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Livre : Je ne pardonne pas à ceux qui ont assassiné mon frère, d’Asma Guenifi

jeudi 30 juin 2011

Asma Guenifi vient de publier un ouvrage intitulé, Je ne pardonne pas aux assassins de mon frère, aux éditions Riveneuve, à Paris.

Elle a écrit ce livre à la mémoire de son frère Hichem, assassiné, le 6 juin 1994, à 20 ans, par quatre tueurs du parti islamofasciste, le Front islamique du salut (FIS). Afin de commettre leur forfait, ses assassins l’avaient guetté, en bas du domicile familial, à Bachdjarah, un quartier populaire, à la périphérie sud d’Alger. Hichem Guenifi suivait un stage d’ingénieur du son, à la Radio Chaîne III.

Elle a également écrit ce livre à la mémoire des dizaines de milliers d’Algériennes et d’Algériens assassinés ou mutilés à vie par les islamoterroristes.

Ce livre se veut enfin un témoignage contre l’oubli, instauré par le président Bouteflika et son clan au pouvoir, de quinze années de barbarie de ces hordes contre le peuple algérien, à travers ses deux lois d’amnistie de milliers terroristes du FIS.

L’auteure rappelle comment le pouvoir répressif et ultra-libéral de l’ancien président Chadli Bendjedid, légalisa le FIS, en violation de la nouvelle Constitution, de 1989, qui interdit la création de formation politique sur une base religieuse.

Ceci d’autant plus que ce parti ne cachait pas, loin s’en faut, son intention d’abolir la démocratie, une fois qu’il aura accédé au pouvoir, grâce à la démocratie, pour lui substituer un État théocratique et ultra-libéral.

Comme dans l’ensemble des pays musulmans, les islamistes algériens s’étaient alliés, dès les débuts des années 1980, aux appareils politico-administratifs et policiers du régime, pour tenter d’affaiblir le courant minoritaire de gauche du parti au pouvoir, le Front de libération nationale, et surtout les communistes du Parti de l’avant-garde socialiste, qui était depuis l’indépendance de l’Algérie, en 1962, le fer de lance des luttes politiques et sociales en Algérie, et contre les mesures ultra-libérales du nouveau pouvoir.

Des fanatiques politico-religieux assassinant au nom de l’islam

Asma Guenifi n’avait que 14 ans, quand elle commença à partir de la fin des années 1980, à faire l’expérience de l’islamofascisme. C’est ainsi que sa meilleure amie, certaines de ses voisines et de ses camarades d’école avaient été violentées par leurs pères ou leurs frères ou bien soumises à l’ignoble chantage aux études ou au travail pour les forcer à porter le hidjab, qui est l’uniforme politico-religieux commun à la droite conservatrice, à l’extrême droite et aux fascistes musulmans. Ce mouvement pratiquait également l’endoctrinement à outrance, grâce aux moyens matériels et financiers considérables, dont il disposent.

Elle raconte comment sa vie était rongée par la peur, la peur pour elle-même, pour sa famille, pour les êtres qui lui sont chers, pour son pays. Comment sa vie d’adolescente fut jalonnée quotidiennement par les nouvelles d’assassinats, au nom de l’islam, de voisins de quartier, d’intellectuels, et de jeunes filles et de jeunes femmes kidnappées, puis violées pendant des nuits et des nuits par tout un groupe, avant d’être égorgées.

A l’immense douleur d’avoir perdu à la fois un frère, un ami, un confident de toujours s’ajoutera bientôt à Asma Guenifi celle de l’exil avec sa famille, en France, en juillet 1994, suite aux menaces des terroristes de s’en prendre à ses proches. Elle avait 19 ans, et poursuivait des études à l’École nationale des Beaux-Arts d’Alger.

Elle ne manque pas dans son ouvrage de rendre hommage aux démocrates français de gauche, pour la solidarité agissante qu’ils lui avaient témoigné à elle et à sa famille pendant plusieurs années.

Elle a longtemps résidé avec ses parents et son jeune frère à Saint-Denis, une ville proche de Paris, une ville connaissant une très forte concentration de migrants ou de cette origine, principalement maghrébins ; une ville sinistrée économiquement et socialement, comme la plupart des autres villes du département, et qui fait que les islamistes se retrouvent comme un poisson dans l’eau. Ce fut le choc pour elle et sa famille qui avaient cru les avoir laissés derrière elles.

Dénoncer l’alliance contre-nature trotskistes-islamistes

Pire, ces intégristes jouissaient du soutien acharné d’une poignée de démocrates algériens, aveuglés par la haine du pouvoir en Algérie, et principalement par une majorité de trotskistes, qu’ils soient encartés dans un parti ou journalistes au Monde, à Libération, à la chaîne de TV Canal +, adhérents à Amnesty Internationale, à la Ligue internationale des organisations des droits de l’homme, à Reporters sans frontières, de pseudo-experts de l’islamisme, et la liste n’est pas exhaustive.

Ces complices du FIS s’empressaient au début de relayer avec zèle la désinformation de ces derniers les présentant comme des victimes d’une « dictature militaire », afin de tenter de légitimer les attentats, les assassinats et les destructions à l’explosif qu’ils commettaient. Puis devant le début de prise de conscience de l’opinion publique française et de la communauté algérienne en France, ils relayaient tout aussi aveuglément l’autre version de la propagande du FIS, qui est de nier que ce dernier soit l’auteur des attentats criminels et des multiples massacres, commis tant en France qu’en Algérie, pour les attribuer systématiquement au pouvoir algérien.

Parallèlement, le FIS et ses sbires de gauche calomniaient honteusement les Algériennes et les Algériens laïques, démocrates, communistes, syndicalistes, féministes, intellectuels, victimes du terrorisme islamiste … Leur seul tort est d’être anti-islamistes. Ce sont souvent les mêmes calomniateurs qui continueront à soutenir les revendications des islamistes, notamment d’attenter à la laïcité de l’École publique par le port du hidjab par de jeunes adolescentes de confession musulmane, manipulées par des associations islamistes et des chaînes satellitaires des pays du golfe.

Face à cette gigantesque désinformation émanant de cette alliance contre-nature, et pour alerter de la montée de l’islamisme en France, Asma Guenifi, ainsi que ses amis algériens et français avaient constitué une association, dénommée, « Groupe Hichem ». D’autres démocrates algériens en France, en Europe et au Canada avaient eux aussi lancé une multitude d’associations et d’actions pour le même objectif.

Asma Guenifi est psychologue clinicienne et psychanalyste. Son père, communiste, était cinéaste et syndicaliste en Algérie ; sa mère, communiste également, était employée dans un musée à Alger, puis au Centre culturel, Georges Pompidou, à Paris.

Hakim Arabdiou


*Asma Guenifi : Je ne pardonne pas à ceux qui ont assassiné mon frère, éditions Riveneuve, 2011 Paris.

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