Chronique d'Evariste

Pour une contre-histoire du socialisme de Jaurès

dimanche 30 novembre 2014

Préparant cette chronique, voilà-t-il pas que nous tombons le samedi 22 novembre sur une émission de Public Sénat, chaîne publique qui, après un film, organise un débat sur Jaurès. Honte pour le service public ! Après les rodomontades sur l’icône Jaurès, ce fut une succession de désinformation et de contre-vérités flagrantes. On pouvait voir un journaliste de Public Sénat avec un plateau « spécial désinformation » composé des « plus grands connaisseurs » (sic) de Jaurès que sont Alain Duhamel, Roland Cayrol, un membre de la Fondation Jean Jaurès et l’auteur d’un livre sur Jean Jaurès qui semblait surpris du débat. Les trois premiers ont organisé la captation de Jean Jaurès comme précurseur du socialisme réformiste tout en lui reprochant d’avoir caché son réformisme par des formules marxisantes pour faire plaisir à Jules Guesde. Et de ce fait, ils ont reproché à Jaurès d’être le responsable de l’écart entre le discours et la pratique des socialistes d’après-guerre.
Plus belle désinformation, ce n’est guère possible !

Le clou du spectacle fut le représentant de la Fondation Jean Jaurès qui avoua ne pas avoir lu les 4 000 articles de Jean Jaurès, les milliers de pages de l’Histoire socialiste de la France contemporaine, de la Révolution française, de l’Armée nouvelle, des études centrales de 1901, ni les autres ouvrages de Jean Jaurès, mais avoir lu quasiment uniquement les discours de Jean Jaurès. Il était clair qu’Alain Duhamel et Roland Cayrol n’en ont pas lu davantage et auraient été très mal à l’aise face à de vrais historiens de la période de Jaurès que cette désinformation arrogante n’aurait pas démontés. Mais à la télévision néolibérale, on peut tout savoir sans avoir rien lu dans le texte de celui que l’on critique. Vraiment, il faut passer et repasser le film « Les nouveaux chiens de garde » pour comprendre l’horreur de la désinformation des grands médias publics et privés aujourd’hui.

Qu’en aurait dit Jean Jaurès ? «  […] l’idée de propriété sociale des moyens de production, donnant un fondement réel, concret, à la liberté de tous, est le point lumineux où tous les vrais révolutionnaires se rallient. Tout socialiste qui ne l’aura pas toujours présente à la pensée ne sera qu’un empirique ou un intrigant, voué à toutes les capitulations et à toutes les défaillances. » L’Humanité, 25 août 1912
Cette idée de propriété sociale des moyens de production n’est évidemment pas présente à l’esprit de nos intrigants. Ils ne sont pas socialistes, ils sont néo-libéraux !
Deux choses vous sont proposées pour déjouer cette désinformation :

– lire Jaurès dans le texte (c’est l’arme principale contre les imposteurs). Pour vous mettre l’eau à la bouche, quelques citations clés ci-dessous, dont ces imposteurs se gardent bien de faire état, car leurs manipulations n’y résisteraient pas.

– participer aux initiatives d’éducation populaire organisées par les structures de base du mouvement culturel, social et politique pour approcher de plus près la vérité historique et politique. En tant que centre de ressources, nous participons activement à ces initiatives. Voir l’agenda du site.

Dans nos interventions dans les initiatives d’éducation populaire, on nous demande souvent : « quels livres pouvez-vous nous conseiller sur Jean Jaurès » ? Nous répondons qu’il y en a trois ! « Et si on ne veut qu’en acheter un seul ? », nous répondons « Tout dépend ce que vous cherchez ! ».
Sachez d’abord que les amis de Gilles Candar assurent la coordination éditoriale chez Fayard de 17 volumes sur des œuvres choisis de Jean Jaurès ce qui pourrait faire à terme 10 000 pages ! Seuls 8 volumes ont été publiés à ce jour. Lire ces 8 volumes est un régal et vous verrez alors que beaucoup de ceux qui parlent de Jaurès dans les grands médias sont des imposteurs !

  • Si vous n’avez pas le temps de lire ces volumes, nous pouvons vous conseiller le livre Jaurès actuel, aux Éditions de l’Humanité, introduit par Patrick Le Hyaric et Jean-Numa Ducange et avec l’aide collaborative de Gilles Candar, qui propose sur 250 pages des extraits assez bien choisis de la pensée de Jean Jaurès.
  • Si vous voulez plutôt comprendre les liens posthumes de Jean Jaurès avec l’histoire ultérieure en lieu et place d’une réponse impossible à la question « Qu’aurait-il fait, vivant ? », nous vous conseillons de lire le livre de Charles Sylvestre La victoire de Jaurès aux Éditions Privat. Il rapproche les prises de position de Jean Jaurès avec la période du Traité de Versailles, le martyre d’Henri Alleg, le Front populaire, la Résistance et le programme du Conseil national de la Résistance, les films de Guédiguian, etc. Vous pourrez également lire dans cet ouvrage un entretien avec André Tosel qui montre les rapprochements entre la pensée de Jean Jaurès et celle d’Antonio Gramsci.
  • Si vous voulez un livre qui vous armera politiquement sur l’œuvre de Jean Jaurès face aux charlatans des « commémos » sans contenu, allez lire alors le livre Jaurès et le réformisme révolutionnaire de l’historien Jean-Paul Scot au Seuil. Lecteur de l’ensemble de l’œuvre de Jean Jaurès, il montre, citations à l’appui, les contre-vérités des auteurs qui ont dénaturé la pensée de Jean Jaurès tout simplement par ce qu’ils ont voulu trouver chez lui des justifications de leur propre positionnement pas toujours avoué.
    Vous y découvrirez des critiques entre autres de Vincent Peillon et même de certaines analyses de certains membres (pas tous heureusement !) de la Société d’études jaurésiennes.
    Vous y trouverez les raisons du dialogue constructif que Jean Jaurès engage avec Marx et Engels, une dialectique peu connue entre République, démocratie et socialisme, une position la plus avancée de son époque sur l’élargissement de la démocratie à la souveraineté du travail1, sur le lien entre la Convention et le combat pour le socialisme aujourd’hui , sa critique radicale contre le révisionnisme et le réformisme altercapitaliste, son projet de socialisme collectiviste, la reprise de la stratégie de l’évolution révolutionnaire de Karl Marx, sa bataille pour l’autonomie de la CGT, son anticapitalisme présent dans chacune de ses prises de postions, sa doctrine militaire basée sur la défense nationale et contre la guerre offensive inter-impérialiste, ses propositions féministes en avance sur son temps, le lien entre d’une part son combat laïque et d’autre part son combat social sur les retraites, l’impôt sur le revenu, les nationalisations, etc.
    Au moment où on peut voir les turpitudes (pour pas dire plus) de l’Internationale socialiste (qui tente de s’accaparer Jaurès en lui faisant dire ce qu’il n’a pas dit et pas fait !) et l’échec patent de l’Internationale communiste (dite IIIe Internationale), lire les positions internationalistes de Jean Jaurès sont vivifiants pour élaborer l’internationalisme du XXIe siècle.

Faites connaître ces trois ouvrages car ils peuvent donner des réponses aux questions que se posent des ouvriers, des employés, des couches moyennes intermédiaires, des intellectuels dégagés de la gangue néolibérale… D’autres auteurs méritent également notre soutien comme Bruno Antonini ou André Tosel. Nous y reviendrons.

D’autres articles viendront dans ReSPUBLICA pour montrer l’intérêt de la filiation Marx, Engels, Jaurès, Gramsci, Ingrao, Trentin, car tous ces penseurs sont partis de la réalité de pays développés. Nous pensons que suivre cette filiation via la République sociale anticapitaliste a plus de pertinence que de suivre d’autres voies, empruntées ou encore tentées aujourd’hui dans des pays peu développés.

Soyons optimistes, petit à petit, la lecture de Jean Jaurès dans le texte est facilitée. Il deviendra alors plus difficile de faire des plateaux de désinformation comme celui de Public Sénat le 22 novembre 2014. La bataille pour une contre-histoire du socialisme de Jean Jaurès va nous aider à mener la bataille pour l’hégémonie culturelle dans ce pays.

NB – Le titre de cette chronique est celui du chapitre de conclusion du livre de Jean-Paul Scot cité ci-dessus.

Citations choisies

[…] l’idée de propriété sociale des moyens de production, donnant un fondement réel, concret, à la liberté de tous, est le point lumineux où tous les vrais révolutionnaires se rallient. Tout socialiste qui ne l’aura pas toujours présente à la pensée ne sera qu’un empirique ou un intrigant, voué à toutes les capitulations et à toutes les défaillances.

L’Humanité, 25 août 1912

Laisser au patronat, […], la direction des ateliers, des manufactures et des usines, et tenir ce même patronat hors du droit politique, hors de la cité, c’est une impossibilité. Il est contradictoire de faire des bourgeois des citoyens passifs et de leur laisser encore dans une large mesure la maîtrise de la production

Études socialistes/Introduction – Question de méthode

Quand le prolétariat socialiste aura été porté au pouvoir par les événements, par une crise de l’histoire, il ne commettra pas la faute des révolutionnaires de 1848 : il réalisera d’emblée la grande réforme de la propriété.

Socialisme et Liberté 1898

L’expérience montrera que les réformes les plus hardies peuvent être des palliatifs, mais tant qu’elles ne touchent pas au fond même de la propriété capitaliste, elles laissent subsister la racine amère des innombrables souffrances et des innombrables injustices qui pullulent dans notre société.

La Dépêche, le 18 Décembre 1895

Ce qui caractérise le régime capitaliste, c’est l’appropriation individuelle des moyens de production et d’échange ; la propriété capitaliste, ainsi définie et constituée, a pour conséquence nécessaire et normale la concurrence universelle de producteur à producteur, la lutte économique d’homme à homme.

Discours à l’assemblée 1897

Tous, que vous soyez libre-échangistes ou protectionnistes, vous admettez et le principe et la conséquence ; quand vous n’êtes pas socialiste, vous admettez la propriété capitaliste, et la concurrence universelle qui en résulte nécessairement.

Discours à l’assemblée 1897

Le socialisme d’État [social-démocratie NDLR] accepte le principe même du régime capitaliste : il accepte la propriété privée des moyens de production, et, par suite, la division de la société en deux classes, celle des possédants et celle des non possédants. Il se borne à protéger la classe non possédante contre certains excès de pouvoir de la classe capitaliste, contre les conséquences outrées du système. Par exemple il intervient par la loi pour réglementer le travail des femmes, des enfants, ou même des adultes. Il les protège contre l’exagération de la durée des travaux, contre une exploitation trop visiblement épuisante. Il organise, par la loi, des institutions d’assistance et de prévoyance auxquelles les patrons sont tenus de contribuer dans l’intérêt des ouvriers. Mais il laisse subsister le patronat et le salariat. Parfois, il est vrai, et c’est une tendance croissante, il transforme en services publics, nationaux ou communaux, certains services capitalistes. Par exemple, il rachète et nationalise les chemins de fer, il municipalise l’eau, le gaz, les tramways. […] Ce qu’on appelle socialisme d’État est en fait, dans les services publics, du capitalisme d’État.

Socialisme et Liberté

Le socialisme d’État [social-démocratie NDLR], impuissant à faire de la justice le ressort interne de la société, est obligé d’intervenir du dehors sur l’appareil capitaliste pour en corriger les pires effets. Au contraire, ce n’est pas par l’action mécanique des lois de contrainte, c’est par l’action organique d’un système nouveau de propriété que les collectivistes et communistes prétendent réaliser la justice.

Socialisme et Liberté

L’humanité n’existe point encore ou elle existe à peine. À l’intérieur de chaque nation, elle est compromise et comme brisée par l’antagonisme des classes, par l’inévitable lutte de l’oligarchie capitaliste et du prolétariat. Seul le socialisme, en absorbant toutes les classes dans la propriété commune des moyens de travail, résoudra cet antagonisme et fera de chaque nation enfin réconciliée avec elle-même une parcelle d’humanité.

Editorial du 1er numéro de l’Humanité

Ce sont les appels déclamatoires à la violence, c’est l’attente quasi-mystique d’une catastrophe libératrice qui dispensent les hommes de préciser leur pensée, de déterminer leur idéal. Mais ceux qui se proposent de conduire la démocratie, par de larges et sûres voies, vers l’entier communisme, ceux qui ne peuvent compter sur l’enthousiasme d’une heure et sur les illusions d’un peuple excité, ceux-là sont obligés de dire avec la plus décisive netteté vers quelle forme de société ils veulent acheminer les hommes et les choses, et par quelle suite d’institutions et de lois ils espèrent aboutir à l’ordre communiste.

Études socialistes/Introduction – Question de méthode

[…] Dans la dialectique de Marx, le prolétariat, le sauveur moderne, a dû être dépouillé de toute garantie, dévêtu de tout droit, abaissé au plus profond du néant historique et social, pour relever en se relevant toute l’humanité. Et comme le dieu-homme, pour rester dans sa mission, a dû rester pauvre, souffrant et humilié jusqu’au jour triomphal de la résurrection, jusqu’à cette victoire particulière sur la mort qui a affranchi de la mort toute l’humanité, ainsi le prolétariat reste d’autant mieux dans sa mission dialectique, que, jusqu’au soulèvement final, jusqu’à la résurrection révolutionnaire de l’humanité, il porte, comme une croix toujours plus pesante, la loi essentielle d’oppression et de dépression du capitalisme. De là évidemment, chez Marx, une tendance originelle à accueillir difficilement l’idée d’un relèvement partiel du prolétariat. De là une sorte de joie, où il entre quelque mysticité dialectique, à constater les forces d’écrasement qui pèsent sur les prolétaires. Marx se trompait. Ce n’est pas du dénuement absolu que pouvait venir la libération absolue.

Études socialistes/Introduction – Question de méthode

Ce qui frappe surtout, dans le Manifeste, ce n’est pas le chaos du programme, qui pourrait se débrouiller, mais le chaos des méthodes. C’est par un coup de force que le prolétariat s’est installé d’abord au pouvoir : c’est par un coup de force qu’il l’a arraché aux révolutionnaires bourgeois. Il « conquiert la démocratie », c’est-à-dire qu’en fait il la suspend, puisqu’il substitue à la volonté de la majorité des citoyens librement consultés la volonté dictatoriale d’une classe. C’est encore par la force, par la puissance dictatoriale, qu’il commet ces premières « infractions despotiques » à la propriété que le manifeste prévoit.[….] Une classe, née de la démocratie, qui, au lieu de se ranger à la loi de la démocratie, prolongerait sa dictature au delà des premiers jours de la révolution, ne serait bientôt plus qu’une bande campée sur le territoire et abusant des ressources du pays.

Études socialistes/Introduction – Question de méthode

Par quelle confusion étrange dit-on que, dans la société nouvelle, tous les citoyens seront des fonctionnaires ? En fait, c’est dans la société présente que tous les citoyens ou presque tous aspirent à être “ des fonctionnaires ”. Mais il n’y aura aucun rapport entre le fonctionnarisme et l’ordre socialiste. Les fonctionnaires sont des salariés : les producteurs socialistes seront des associés.

Socialisme et Liberté

La communauté interviendra nécessairement pour coordonner la production. Elle interviendra aussi pour prévenir tout retour de l’exploitation de l’homme par l’homme. Mais elle laissera le plus libre jeu à l’initiative des individus et des groupes, car elle aura tout entière le plus haut intérêt à stimuler les inventions, à respecter les énergies.

Socialisme et Liberté

Dès maintenant, le prolétariat répugne à toute centralisation bureaucratique. Il tente de multiplier les groupements locaux, les syndicats, les coopératives ; et, tout en les fédérant, il respecte leur autonomie : il sait que, par ces organes multiples, il pourra diversifier l’ordre socialiste, le soustraire à la monotonie d’une action trop concentrée

Socialisme et Liberté

Ni la puissance d’un dieu et d’un dogme, ni la puissance d’un roi, ni la puissance du capital ne domineront la société. […] Il n’aura d’autre force que celle des groupes, et ceux-ci n’auront d’autre force que celle des individus. Toutes les puissances de progrès, de variété et de vie s’épanouiront, et la société communiste sera la plus complète et la plus mouvante qu’ait vue l’histoire.

Socialisme et Liberté

Lorsque la Verrerie ouvrière fut fondée, je pris délibérément parti contre les amis de Guesde, qui, dans les réunions préparatoires tenues à Paris, voulaient la réduire à n’être qu’une verrerie aux verriers, simple contrefaçon ouvrière de l’usine capitaliste. Je soutins de toutes mes forces ceux qui voulurent en faire et qui en ont fait la propriété commune de toutes les organisations ouvrières, créant ainsi le type de propriété qui se rapproche le plus, dans la société d’aujourd’hui, du communisme prolétarien.

République et socialisme, dans la Petite République du 17 octobre 1901

[…] au moment même où le salarié est souverain dans l’ordre politique, il est dans l’ordre économique réduit à une sorte de servage. Oui ! au moment où il peut chasser les ministres du pouvoir il est, lui, sans garantie aucune et sans lendemain, chassé de l’atelier. Son travail n’est plus qu’une marchandise que les détenteurs du capital acceptent ou refusent à leur gré.

Il peut être chassé de l’atelier, il ne collabore pas aux règlements d’atelier qui deviennent tous les jours plus sévères et plus captieux, et qui sont faits sans lui et contre lui.

Il est la proie de tous les hasards, de toutes les servitudes, et à tout moment, ce roi de l’ordre politique peut être jeté dans la rue ; à tout moment, s’il veut exercer son droit légal de coalition pour défendre son salaire, il peut se voir refuser tout travail, tout salaire, toute existence par la coalition des grandes compagnies minières. Et tandis que les travailleurs n’ont plus à payer, dans l’ordre politique, une liste civile de quelques millions aux souverains que vous avez détrônés, ils sont obligés de prélever sur leur travail une liste civile de plusieurs milliards pour rémunérer les oligarchies oisives qui sont les souveraines du travail national.

Et c’est parce que le socialisme apparaît comme seul capable de résoudre cette contradiction fondamentale de la société présente, c’est parce que le socialisme proclame que la République politique doit aboutir à la République sociale, c’est parce qu’il veut que la République soit affirmée dans l’atelier comme elle est affirmée ici ; c’est parce qu’il veut que la nation soit souveraine dans l’ordre économique pour briser les privilèges du capitalisme oisif, comme elle est souveraine dans l’ordre politique, c’est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain.

Discours à l’assemblée 1893

Nous n’avons pas de la tolérance, mais nous avons, à l’égard de toutes les doctrines, le respect de la personnalité humaine et de l’esprit qui s’y développe.

Chambre des députés, janvier 1910

La grande cause socialiste et prolétarienne n’a besoin ni du mensonge, ni du demi-mensonge, ni des informations tendancieuses, ni des nouvelles forcées ou tronquées, ni des procédés obliques ou calomnieux. Elle n’a besoin ni qu’on diminue ou rabaisse injustement les adversaires, ni qu’on mutile les faits. […] ce souci constant et scrupuleux de la vérité, même dans les plus âpres batailles, n’émousse pas la vigueur du combat : il donne au contraire aux coups portés contre le préjugé, l’injustice et le mensonge une force décisive.

Editorial du 1er numéro de l’Humanité

  1. Jaurès va nettement plus loin que Jules Guesde lorsqu’il oppose au sujet de la verrerie d’Albi, sa position de « verrerie aux ouvriers » contre la position de Guesde de la « verrerie aux verriers » et où il demande que la démocratie ne s’arrête pas à la porte des entreprises. Une proposition pour le XXIe siècle est formulée sur ce point dans le livre de Pierre Nicolas et Bernard Teper Penser la république sociale pour le XXIe siècle -Un GPS pour la gauche, aux Éditions Éric Jamet. []
Par et

Voir tous les articles de ou