Société

« Diony coop : Des coopératives alimentaires autogérées dans le 9-3 »  

mercredi 4 avril 2018

Ce livre de Jean-Claude Richard sous-titré « Apprendre en faisant » est publié par les Editions libertaires  (2017, 79 pages pour 4,5 euros seulement ! voir le site de l’éditeur), je voudrais vous pousser à le lire, à joindre l’auteur pour qu’il vous fasse visiter leur AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) et leurs deux coopératives alimentaires de consommation (et bientôt 3 car il y a de nouvelles demandes !). Et puis aussi, leur université populaire : la Dionyversité dont les séances sont en général notées dans l’agenda du Réseau Education populaire et de Respublica que vous trouvez régulièrement sur nos sites!

250 paniers hebdomadaires pour l’AMAP et un millier de références produit pour près de 500 familles coopératrices. Et cela fonctionne depuis des années ! Les principes sont simples. C’est moins cher et meilleur qu’ailleurs. Et en plus, pour le même prix, c’est de la co-éducation populaire ! La vente se fait exclusivement qu’aux coopérateurs au prix d’achat des produits payés aux fournisseurs à la livraison. Les frais de fonctionnement sont payés par une participation financière de tous les coopérateurs, pas de salariés, plus de 70 bénévoles font tourner le dispositif tant pour les achats, que pour l’étiquetage, que pour les réceptions des produits, que pour l’entretien, que pour  l’ouverture et la fermeture des coopératives. Pas de direction, pas d’assemblée générale. Le fonctionnement se fait par des commissions thématiques : commission fournisseurs, commission administrative et financière, etc. Ces commissions sont directement exécutives et toutes les réunions sont soumises à la connaissance de tous les coopérateurs par le site et la liste de discussion. Tout coopérateur peut venir dans ces commissions. Tous les coopérateurs peuvent prendre l’initiative d’un achat fournisseur si le coopérateur-trésorier, autodésigné chaque année, lui confirme que l’argent est en caisse pour cet achat. Un coopérateur-comptable tient les comptes à posteriori. Tous les produits sont bio ou issus de l’agriculture raisonnée. Tous les fournisseurs sont des petits producteurs ou de petits grossistes. Ces derniers sont présentés dans son livre.

Les connaisseurs de ce secteur feront la différence entre l’expérience Food Coop de Brooklyn à New York et de Diony Coop à Saint-Denis (93). Comme quoi, il y a coopérative et coopérative. Si vous rencontrez Jean-Claude Richard, il vous expliquera la différence.

En fait, avec ce livre, vous avez les conseils de base et les informations pour vous permettre d’ouvrir une coopérative alimentaire dans votre ville. Par exemple, il vous sera présenté les différentes possibilités de cadre de travail avec le centre des impôts soit «  en activités non lucratives avec gestion désintéressée » soit en étant soumis à la TVA (mais dans ce cas, comme on vent au prix d’achat, c’e sont les impôts qui vous remboursent la TVA sur les matériels et les services !). Idem pour leur préférence pour les planches de coffrage pour étagères plutôt que de passer par des étagères commerciales. Idem pour le choix de la banque ou de l’assureur…

Et bien d’autres astuces.

Et puis, Diony coop, ce n’est pas seulement un magasin, c’est un  constructeur d’amitiés et de co-éducation. Et cela n’a pas de prix pour les éducateurs populaires que nous sommes! Par ailleurs, l’histoire nous apprend que la transformation sociale et politique n’arrive pas seulement par le haut car dans ce cas-là, nous avons des exemples de transformation qui ont mal finis. Nous savons qu’il faut articuler le mouvement d’en haut avec le mouvement d’en bas. Et bien, n’oublions pas aussi de faire par le bas. A bon entendeur, salut !

 

La Dionyversité, 4 place Paul Langevin 93200 Saint-Denis
Contact : dionyversite@orange.fr – Sites dionycoop.org et dionyversite.org

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