Nouveau plan gouvernemental d’accueil des jeunes enfants : faut-il juste prendre les chiffres à la lettre ?

Le collectif « Pas de bébés à la consigne » a pris connaissance du plan gouvernemental de « développement de 275 000 nouvelles solutions d’accueil des jeunes enfants » : • 100 000 créations nettes de solutions d'accueil collectif, • 100 000 enfants supplémentaires accueillis par des assistant(e)s maternel(le)s, •…

Prestations familiales : du sable dans la machine à raboter

On nous répète que les Français sont plus que d’autres attachés à l’égalité, aspirent à la justice, d’où le débat toujours aussi vif sur les politiques fiscales. Or les questions d’égalité et de justice reviennent par la fenêtre à propos de la politique familiale, face à la volonté gouvernementale de « gratter » 2,2 milliards d’euros sur plus de 61 milliards d’euros de prestations familiales (1)http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATSOS04603)).

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L’accueil de la petite enfance : vrais besoins et vrais choix

Dominique Bertinotti, ministre chargée de la famille déléguée auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, va présenter sa  politique familiale  dès le mois prochain. De grandes craintes sont justifiées par le fait que le gouvernement semble avoir définitivement opté pour la poursuite des politiques ordolibérales ((L'ordolibéralisme est une…

PMA : pour sortir des pressions du cléricalisme et de la confusion des « grands prêtres »

Comme nous l’avons déjà écrit, les débats sur la bioéthique, le mariage pour tous, l’adoption ou la recherche médicale sont l’axe central de l’offensive de l’ordre moral dont le quartier général est la direction de l’Eglise catholique. Non par nature, mais parce qu’elle est tenue de main de fer par l’Opus dei et ses alliés, c’est-à-dire par l’extrême droite catholique. La stratégie de la direction catholique, largement secouée par le mouvement planétaire de sécularisation, est de constituer sur ces sujets des bases d’appui politiques pour renforcer son alliance avec les forces néolibérales, alliance constitutive de la phase actuelle du capitalisme.
Dans ce cadre, et nous ne l’écrirons jamais assez, l’influence de l’extrême droite catholique est en passe de devenir hégémonique dans la droite, mais déstabilise aussi la gauche social-libérale, la gauche de la gauche et même la gauche de gauche en constitution. Cela est dû en grande partie au fait que toutes les forces de gauche en question ont négligé depuis longtemps le combat laïque et entretenu la confusion avec les locutions de propagande (1)laïcité « ouverte », « plurielle », « laïcité 2000 », laïcité « positive » et récemment « de reconnaissance ». Des slogans largement administrés par la droite sarkozyste mais aussi par les dirigeants de la Ligue de l’enseignement ou de la Ligue des droits de l’homme et de leurs alliés. (suite…)

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 laïcité « ouverte », « plurielle », « laïcité 2000 », laïcité « positive » et récemment « de reconnaissance ».

Bon courage, Mme Bertinotti, pour « ouvrir le mariage et l’adoption à tous les couples » !

Dans le prolongement des promesses du candidat Hollande, vous avez déclaré à propos de cette "ouverture", le 17 juin dernier, devant l'assemblée générale de l'Union nationale des associations familiales (UNAF), « c’est une mesure d’égalité, ce seront les mêmes droits, mais également les mêmes devoirs... Même responsabilité pour chacun, celle de…

Le quotient familial, un privilège de classe bien plus qu’une aide aux familles

Un débat sur le bien fondé du quotient familial s’est engagé dernièrement sur la scène politique. Défendu à droite, critiqué à gauche, le quotient familial… divise. Rappelons que ce terme désigne le dispositif qui prend en compte les enfants dans le calcul de l’impôt sur le revenu. Il procure aux ménages une réduction d’impôt qui augmente – assez logiquement – avec le nombre d’enfants mais surtout – ce qui est problématique – avec le revenu. L’avantage fiscal est en effet très fortement concentré au bénéfice des ménages disposant des revenus les plus élevés : les 10% de foyers avec les plus hauts revenus se partagent 46% du total de la réduction d’impôt liée au quotient familial (soit 6,4 milliards d’euros en 2009) tandis que les 50 % les plus pauvres se partagent seulement 10 % de la somme (c’est-à-dire moins de 1,4 milliard). (suite…)

La République doit-elle promouvoir le mariage ?

La secrétaire d'État chargée de la famille, Claude Greff, en présentant sa politique de soutien à la parentalité vient d'affirmer : « Le mariage est un acte républicain porteur des valeurs de ''liberté, égalité et fraternité''... Pour la République, la création d’une union entre deux personnes soucieuses de fonder une famille…

Suppression du quotient conjugal, ça sent le Sapin !

Le débat fait rage autour de la réforme du quotient familial et le moins que l’on puisse dire c’est qu’au rythme des renoncements, reculades et autres enterrements de première classe, de la grande révolution fiscale reprise par le PS et son candidat, il ne restera plus grand-chose. Or, si nous sommes opposés à certains points de cette réforme globale (1)fiscalisation d’une partie du financement de la protection sociale par la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu par exemple, échelle de progressivité de l’impôt trop faible, etc., elle avait au moins le mérite de remettre la question de l’impôt et surtout de sa fonction redistributive au cœur de la campagne. Alors que pendant le quinquennat 2012-2017 nous fêterons les cent ans de l’impôt sur le revenu et que celui-ci, à coup de niches fiscales et autres suppressions de tranches d’imposition, pèse de moins en moins dans le budget de l’État, il était temps que la gauche s’y réintéresse. Las, Michel Sapin a aussi annoncé l’abandon de la suppression du quotient conjugal. (suite…)

Notes de bas de page

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1 fiscalisation d’une partie du financement de la protection sociale par la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu par exemple, échelle de progressivité de l’impôt trop faible, etc.

Oui, il faut tourner la page du quotient familial, mais uniquement dans le cadre global d’une réforme fiscale

Comme toujours le débat s’installe dans le pour ou contre de telle ou telle mesures sans la remettre dans le contexte général de son environnement. Même si l’on fait l’analyse des « gagnants » et des « perdants » en cas d’application de telle ou telle mesure, il est nécessaire de mettre en lumière les interdépendances dans le système global, car ce qui compte pour les citoyens et les salariés (et leurs familles), c’est le résultat global et non le résultat par « tranche de saucisson ». (suite…)