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Gauche de la gauche, populisme de gauche, gauche de gauche (2/2)

jeudi 31 août 2017
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Deuxième et dernier volet de notre analyse “Gauche de la gauche, populisme de gauche, gauche de gauche”, la première partie peut être (re)lue ici.

 

La France insoumise : entre « populisme de gauche » et reconstitution d’un bloc de gauche

La décision de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF en janvier 2016, de participer à la primaire des socialistes fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les discussions sur des alliances dès le premier tour comme aux régionales sont entamées entre le PS et le PC. Jean-Luc Mélenchon lance alors la France insoumise (FI) en février 2016. On connaît aujourd’hui les résultats globaux à savoir 11 % des inscrits pour le premier tour des législatives pour la FI, 2,7 % pour le PCF. Mais l’implantation du PCF dans quelques bastions populaires permet au PCF d’augmenter néanmoins son nombre de députés. 17 pour la FI, 11 pour le PCF. Si on compte l’effondrement du PS qui n’a plus comme membres ni Valls, ni Hamon, on peut dire que la gauche parlementaire est politiquement marginalisée dans la nouvelle séquence face au bloc néolibéral « Macron+LR » qui représente de plus en plus l’expression d’une alliance de classe entre le grand patronat et les couches moyennes supérieures (appelées par les médias aux ordres « la société civile » !) dont la représentation parlementaire est hypertrophié comme jamais. Notons que cette alliance de classe est une nécessité pour l’oligarchie aux fins de mener la lutte des classes. Il serait désarmant que le camp des travailleurs soit le seul à ne pratiquer la lutte des classes !

Mais comme la future descente aux enfers de type François Hollande du macronisme « jupitérien » est déjà largement engagée, on voit bien que la crise du régime politique se développera à grande vitesse.

Revenons néanmoins sur le bouleversement à gauche de l’émergence de la FI. Bien que l’Avenir en commun soit un programme orienté à gauche, que 86 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle aient déjà voté à gauche en 20121, que les députés de la France insoumise, du PC et du PS aient été élus avec le rassemblement de la gauche au deuxième tour, reconnaissons que sa campagne de communication de type « populisme de gauche » a permis à la présidentielle de rassembler une partie importante de la jeunesse de moins de 35 ans et d’augmenter de manière moins forte que pour les jeunes, mais néanmoins significative, le soutien des couches populaires ouvrières et employées.
Ce n’est pas rien car c’est ce qui manquait au Front de gauche. Cette stratégie évitait notamment les conséquences anti-populaires des stratégies de la gauche de la gauche. Cependant, la limite de cette stratégie a été visible au deuxième tour des législatives 2017, pour la majorité de l’électorat le deuxième tour restant un conflit gauche-droite et « non pas peuple contre la caste ». A noter aussi le peu d’empressement du PS pour appeler à voter pour certains candidats FI ou PC. Et alors la gauche est aujourd’hui marginalisée comme rarement en nombre de députés.

Depuis, la séquence actuelle a démarré sur la base de la loi d’habilitation des ordonnances Macron-El Khomri II qui est le deuxième étage de la fusée anti-conquis sociaux dont le premier étage était la loi Macron-El Khomri I lancée avec la bénédiction du PS et de François Hollande. La CGT lance le premier rassemblement syndical le 12 septembre 2017, soit 8 jours avant la date présumée de promulgation des ordonnances. Il faut faire de cette date le rassemblement le plus large possible. Après l’appel à des rassemblements le 12 juillet, la France insoumise lance une deuxième date le 23 septembre juste après la fête de l’Huma pour montrer que la lutte continuera après la promulgation. Il est intéressant que ce soit une montée nationale dès le mois de septembre car si elle est réussie, cela évitera peut-être les manifs syndicales « saute-mouton » dont on a vu la faible efficacité par le passé. Et poussera peut-être le mouvement syndical revendicatif à renouveler le projet d’une montée nationale dès le mois d’octobre qui pourrait être celle-là encore plus massive (rappelons-nous la montée nationale du 16 janvier 1994 regroupant plus d’un million de manifestants) et donc, là encore, il convient de soutenir cette initiative du 23 septembre qui sera importante pour la suite de la lutte contre les lois Macron-El Khomri II.

Concernant la laïcité, il est à noter dans un sondage IFOP-La Croix-Le Pèlerin, que Jean-Luc Mélenchon a obtenu dans les voix exprimées au premier tour de la présidentielle 37 % des voix de ceux qui se présentent comme musulmans, 28 % de ceux qui se présentent comme sans religion mais seulement 14 % des catholiques qui se présentent comme non pratiquants. Les scores de Benoît Hamon sont respectivement de 17 %, 8 % et 5 %. Comprenons alors que le plus grand contingent est celui des catholiques non pratiquants. C’est un élément du « plafond de verre » de la gauche électorale actuelle et une conséquence du recul à gauche de la laïcité comme élément nécessaire du combat pour la souveraineté et pour le rassemblement populaire majoritaire. Rappelons que le travail politique de Jean Jaurès avait consisté entre autres à utiliser le principe de laïcité pour allier les sans religion, les catholiques non pratiquants et les catholiques gallicans pour organiser le rassemblement populaire. Bien sûr aujourd’hui, il faut pour reprendre la dynamique jauressienne de la République sociale inclure dans le bloc historique ceux qui se présentent comme musulmans.

A noter dans cette étude que le FN n’a pas réussi à capter la majorité des voix de l’extrême droite catholique qui ont largement soutenu Fillon.

Pour éviter le cancer du fonctionnement en cartel, espérons que « l’Espace politique » ouvert au sein de la FI, regroupant des petites organisations, ne recrée pas un nouveau fonctionnement en cartel déguisé.


Le PC de nouveau face à un choix stratégique

Aujourd’hui, le parti communiste français est un parti où cohabitent des pratiques politiques concurrentes. Ici des praticiens de la vieille union de la gauche en alliance dès le premier tour avec le parti socialiste. Là, des sections municipalisées présentant toujours au premier tour le PCF seul avec la cohorte fatiguée des « républicains de progrès » et des « démocrates sincères ». Ailleurs, des orphelins du Front de gauche qui n’existe plus. Sur le plan théorique, cohabitent en son sein des partisans d’un marxisme vivant mais aussi d’un marxisme fossilisé et des anti-marxistes qui croient au post-keynésianisme. Avec une direction nationale qui essaye de faire vivre cet ensemble disparate sur le plan de la stratégie.

Mais, nul ne peut nier que le PCF reste un ensemble militant qui ici et là garde une influence soit électorale (notamment là où les actuels députés ont été élus) soit dans le mouvement social où ses militants sont souvent à l’animation des luttes sociales.

La perspective des deux élections majeures de mai 2019 et de mars 2020 va obliger le PCF (mais aussi la FI) à modifier ses pratiques politiques. L’élection européenne montrera s’il y a une prise de conscience politique qui surgit face aux impasses des plans A, A/B, B incapables de donner une perspective cohérente face au carcan de l’Union européenne et de la zone euro. Et l’élection municipale montrera si la clarification aura lieu sur le bloc historique nécessaire mais qui ne peut se constituer qu’avec des campagnes vigoureuses d’éducation populaire refondée et des perspectives de victoires sociales, sur les alliances de premier tour, et aussi si la chute du nombre d’élus de gauche se poursuit ou non.

 

Alors, la gauche de gauche, c’est pour quand ?

 La communication «   populiste de gauche » de la FI a permis de faire beaucoup mieux que « la gauche de la gauche » anti-populaire. Notamment chez les jeunes que le Front de gauche n’a jamais mobilisés et de façon moindre mais quand même significative dans les couches populaires. Sachons reconnaître cela. Mais elle n’a pas pu empêcher un accroissement du vote populaire à l’extrême droite ni un fort taux d’abstention des couches populaires et des couches moyennes intermédiaires. Et pour 3 voix perdues par le PS et ses alliés, une seule est restée à gauche.

Et comme répéter c’est enseigner, rappelons que les couches populaires représentent la majorité de la population (53 %) et pour faire une majorité il faut faire une alliance avec les couches moyennes intermédiaires (24 %). Redisons-le : sans les couches populaires en force consciente (moins d’un quart de ces couches sociales votantes, donc beaucoup moins par rapport aux inscrits, ont voté Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle), massive et mobilisée, tous les rassemblements sur les grandes places françaises ne suffiront pas. La fracture sociale aujourd’hui constituée dans notre pays est due au fait que les couches populaires ouvrières et employées (majoritaires en France) ont majoritairement identifié un lien fort entre la construction européenne et les politiques austéritaires et donc refusent aussi bien la politique européiste du PS que les plans A de la gauche de la gauche. Tous ceux qui n’auront pas compris cela resteront Gros-Jean comme devant !

D’ailleurs, voyons les difficultés actuelles du FN, parti populiste d’extrême droite avec des contradictions internes de plus en plus fortes, avec la tentative de Marine le Pen d’en faire un parti droite de droite pour élargir sa base sociale et politique. De ce côté de l’arc politique, la poursuite d’un populisme d’extrême droite suscite aussi « un plafond de verre » malgré sa progression électorale. D’où la tentative de passer à une stratégie droite de droite.

Et enterrons sans nostalgie l’ex-gauche de la gauche. Reconnaissons que la FI a maintenu l’espoir de mobilisations possibles contre le macronisme jupitérien aujourd’hui et le macronisme hyper autoritaire demain. Mais comprenons aussi le plafond de verre qui est présent dans un pays développé sur une stratégie « populiste de gauche » face à une oligarchie capitaliste qui réussit relativement bien sa forte poussée de la suppression du clivage droite gauche dans le néolibéralisme (Macron a rassemblé avec succès les anciens néolibéraux de gauche et de droite). On peut comprendre que les stratégies « populistes de gauche » fonctionnent dans les pays peu développés à fort pourcentage d’économie informelle.
On peut comprendre que conjoncturellement dans un pays développé comme la France ou l’Espagne, par rapport à un parti socialiste (avec ses alliés) néolibéralisé, et petit à petit déconsidéré, une stratégie « populiste de gauche » puisse conserver l’espérance en des « jours heureux » lors des périodes d’implosion ou d’effondrement des partis socialistes et de tous les partis qui s’allient avec ces derniers au premier tour des élections à deux tours. Voilà pourquoi il faut considérer la stratégie populiste de gauche avec bienveillance à condition d’en voir les limites.

Les contradictions internes du « populisme de gauche »

Tout populisme dans les pays développées, qu’il soit de gauche ou d’extrême droite, développe sur longue période des contradictions internes grandissantes, notamment quand il amalgame les adversaires de la grande bourgeoisie qui veulent revenir en arrière alors que l’intérêt des travailleurs est d’aller de l’avant en préparant une société post-capitaliste. « Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu’elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices; bien plus, elles sont réactionnaires : elles cherchent à faire tourner à l’envers la roue de l’histoire. Si elles sont révolutionnaires, c’est en considération de leur passage imminent au prolétariat : elles défendent alors leurs intérêts futurs et non leurs intérêts actuels; elles abandonnent leur propre point de vue pour se placer à celui du prolétariat. »2 Plus tard, l’auteur de ces lignes, et ensuite Antonio Gramsci, explicitera pourquoi il est nécessaire de proposer à ces couches sociales-là une alliance de classes dans un nouveau bloc historique.

Pour cela, seule une gigantesque bataille pour une nouvelle hégémonie culturelle dans tous les quartiers et entreprises peut créer les solidarités nécessaires. Mais alors là, cela s’appelle une « gauche de gauche ». Voilà pourquoi il faut passer d’une stratégie « populiste de gauche » à une stratégie « gauche de gauche » ! Car l’approfondissement de la crise verra alors apparaître, suite à un recul de type hollandais du macronisme ce qui pourra à terme entraîner une contradiction antagonique entre une droite de droite et une gauche de gauche aujourd’hui non constituées.

Prenons un seul exemple : le ressenti subjectif de la construction européenne. Face à l’hypothèse d’une sortie de l’Union européenne, 48 % des électeurs de la FI auraient « de grands regrets » pour 86 % ayant voté Macron et 9 % Front national, mais seulement 14 % des électeurs FI auraient « un vif soulagement » pour 2 % pour le vote Macron et 50% pour le vote FN.3 Qui estime qu’une campagne d’éducation populaire refondée n’est pas nécessaire pour modifier cela n’œuvre pas pour les conditions de la Révolution citoyenne ! Ou alors, cette dernière n’est qu’un slogan de communication sans volonté de changer les choses!

Mais disons-le tout de go, la constitution d’un nouveau bloc historique gauche de gauche (et non pas gauche de la gauche !) regroupant principalement les couches populaires et les couches moyennes intermédiaires nous paraît la seule susceptible de supprimer le plafond de verre actuel en travaillant à la nouvelle hégémonie culturelle.

Pour cela, il sera nécessaire de marcher sur ses deux jambes : développer les luttes sociales et parallèlement engager des campagnes d’éducation populaire refondée pour aller plus loin que le système des caravanes (bien utiles cependant) déjà utilisé. Car il faut démultiplier le travail d’éducation populaire refondée jusqu’à la plus petite localité et non se borner à quelques coups exemplaires dans les villes centre ou dans certains quartiers populaires et pas d’autres.

Des axes de débat prioritaires

Pour cela, il faudra clarifier et développer les bases sur les domaines qui intéressent les couches populaires : statut de la crise économique, Union européenne, zone euro, protection sociale (ne pas oublier qu’il n’y a pas que la santé et les retraites dans la sécurité sociale !), services publics, école, laïcité et anti-racisme radical, quelle socialisation dans l’entreprise, etc. mais aussi préciser le modèle politique de rupture souhaité (différent d’un programme) et la période de transition pour y parvenir.

  • Pour le statut de la crise économique, nous mettons en débat notre analyse de la crise du capital et du profit, des lois tendancielles du capitalisme, qui invalide les sorties de crise post-keynésiennes de « la gauche de la gauche » et du « populisme de gauche ».
  • Sur l’Union européenne et la zone euro, nous mettons en débat le plan C face au plan A, A/B et B.
  • Sur la protection sociale, nous mettons en débat nos écrits et notre praxis sur la santé et l’assurance-maladie, les retraites, la politique familiale, la politique du logement4, les accidents du travail et les maladies professionnelles, l’assurance-chômage, le statut du nouveau salarié et la sécurité sociale professionnelle.
  • Sur l’école, nous mettons en débat notre projet sur la nécessaire instruction d’une part et éducation d’autre part sans mélanger les deux, la lutte prioritaire contre les plus de 100.000 élèves qui sortent du cadre scolaire sans diplômes et sans qualification, la priorité à la formation du citoyen dans la détermination des programmes, la nécessaire intégration économique et sociale de 100 % d’une classe d’âge à la sortie du cursus scolaire, la formation des enseignants, la liberté pédagogique de l’enseignant, la laïcité scolaire, les inflexions nécessaires en matière d’urbanisme pour aller vers la mixité sociale qui d’ailleurs mériterait un développement qui aille bien au-delà de l’école, etc. Reprenant l’aphorisme de Clouscard  qui s’applique bien à l’école capitaliste d’aujourd’hui, nous pensons que dans l’école capitaliste d’aujourd’hui « tout est permis, mais rien n’est possible » !
  • Sur la laïcité, nous mettons en débat notre analyse sur la définition historique de la laïcité, sur le pourquoi de la naissance de la laïcité en France, sur le pourquoi du fait qu’aujourd’hui le combat laïque est planétaire, sur le pourquoi du recul de la laïcité depuis 50 ans en France, sur ce qu’est la laïcité et ce qu’elle n’est pas, sur les trois dérives de la laïcité, sur l’architecture juridique du principe de laïcité en France et en Europe, les études de cas, etc.
  • Sur l’anti-racisme radical et universaliste, nous mettons dans le débat, le fait que nous devons lutter contre tous les racismes sans exception et ne pas accepter les racismes inversés ;
  • Sur la socialisation des entreprises, nous mettons dans le débat qu’il ne peut y avoir de transformation sociale et politique sans remettre en cause les rapports de propriété inhérents au capitalisme. Car les rapports de propriété et les institutions qui les légitiment sont l’expression juridique des rapports de production. Comme une révolution citoyenne se doit par définition modifier les rapports de production, cela implique la modification des rapports de propriété.
  • Sur le modèle politique, nous mettons en débat le concept de République sociale né au moment de la Révolution de 1848, largement révolutionné par Marx, Jaurès et Gramsci. Nous en proposons une version 21e siècle avec 10 principes constitutifs, 4 ruptures nécessaires par rapport au modèle capitaliste néolibéral, 6 exigences indispensables et la reprise de la stratégie de l’évolution révolutionnaire initiée par Marx en 1850. Pour nous, le passage par la Constituante vers une VIe République est nécessaire mais pas suffisante d’autant que les principes de démocratie que nous défendons ne se résument pas à sous-traiter le débat aux élus que nous élirons. Le débat doit commencer dès maintenant pour partir du débat citoyen. Et encore une fois, la cohérence d’un modèle politique ne se résume pas dans un programme. Les deux sont nécessaires mais pas réductibles l’un à l’autre5.

Que le débat puisse se développer…

 

  1. Ipsos, «Premier tour. Sociologie des électorats et profils des abstentionnistes », avril 2017. []
  2. A noter un excellent discours pédagogique de Jean-Luc Mélenchon sur la loi Macron-El-Khomri II  en moins d’une demi-heure : https://www.youtube.com/watch?v=EgjJaybh0Q4https://www.youtube.com/watch?v=EgjJaybh0Q4 JLM Loi El Khomri II []
  3. Cevipof : « Enquête électorale française », juin 2017. []
  4. A noter que la première baisse annoncée fin juillet des prestations Sécurité sociale fut une baisse des trois prestations logements de la branche famille de la Sécurité sociale: APL, ALS et ALF qui va toucher principalement les plus défavorisés soit plus de 6 millions de citoyens et de leurs familles soit en comptant les familles, cela représente un quart des français les plus défavorisés dont plus de la moitié sont en-dessous du seuil de pauvreté. []
  5. Nos livres sur tous ces sujets sont à disposition sur le site de Respublica grâce au lien http://www.gaucherepublicaine.org/librairie []
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