Algérie. Chérifa Bouatta : la révolution arabe en cours « réfute la thèse des « spécifités », qui condamnaient nos peuples à vivre sous la dictature »

Madame Chérifa Bouatta est en Algérie, professeure de psychologie à l’université d’Alger, membre d’une association de psychologue, la SARP, et directrice de la revue, Psychologie. Elle est aussi membre, depuis les années 1980, de l’association, Défense et promotion des droits des femmes. Cette association revendique l’égalité totale des droits entre les hommes et les femmes. Mais pas seulement, parce que l’expérience des autres pays leur a montré l’insuffisance de l’égalité juridique. C’est pour cette raison qu’elle estime qu’il leur faut être vigilantes, car les pouvoirs politiques en place, peuvent facilement brader les droits des femmes, lesquelles sont partie prenante de tous les mouvements sociaux et politiques, qui traversent leurs pays, en l’occurrence l’Algérie. Enfin, Madame Bouatta est également membre du récent Observatoire national contre les violences faites aux femmes, en Algérie. (suite…)

Une étoile du gauchisme s’écroule, une alternative de république sociale s’élève

Après l’écroulement du communisme soviétique, la parenthèse de l’enthousiasme contre la raison raisonnante, ouverte par la révolution russe, est refermée. Non pas que nous critiquons la prise du pouvoir d’octobre 1917, car il n’y avait plus de pouvoir et Vladimir Ilitch Oulianov alias Lénine a eu l’intelligence tactique de le ramasser (ou plutôt de convaincre la direction du parti bolchevique qu’il fallait le ramasser). Mais cette parenthèse, commencée en début 1918 lorsque le nouveau pouvoir a décidé la dictature (dissolution de la Douma parce que le résultat ne lui convenait pas, militarisation des syndicats proposée par Léon Davidovitch Bronstein alias Trotski, etc.) s’est achevée par un stalinisme de triste mémoire. Ajoutons l’engouement pour la Chine maoïste jusqu’à la découverte de la réalité du régime sans protection sociale conséquente ; puis le régime albanais ainsi que la Corée du Nord devenus des nouvelles coqueluches, etc. (suite…)

Mythes antirépublicains, laïcité et communautarisme (Qu’est-ce que le communautarisme ?)

Le personnage du républicain « laïcard franchouillard » est un grand classique du roman antirépublicain. Ce mythe n’a aucun fondement conceptuel, mais il s’incarne dans une caricature et donne naissance à des fantasmes dont les effets sont bien réels. Le franchouillard et le multiculturaliste se confortent l’un l’autre en construisant de toutes pièces leur objet fantasmatique commun que les uns révèrent et que les autres abhorrent : « les musulmans », comme s’il s’agissait d’un bloc identitaire unifié. Ce faisant, tous deux confondent le communautaire et le communautarisme. Il importe de rappeler que la laïcité, qui s’oppose au communautarisme politique, n’a rien contre les communautés d’association, car toute communauté n’est pas communautariste. Il faut donc se demander ce qu’on entend au juste par communautarisme.

(Intervention au colloque de l‘Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires « État de la laïcité et du communautarisme en Europe », 22 janvier 2011) (suite…)

Pour un engagement de conviction responsable

A une époque où nous semblons osciller entre d’une part un individualisme égoïste consumériste intéressé et d’autre part une indifférence fataliste à la misère sociale, la question de l’engagement actif responsable hors d’une recherche d’intérêts particuliers semble faire encore cruellement défaut. La question de l’engagement visant l’intérêt général se résume la plus part du temps, par calcul, défaut ou nécessité, à une défense ne dépassant guère la sphère sectorielle, corporatiste ou communautariste. Entre l’action privilégiant le repli sur soi, l’entre-soi exclusif, et celui exacerbant des passions agressives, anomiques, le pari d’un engagement participatif sociétal solidaire reste encore et toujours d’actualité. Entre le choix d’une posture de retrait (supposée neutre) et une participation active (étiquetée militante), n’y aurait-il pas un juste milieu où l’objectivité et la subjectivité pourraient s’accorder dans un juste accord ? Une main sans un oeil averti est souvent impuissante, mais un oeil sans une main experte l’est tout autant. (suite…)

L’héritage des parents collatéraux en islam : une spoliation

Il faut savoir qu’en islam, l’inégalité en matière d’héritage ne consiste pas seulement au fait que la femme reçoit la moitié de la part impartie à l’homme. Cette inégalité consiste également en plusieurs autres dispositions tout aussi iniques et scandaleuses : entre frères et sœurs, entre conjoints, entre enfants biologiques et enfants « adoptif » (1)Selon le Code algérien de la famille, l’enfant « adoptif » en islam n’a pas droit automatiquement. Il faudrait que son tuteur lui attribue par voie testamentaire une part n’excédant pas le tiers de la valeur monétaire du bien hérité. Toutefois, le tuteur peut lui octroyer davantage, à condition qu’il obtienne l’accord des autres héritiers. Ceci du fait que l’islam avait interdit l’adoption, pour que Mohammed, le Prophète des musulmans, déjà polygyne, puisse avec la bénédiction d’Allah épouser une femme, envers laquelle il a eu le coup de foudre. Il s’agissait de Zeineb, la femme de Zeid, son fils adoptif, que celui-ci a dû divorcer à cette fin. C’est pour cette raison qu’Allah substitua dans le Coran le tutorat sur l’enfant à l’adoption, qui existait depuis des siècles en Arabie préislamique et même à l’aube de l’islam. (Voir mon article).(suite…)

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 Selon le Code algérien de la famille, l’enfant « adoptif » en islam n’a pas droit automatiquement. Il faudrait que son tuteur lui attribue par voie testamentaire une part n’excédant pas le tiers de la valeur monétaire du bien hérité. Toutefois, le tuteur peut lui octroyer davantage, à condition qu’il obtienne l’accord des autres héritiers. Ceci du fait que l’islam avait interdit l’adoption, pour que Mohammed, le Prophète des musulmans, déjà polygyne, puisse avec la bénédiction d’Allah épouser une femme, envers laquelle il a eu le coup de foudre. Il s’agissait de Zeineb, la femme de Zeid, son fils adoptif, que celui-ci a dû divorcer à cette fin. C’est pour cette raison qu’Allah substitua dans le Coran le tutorat sur l’enfant à l’adoption, qui existait depuis des siècles en Arabie préislamique et même à l’aube de l’islam. (Voir mon article).

Le Peuple ou la dictature de l’illégitimité ?

Quelle voie du dépassement du blocage du système politique actuel?
6 mobilisations d’ampleur nationale en 6 semaines, des manifestations millionnaires, une l’intersyndicale, une grève quasi totale des raffineries et des dépôts de carburants unie, la mobilisation de la jeunesse lycéenne et étudiante : le « mouvement social » se bat alors que le « mouvement politique institutionnel» en ses assemblées est impuissant. (suite…)

Adresse au Congrès de l’Assemblée des Départements de France

Citoyens Conseillers Généraux et Présidents,

Vous êtes la représentation des cantons et de leurs communes.
Votre précédente Assemblée caractérisait en octobre 2009 les projets gouvernementaux : « d’une atteinte aux libertés publiques, liberté de voter les dépenses et les recettes de nos collectivités, liberté de choisir nos politiques territoriales en fonction de la spécificité de nos territoires, liberté de nous présenter devant les électeurs et de leur proposer des projets. ». (suite…)

Religions, ONU soit qui mal y pense

L’anthropologue Jeanne Favret-Saada (1) Jeanne Favret-Saada L’Olivier, Jeux d’ombres sur la scène de l’ONU, 86 pp., 10 €. s’empare des dérives onusiennes sur le principe d’universalité.

Il était une fois la déclaration universelle des droits de l’homme. Ce texte – essentiel parmi les documents fondateurs du système des Nations unies tel qu’il s’est mis en place après la Seconde Guerre mondiale – reste en vigueur même si, dans la pratique, il n’a guère été respecté sinon par une minorité d’Etats de par le monde. Mais aujourd’hui, une majorité de pays membres de l’ONU refusent de reconnaître l’universalité des droits de l’homme. (suite…)

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 Jeanne Favret-Saada L’Olivier, Jeux d’ombres sur la scène de l’ONU, 86 pp., 10 €.

Un nouvel élan pour la première obédience maçonnique de France ?

Un événement important vient de se produire au Grand Orient de France : les loges qui le souhaitent pourront désormais initier des femmes. Cette heureuse décision qui marque le refus de segmenter l’humanité ne manquera pas de renforcer la première obédience maçonnique de France. Cela suffira-t-il à lui redonner l’influence qu’elle a perdue depuis les années 70 ? (suite…)

Face à la montée des réactions, développons les solidarités croisées

Le prochain congrès du NPA en novembre portera notamment sur trois questions : la crise et nos réponses ; les perspectives politiques et nos politiques d’alliance ; la question des religions et de l’émancipation. Le texte qui suit est une contribution du regroupement « féminisme et laïcité » (RFL) sur le dernier thème. Le regroupement RFL est né au sein du NPA dans la foulée des débats ouverts par la candidature, dans le Vaucluse, d’une militante portant un foulard musulman lors des élections régionales 2010. Cette candidature a révélé une conception du féminisme, de la laïcité et de l’intervention dans les quartiers populaires, de l’internationalisme et de la démocratie au sein du NPA, avec la quelle nous étions en désaccord. C’est, d’une certaine manière, le profil politique du NPA et son projet d’émancipa­tion qui est en jeu dans cette discussion. Ce texte est le fruit d’un échange entre militant.e.s, membres ou non de la direction nationale du NPA. (suite…)

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République

Bagneux le 12 août 2010

Monsieur le Président ,

C’est avec stupeur et indignation que j’ai pris connaissance du discours que vous avez prononcé le 30 juillet dernier à Grenoble.

Ce jour là, vous avez affirmé que : « La nationalité française puisse être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme, ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique». (suite…)

L’Immigration : problématiques et défis

Par Violette Daguerre, Éditions du Cygne, Paris, 2010 Les Causes de l’immigration Violette Daguerre, vient de publier un ouvrage intitulé, l’Immigration : problématiques et défis, aux éditions du Cygne, à Paris. L’auteure, sans négliger les migrants d’autres origines ou régions du monde, a néanmoins centré une part notable de son travail…

Exigeons de Nicolas Sarkozy qu’il mette fin aux privilèges indécents que représentent les niches fiscales

Au moment où Nicolas SARKOZY annonce une loi sur les retraites visant à remettre en cause le droit au départ à 60 ans, nous vous proposons de lui rappeler solennellement le constat fait par la Cour des Comptes dans son rapport annuel et que les médias ont soigneusement occulté : « Le coût total de la multiplication des niches fiscales représenterait 146 milliards d’euros par an ». La vérité doit l’emporter : pour ” sauver nos retraites”, au vu des analyses de la très officielle Cour des Comptes,on peut affirmer qu’il suffit de rétablir la justice fiscale .
Nous sommes déjà plus de huit cents à avoir signé, en quatre jours, la lettre ouverte au Président de la République pour exiger de « mettre fin au plus vite aux privilèges indécents que représentent ces niches fiscales ». Nous lui demandons instamment d’en tirer les conclusions qui s’imposent sur le plan législatif, pour garantir aux Français un niveau décent de pensions de retraite  et de prestations sociales.
Nous vous invitons à faire signer massivement cette lettre ouverte : faites la parvenir à vos collègues de travail, à vos connaissances, à vos amis voire à votre syndicat et/ou à votre formation politique. Elle doit devenir l’affaire de tous ceux – citoyens, groupes, associations, organisations – qui voudront la faire leur, la populariser et la faire signer pour peser utilement dans le débat sur les retraites. (suite…)

Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites

Le gouvernement français s’apprête à engager une nouvelle réforme qui risque de porter un coup fatal au système de retraite par répartition en jurant une fois de plus que c’est pour le sauver. Le bilan des réformes menées depuis 1993 est déjà catastrophique car toutes les dispositions prises (calcul sur les 25 meilleures années, indexation sur les prix et non plus sur les salaires des actifs, allongement de la durée de cotisation sous peine de décote…) ont déjà fait baisser le niveau des pensions d’environ 20 %. Elles ont aggravé les inégalités déjà fortes entre les pensions des hommes et des femmes. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit que le taux de remplacement moyen – niveau de la retraite par rapport au salaire, passerait de 72 % en 2007 à 59 % en 2050. Cette dégradation continuera donc de frapper les actuels retraités et touchera également les générations suivantes. (suite…)