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La grande bourgeoisie française se porte beaucoup mieux que la France et les Français

© François Feer

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D’après les compilations des documents fournis par les entreprises du CAC 40, la lettre Vernimmen n°223, publication financière en général bien informée, stipule que ces 40 plus grandes entreprises ont fourni à leurs actionnaires un nouveau record global de 107,6 milliards d’euros dans une répartition de 34,8 milliards d’euros (nouveau record en une année) sous la forme de rachats d’actions et de 72,8 milliards d’euros sous forme de dividendes.

À noter qu’environ la moitié des 107 milliards d’euros a été fourni par six entreprises (Total, Axa, Sanofi, LVMH, BNP Paribas et Vinci) et que le total des 20 derniers du CAC 40 n’est que pour 16 % du total. Cela montre l’extrême inégalité du CAC 40. Rappelons pourquoi les grandes entreprises organisent les rachats d’actions. Tout rachat d’action augmente la demande, donc le cours de l’action, donc le bénéfice de l’action.

Records pour la grande bourgeoisie et scandales pour les travailleurs et leurs familles

Ces records financiers pour la grande bourgeoisie vont de pair avec la position de la France comme championne d’Europe des décès au travail.

Ces records financiers pour la grande bourgeoisie vont de pair avec la position de la France comme championne d’Europe des décès au travail. À quand une alternative radicale dans les débats de la branche « Accidents du travail et maladies professionnelles » (Branche ATMP) de la Sécurité sociale ? Comment peut-on accepter un nombre de décès des travailleurs aussi élevé pour permettre aux plus riches d’avoir des records soit dans les dividendes, soit dans les rachats d’actions ? Le nombre de 18 milliards d’euros de budget annuel apparaît scandaleusement bas quand on parle d’émancipation. Où en sont les gauches de l’ex-NFP (qu’elles soient radicales ou modérées) sur ce sujet ? La France n’est pas loin non plus d’être championne d’Europe de la mortalité infantile, en se classant 23e sur 27. Il n’y a, sur les 27 pays de l’UE, que Malte, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie pour faire pire !

Ras le bol aussi d’entendre que la France est la deuxième économie de l’Union européenne parce qu’elle a le deuxième PIB (Produit intérieur brut) absolu. Quand on regarde le PIB par habitant, la France n’est que 11e, derrière, dans l’ordre, le Luxembourg, l’Irlande, les Pays-Bas, le Danemark, la Belgique, l’Autriche, l’Allemagne, la Suède, Malte et la Finlande. La France a un PIB par habitant inférieur à la moyenne de l’UE. Si on compte un indice 100 pour la moyenne de l’UE, la France a un indice 99 et le Luxembourg 24((Produit intérieur brut par habitant dans l’Union européenne | Insee.)) ! Le Luxembourg a gardé une sidérurgie quand la France a désindustrialisé la Lorraine et qu’un ancien président du Medef a transformé le groupe sidérurgique De Wendel en société financière. Maintenant, vous connaissez l’une des raisons principales du pourquoi de l’enlisement de la France ! À cause de la politique de la grande bourgeoisie qui dirige la France avec 3 % de la population française((Dirigeants et professionnels de haut niveau : une définition statistique de l’« élite socioprofessionnelle » | Cairn.info.)) et qui a eu la peur de sa vie lors de la plus grande grève de l’histoire de France en mai-juin 1968 !

Plus les actionnaires des grandes entreprises profitent, moins il y a de retombées pour les travailleurs et leurs familles

Ne nous étonnons pas de la faiblesse des investissements productifs, notamment dans la recherche, quand les sommes versées aux actionnaires augmentent lorsque le profit baisse !

Rajoutons à cela que la part du profit reversée aux actionnaires sous forme de dividendes ou de rachat d’actions est supérieure à 70 %, alors qu’elle n’était qu’aux alentours de 60 % il y a quinze ans. On sait que le profit permet, en système capitaliste, de rémunérer les actionnaires, mais aussi de payer ses impôts (en forte baisse depuis des décennies), de pratiquer l’évasion fiscale et de faire des investissements productifs. Ne nous étonnons pas alors de la faiblesse des investissements productifs, notamment dans la recherche, quand les sommes versées aux actionnaires augmentent lorsque le profit baisse ! Important de rappeler que le profit réel des entreprises diminue et qu’il leur faut les 270 milliards d’euros de subventions de l’État sans contreparties((Lire le livre Le grand détournement de Matthieu Aron et Caroline Michel, https://www.gaucherepublicaine.org/respublica-combats/respublica-contre-le-neoliberalisme/le-grand-detournement/7439265.)) pour être aussi généreux avec les actionnaires et aussi avare avec les travailleurs et leurs familles.

Le risque de la dette française s’amplifie à cause d’une modification de ses créanciers

Ce n’est pas le volume de la dette française qui est le plus préoccupant à terme, mais bien le changement de nature de ses créanciers. Le rapport sur la stabilité financière édité par la Banque de France((https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/rapport-sur-la-stabilite-financiere-decembre-2025.)) dit bien que la dette va croitre. Avec les gérants du capital actuellement à la tête de la France, et sans une vraie alternative de gauche à court terme, ce n’est pas nous qui les contredirons. À l’heure d’aujourd’hui, la France se finance par un taux moyen de 2,3 % (soit 0,4 % de plus que l’Allemagne). Nous n’aurons pas de difficultés à trouver des créanciers pour les 300 milliards d’emprunts pour 2026((https://www.aft.gouv.fr/files/medias-aft/7_Publications/7.2_BM/425_Bulletin%20mensuel%20octobre%202025.pdf.)). Mais les créanciers vont petit à petit changer. D’abord, nos créanciers habituels vont diminuer leur portefeuille de créances en dette française vu sa tendance forte à son accroissement.

D’autre part, la banque centrale européenne (BCE), qui a commencé à diminuer la part de la dette française, va continuer en ce sens. Les fonds de pension qui se transforment de régimes « à prestations définies », comme les fonds de retraite néerlandais (qui détiennent 9 % de la dette française) en régimes « à cotisations définies », vont donc abandonner des emprunts fixes à long terme vers des placements en actions de plus court terme. Donc, l’agence France Trésor qui gère la dette française va se tourner de plus en plus vers les banques (qui choisissent leurs types de dette en fonction du risque) et les fonds spéculatifs étrangers placés de plus en plus dans les paradis fiscaux. Et ces derniers rivalisent en opacité, augmentant à terme les risques pour les dettes souveraines.

Le budget de l’État 2026 du nouvel extrême-centre, favorable aux plus riches, est sur les rails

Comme prévu dans nos derniers articles, l’extrême-centre nouveau (PS, Renaissance, Horizons, Liot, centristes, Modem, majorité de LR) a tenu à protéger les plus riches, qui continueront à payer proportionnellement à leurs revenus et patrimoines moins que les catégories populaires et moyennes. Même la taxe sur les holdings pour 2027 est quasi inopérante, puisque l’extrême-centre n’a pas inclus les actifs professionnels (éléments devant lesquels l’extrême-centre nouveau détourne le regard), qui représentent pourtant la quasi-totalité des actifs des plus riches du pays.

L’augmentation de la prime d’activité de 50 euros est une fausse bonne idée pour les travailleurs, ou une excellente idée patronale, car elle est une trappe à bas salaires.

De plus, l’augmentation de la prime d’activité de 50 euros est une fausse bonne idée pour les travailleurs, ou une excellente idée patronale, car elle est une trappe à bas salaires poussant les patrons à maintenir un nombre grandissant de salariés à des salaires proche du SMIC, tout en faisant pression pour que les augmentations de revenus soient faites hors salaires socialisés. A l’école, 4 000 postes d’enseignants supprimés pour 2 000 postes de plus pour les accompagnants à l’école : le recul de l’école française que nous avons traité précédemment((https://www.gaucherepublicaine.org/respublica-idees/respublica-republique/quelle-republique-pour-quelle-ecole-partie-1/7439651.)) va donc continuer.

Les fonctionnaires sacrifiés

Comme le dit Jean-François Le Dizès, le Parti socialiste s’estime satisfait des concessions faites par le gouvernement Macron-Lecornu au sujet du budget de l’État. Mais ce budget prévoit toujours une « année blanche » pour 5,8 millions de salariés des fonctions publiques((https://www.insee.fr/fr/statistiques/2493501.)). Ce qui signifie une nouvelle baisse de leur pouvoir de vivre.

Depuis plusieurs décennies, ces salariés sont les victimes de la suppression d’impôts qui oblige à limiter des dépenses. Par exemple, les professeurs néo-certifiés ont vu passer leur salaire d’une valeur de 2,1 fois le SMIC en 1980 à 1,1 fois en 2025((https://snalc.fr/remuneration-des-enseignants-le-tassement-se-poursuit/.)).

Les services publics impactés

 Au-delà de l’injustice que vivent ces travailleurs, ce sont les services publics qui sont mis en cause, déclare Jean-François Le Dizès. En effet, en proposant des salaires de plus en plus dévalués, le recrutement de personnel dans les fonctions publiques se fait de plus en plus difficile : en 2023, 11 % des postes de fonctionnaires n’étaient pas pourvus((https://www.fonction-publique.gouv.fr/files/files/publications/rapport-annuel/ra_2025.pdf.)). De 2001 à 2023, le nombre de candidats aux concours des CAPES a été divisé par 3,9((https://www.cafepedagogique.net/2025/05/20/capes-2025-une-penurie-annoncee/.)). La conséquence est que de plus en plus d’heures d’enseignement sont supprimées, faute d’enseignants. Selon une enquête de la FCPE 93, « les élèves de Seine-Saint-Denis perdent un an de temps de scolarité entre la maternelle et le lycée en raison des non-remplacements »((https://www.madmoizelle.com/enseignants-non-remplaces-la-seine-saint-denis-en-difficulte-1620741.)).

Mille postes de gardiens de prison((https://questions.assemblee-nationale.fr/q16/16-18577QE.htm.)), 45 % de ceux de médecins scolaires((https://www.fonction-publique.gouv.fr/files/files/publications/rapport-annuel/ra_2025.pdf.)) ne sont pas non plus pourvus… Ce qui ne signifie pas que le nombre de postes prévus soit suffisant : voir le Louvre, les tribunaux… !

Alors, les partis de gauche doivent-ils voter pour un tel budget, qui n’a même pas inclus la taxe Zucman ?

Conclusion : Ce budget de l’État va de mal en pis

Si on regarde les deux budgets, celui de la Sécu et celui de l’État, on peut dire que l’apport du PS à l’extrême-centre a permis que les dépenses publiques augmentent moins vite que les années précédentes (0,8 %, contre 1,7 l’année précédente), que les dépenses publiques diminuent en pourcentage de PIB (56,6 % contre 56,8 %), que les 270 milliards d’euros de subventions sans contreparties au grand patronat soient maintenus, et que les dirigeants du complexe militaro-industriel puissent sabler le champagne pour une extension inespérée de leur budget ! Quel exploit !

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