ReSPUBLICA

Le PCF et le peuple

samedi 28 mars 2015

Reçu de Denis Billon au sujet de l’article Comment un appareil s’éloigne de sa base

Très intéressant l’article de Julian Mischi sur l’évolution des militants du PCF au niveau sociologique. Pourquoi le PC coule lentement comme un bateau percé? D’abord parce qu’il n’a pas survécu à la débâcle de l’Union soviétique. Surtout parce qu’il a trop lentement soutenu les outrances de ce socialisme autoritaire. Il suffit de faire les marchés. Si on s’annonce communiste, on se fait insulter. Ensuite, si on s’annonce autrement, on se fait reprocher de s’allier aux communistes. Ensuite parce qu’il a tout jeté sans garder ce qui faisait l’attrait de l’engagement communiste. Le marxisme est toujours d’actualité. L’internationalisme est susceptible de mobiliser les foules. Au lieu de cela, le PC s’est blotti contre tous les communautarismes. D’abord avec Roger Garaudy. Puis avec l’action catholique ouvrière. Le PC est volontiers en lutte contre l’islamophobie, défend l’idée qu’il faut accueillir toutes les populations de la terre entière, comme les gauchistes, comme les ultralibéraux, et il oublie d’être républicain et laïque. Or la classe ouvrière n’est plus ouvrière, elle est chômeuse. Son syndicat, c’est pôle emploi. Et cette “classe ouvrière” est révoltée. Sans être raciste, elle trouve qu’il y a trop d’étrangers en France. Bien sûr, il faut expliquer, mais ne pas réfuter leur point de vue et leurs angoisses. Le repli sur soi génère du FN. Ensuite, il faut que le PC se rappelle ce qu’il fut. Une véritable société dans la société, une organisation d’aide aux plus démunis. C’est comme cela qu’on s’ancre dans le peuple. C’est ce que font les islamistes, c’est aussi ce que fait le FN. Eh bien oui, le PC oublie le peuple. Mais tout comme le PS. Et c’est ce qui explique le formidable rejet des électeurs pour ce parti qui n’est plus qu’un parti d’élus qui s’adossent à des ayants droit ou des apparatchiks. C’est ainsi qu’on peut aussi prédire la disparition prochaine des socialistes, à tout le moins dans leur forme actuelle.