Chronique d'Evariste

A nouvelle séquence politique, nouvelles tâches pour Respublica

dimanche 4 juillet 2010
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Le comité de rédaction de votre journal s’est longuement réuni le 28 juin et a validé, à la grande majorité de ses membres, le constat que nous entrons dans une nouvelle séquence politique. De ce fait, ReSPUBLICA aura de nouvelles tâches. A la fin du siècle dernier, analysant le décrochage de la gauche dite plurielle d’avec les couches populaires (ouvriers, employés) et son refus du modèle de la République sociale chère à Jean Jaurès, nous avions souhaité créer un journal électronique de la gauche républicaine, laïque, sociale et écologique pour montrer l’actualité du modèle laïque de la République sociale.
Depuis, nous avons mené plusieurs combats, toujours dans l’optique de la globalisation des combats laïques, sociaux, démocratiques, féministes et écologiques :

  • soutien à la bataille pour une loi contre les signes religieux à l’école menée par l’UFAL de 1989 à 2004,
  • bataille contre les menées doriotistes de ceux qui, partant de l’extrême gauche et se parant des mots « laïque, république, etc. », ont organisé durant cette période un « voyage à étapes » jusqu’à l’extrême droite, jusqu’à légitimer aujourd’hui Marine Le Pen et les néo-nazis dits identitaires,
  • soutien à la bataille contre un Traité constitutionnel européen antinomique de l’ensemble des principes républicains et destiné à inscrire dans le marbre les politiques néolibérales du turbocapitalisme,
  • soutien à la stratégie du Front de gauche par une adresse du journal ReSPUBLICA favorable à la création du Parti de gauche comme condition nécessaire à la stratégie du Front de gauche.

Nous pensons aujourd’hui que tout cela n’est pas suffisant, qu’il faut aller plus loin avec détermination et un cran au-dessus !

Nous estimions à la création de ReSPUBLICA que l’année 1979 avait ouvert une séquence politique. En effet, avec le Consensus de Washington, véritable table de la loi du turbocapitalisme, nous avons assisté à la nouvelle alliance des néolibéraux avec les communautaristes et intégristes, mise à l’œuvre en Afghanistan où la CIA étasunienne, pour déloger le nouveau pouvoir pro-soviétique, a formé, utilisé, financé les talibans et ceux qui vont devenir plus tard Al Quaïda.
Nous estimons aujourd’hui que 2007 – avec le déclenchement en été d’une crise économique de grande ampleur – est une autre année charnière, peut-être même un « pli historique » refermant la période ouverte au XVIe siècle.
Depuis, nous avons vécu le krach bancaire et financier de septembre 2008, la fuite en avant des politiques néolibérales marquées par le transfert des dettes privées vers les États et l’absence de modification des règles internationales, le krach de la Grèce, etc. Les décisions économiques et politiques prises ces dernières semaines, notamment par la présidence étasunienne, par la chancelière allemande et par le Parti communiste chinois sont la conséquence de l’incapacité d’aboutir à des accords internationaux sérieux, que ce soit à Copenhague, au G20 ou au sein de l’Union européenne. Ces décisions ouvrent la voie à une guerre politico-économique entre les néo-impérialismes de la planète d’une intensité nouvelle.
Bien sûr, tout cela aura des conséquences encore plus dramatiques sur nos vies que ce que nous connaissons aujourd’hui, car ce seront les salariés, et surtout les couches populaires, qui seront mises à la peine : soutien des néolibéraux aux communautarismes et intégrismes, destruction des droits sociaux pour les salariés, baisse des pensions et retraites, des remboursements d’assurance-maladie, baisse de la qualité et de la solidarité pour la petite enfance, pour le handicap, pour les personnes âgées, destruction des services publics, abandon par l’école des objectifs de mobilité sociale et des finalités républicaines de formation de futurs citoyens émancipés, recul de la démocratie, etc.
Plus que jamais, nous pensons qu’il n’y a pas de réponse durable à cette crise sans développer et soutenir les résistances du mouvement social, principalement syndical, sans développer et soutenir les actions d’éducation populaire tournées vers l’action pour « armer » les citoyens éclairés. Mais il faut en outre ouvrir des perspectives politiques nouvelles, alternatives, dans le champ politique. Car si nous sommes bien en présence d’une séquence menant à un « pli historique », et donc au début d’une nouvelle séquence, il convient de rompre avec les paradigmes du turbocapitalisme et d’ouvrir la voie à un dépassement du capitalisme.
Nous pensons à ce moment que le modèle laïque de la République sociale est un modèle efficient pour appliquer les neuf principes républicains (liberté, égalité, fraternité, laïcité, solidarité, démocratie, souveraineté populaire, sûreté, développement écologique et social) constitutifs du monde de demain.
Nous pensons qu’il est possible, à partir des luttes actuelles, de s’appuyer sur des éléments de socialisation existant encore malgré les rudes coups des politiques néolibérales et césaristes.

Pour cela, nous allons vous proposer sur les thèmes évoqués dans ce texte un ou plusieurs colloques durant l’année scolaire 2010-2011.
Nous allons reprendre, dans une nouvelle formule et avec une équipe renforcée à partir de fin août, la sortie hebdomadaire du journal ReSPUBLICA.
Un prochain texte vous sera adressé pour vous donner d’autres indications sur la façon dont nous concevrons notre relation avec nos lecteurs dès la reprise hebdomadaire.
En attendant, utilisez cette période estivale pour vous remettre en pleine forme. Et pour ceux qui veulent participer à notre aventure, participer à notre renforcement, nous soutenir financièrement, écrivez au pseudo du collectif de la rédaction :
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