence est un bien public (et donc une «valeur collective»?) dont la jouissance a été accordée à Bouygues en 1987, en échange du respect d'un certain cahier des charges. Or on le sait, les obligations en terme de programmes sont depuis un sujet de plaisanterie de fin de repas chez les dirigeants de TF1(ici, le best-of en vidéo de l'audition publique, grand moment de divertissement).

Puisqu'on ne peut pas supprimer la concurrence...

Après lecture du livre blanc, Sarkozy est bouleversé (d'autant que la scène se passe en pleine période de Noël). Ce héros de la politique industrielle et des entreprises en difficulté n'hésite donc pas une seconde à voler au secours de ce champion de l'audiovisuel et du bon goût. Les médias, c'est encore plus son truc que les usines. Surtout si c'est Bouygues, un ami de la famille, qui lui envoie un livre blanc en forme d'appel au secours. Qu'à cela ne tienne, inspiré par Minc, un fan de la télévision de qualité, il propose tout à trac la suppression de la publicité sur France Télévisions pendant son one man show de début d'année. Pas mal. Mais est-ce suffisant pour faire cesser les gémissements et les malheurs de la pauvre chaîne ? Probablement pas.
Alors que faire de plus ? Supprimer la concurrence ? Difficile, les concurrents Bolloré et Lagardère sont aussi de la famille. Une solution plausible pour notre spécialiste des sauvetages industriels pourrait être d'organiser le rachat de TF1 par Bolloré, qui en rêve depuis longtemps, ou par Lagardère, qui n'a jamais réussi à se payer Canal+.
Mais il y a mieux encore. Une botte secrète proposée par Emmanuel Todd et reprise dans ces colonnes par Bernard Maris : pour sauver notre champion de l'audiovisuel français en péril, nationalisons-le. Un rachat de TF1 par France-télévisions, ça ce serait de la rupture !

Voir cet article sur son site d'origine

J.R.

2 - Mme Parisot ment : elle était maître des comptes et cotisations de l'UIMM

la liberté de penser s’arrête là ou commence le code du travail�?
laurence parisot.

 

Mme Parisot ment : elle était maître des comptes et cotisations de ses organisations territoriales et professionnelles, dont l'UIMM, selon les statuts du MEDEF (Extraits à télécharger).

small_Parisot-sauvagnac Mme Parisot prétend sur France inter mardi 11 mars, qu’elle n’était pas maître des finances et comptes de l’UIMM, qu’elle est tombée des nues quand elle a appris qu’ils n’avaient pas de comptabilité et qu’ils la détruisaient chaque année.
C’est faux forcément : cela fait trois ans que Mme Parisot dirige le MEDEF, lorsqu’elle l’a emporté sur MM Sarkozy (Guillaume) et Yvon Jacob. Selon ses statuts, ceux de Mme Parisot, ceux du Medef, son vice-président trésorier devait avoir les comptes chaque année avant le 30 juin !
Le comité financier du MEDEF pouvait se faire assister par un conseil indépendant pour préciser en tant que besoin les éléments de calcul de l’assiette de cotisation, et estimer celle-ci avec l’organisation professionnelle concernée... Pareillement pour les organisations territoriales affiliées au MEDEF. C’est même sur proposition du Président (art 16, alinéa C) que “les bases de calcul des cotisations et des membres associés et des personnes morales admises à participer à certaines commissions (et à avoir certains mandats ndr), sont fixées chaque année par le Conseil exécutif, après avis du Conseil financier.

Cela permet d’avoir le nombre des cotisants, le taux des cotisations, les comptes afférents ! Il est même prévu (art 17 alinéa a) que “Dans le cas où une organisation ne respecterait pas les règles fixées par les statuts et le règlement intérieur en matière de cotisations, le Comité financier procède à un examen de la situation de l'organisation concernée." les caisses noires étaient faites avec des “doubles cotisations", nous dit-on et cela ne se voyait pas ? Soit Mme Parisot n’a pas fait son devoir parce qu’elle “savait beaucoup inconsciemment" et n’a pas voulu s’en mêler, pour laisser faire, soit elle ne savait pas comme elle prétend alors que ses statuts l’obligeaient à savoir alors c’est au minimum une faute professionnelle, au bout de trois ans de mandat, d’avoir laissé cette situation perdurer.

Il est prévu des contrôles, des audits et “Les membres du Conseil Exécutif élus parmi les délégués à l'Assemblée Générale des organisations membres actifs du MEDEF ne peuvent être élus au Comité financier et en rester membres que si leur organisation applique les règles fixées par les statuts et le règlement intérieur en matière de cotisation, ou met en oeuvre un plan de régularisation accepté par le Comité financier."(art 17 alinéa b)

Mais qui peut croire dans ce petit monde que Mme Parisot ne savait pas ce qu’elle a appelé un “secret de famille honteux" ? Qui peut être depuis longtemps dans la direction du patronat et ne pas savoir qu’il faisait rentrer des doubles cotisations, avait une caisse noire, payait des syndicats "jaunes" anti grèves comme la CSL, faussait la concurrence "libre" face aux grèves, aidaient les patrons à résister aux conflits pour ne pas que les salaires augmentent ?

Surtout que tous (Ceyrac, Gattaz, Dewavrin) expliquent que c’était un secret de polichinelle, que cela existait depuis 123 ans, ou selon, depuis 1901 ou 1947 ou 1968, qu’il y a eu jusqu’à un milliard d’euros, dans la caisse ?

Qui peut croire que Mme Parisot élue, n’a pas fermé les yeux ? Et alors elle était complice, elle l’a avoué d’ailleurs clairement : “beaucoup savaient inconsciemment" ! Qui peut croire que l’actuelle avidité de “blanchiment", sa politique spectacle sur tous les médias de Mme Parisot n’a pas été déclenché par le fait que que le Tracfin a finalement révélé les délits le 26 septembre 2007 ? Mme Parisot est une comédienne qui cherche à se blanchir sur le dos de ses proches amis du MEDEF. Elle ne fait cela que depuis qu’elle est contrainte de le faire pour masquer sa complicité et/ou passivité.

Qui peur croire que le TRACFIN ait révélé au ministre de l’intérieur en 2004, Nicolas Sarkozy, le scandale des mallettes de 26 à 32 kg d’argent liquide, de 2 millions d’euros par an, et que cela ne soit pas revenu, dans ce si petit monde, aux oreilles de Mme Parisot ?

Si le scandale n’avait pas finalement éclaté le 26 septembre 2007, Mme Parisot aurait continué à couvrir, à ne pas respecter ses propres statuts, à ne pas jouer son rôle de présidente, en toute discrétion...

Et d’ailleurs l’accord entre "parrains" des amis de Mme Parisot, M. de Virville avec Denis Gautier-Sauvagnac, (1,5 million d’euros + couverture de tous les redressements fiscaux, des frais de justice...) a été signé en début décembre 2007 et il a fallu encore attendre deux mois, que cela soit public, pour que Mme Parisot se rue sur les médias, pour essayer de se “laver", elle, (elle avait avoué “se sentir salie") en enfonçant ses meilleurs amis. En gros, elle dit au rste du patronat : je vous sauve en me blanchissant. En me blanchissant je vous blanchis. Même s’il y a des dégâts collatéraux, je sauve l’essentiel.

Ils ont la même idéologie (en finira avec le code du travail, contenir les salaires, hausser les profits), ils sont sans scrupule (corrompre par l’argent pour y arriver), ils défendent pareillement stocks-options, initiés, parachutes dorés, retraites chapeaux, augmentations de salaires faramineuses, et ils font même du chantage (si on ne donne pas ça aux patrons, ils s’en vont... ce qui "excuse" d’avance les turpitudes) et qui peut croire qu’ils ne sont pas de mèche, que ce n’est pas une bande organisée, qui paie actuellement des dizaines de milliers d’euros des avocats, des juristes, des communicants, afin de masquer la vérité qui saute aux yeux de la Franc entière.

On s’interroge toujours, pourquoi ne sont-ils pas en préventive jusqu’à ce qu’on sache d’ou vient l’argent et ou va l’argent ?

N’importe quelle autre bande organisée, pour moins que cela, serait en préventive et cela aiderait, pour ce coup là, à la clarté, aux enquêtes, aux aveux, et ne leur laisserait pas les moyens d’essayer de manipuler chaque jour les médias.

Voir cet article sur son site d'origine

4 - Traité Européen

1 - "Qu'as-tu fait le 4 février 2008 à Versailles" ? La liste, à retenir, des élus ayant voté "Non"

Il y a 1 mois, la droite anti-sociale, anti-laïque et anti-républicaine a permis la forfaiture de voter le traité Lisbonne refusé par le peuple français le 29 mai 2005. Car il s'agit bien du même traité comme l'a bien rappelé Valéry Giscard d'Estaing devant la Commission des affaires constitutionnelles le 17 juillet 2007 : "En terme de contenu, les propositions demeurent inchangées, elles sont juste présentées de façon différente. La raison de ceci est que le nouveau texte ne devait pas trop ressembler au Traité Constitutionnel. Les gouvernements européens se sont ainsi mis d'accord sur des changements cosmétiques à la Constitution, pour qu'elle soit plus facile à avaler"!

La majorité des parlementaires de gauche (PS et Verts) a prété main forte à cette droite-là. C'est un acte historique. Pour le vote le plus important permettant l'accélération des politiques néolibérales et communautaristes voulues par la droite, la majorité des parlementaires de gauche agit en soutien aux dirigeants du turbocapitalisme, voilà la réalité, voilà les faits !

Comme je l'ai rappelé au meeting du Comité National pour un Référendum (CNR) samedi 2 février dernier à la Halle Carpentier, il y a bel et bien déni de démocratie pour le refus du parralélisme des formes qui veut que ce que le peuple à voté, seul le peuple peut le défaire. Mais également pour son contenu. Ecoutons Pierre Mendès-France qui disait en 1957 (année des traités de Rome) à l'Assemblée nationale: "l'abdication d'une démocratie pêut prendre deux formes: soit elle recourt à une dictature interne par la mise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit (elle recourt) à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité, la puissance politique, car, au nom d'une saine économie, on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire et sociale, finalement une politique au sens le plus large du terme, nationale et internationale"!

Car le contenu de ce traité impose une seule politique monétaire, économique, et sociale. Elle est ouvertement anti-démocratique, anti-soicale, anti-laïque, anti-écologique, anti-républicaine comme le montre l'analyse mise sur le site (mettre le lien hyper texte!) Que nous regardions la politique mené en France par Sarkozy, ou le traité de Lisbonne, nous pouvons dire comme Denis Kessler (ex-numéro deux du MEDEF, pilier de la FFSA, et président de la SCOR, multinationale de la réassurance) lorsqu'il analyse les contre-réformes du gouvernement dans la revue Challenge le 4 octobre 2007: "A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. la liste des réformes? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là (la liste des réformes, NDLR). Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance(CNR)!"

165 parlementaires de gauche sauvent l'honneur de la gauche

Permettons néanmoins de dire que, quoique minoritaires dans les parlementaires de gauche, 165 parlementaires (voir la liste ci-dessous) ont sauvé l'honneur de la gauche française. Les 165 sont socialistes, verts, communistes ou républicain citoyen. Nous aurons nous en rappeler quand nous poserons la question: "Qu'as-tu fait le 4 février 2008 à Versailles ?".

Quel avenir pour les peuples européens?

Nous allons soutenir le combat de la "vraie" gauche européenne qui continuera à mener la bataille pour un référendum contre le traité de Lisbonne dans les autres pays. Cette bataille continuera donc durant toute l'année 2008 au moins.

Si par malheur, aucun pays n'arrivait à jeter le grain de sable démocratique nécessaire, il conviendra de se poser alors la question de comment construire l'Europe autrement que contre la volonté des peuples. Car comme ce traité, s'il venait à être adopté, est inamendable, car il exige l'unanimité, de plus en plus difficile à avoir au fur et à mesure de son élargissement et qu'il empêche pratiquement toute coopération renforcée (minimum de 9 pays sans opposition d'un autre pays ce qui est pratiquement impossible), la question de construire l'Europe nécessaire par une nouvelle Constituante hors de cette Union européenne là se posera de toute façon.

En attendant, il convient d'espérer que pour la préparation des prochaines élections européennes en 2009 dans le champ politique, les parlementaires qui ont sauvé l'honneur de la gauche française ouvrent la voie à une liste du non de gauche à ces élections qui respecte les votes du peuple, qui défende sa volonté exprimée le 29 mai 2005, et qui garantisse sa souveraineté.

 
 

Séance du Congrès à Versailles le 04/02/2008

Scrutin public à la tribune sur le projet de loi constitutionnelle modifiant le titre XV de la Constitution.

Le Congrès du Parlement a adopté

I - ASSEMBLÉE NATIONALE

GROUPE : UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE (318)

Pour: 306

MM. Élie Aboud, Manuel Aeschlimann, Yves Albarello, Alfred Almont, Mme Nicole Ameline, MM. Jean-Paul Anciaux, Benoist Apparu, Jean Auclair, Mme Martine Aurillac, MM. Pierre-Christophe Baguet, Patrick Balkany, Jean Bardet, Mme Brigitte Barèges, M. François Baroin, Mme Sylvia Bassot, MM. Patrick Beaudouin, Jean-Claude Beaulieu, Jacques Alain Bénisti, Jean-Louis Bernard, Marc Bernier, Jean-Yves Besselat, Gabriel Biancheri, Jérôme Bignon, Jean-Marie Binetruy, Claude Birraux, Etienne Blanc, Emile Blessig, Roland Blum, Claude Bodin, Philippe Boennec, Marcel Bonnot, Jean-Yves Bony, Jean-Claude Bouchet, Gilles Bourdouleix, Mme Chantal Bourragué, MM. Loïc Bouvard, Michel Bouvard, Mmes Valérie Boyer, Françoise Branget, MM. Xavier Breton, Philippe Briand, Bernard Brochand, Mme Chantal Brunel, MM. Michel Buillard, Yves Bur, Dominique Caillaud, Patrice Calméjane, François Calvet, Bernard Carayon, Pierre Cardo, Olivier Carré, Gilles Carrez, Mme Joëlle Ceccaldi-Raynaud, MM. Hervé de Charette, Jean-Paul Charié, Jérôme Chartier, Gérard Cherpion, Jean-François Chossy, Jean-Louis Christ, Dino Cinieri, Eric Ciotti, Pascal Clément, Philippe Cochet, Georges Colombier, Mme Geneviève Colot, MM. Jean-François Copé, François Cornut-Gentille, Louis Cosyns, René Couanau, Edouard Courtial, Jean-Yves Cousin, Alain Cousin, Jean-Michel Couve, Henri Cuq, Mme Marie-Christine Dalloz, MM. Olivier Dassault, Marc-Philippe Daubresse, Bernard Debré, Jean-Pierre Decool, Bernard Deflesselles, Lucien Degauchy, Rémi Delatte, Richard Dell'Agnola, Mme Sophie Delong, MM. Jean-Marie Demange, Yves Deniaud, Bernard Depierre, Vincent Descoeur, Patrick Devedjian, Nicolas Dhuicq, Eric Diard, Michel Diefenbacher, Jacques Domergue, Jean-Pierre Door, Dominique Dord, Jean-Pierre Dupont, Renaud Dutreil, Mme Marie-Hélène des Esgaulx, MM. Gilles d' Ettore, Daniel Fasquelle, Yannick Favennec, Georges Fenech, Jean-Michel Ferrand, Alain Ferry, Daniel Fidelin, André Flajolet, Jean-Claude Flory, Nicolas Forissier, Mme Marie-Louise Fort, MM. Jean-Michel Fourgous, Marc Francina, Mme Arlette Franco, MM. Pierre Frogier, Yves Fromion, Mme Cécile Gallez, MM. Sauveur Gandolfi-Scheit, Jean-Paul Garraud, Daniel Garrigue, Claude Gatignol, Gérard Gaudron, Jean-Jacques Gaultier, Hervé Gaymard, Guy Geoffroy, Bernard Gérard, Alain Gest, Franck Gilard, Georges Ginesta, Charles-Ange Ginesy, Jean-Pierre Giran, Louis Giscard d'Estaing, Claude Goasguen, François-Michel Gonnot, Didier Gonzales, Philippe Gosselin, Philippe Goujon, François Goulard, Michel Grall, Jean-Pierre Grand, Mme Claude Greff, MM. Jean Grenet, François Grosdidier, Jacques Grosperrin, Mme Arlette Grosskost, M. Serge Grouard, Mme Pascale Gruny, M. Louis Guédon, Mme Françoise Guégot, MM. Jean-Claude Guibal, Jean-Jacques Guillet, Christophe Guilloteau, Gérard Hamel, Michel Havard, Michel Heinrich, Laurent Hénart, Michel Herbillon, Antoine Herth, Mme Françoise Hostalier, MM. Philippe Houillon, Guénhaël Huet, Sébastien Huyghe, Mme Jacqueline Irles, MM. Christian Jacob, Denis Jacquat, Paul Jeanneteau, Yves Jego, Mme Maryse Joissains-Masini, MM. Marc Joulaud, Alain Joyandet, Didier Julia, Christian Kert, Jacques Kossowski, Mme Fabienne Labrette-Ménager, MM. Marc Laffineur, Jacques Lamblin, Jean-François Lamour, Mmes Marguerite Lamour, Laure de La Raudière, MM. Pierre Lasbordes, Charles de La Verpillière, Thierry Lazaro, Robert Lecou, Frédéric Lefebvre, Jean-Marc Lefranc, Marc Le Fur, Jacques Le Guen, Michel Lejeune, Pierre Lellouche, Bruno Le Maire, Dominique Le Mèner, Jacques Le Nay, Jean-Claude Lenoir, Jean-Louis Léonard, Jean Leonetti, Pierre Lequiller, Céleste Lett, Mme Geneviève Levy, MM. Michel Lezeau, François Loos, Gérard Lorgeoux, Daniel Mach, Guy Malherbe, Richard Mallié, Jean-François Mancel, Alain Marc, Jean-Pierre Marcon, Thierry Mariani, Mme Christine Marin, M. Hervé Mariton, Mme Muriel Marland-Militello, MM. Jean Marsaudon, Philippe-Armand Martin, Mme Henriette Martinez, MM. Patrice Martin-Lalande, Alain Marty, Jacques Masdeu-Arus, Jean-Claude Mathis, Jean-Philippe Maurer, Pierre Méhaignerie, Christian Ménard, Damien Meslot, Jean-Claude Mignon, Mme Marie-Anne Montchamp, M. Pierre Morange, Mme Nadine Morano, MM. Pierre Morel-A-L'Huissier, Jean-Marie Morisset, Georges Mothron, Etienne Mourrut, Alain Moyne-Bressand, Renaud Muselier, Jean-Marc Nesme, Jean-Pierre Nicolas, Yves Nicolin, Patrick Ollier, Mme Françoise de Panafieu, MM. Bertrand Pancher, Yanick Paternotte, Christian Patria, Mme Béatrice Pavy, MM. Jacques Pélissard, Dominique Perben, Bernard Perrut, Etienne Pinte, Michel Piron, Henri Plagnol, Serge Poignant, Mme Bérengère Poletti, M. Axel Poniatowski, Mme Josette Pons, MM. Daniel Poulou, Christophe Priou, Jean Proriol, Didier Quentin, Michel Raison, Eric Raoult, Frédéric Reiss, Jean-Luc Reitzer, Jacques Remiller, Bernard Reynès, Franck Reynier, Franck Riester, Jean Roatta, Camille de Rocca Serra, Mme Marie-Josée Roig, M. Jean-Marie Rolland, Mme Valérie Rosso-Debord, MM. Jean-Marc Roubaud, Max Roustan, Martial Saddier, Francis Saint-Léger, Bruno Sandras, François Scellier, André Schneider, Jean-Marie Sermier, Jean-Pierre Soisson, Michel Sordi, Daniel Spagnou, Eric Straumann, Alain Suguenot, Mme Michèle Tabarot, MM. Lionel Tardy, Jean-Charles Taugourdeau, Guy Teissier, Michel Terrot, Jean-Claude Thomas, Dominique Tian, Jean Tiberi, Alfred Trassy-Paillogues, Georges Tron, Jean Ueberschlag, Yves Vandewalle, Christian Vanneste, François Vannson, Mmes Isabelle Vasseur, Catherine Vautrin, MM. Patrice Verchère, Jean-Sébastien Vialatte, René-Paul Victoria, Philippe Vitel, Michel Voisin, Gérard Voisin, Jean-Luc Warsmann, André Wojciechowski, Gaël Yanno, Mme Marie-Jo Zimmermann et M. Michel Zumkeller.

Contre: 3

MM. Patrick Labaune, Franck Marlin et Jacques Myard.

Abstention: 3

MM. Lionnel Luca, Philippe Meunier et Jean-Frédéric Poisson.

Non-votant: 6

MM. Bernard Accoyer(Président du Congrès), Pierre Bédier, Yves Censi, Mme Gabrielle Louis-Carabin, MM. Didier Robert et Joël Sarlot.

GROUPE : SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE (204)

Pour: 17

MM. Dominique Baert, Christophe Caresche, Paul Giacobbi, Mme Annick Girardin, MM. Armand Jung, Jack Lang, Michel Lefait, Mme Annick Lepetit, MM. Albert Likuvalu, Victorin Lurel, Mmes Jeanny Marc, Dominique Orliac, Sylvia Pinel, MM. Philippe Tourtelier, Manuel Valls, André Vézinhet et Jean-Claude Viollet.

Contre: 91

Mme Sylvie Andrieux, MM. Jean-Paul Bacquet, Jean-Pierre Balligand, Gérard Bapt, Claude Bartolone, Jacques Bascou, Christian Bataille, Christophe Bouillon, François Brottes, Thierry Carcenac, Laurent Cathala, Bernard Cazeneuve, Jean-Paul Chanteguet, Alain Claeys, Jean-Michel Clément, Gilles Cocquempot, Pierre Cohen, Pascal Deguilhem, Marc Dolez, Jean-Pierre Dufau, William Dumas, Jean-Louis Dumont, Mme Laurence Dumont, MM. Jean-Paul Dupré, Philippe Duron, Olivier Dussopt, Christian Eckert, Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Albert Facon, Mme Martine Faure, MM. Hervé Féron, Pierre Forgues, Mme Valérie Fourneyron, MM. Michel Françaix, Jean-Claude Fruteau, Mme Geneviève Gaillard, MM. Daniel Goldberg, David Habib, Mme Sandrine Hurel, MM. Christian Hutin, Jean-Louis Idiart, Mme Françoise Imbert, MM. Michel Issindou, Serge Janquin, Régis Juanico, Jean-Pierre Kucheida, Mme Conchita Lacuey, MM. Jérôme Lambert, Jean Launay, Patrick Lebreton, Gilbert Le Bris, Mme Catherine Lemorton, MM. Jean-Claude Leroy, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Mme Martine Lignières-Cassou, MM. François Loncle, Jean Mallot, Mme Marie-Lou Marcel, M. Philippe Martin, Mmes Martine Martinel, Frédérique Massat, MM. Gilbert Mathon, Didier Mathus, Kléber Mesquida, Jean Michel, Didier Migaud, Arnaud Montebourg, Philippe Nauche, Henri Nayrou, Alain Néri, Michel Pajon, Christian Paul, Germinal Peiro, Jean-Luc Pérat, Jean-Claude Perez, Mme Catherine Quéré, M. Simon Renucci, Mmes Marie-Line Reynaud, Chantal Robin-Rodrigo, M. Patrick Roy, Mme Odile Saugues, M. Christophe Sirugue, Mme Christiane Taubira, MM. Pascal Terrasse, Jacques Valax, Michel Vauzelle, Michel Vergnier, Alain Vidalies et Jean-Michel Villaumé.

Abstention: 93

Mme Patricia Adam, M. Jean-Marc Ayrault, Mmes Delphine Batho, Chantal Berthelot, M. Jean-Louis Bianco, Mme Gisèle Biémouret, MM. Serge Blisko, Patrick Bloche, Daniel Boisserie, Maxime Bono, Jean-Michel Boucheron, Mmes Marie-Odile Bouillé, Monique Boulestin, M. Pierre Bourguignon, Mme Danielle Bousquet, MM. Alain Cacheux, Jérôme Cahuzac, Jean-Christophe Cambadélis, Mme Martine Carrillon-Couvreur, MM. Guy Chambefort, Gérard Charasse, Mmes Marie-Françoise Clergeau, Catherine Coutelle, Pascale Crozon, M. Frédéric Cuvillier, Mme Claude Darciaux, M. Michel Debet, Mme Michèle Delaunay, MM. Guy Delcourt, Michel Delebarre, Bernard Derosier, Michel Destot, René Dosière, Julien Dray, Tony Dreyfus, Yves Durand, Mmes Odette Duriez, Corinne Erhel, Aurélie Filippetti, Geneviève Fioraso, MM. Jean-Louis Gagnaire, Guillaume Garot, Jean Gaubert, Mme Catherine Génisson, MM. Jean-Patrick Gille, Joël Giraud, Gaëtan Gorce, Mme Pascale Got, MM. Marc Goua, Jean Grellier, Mmes Elisabeth Guigou, Danièle Hoffman-Rispal, M. François Hollande, Mme Monique Iborra, MM. Eric Jalton, Henri Jibrayel, Mme Marietta Karamanli, MM. François Lamy, Jean-Yves Le Bouillonnec, Mme Marylise Lebranchu, MM. Jean-Yves Le Déaut, Jean-Marie Le Guen, Mme Annick Le Loch, MM. Bruno Le Roux, Bernard Lesterlin, Louis-Joseph Manscour, Mme Jacqueline Maquet, M. Jean-René Marsac, Mme Sandrine Mazetier, MM. Michel Ménard, Pierre Moscovici, Pierre-Alain Muet, Mmes Marie-Renée Oget, Françoise Olivier-Coupeau, George Pau-Langevin, Marie-Françoise Pérol-Dumont, Martine Pinville, MM. Philippe Plisson, François Pupponi, Jean-Jack Queyranne, Dominique Raimbourg, Alain Rodet, Marcel Rogemont, René Rouquet, Alain Rousset, Michel Sainte-Marie, Michel Sapin, Mme Marisol Touraine, MM. Jean-Louis Touraine, Jean Jacques Urvoas, Daniel Vaillant, André Vallini et Philippe Vuilque.

Non-votant: 3

MM. Jean Glavany, Patrick Lemasle et Bernard Roman.

GROUPE : GAUCHE DEMOCRATE ET REPUBLICAINE (24)

Contre: 21

Mme Marie-Hélène Amiable, M. François Asensi, Mmes Huguette Bello, Martine Billard, MM. Alain Bocquet, Patrick Braouezec, Jean-Pierre Brard, Mme Marie-George Buffet, MM. Jean-Jacques Candelier, André Chassaigne, Jacques Desallangre, Mme Jacqueline Fraysse, MM. André Gerin, Pierre Gosnat, Maxime Gremetz, Jean-Paul Lecoq, Alfred Marie-Jeanne, Roland Muzeau, Daniel Paul, Jean-Claude Sandrier et Michel Vaxès.

Abstention: 3

MM. Yves Cochet, Noël Mamère et François de Rugy.

GROUPE : NOUVEAU CENTRE (22)

Pour: 20

MM. Jean-Pierre Abelin, Christian Blanc, Charles de Courson, Stéphane Demilly, Jean Dionis du Séjour, Francis Hillmeyer, Michel Hunault, Olivier Jardé, Yvan Lachaud, Pierre Lang, Maurice Leroy, Claude Leteurtre, Nicolas Perruchot, Jean-Luc Préel, François Rochebloine, Rudy Salles, François Sauvadet, Marc Vampa, Francis Vercamer et Philippe Vigier.

Contre: 2

MM. Philippe Folliot et Jean-Christophe Lagarde.

DEPUTES: NON INSCRITS (9)

Pour: 4

MM. Abdoulatifou Aly, François Bayrou, Thierry Benoit et Jean-Pierre Schosteck.

Contre: 4

Mme Véronique Besse, MM. Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle et François-Xavier Villain.

Abstention: 1

Mme Françoise Vallet.

II - SÉNAT

GROUPE : UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE. (159)

Pour: 149

MM. Jean-Paul Alduy, Pierre André, Gérard Bailly, José Balarello, Bernard Barraux, René Beaumont, Michel Bécot, Claude Belot, Pierre Bernard-Reymond, Roger Besse, Laurent Béteille, Joël Billard, Jean Bizet, Paul Blanc, Jacques Blanc, Pierre Bordier, Joël Bourdin, Mme Brigitte Bout, MM. Jean-Guy Branger, Dominique Braye, Mme Paulette Brisepierre, MM. Louis de Broissia, François-Noël Buffet, Christian Cambon, Jean-Pierre Cantegrit, Jean-Claude Carle, Auguste Cazalet, Gérard César, Jean-Pierre Chauveau, Marcel-Pierre Cléach, Christian Cointat, Gérard Cornu, Raymond Couderc, Jean-Patrick Courtois, Philippe Dallier, Serge Dassault, Mme Isabelle Debré, MM. Robert Del Picchia, Christian Demuynck, Gérard Dériot, Mme Béatrice Descamps, MM. Denis Detcheverry, Eric Doligé, Philippe Dominati, Michel Doublet, Alain Dufaut, André Dulait, Mme Catherine Dumas, M. Ambroise Dupont, Mme Bernadette Dupont, MM. Louis Duvernois, Jean-Paul Émin, Jean-Paul Emorine, Michel Esneu, Jean-Claude Etienne, Hubert Falco, Jean Faure, André Ferrand, Gaston Flosse, Alain Fouché, Jean-Pierre Fourcade, Jean François-Poncet, Yves Fréville, Yann Gaillard, René Garrec, Mme Joëlle Garriaud-Maylam, M. Jean-Claude Gaudin, Mme Gisèle Gautier, MM. Jacques Gautier, Patrice Gélard, Alain Gérard, François Gerbaud, Charles Ginésy, Francis Giraud, Paul Girod, Alain Gournac, Adrien Gouteyron, Francis Grignon, Louis Grillot, Georges Gruillot, Charles Guené, Michel Guerry, Hubert Haenel, Mme Françoise Henneron, M. Pierre Hérisson, Mme Marie-Thérèse Hermange, MM. Michel Houel, Jean-François Humbert, Mme Christiane Hummel, MM. Benoît Huré, Jean-Jacques Hyest, Soibahaddine Ibrahim Ramadani, Pierre Jarlier, Jean-Marc Juilhard, Mmes Christiane Kammermann, Fabienne Keller, MM. Alain Lambert, Marc Laménie, Mme Elisabeth Lamure, MM. Robert Laufoaulu, Jean-René Lecerf, Dominique Leclerc, Jacques Legendre, Jean-François Le Grand, Philippe Leroy, Gérard Longuet, Simon Loueckhote, Mme Lucienne Malovry, M. Pierre Martin, Mme Colette Mélot, MM. Alain Milon, Jean-Luc Miraux, Dominique Mortemousque, Bernard Murat, Philippe Nachbar, Mmes Jacqueline Panis, Monique Papon, MM. Jean Pépin, Jackie Pierre, François Pillet, Xavier Pintat, Louis Pinton, Rémy Pointereau, Christian Poncelet, Ladislas Poniatowski, Hugues Portelli, Mme Catherine Procaccia, MM. Jean Puech, Jean-Pierre Raffarin, Henri de Raincourt, Charles Revet, Philippe Richert, Yves Rispat, Josselin de Rohan, Roger Romani, Mme Janine Rozier, MM. Bernard Saugey, Bruno Sido, Mme Esther Sittler, MM. Louis Souvet, Yannick Texier, Henri Torre, André Trillard, Mme Catherine Troendle, MM. François Trucy, Jacques Valade, Alain Vasselle, Jean-Pierre Vial et Jean-Paul Virapoullé.

Contre: 4

MM. André Lardeux, Roland du Luart, Mme Lucette Michaux-Chevry et M. Charles Pasqua.

Abstention: 3

MM. Gérard Larcher, Philippe Marini et Jacques Peyrat.

Non-votant: 3

MM. Bernard Fournier, Henri Revol et Henri de Richemont.

GROUPE : SOCIALISTE. (96)

Pour: 15

MM. Robert Badinter, Jean Besson, Mmes Nicole Bricq, Monique Cerisier-Ben Guiga, MM. Charles Josselin, Alain Journet, Gérard Miquel, Bernard Piras, Jean-Pierre Plancade, Daniel Raoul, André Rouvière, Mme Patricia Schillinger, M. Jean-Pierre Sueur, Mme Catherine Tasca et M. Richard Yung.

Contre: 30

MM. Bernard Angels, David Assouline, Mmes Maryse Bergé-Lavigne, Alima Boumediene-Thiery, MM. Jean-Louis Carrère, Michel Charasse, Pierre-Yves Collombat, Roland Courteau, Jean Desessard, Michel Dreyfus-Schmidt, Mme Josette Durrieu, MM. Charles Gautier, Jean-Pierre Godefroy, Claude Haut, Mmes Annie Jarraud-Vergnolle, Bariza Khiari, MM. André Lejeune, Alain Le Vern, Jean-Pierre Masseret, Marc Massion, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Michel, Michel Moreigne, Daniel Percheron, Marcel Rainaud, Gérard Roujas, Claude Saunier, Jean-Marc Todeschini, Robert Tropeano et André Vantomme.

Abstention: 49

Mmes Jacqueline Alquier, Michèle André, MM. Bertrand Auban, Jean-Pierre Bel, Mme Marie-Christine Blandin, MM. Yannick Bodin, Didier Boulaud, Mme Yolande Boyer, M. Jean-Pierre Caffet, Mme Claire-Lise Campion, MM. Bernard Cazeau, Gérard Collomb, Yves Dauge, Jean-Pierre Demerliat, Mme Christiane Demontès, MM. Claude Domeizel, Bernard Dussaut, Jean-Claude Frécon, Bernard Frimat, Jacques Gillot, Jean-Noël Guérini, Yves Krattinger, Philippe Labeyrie, Serge Lagauche, Serge Larcher, Louis Le Pensec, Mme Raymonde Le Texier, MM. Claude Lise, Roger Madec, Philippe Madrelle, Jacques Mahéas, François Marc, Pierre Mauroy, Louis Mermaz, Jacques Muller, Jean-Marc Pastor, Jean-Claude Peyronnet, Jean-François Picheral, Mme Gisèle Printz, MM. Daniel Reiner, Thierry Repentin, Roland Ries, Mme Michèle San Vicente-Baudrin, MM. Michel Sergent, Jacques Siffre, René-Pierre Signé, Simon Sutour, Michel Teston et Mme Dominique Voynet.

Non-votant: 2

Mme Odette Herviaux et M. Paul Raoult.

GROUPE : UNION CENTRISTE-UDF. (30)

Pour: 30

MM. Nicolas About, Jean-Paul Amoudry, Philippe Arnaud, Jean Arthuis, Denis Badré, Claude Biwer, Didier Borotra, Jean Boyer, Marcel Deneux, Yves Détraigne, Mme Muguette Dini, MM. Daniel Dubois, Jean-Léonce Dupont, Pierre Fauchon, Mme Françoise Férat, MM. Christian Gaudin, Adrien Giraud, Mme Jacqueline Gourault, MM. Jean-Jacques Jégou, Joseph Kerguéris, Jean-Claude Merceron, Michel Mercier, Mme Catherine Morin-Desailly, M. Philippe Nogrix, Mme Anne-Marie Payet, MM. Yves Pozzo di Borgo, Daniel Soulage, André Vallet, Jean-Marie Vanlerenberghe et François Zocchetto.

GROUPE : COMMUNISTE REPUBLICAIN ET CITOYEN. (23)

Contre: 23

Mme Eliane Assassi, M. François Autain, Mme Marie-France Beaufils, MM. Pierre Biarnès, Michel Billout, Mme Nicole Borvo Cohen-Seat, MM. Robert Bret, Jean-Claude Danglot, Mmes Annie David, Michelle Demessine, Evelyne Didier, MM. Guy Fischer, Thierry Foucaud, Mmes Brigitte Gonthier-Maurin, Gélita Hoarau, MM. Robert Hue, Gérard Le Cam, Mme Josiane Mathon-Poinat, MM. Jack Ralite, Ivan Renar, Odette Terrade, Bernard Vera et Jean-François Voguet.

GROUPE : R.D.S.E. (16)

Pour: 15

MM. Nicolas Alfonsi, Gilbert Barbier, Jean-Michel Baylet, André Boyer, Yvon Collin, Gérard Delfau, François Fortassin, Mme Nathalie Goulet, MM. Pierre Laffitte, Daniel Marsin, Aymeri de Montesquiou, Georges Mouly, Georges Othily, Michel Thiollière et François Vendasi.

Contre: 1

M. Bernard Seillier.

SENATEURS: NON INSCRITS. (6)

Pour: 3

M. Philippe Adnot, Mme Sylvie Desmarescaux et M. Alex Türk.

Contre: 2

MM. Philippe Darniche et Bruno Retailleau.

Abstention: 1

M. Jean-Louis Masson.

MISES AU POINT AU SUJET DU PRESENT SCRUTIN

(Sous réserve des dispositions de l'article 19, alinéa 2, du Règlement du Congrès), M. Pierre Bédier, M. Gérard Larcher, M. Roland du Luart, Mme Lucette Michaux-Chevry, qui étaient présents au moment du scrutin ou qui avaient délégué leur droit de vote ont fait savoir qu'ils avaient voulu voter "pour"

Précisions d'Albert Richez: il fallait 2/5 ou plus des suffrages exprimés (741) pour refuser la modification de la Constitution, soit 296,4 voix ou 297 voix ; il y en a eu 181. Comme citoyen ayant voté NON au référendum du 29 mai 2005, je propose à ceux qui furent dans le même cas de ne plus voter pour ceux qui se sont abstenus ou qui ont voté pour la révision de la Constitution.

Bernard Teper

2 - Le mirage du « social »

En 2005, les dirigeants des partis socialistes et social-démocrates affirmaient qu’il fallait ratifier la « Constitution » européenne comme étape nécessaire à la construction ultérieure d’une « Europe sociale ». Cette « Constitution », rejetée en France et aux Pay-Bas, a été ressuscitée, avec le même contenu, sous la forme du traité de Lisbonne. Et les socialistes et social-démocrates continuent imperturbablement à tenir le même discours. Ou bien ils n’ont pas lu ces textes ou bien ils abusent les citoyens.

Ainsi, dans le traité, sont maintenus les articles interdisant (grâce à la règle de l’unanimité) toute harmonisation sociale autrement que par le marché. Un euphémisme pour désigner le dumping social encouragé par l’élargissements de 2004 et 2007 à des pays aux coûts salariaux très inférieurs à la moyenne communautaire. De même est interdite toute restriction à la liberté de circulation des capitaux qui, entre autres ravages, a permis la contamination de l’ensemble du système financier international par les titres « pourris » incorporant des crédits hypothécaires américains (les sub-primes).

Quelques affaires récentes montrent que l’ « Europe sociale » est un mirage qui se dérobe en permanence, tout simplement parce que les traités européens la subordonnent à ces « libertés », inscrites dans le préambule de la Charte des droits fondamentaux de l’Union[1], que sont « la libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux, ainsi que la liberté d’établissement ». Ce à quoi il faut bien entendu ajouter la « concurrence non faussée » (protocole additionnel n°6 du traité de Lisbonne). Pour faire appliquer ces priorités, la Commission, le Conseil et la Cour de justice de Luxembourg rivalisent de zèle.

Ainsi, en novembre dernier, le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), M. John Monks, a remis au président de la Commission, M. José Manuel Barroso, une pétition de 510 000 signatures réclamant une directive sur les services publics. Réponse brutale : « non ». Et comme la Commission a le monopole, confirmé par le traité, de l’initiative législative, cette revendication-phare des socialistes et social-démocrates va directement à la poubelle.

Le Conseil, pour sa part, sous l’impulsion du Royaume-Uni, a bloqué deux projets de directives : l’une sur la limitation à 48 heures de la durée hebdomadaire du travail, l’autre sur l’octroi aux travailleurs intérimaires des mêmes droits que ceux des travailleurs permanents.

Enfin, en décembre dernier, la Cour de justice s’est illustrée par deux arrêts . Au nom de la liberté d’établissement, elle a donné raison à la société finlandaise de ferries Viking Line qui voulait se délocaliser en Estonie pour payer des salaires estoniens et non pas finlandais. Par ailleurs, au nom de la liberté de prestation des services, elle a fait droit à la plainte de la société lettone Laval qui, dans un chantier de construction d’une école en Suède, entendait verser des salaires lettons et non pas suédois.

Vous avez bien dit Europe sociale ?

Notes

[1] La Charte ne figure pas dans le traité de Lisbonne, mais l’article 6 de ce traité lui accorde la même valeur juridique.

Bernard Cassen

3 - Après l'assassinat de la République le 4 février 2008, 2 livres pour comprendre

Le 4 février 2008, les parlementaires de la V République finissante votaient en majorité l'adaptation de la constitution à un traité destiné selon eux à débloquer le processus de construction de l'Union Européenne.
Notons que les millions de français victimes de la paupérisation, témoins de la transformation du territoire national en friches industrielles, voyant toutes les avancées sociales et politiques être effacées au nom de la marchandisation, n'avaient pas perçus de bloquages dans l'adaptation de la France aux directives libérales de l'Union Européenne.
Il eut donc ce jour à Versailles, décidément ville de toutes les forfaitures, trois types de parlementaires.
Il eut des courageux, qu'ils en soient remerciés, mais bien trop peu nombreux.
Il eut une minorité de cuistres à l'instar de Jack Lang osant vraiment défendre leur choix pour le oui.
La majorité scella notre destin la mine triste et le rire jaune car au fond ils savent bien que la poursuite de la construction européenne en l'état si elle leur permettra de maintenir à coup sur leur privilèges dans un parlement de témoignage, apportera pour nos concitoyens tout un lot de misère et l'adieu définitif à la République. Mais quel est donc ce processus que cette majorité a désiré relancer ?

Deux livres récemment publiés nous indiquent les objectifs réels de l'intégration européenne.
Tout militant résistant se doit de les connaître.

L’Intégration européenne de la France. La Tutelle de l’Allemagne et des Etats-Unis, d'Annie Lacroix-Riz, est un petit livre, dense et synthétique, qui indique comment des institutions ont été fondées pour défendre les intérêts capitalistes, notamment, après la Seconde Guerre mondiale. La volonté hégémonique états-unienne s’est concrétisée par la création d’institutions internationales telles que : le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) ou Banque mondiale en 1944, l’Organisation des Nations unies (ONU) en 1945. En 1947 sont créées aux Etats-Unis des institutions gouvernementales comme la CIA et le National Security Concil (NSC) et, en 1949, l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord), contre le bloc soviétique. La guerre froide a effectivement commencé avant la fin de la guerre. La volonté hégémonique des Etats-Unis est d’autant plus déterminée que l’Europe est exsangue après les destructions de la Seconde Guerre mondiale et son rôle en Europe est crucial. L’emprise exercée par les États-Unis sur le continent européen de l’Ouest est capital dans cet après-guerre.

Dans ce contexte, que signifie l’intégration européenne de la France ? Que reste-t-il des anciens liens économiques entre la France et l’Allemagne des années 1920 et 1930 ? Quels sont les enjeux derrière les grands discours qui se veulent fédérateurs ? Quels sont les enjeux de la « construction européenne » ? Une « construction européenne » qui se fait sur le dos de qui ? Et selon quel modèle ? Le modèle états-unien ?

Les États-Unis sont sortis de la Première Guerre mondiale avec des objectifs européens inclus dans les "14 points de Wilson": faire de l'Europe une zone ouverte à leurs capitaux et à leurs marchandises, métropoles et colonies: "l'exclusivité impériale" bénéficiait aux impérialismes européens rivaux et soustrayait aux capitaux américains les matières premières à bas prix dont ils avaient besoin. Ils ont œuvré à la réalisation de ces buts dans l'entre-deux-guerres, grâce à leur énorme poids financier, d'une part, de créanciers de l'Entente franco-anglaise depuis la guerre puis, à partir des années vingt, du Reich qui finança son réarmement à marches forcées par l'emprunt extérieur et, d'autre part, d'investisseurs de capitaux (particulièrement en Allemagne).

La Deuxième Guerre mondiale remit aux États-Unis victorieux et considérablement enrichis des atouts décisifs dans la création d'un vaste bloc européen d'accès entièrement libre: gigantesque endettement britannique suivi de l'endettement de toute l'"Europe occidentale" (qui conduisit les intéressés à accepter toutes les conditions financières et commerciales américaines, abandon des empires coloniaux compris); équivalence or du dollar et multilatéralisme menant toujours à Washington décrétés à la conférence de Bretton-Woods de juillet 1944 (et perspective d'abandon des tarifs douaniers et contingentements); maîtrise directe dès le printemps 1945 et peu après pour les deux autres "zones occidentales" de la partie la plus riche de l'Allemagne, incluant la Ruhr, base de son économie de guerre; promesse de maîtrise à assez court terme, notamment via l'Église romaine toute puissante, des zones d'Europe orientale pour l'heure incluses dans la sphère d'influence soviétique; tutelle directe (AMGOT en Italie) ou indirecte d'une zone d'influence ouest-européenne dont les dirigeants économiques et politiques nationaux n'avaient pas grand chose à refuser aux États-Unis: sauveteurs des coffres-forts, ils assuraient la sécurité et l'avenir des élites compromises par leur comportement depuis les années trente et surtout l'Occupation.

L'URSS étant réduite à la paralysie sur les projets de "reconstitution prioritaire" du Reich, les États-Unis, après avoir vaincu les résistances des autres pays de leur sphère d'influence européenne à la "reconstruction prioritaire de l'Allemagne", purent faire de celle-ci le pivot de l'union européenne : après l'abdication définitive par la France en 1948 de ses objectifs officiels en Allemagne et l'agrégation de sa zone d'occupation à la Bizone anglo-américaine, la voie fut ouverte à "l'union douanière" préparée à Washington pendant la guerre, dont l'Allemagne occidentale prendrait la tête.

Le livre d'Annie Lacroix-Riz est à lire en parallèle au livre du journaliste Frédéric Charpier "La CIA en France".

On y découvre une CIA qui multiplie les contacts avec les milieux intellectuels, soutenant des revues, des journaux, des agences de presse, de symposiums, des rencontres, des congrès où l’on croise notamment le sociologue Raymond Aron. Elle soutient surtout les mouvements politiques pro-européens, où officient des leaders tels que l’ancien résistant Henri Frenay, le futur père de l’Europe Jean Monnet, ou le jeune ministre François Mitterrand...

« A l’échelon politique, Washington appuie et finance donc les courants de pensée proeuropéens, alors représentés par les fédéralistes et les partisans d’une union européenne. Il s’agit en fait de donner une substance politique à l’esprit de reconquête, de consolider le bloc occidental qui, en cas de conflit, sera naturellement en première ligne (…) En novembre 1947, se crée un comité de coordination qui rassemble l’UEF (Union européenne des fédéralistes (présidée par Henri Frenay), l’United Europe Movement de Winston Churchill, le Mouvement pour les Etats-Unis socialistes d’Europe de Jean Monnet et les Nouvelles équipes internationales.

S'appuyant sur d'anciens collaborateurs des nazis, la CIA met aussi en place des organisations visant à organiser la subversion anticommuniste et proeuropénne. Se retrouvent ainsi dans la fondation Est-Ouest dirigée par le stipandié Georges Albertini, ancien secrétaire de Marcel Déat, des renégats du PCF, des trotskistes prêts à tout pour obtenir de l'argent, des syndicalistes en rupture avec la CGT ou des militants d'extrême-droite.

Frédéric Charpier démontre comment Force Ouvrière fut une création directe de la CIA visant à affaiblir une CGT trop communiste. On découvre aussi comment les responsables de la SFIO de Léon Blum à Guy Mollet rendent des services rémunérés au profit de la politique américaine. Guy Mollet ira jusqu'à offrir à Albertini un siège de député !
François Mitterand est présenté, preuves à l'appuie, comme un président donnant des gages aux intérêts américains.

Hommes politiques, patrons, syndicalistes, intellectuels, journalistes : il est peu de milieux que les agents de la CIA en France n’aient tenté d’approcher, d’infiltrer, d’influencer de manière directe ou indirecte. Au nom de la lutte contre le communisme, ennemi suprême, les espions se sont mêlés de beaucoup de choses, souvent à tort et à travers, allant jusqu’à établir des plans secrets (le «  Plan Cloven ») avec le gouvernement français en 1952 pour tenter de « liquider » le Parti communiste français.
Sans être toujours décisive, « l’ingérence » de la CIA a pu semer le trouble, déstabiliser des personnes, influencer des stratégies, financer des amis, mener une guerre clandestine, autant psychologique que politique. Le livre de Frédéric Charpier raconte quelques-unes de ces opérations clandestines, principalement celles des années d’après-guerre jusqu’aux années 70.

Les parlementaires du 4 février 2008 sont donc fidèles aux Guy Mollet et Georges Albertini. Ils ont assassiné aujourd'hui la République comme hier leurs anciens visaient à tuer le mouvement social car tout doit disparaître.
Les syndicats, la sécu, les mutuelles, l'Ecole laique, les associations et plus largement la Nation doivent céder la place au grand marché "libre et non faussé". Pour accompagner cette extension du regne de la marchandise au profit des détenteurs de capitaux, CIA et politiciens triviaux s'accordent à nous de les briser.

 

Nicolas Pomiès

5 - débats politiques

1 - Qui est promotionné à gauche par les médias turbocapitalistes ?

De façon traditionnelle, les dirigeants du capitalisme ont comme stratégie de médiatiser les dirigeants de gauche qui divisent la gauche pour le plus grand bien de la droite.
Voilà pourquoi ils ont médiatisé Rocard quand celui-ci s’opposait aux nationalisations.
Voilà pourquoi ils ont soutenu Robert Hue et que les médias appartenant à Lagardère et Dassault ont mis en page de une Ségolène Royal pour en faire la candidate de la gauche à la présidentielle de 2007. Les adhérents du PS n’ont fait que suivre la consigne de Dassault et Lagardère. D’ailleurs, il convient de dire que François Mitterrand a fait l’inverse quand il a promotionné Le Pen en le faisant passer systématiquement à la télé pour diviser la droite.

Aujourd’hui, celui qui passe le plus dans les médias tenus par la droite et les puissances du capitalisme est Olivier Besancenot. Est-ce fortuit ?

Il y a la naissance d’un nouveau parti anti-capitaliste nous dit-on ? Mais la LCR n’était-elle pas déjà anticapitaliste ? Parce que ce nouveau parti va s’élargir ? Mais avec quelle sensibilité ? En fait, les dirigeants de la LCR estiment que la médiatisation de leur leader devrait leur permettre d’élargir leur audience.

Mais les mêmes causes produiront les mêmes effets. Sans rien changer sur la ligne politique qui a montré son incapacité de mobiliser les couches populaires, sans rien changer sur la stratégie politique de division mais en changeant le marketing politique, cela permet de grossir légèrement les effectifs grâce aux médias puis la réalité « vraie » reprend le dessus à savoir qu’une organisation de gauche ne peut progresser que lorsqu’elle rencontre l’adhésion du peuple en commençant par les couches populaires d’abord sur la ligne politique puis sur sa stratégie et sa pratique sociale.

Aujourd’hui, les couches populaires (ouvriers et employés représentant 50% des ménages) ne sont pas prêt à suivre les « produits médiatiques ». Ils veulent une double stratégie, d’abord de réponses à leurs revendications immédiates(Chômage et précarité, protection sociale solidaire,droit au logement,services publics,laïcité et vivre ensemble, pour le moins) puis des réponses quant aux alternatives concrètes proposées. Et sans les couches populaires,il n’y a pas de sortie de crise pour la gauche.

Les dirigeants du turbocapitalisme ont depuis leur défaite le 29 mai 2005 tout fait pour diviser la gauche tout entière, tout fait pour diviser la « gauche anti-libérale ». Et ils ont infligé au non de gauche, la plus importante défaite électorale en 2007 ! Alors que le non de gauche faisait 31,3% à la sortie des urnes le 29 mai 2005 (sur les 55% du non), il n’y avait plus que 9% pour voter pour le non de gauche en mai 2007. Les médias turbo-capitalistes ont réussi leur coup !

Donc aujourd’hui, c’est très simple. Vous souhaitez diviser la gauche (aussi bien sur sa droite que sur sa gauche d’ailleurs !) et bien vous serez promotionné par les médias turbocapitalistes. Vous souhaitez une stratégie à front large contre Sarkozy et bien vous serez boycotté par les médias !

En fait Nicolas Sarkozy et les barons de l’économie compte employer la stratégie de François Mitterrand contre la droite quand celui-ci devenant minoritaire ne conservait le pouvoir qu’en divisant la droite grâce au FN surmédiatisé à la télévision. Et bien, nous y sommes. Nicolas Sarkozy est minoritaire et souhaite se maintenir au pouvoir en divisant la gauche.

Bien sûr, tout cela leur est permis à cause de cette cinquième république qui permet ce « bricolage » stratégique. Raison de plus pour combattre la cinquième république ! La gauche sous-estime malheureusement le poids des institutions. La cinquième république et le traité de Lisbonne, deux outils au mains du turbocapitalisme pour « museler » les forces laïques et sociales dans notre pays et en Europe.

C’est pourquoi il est très important de comprendre que nous ne pouvons coànstruire une alternative qu’à plusieurs conditions :

Tout ce qui s’écarte de ces trois conditions est une diversion qui pourra être utilisée par les forces anti-laïques et anti-sociales.

Jérôme Manouchian

2 - Droite et gauche : ordre et progrès ?

La célèbre relation entre ordre et progrès, étudiée et emblématisée par Auguste Comte, est pervertie par un mouvement croisé où l'on voit les partisans de l'ordre revendiquer le progrès en lui donnant la forme conservatrice de l'"adaptation" et où la gauche souscrit bruyamment à la superstition du changement, confondant le nouveau et le meilleur, l'archaïque et l'ancien. Cette double fuite en avant consiste à s'incliner devant l'ordre des choses ; faute d'ordre dans les pensées, elle abolit tout progrès.

Ordre et progrès

L’ordre sans le progrès pérennise les injustices. Le progrès sans l’ordre est une crise sans fin. Les conservateurs accusent le parti du progrès de renverser l’ordre : changer, c’est détruire. Beaucoup ont peur de perdre leurs privilèges, souvent imaginaires : les plus opprimés adorent l’ordre. Ainsi les vieillards ne supportent plus la moindre nouveauté. La santé ne se soucie pas de se conserver : on n’en prend soin que si l’on est malade. Mais inversement, confondre progrès et changement, comme font les humeurs brouillonnes et inquiètes, conduit à détruire le meilleur. « Du passé faisons table rase » est une parole terrible : la lutte contre les tyrannies devenue rupture avec le passé, c’est la barbarie. Il faut donc à la fois l’ordre et le progrès.

Changer pour conserver

Or les partisans de l’ordre ont volé le progrès à leurs adversaires : les voilà apôtres du changement et de la rupture ! Une certaine droite prétend réformer l’ordre ancien, comme une autre, il y a plus d’un demi siècle, voulait la Révolution Nationale. Certains changements procèdent en effet de la défense de l’ordre établi ; ils confortent les intérêts des puissances en place et rassurent. Il y a des changements de droite, et même d’extrême droite. Remettre en cause les principes de la République pour s’adapter à la mondialisation n’est pas une politique de progrès mais de conservation ; s’adapter consiste à suivre le cours des choses au lieu d’agir sur lui. Ce n’est qu’un fantôme d’action. Ainsi la droite se présente comme le parti du progrès et même elle y croit, lorsqu’elle prétend changer les lois sociales pour permettre d’accroître la croissance économique : réformer, c’est ici se conformer à l’ordre en place, à savoir l’ordre économique mondial, sorte de fait de nature auquel il paraît absolument vital de se soumettre. Ce progrès-là est donc le contraire d’une politique de progrès qui viserait l’amélioration des conditions de vie des hommes, à moins de considérer qu’accroître la croissance est sensé. Il est vrai que le mot progrès a plusieurs usages et que par exemple on peut parler sans violer la langue des progrès d’une maladie.

La superstition du changement

Ainsi l’idée de progrès technique et économique, liée depuis les Lumières à la gauche, est devenue un thème du parti conservateur parce que la croissance est le nouvel ordre mondial. Mais peut-être ce renversement vient-il de ce que la gauche a renoncé à elle-même : l’obsession de la croissance économique lui a fait perdre ses propres principes. A gauche aussi, à gauche d’abord, on en est venu à confondre l’ancien et l’obsolète, le meilleur et le nouveau. A gauche aussi et d’abord, archaïque est une injure. L’idée du progrès des lumières a été remplacée par la superstition du nouveau et du changement, la politique ayant pour unique modèle le progrès technique, lui-même déterminé et dénaturé par les nécessités du marché. Que par exemple un nouvel aspirateur rende le modèle précédent obsolète, ne signifie pas en effet que les innovations techniques ont pour but l’amélioration des appareils et le bien être des hommes. Il faut faire du nouveau pour vendre. Pour vendre il faut que les produits déjà achetés soient devenus ou paraissent obsolètes. L’apparence suffit. La publicité doit faire passer l’ancien pour démodé, et éveiller le désir d’objets dont personne jusque-là n’avait jamais éprouvé le besoin. Cette fuite en avant nommée changement fait dans tous les domaines assimiler le nouveau au meilleur, et d’abord dans la propagande politique. Ainsi « changer la vie » est un slogan vide de sens. C’est pourquoi, sur le marché, la République et l’état de droit, pourtant mal en point, ne pouvant plus être le parti du nouveau, sont des modèles périmés. Peut-être un jour l’oubli les fera-t-il passer pour originaux : il y a des modes rétro. Peut-être faudra-t-il attendre plus longtemps : la république romaine fut imitée par la Révolution Française après presque deux mille ans. Une fois lointain, le passé peut servir d’exemple à l’idée et nourrir l’espoir d’un avenir meilleur.

Ni ordre, ni progrès

Mais quand toute politique républicaine, parce que ses principes sont connus depuis longtemps, passe pour archaïque et que la défense de l’ordre établi, parce qu’elle a l’apparence de la nouveauté, se présente comme une politique de progrès, les appartenances politiques ne veulent plus rien dire. On comprend que les plus conservateurs et les partisans du progrès se séduisent les uns les autres. Aussi n’y a-t-il plus de traîtres. Mais de même que la confusion à gauche du nouveau et du meilleur ruine tout espoir de progrès, quand les conservateurs sont devenus le partisans du changement, le désordre est assuré.

© Jean-Michel Muglioni et Mezetulle, 2008

Voir cet article sur son site d'origine

Jean-Michel Muglioni

3 - L’élection organise une aristocratie

Le terme démocratie et l’adjectif démocratique qui qualifie notre régime de gouvernement sont deux mots-clés de notre vocabulaire politique. On croit tout savoir de la démocratie tant elle est familière. D’origine grecque, animant la vie d’Athènes, elle y aurait été «directe», et aurait été adaptée dans sa forme «indirecte» en France et aux Etats-Unis, à la fin du XVIIIe siècle. L’adjectif démocratique est lui aussi d’un usage courant. Si des étudiants bloquent leur université, certains leur rétorquent que ces pratiques ne sont pas démocratiques : la ministre les accuse même de vouloir construire un mouvement politique.

La démocratie athénienne avait pour fondement pratique l’usage du tirage au sort, la rotation rapide des charges, la reddition des comptes, l’impossibilité d’exercer de multiples fois la même charge, la rémunération de l’activité politique, l’amateurisme, c’est-à-dire la non-division du travail politique. Il s’agissait de garantir à tout citoyen s’en jugeant capable la possibilité de participer au jeu politique. L’élection était réservée à la désignation des généraux et des magistratures financières. Le sort était conçu comme la meilleure garantie d’égalité des chances d’accès aux charges ; il s’accordait parfaitement avec l’impératif de la rotation des charges.

Aristote lie clairement démocratie et tirage au sort, alors qu’il associe élection et aristocratie. On retrouve ces associations chez Montesquieu et Rousseau, entre autres, deux mille ans plus tard. A la fin du XVIIIe siècle, certains acteurs des révolutions française et américaine bâtissent un régime de gouvernement original, qu’ils appelleront gouvernement représentatif. L’élection est choisie pour désigner des représentants et, pour les forcer à ne pas trop s’écarter de la volonté des électeurs, elle doit avoir lieu régulièrement. L’élection s’impose au moins pour deux raisons : elle traduit un principe influent du droit romain («ce qui touche tout le monde doit être considéré et approuvé par tous») ; elle permet de sélectionner une aristocratie, ce qui est l’objectif visé. Le peuple est déclaré souverain, bien qu’il ne participe pas au gouvernement. Le gouvernement représentatif est une aristocratie.

Après les massacres de juin 1848, la Constituante proclame la République «démocratique» (art. 2, préambule). Pourtant, la Constitution organise un régime de gouvernement représentatif. Pas plus qu’en 1789 le tirage au sort n’est évoqué. La participation du peuple au gouvernement n’est pas prévue. Le contrôle des représentants se limite à la procédure élective. Rien ne garantit que tout citoyen désirant exercer des fonctions politiques le puisse. L’élection est précisément un outil de sélection et de présélection. Certaines caractéristiques sont nécessaires pour être élu : la notoriété, le sens du jeu politique dominant, la fortune. L’élection organise une aristocratie.

Et pourtant, l’adjectif «démocratique» est là, et son adoption ne donna lieu qu’à peu de débats selon le procès-verbal des discussions de la Commission de rédaction en 1848. La réintroduction du suffrage universel masculin direct (déjà prévu en 1793) semble avoir entraîné l’adoption du terme «démocratique». «Démocratie» et «démocratique» vont alors structurer durablement la pensée et les discours concernant le gouvernement représentatif. Il est également singulier de remarquer que les hommes de la Convention, à l’origine de la Constitution de 1793, ne songèrent pas à qualifier la République de «démocratique». Pourtant, le suffrage universel masculin direct est prévu. Mieux, le peuple, pour qui un rôle politique est prévu, forme des assemblées, approuve les lois et peut provoquer le référendum. Mais, tout simplement, cette Constitution n’organise pas la démocratie, et la conscience de l’époque à ce sujet est peut-être plus claire que celle du XIXe siècle.

Alors certains qualifieront nos «démocraties» de «démocraties indirectes», variation de la démocratie athénienne, qui serait une «démocratie directe». Pourtant, ces deux concepts n’articulent pas les mêmes éléments, ce que masque la référence commune à la démocratie.

Sous la Ve République, si le peuple ne se gouverne toujours pas lui-même, contrairement à ce qu’affirme la Constitution («gouvernement du peuple, par le peuple», art. 2), il est néanmoins déclaré souverain, et sa souveraineté «s’exerce par ses représentants et par la voie du référendum» (art. 3). Rappelons que la représentation nationale a voté le 8 février en faveur du traité de Lisbonne, et ce à 87 %, alors qu’un texte similaire avait été rejeté en 2005 par référendum à 54 % des suffrages exprimés. Cela devrait (re)mettre en lumière la nature de la représentation. Pierre Moscovici, député PS, le disait lui-même sur France Inter, le 4 février, avant le vote du Congrès pour modifier la Constitution en vue de la ratification du traité : «Je voterai selon mes convictions.» Nous ne critiquerons pas Pierre Moscovici d’aller contre l’avis du peuple. Il ne fait qu’exprimer la logique du gouvernement représentatif, à savoir l’autonomie des représentants. Le critiquer, ce serait supposer qu’il déroge à un devoir, alors que la Constitution ne prévoit aucun mécanisme de contrôle des députés par les citoyens : ils sont uniquement invités à voter pour quelqu’un d’autre s’ils sont mécontents. Alors «le peuple exerce sa souveraineté par ses représentants» ?

Le régime représentatif n’est pas la démocratie. Le résultat de la falsification du sens attaché au mot «démocratique», falsification portée par toute la puissance symbolique de sa consécration dans les textes fondateurs de nos Républiques depuis 1848, est de masquer ce que furent les outils utilisés par les Athéniens pour organiser leur gouvernement, et le plus important d’entre eux peut-être, le tirage au sort.

Nos ancêtres ont peut-être négligé, ou méconnu les outils fondamentaux permettant d’organiser pratiquement la démocratie. Rien ne nous oblige à les suivre ni à continuer de croire en la souveraineté du peuple, de croire que le peuple se gouverne lui-même. La mise en pratique des principes démocratiques va nous y aider.

Paru dans la rubrique Rebonds de Libération

Voir cet article sur son site d'origine

Laurent Henry post-doctorant

Philippe-Alexandre Pouille

6 - à lire, à voir ou à écouter

1 - 1ère émission de la "Radio Insoumises". Et vidéo sur le scandale de l'UIMM.

Ecoutez la première émission de la radio des Insoumises !

Emission du 8 mars 2008 sur le thème "Féminisme : stigmatisation ou émancipation" (1er débat)

Invités : Caroline Fourest (ProChoix), Yacine Belatar (Génération FM), Nadia Amiri (Sociologue), Bernard Teper (Ufal). Débat animé par Olivier Bassuet et Safia Lebdi.

Cliquez sur : http://www.lesinsoumises.org/dotclear/index.php?2008/03/11/39

 

Regarder l'intervention de Jean-Luc Mélenchon sur Public Sénat au sujet du scandale UIMM-Medef, cliquez-ici

ReSPUBLICA

7 - Proche-Orient

1 - Trêve entre Israël et le Hamas ?

Mahmoud Abbas a annoncé qu’Israël et le Hamas négociaient une trêve, qui interviendrait « dans les prochains jours ». Du côté israélien, on dément. Qu’en est-il ? Il semble que, pour l’instant, l’Egypte fasse office de médiateur et que rien ne soit encore joué. Détails dans l’article

Ha’aretz, 10 mars 2008

Par Avi Issacharoff et Amos Harel

Traduction : Gérard pour La Paix Maintenant

Les chiffres ne mentent pas : depuis jeudi dernier, il y a une trêve dans les combats dans la bande de Gaza. Il est tout à fait certain qu’il s’agit d’une trêve à très court terme. Mais en même temps, il est difficile de contester les chiffres : dans la journée du 29 février, quelque 50 roquettes ont été tirées, la plupart du temps par des miliciens du Hamas. Au milieu de la semaine, le chiffre était tombé à 10 à 15 roquettes par jour, tirées par des groupes plus extrémistes, bien que, pour une grosse part, les Qassam aient été fournies par le Hamas. Depuis vendredi, seules 1 ou 2 roquettes par jour ont été tirées.

Y a-t-il eu un accord particulier entre Israël et le Hamas ? Il semble que non, même si certains médias affirment le contraire. Plus vraisemblablement, il s’agit d’une initiative du Hamas lui-même, qui répond aux attentes des Egyptiens. Le Hamas a donné l’ordre aux groupes de cesser leurs tirs, et cet ordre est suivi par les membres de son aile armée, et partiellement par les autres groupes.

Cette accalmie relative pourrait permettre à l’Egypte d’accélérer ses efforts en vue d’obtenir un accord de cessez-le-feu à long terme. Cela rendra également difficile pour Israël de prendre l’initiative d’une nouvelle série d’attaques contre le Hamas dans la bande de Gaza. Ces derniers jours, il semble d’ailleurs que l’armée israélienne y réduit ses opérations, en partie à cause du calme qui règne de l’autre côté.

Cette trêve est très fragile, principalement à cause de la complexité sur le terrain. Le massacre des étudiants religieux à Jérusalem n’étant pas directement lié au Hamas, Israël a évité de mener des représailles dans la bande de Gaza. En même temps, Israël ne perdra pas son temps à rechercher qui sera derrière le prochain attentat venu de la bande de Gaza, même si le Hamas n’a pas de responsabilité directe. Et, de toute façon, la trêve n’est pas totale. Jeudi matin, des membres du Jihad islamique ont fait sauter une bombe qui a tué un soldat dans une jeep, près du kibboutz Ein Hashlosha.

Autre problème : le plan égyptien. Le chef des services secrets égyptiens, le général Omar Suleiman, qui devait se rendre en Israël et dans les territoires palestiniens pour faire avancer son plan, a une fois de plus remis son déplacement, pour la deuxième semaine de suite. Le Hamas exige en préalable la réouverture des passages frontaliers, en particulier celui de Ra fah. Or, il est très difficile de parvenir à un accord sur cette question qui soit acceptable à la fois par le Hamas et par Israël. Ces derniers mois, une idée avait été émise selon laquelle les forces de l’Autorité palestinienne, fidèles à Mahmoud Abbas, représentent les Palestiniens aux passages frontaliers. Mais la méfiance entre le Fatah et le Hamas, surtout depuis le coup de force du Hamas à Gaza en juin dernier, est exceptionnellement forte. Par exemple, où seraient logés ces surveillants palestiniens, une fois leur tout de garde terminé ? Oseront-ils passer la nuit dans la bande de Gaza, sûrs de l’immunité que le Hamas leur garantirait ?

Pour le moment, le Hamas ne souhaite faire aucune concession. Il maintient sa position initiale : les officiers du Fatah s’occuperaient des tâches administratives du côté palestinien, mais une force armée du Hamas serait également postée sur les lieux. Solution acceptable ni par Israël, ni par l’Autorité palestinienne, car cela reviendrait à accorder le dernier mot au Hamas aux passages frontaliers.

Comme souvent, il est compliqué de se faire une idée claire à partir des déclarations des porte-parole du Hamas. Des proches d’Ismaïl Haniyeh tentaient de faire savoir que l’accord était conclu. D’autres membres du Hamas, qui ne font pas partie du gouvernement, démentaient et affirmaient que, pour le moment, il n’y avait pas d’accord, ni avec l’Egypte ni avec Israël.

Du côté de l’armée israélienne, on dit que depuis quelque temps, le vrai décisionnaire au Hamas n’est plus Ismaïl Haniyeh, ni même Khaled Mesh’al depuis Damas, mais Ahmed Jabari, qui dirige l’aile militaire du Hamas. C’est l’homme qui a mené l’opération de la brèche dans la frontière avec l’Egypte à Rafah en janvier dernier, malgré les réserves de Mesh’al. Les positions de Jabari sont dures et sans compromis. Il est peu probable qu’il soit prêt à faire des concessions sur le plan idéologique.

La Paix Maintenant www.lapaixmaintenant.org

8 - courrier des lecteurs

1 - "Ils ont réagit au dernier numéro", petite sélection.

Ingrid Betancourt, FEMME OTAGE

Cette femme, la dernière encore aux mains de la guérilla, est en train de perdre la vie dans la forêt colombienne. Sa souffrance nous touche tous et toutes et nos espoirs sont rivés à l'action pacifiante de Hugo Chavez, le président vénézuelien socialiste. Pour la journée de la femme, samedi 8 mars, celui-ci a renouvelé son appel pressant auprès de la guérilla, demandant la libération d'Ingrid, très malade. Sa mère avait salué la "qualité humaine" de M. Chavez. "Depuis le premier jour où je suis venue lui parler, j'ai senti la qualité humaine qui est la sienne, sa solidarité".

Quelle désolation dans nos rues, de croiser samedi l'équipe de Monsieur Mariton distribuant une photo d'Ingrid associée aux noms des femmes de sa liste! Comment peut-on utiliser tant de souffrance pour vendre une liste politique (passons sur l'illégalité, car la campagne était close), alors que c'est déjà par chantage politique que cette femme est détenue: otage et encore otage de politiques. C'est humiliant pour les femmes, un jour où leurs motivations devraient être plus hautes et plus universelles, car en ce qui concerne la cause des femmes dans le monde et en France même, il y' a du travail, que l'on soit de droite ou de gauche...

Claire Avril

 

"Survivre avec les loups" était une fable

Cher Ami.

Dans la lettre de l'EXPRESS de ce vendredi 29 février , l'auteur du livre "survivre avec les loups" Misha Defonseca vient d'avouer qu'elle avait triché et écrit un récit de fiction.
C'est ce que je pensais lorsque je vous écrit le 29 janvier pour vous dire que c'était une belle fable.

Mes sincères salutations.

Elie Volf

 

Suite des réaction à l'article "Sarkozy persiste et signe.... de Jean Yves Camus".

Je suis outré par certains propos d’Edith Lévy publiés dans le n°580. Je cite :
Sarkozy est d'origine hongroise; je ne sais pas, évidemment jusqu'à quel point il reste imprégné de cette culture. Mais la Hongrie fut l'un des pays les plus antisémites - et - le communisme y ayant succédé à l'occupation allemande, aucune réflexion n'y fut conduite sur l'extermination systématique des juifs hongrois, avec la collaboration active de la population.?

Voilà le crime d’être fils de né quelque part est imputé à Sarkozy, je ne vois aucune différence avec l’attitude essentielle de l’antisémite pour qui un Juif, même après plusieurs générations d’athéisme ou de christianisme, “reste imprégné de sa culture? — c’est aujourd’hui l’euphémisation du “sang juif? de jadis.
De surcroît c’est totalement faux historiquement, si la Hongrie de la dictature de Horthy a été de plus en plus franchement antisémite, elle a paradoxalement, par esprit de souveraineté nationale, protégé ses ressortissants juifs contre les pressions de Hitler. Et si les derniers convois pour les camps de la mort ont été massivement des convois de Hongrois, c’est précisément parce que jusque-là la Hongrie avait été un des rares pays d’Europe qui avait soustrait ses Juifs à la “solution finale?. Le gouvernement allemand a même fomenté un coup d’Etat chez son allié hongrois pour mettre au pouvoir les antisémites les plus radicaux, et en est même venu à occuper la Hongrie.

Deux minutes de recherche sur Internet permettent à n’importe quel esprit honnête de vérifier ces informations, et sans être historien quiconque a lu Les Bienveillantes de Littel l’an dernier est au courant. Voir par exemple ce lien, d’où j’extrais les lignes suivantes.

En 1942, le gouvernement allemand commença à faire pression sur la Hongrie pour que les Juifs de nationalité hongroise soient remis aux Allemands. Cependant, le premier ministre de Horthy, Miklos Kallay, refusa de déporter les Juifs hongrois, malgré une pression importante de la droite radicale hongroise. Ironiquement, la plupart des Juifs hongrois put ainsi se voir épargner la déportation avant l'occupation allemande de 1944, car les nazis n'avaient pas le contrôle direct sur les affaires internes de leurs alliés.

Dire n’importe quoi sur l’histoire et user de procédés odieux contre ses adversaires politiques ne grandit aucune cause, en tout cas c’est plutôt propre à écarter les esprits honnêtes de la cause que l’on prétend servir, fût-elle aussi noble que la lutte contre le racisme.

Jean-José Mesguen

ReSPUBLICA

Agenda

jeudi 13 - jeudi 20 mars 08

25ème rencontres du Cinéma Latino-américain

Pessac au cinéma Jean Eustache
et Bègles au cinéma Festival

Télécharger le programme

Thématiques de cette année:

en plus du Prix du public pour le documentaire indépendant ou autoproduit.

mercredi 9 avril 2008, 09:30

« Science et Laïcité »

au Collège de France, 11 Place Marcelin Berthelot, Paris (5e),
Salle 2.

Colloque de l'Union rationaliste

Le thème qui sera abordé : « Science et Laïcité » s'inscrit tout particulièrement dans l'actualité.

Vous trouverez à cette adresse le programme de ce colloque.

Voir l'agenda complet en ligne

ReSPUBLICA, le journal de la gauche républicaine est édité par l'association:
"Les Amis de ReSPUBLICA"
27 rue de la Réunion
75020 PARIS

Courriel: respublica@gaucherepublicaine.org
Site: http://www.gaucherepublicaine.org