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Tous présents le 5 novembre 2026 pour le retrait des budgets et la satisfaction des revendications des lycéens

Pancarte portée lors de la manifestation du 17 octobre 2026, devant l'Hôtel de Ville de Valence (Drôme). Par Maxlath — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=202032181.

Nous sommes dans un moment de polycrise (crise du capital, crise climatique, crise budgétaire, crise géopolitique, crise de régime, etc.). Beaucoup de lycéens ont compris que, dans cette formation sociale capitaliste, ils n’ont plus d’avenir collectif. Ils se révoltent donc sur un ensemble de revendications que personne ne peut critiquer rationnellement.

Le 17 octobre a ainsi vu une convergence des colères (lycéens, étudiants, salariés, retraités, syndicalistes, gilets jaunes, etc.)(1)Que faire après la trilogie 17 novembre 2018, 19 janvier 2023 et 17 octobre 2026 ? – ReSPUBLICA.. Non seulement le pouvoir exécutif de la 5ème République fait la sourde oreille aux revendications des lycéens, mais il veut attenter aux libertés publiques et notamment à la liberté de manifestation. Alors que dans un état de droit, la police a le devoir de protéger cette liberté fondamentale, voilà que le président Macron déclare (contre l’esprit de la Constitution) que seules les organisations syndicales ont le droit d’organiser une manifestation. On remarque en outre que dans de nombreuses villes de province, les préfets ont supprimé le droit de manifestation pour toutes les organisations ! La France est donc entrée dans un régime illibéral. Macron-Orban, même combat !

Il a fallu attendre les manifestations du 24 octobre pour montrer que le nombre réel de manifestants ne faiblissait pas. On peut même dire que la manifestation parisienne dépassait en nombre celle du 17 octobre ! Alors, le gouvernement Macron-Lecornu a proposé une première série de mesures très éloignée des enjeux de la séquence ! La réponse des organisations lycéennes, étudiantes et syndicales fut unanime : « On continue le mouvement » !

Les propositions gouvernementales

L’Union syndicale lycéenne, l’Union étudiante, l’Unef, la Fage et Solidaires étudiants avaient notamment soutenu un ensemble de dix mesures d’urgence :

  1. un plan massif de rénovation des établissements scolaires et universitaires (réponse gouvernementale jugée insuffisante) ;
  2. des recrutements massifs d’enseignants et de personnels éducatifs (réponse gouvernementale jugée insuffisante) ;
  3. une refonte des rythmes scolaires (pas de réponse) ;
  4. la suppression de Parcoursup ;
  5. la création de 250 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur (réponse gouvernementale jugée insuffisante) ;
  6. une augmentation de 200 euros des bourses étudiantes (pas de réponse gouvernementale) ;
  7. la revalorisation des APL et le maintien des aides aux étudiants étrangers (pas de réponse gouvernementale) ;
  8. la généralisation effective du repas à 1 euro (pas de réponse gouvernementale) ;
  9. la suppression des frais différenciés pour les étudiants étrangers extra-communautaires ;
  10. un renforcement de la démocratie lycéenne.

Les annonces concernant les postes, les bourses et la rénovation des établissements dépendront des crédits inscrits dans le budget 2027 et celui des années suivantes. Il faudra notamment vérifier si les créations de postes annoncées correspondent à des moyens supplémentaires durables. Plusieurs revendications essentielles restent sans réponse. Le gouvernement ne reprend pas les demandes de 250 000 places supplémentaires dans le supérieur, de la hausse de 200 euros des bourses ou de la revalorisation générale des APL. Il ne remet pas non plus en cause explicitement le principe de sélection et d’orientation dans l’enseignement supérieur.

Il ne répond que partiellement à la question fondamentale soulevée par les jeunes : l’égalité réelle d’accès aux études et la possibilité pour chacun de poursuivre une formation correspondant à ses aspirations, indépendamment de son origine sociale. Le gouvernement cherche donc à apporter des réponses immédiates sans remettre profondément en cause les mécanismes de sélection et surtout d’orientation et les moyens consacrés à l’Éducation nationale et dans le supérieur.

Fort heureusement, le mouvement syndical a lancé un appel à une journée de grève et de manifestation le 5 novembre 2026

Il faut donc passer un cran au-dessus et utiliser le mode gréviste pour tenter d’augmenter le rapport des forces. D’autant que les syndicats développent la revendication contre la cherté de la vie pour toutes et tous. Une intersyndicale s’est chargée d’ouvrir la voie.

Tout doit être fait, par toutes et tous, pour réussir la mobilisation de cette journée de grève et de manifestation, afin ensuite de tenter d’aller vers la grève générale aux fins de défaire le budget de guerre sociale de l’extrême centre Macron-Lecornu et de permettre, dans la foulée, la satisfaction totale des revendications des lycéens. Là encore, c’est l’histoire qui a tranché : quand le grand patronat et ses gérants s’entêtent, toutes les grandes bifurcations ont été obtenues avec un arsenal d’actions, dont celui de la grève massive, seule mesure qui fait rapidement réfléchir les grands patrons et leurs représentants !

Mais pas de citoyenneté sans projet social désirable

La citoyenneté ne peut se suffire de rites et de droits formels et, pour vivre, elle a besoin de rites et de droits réels incarnés par un projet social désirable(2)Pas de citoyenneté sans projet social : pourquoi les 40 ans de diabolisation de l’extrême droite sont un échec – ReSPUBLICA.. Ce projet social doit provenir d’une conception humaniste et émancipatrice du travail(3)De Jaurès à Croizat : repenser le travail comme condition de la République sociale – ReSPUBLICA.. Et cette conception a été tirée d’une boussole élaborée dans l’histoire par les combats du mouvement ouvrier et de la gauche de gauche(4)Repenser le travail et la question sociale comme boussoles du clivage politique gauche-droite – 3/3 – ReSPUBLICA..

Les partis politiques de gauche ne peuvent se contenter de présenter un programme. Ils doivent aussi pratiquer la double besogne (charte d’Amiens de 1906) et doubler leur programme de mesures immédiates avec une proposition de nouveau modèle politique pour le moyen terme.

Reste à comprendre le réel français

Dans le débat public, de bonnes âmes déclarent urbi et orbi qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses et que le montant de la dette publique empêche toutes dépenses supplémentaires.

Nous avons déjà répondu à plusieurs reprises dans ReSPUBLICA que la solution est d’augmenter les recettes en faisant en sorte que les riches et les ultra-riches paient autant en pourcentage de leurs revenus et de leurs patrimoines que les couches populaires et moyennes.

Il s’agit également de sortir du dogme de la politique de l’offre qui, aujourd’hui, organise un ruissellement du bas de la hiérarchie sociale vers le haut (plus de 200 milliards d’aides aux entreprises sans contreparties).

Ne jamais oublier dans un coin de notre tête que les attaques peuvent aussi venir de l’Union européenne. En cas de vote au Parlement européen du 28e régime(5)https://www.cgt.fr/actualites/europe/mobilisation/28eme-regime-la-promotion-inacceptable-du-dumping-social-et-de-levitement-fiscal., une entreprise française pourra s’installer en Bulgarie et appliquer le Code du travail bulgare dans son établissement en France, une situation inacceptable ayant donné lieu à un rassemblement à Strasbourg.

Reste la dette publique. Pourquoi les obligations françaises voient leur taux d’intérêt subir une hausse plus forte qu’ailleurs ? Il suffit pour cela de regarder l’évolution du prix des swaps sur défaillance (CDS) liés à la dette publique française, c’est-à-dire l’assurance contre un défaut de paiement de l’État français. Il s’agit de regarder cette évolution vis-à-vis des autres pays européens. Il est sûr que la vidéo de la chute du beffroi de la mairie de Limoges et l’entrée violente dans l’illibéralisme de la France inquiètent les créanciers de la France. C’est pourquoi il est indispensable d’apporter une réponse globale et pas seulement sectorielle aux enjeux de la période. Malheureusement, les « Mozart de la finance » du « socle commun » en sont bien incapables. Le problème est bien là !

Comment soutenir nos lycéens ?

À court terme, nous proposons à toutes et tous d’être des acteurs de la réussite du mouvement de grèves et de manifestations du 5 novembre. Mais aussi de vous engager, avec Michaël Zemmour, dans le soutien au mouvement lycéen en assurant dans vos réseaux le succès de cette pétition(6)Pour le droit à l’éducation : abrogeons les lois de 2018 (« Parcoursup ») et exigeons un budget d’urgence dès 2027 – Plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale..

Nous soutenons les revendications de la jeunesse et nous demandons donc la fin de Parcoursup, du bac Blanquer, de la réforme du lycée pro et un investissement financier qui commence dès le budget 2027 actuellement en discussion au Parlement.

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