Chronique d'Evariste

Vers une nouvelle crise encore plus forte !

vendredi 17 février 2012
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Dès l’été 2007, la crise des subprimes démarrait aux USA suite à l’accroissement phénoménal du crédit bancaire à taux variable comme substitut à la trop grande faiblesse des salaires directs et de l’assistance publique. Le 15 septembre 2008, Lehmann Brothers déposait le bilan et la menace d’un effondrement généralisé du système bancaire et financier mondial entraîna une croissance exponentielle de l’endettement public, celui-ci prenant la place de l’endettement privé. Comme rien n’a changé sur le plan institutionnel, la marche vers le défaut de paiement des États les plus fragiles fut alors engagée. La crise est donc pour bientôt !
Les banques et institutions financières continuent à ne travailler que pour leurs actionnaires à court terme. Résultat, l’accès aux liquidités des banques devient de plus en plus difficile, car les fonds du marché monétaire et le crédit interbancaire ont fermé les robinets des liquidités. Seule la Banque centrale européenne fournit en liquidités les banques privées à but lucratif pour les actionnaires. Jusqu’à quand ?
Par ailleurs, la chute des actions des banques européennes en 2011 est une prémisse de cette nouvelle crise financière qui cache derrière elle la crise de profitabilité du capitalisme elle-même.
Enfin, il convient de prendre en compte les CDS (Credit Default Swaps, titres de couverture contre le défaut de paiement) dont personne ne sait combien ont été souscrits. Et sur les CDS, il faut comptabiliser aussi le marché OTC (marché de gré à gré). L’opacité des CDS est telle que ce sont des bombes à retardement, car son importance sera probablement très nettement supérieure aux défauts de paiement eux-mêmes eu égard aux règles d’utilisation des CDS.
Si nous rajoutons que nos apprentis sorciers néolibéraux viennent de réautoriser les ventes à découvert, on peut donc prévoir des faillites en série.
Dexia n’est qu’en fait que le signe avant-coureur de cette nouvelle crise ou plutôt de l’amplification de la crise actuelle.
La question politique centrale est donc, non de proposer des mesures techniques surplombantes à froid, mais bien de s’organiser pour savoir ce que nous devrons faire dans les secondes qui suivront ce krach, puis de définir les propositions immédiates de temps court, mais aussi les propositions immédiates de temps long, car c’est bien autour d’un nouveau modèle politique alternatif (que nous appelons République sociale) que toutes ces propositions feront jaillir la nouvelle cohérence globale qui seule peut venir à bout de cette économie de prédation.

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