Politique française

Réforme des collectivités territoriales : appel à résister !

lundi 14 décembre 2009

Décembre 1789 : création des départements et des municipalités pour casser les provinces et donner le pouvoir aux citoyens.1

Décembre 2009 : casse des départements et des communes pour retirer le pouvoir aux citoyens.

Face au pouvoir personnel d’un seul, aujourd’hui être moderne c’est tout faire pour redonner le pouvoir aux citoyens et non pas les éloigner des centres de décisions. Avec notamment la réforme des collectivités locales de Nicolas Sarkozy, c’est la destruction de la République et de ses valeurs qui est organisée. Une volonté qui s’inscrit dans un processus plus global avec par exemple le bouclier fiscal pour les riches et le couvre-feu pour les enfants, la négation de la laïcité et les discours identitaires et sécuritaires, l’instrumentalisation du Parlement et les libertés élémentaires bafouées, la marchandisation de la culture et la libéralisation des services publics de proximité, le recul de l’IVG, la suppression du juge d’instruction… Comme une revanche du pétainisme.  Mais, 221 ans après l’Assemblée des Trois ordres du Dauphiné à Vizille en Isère, qui leva le vent révolutionnaire en réclamant la convocation des Etats généraux, le Dauphiné montre une nouvelle fois la voie de la résistance face à ce coup d’Etat. Car oui ! « la réforme Sarkozy ne se discute pas, elle se combat ! » (Claude Bertrand, vice président du Conseil général de l’Isère).

C’est pourquoi, de manière pluraliste, un comité de citoyens de la modernité s’organise pour dénoncer et contrer ce train de réformes antidémocratiques et dangereuses. Des personnalités locales et nationales, scientifiques, politiques, associatives, syndicales, des artistes, des historiens, des écrivains, des philosophes… se rassemblent ainsi pour refuser cette trahison des valeurs de liberté, d’égalité, de laïcité et de solidarité, qui ont façonnées notre pays depuis 1789, en passant par toutes les grandes avancées jusqu’au Conseil national de la Résistance.

Le 9 décembre 2009 (date anniversaire de la création des départements il y 220 ans le 9 décembre 1789) aura lieu une prise de parole sous forme de conférence de presse à l’emplacement même de la salle du Jeu de paume devant le château de Vizille. Et le 14 décembre 2009 (date anniversaire de la création des communes le 14 décembre 1789) au cœur même du Grenoble historique qui vit les grenoblois se révolter contre le pouvoir royal lors de la journée des tuiles le 7 juin 1788, une manifestation de résistance festive sera proposée avec tous ceux, citoyens, organisations politiques, syndicales et associatives qui souhaiteront s’associer au Comité des citoyens de la modernité pour défendre, au-delà de la démocratie, toutes les valeurs républicaines de liberté, de laïcité, mais aussi les services publics…

Car oui ! La modernité est bien dans la réappropriation des valeurs et institutions républicaines, en redonnant le pouvoir aux citoyens, depuis la commune jusqu’à la nation en passant par les départements comme niveaux structurants de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, en phase avec les agglomérations communales, les régions et l’Europe. C’est tout l’inverse que veut imposer la réforme Sarkozy. A ce véritable coup d’Etat où il est projeté un véritable hold-up démocratique en remplaçant le système électoral actuel par des élections uninominales à un tour, il nous faut opposer une alternative fondamentale, globale et cohérente, par l’implication citoyenne au soutien d’une démocratie proche des réalités et des besoins ; un service public au service du bien commun et de l’intérêt collectif, partout et sur l’ensemble du territoire ; la solidarité et la recherche incessante de l’égalité par des institutions qui organisent les coopérations et les projets partagés ; l’ambition d’une nouvelle République ouverte au monde ; enfin, une alternative capable d’inscrire les destins individuels dans des projets collectifs porteurs de sens.

C’est tout le sens de l’appel à résister du Comité de citoyens de la modernité : « pour se souvenir de l’avenir » (Aragon).

Le Comité des citoyens de la modernité (premiers signataires) :

José Arias, vice-président du Conseil général de l’Isère – Ariane Ascaride, comédienne – Clémentine Autain – Claude Bardoux – Michel Barrionuevo, conseiller municipal de Sassenage – Gérard Beck, militant associatif – Djemila Benhabib, auteure de « ma vie à contre-coran » – Michel Belletante, metteur en scène – Claude Bertrand, vice-président du conseil général de l’Isère en charge de la culture et du patrimoine – Henri Biron, militant écologiste – Alain Bœuf, journaliste – Christian Borg, militant antifasciste – Saïd Bouamama, sociologue – Katia Boutchoueva (dit Bout’chou), poétesse, animatrice de la scène slam – Roger Briot, ingénieur chercheur CNRS, retraité – Robert Chambrial, médecin – Astrig Chouteau, ingénieur chimiste – Gérard Chouteau, universitaire – La Compagnie Jolie môme – Chantal Cornier, directrice d’Institut de formation de travailleurs sociaux – Jean-Claude Coux, conseiller général de l’Isère – Didier Daeninckx, écrivain – Brigitte Daïan, militante associative – Annie David, sénatrice – Michel Dibilio, metteur en scène – Bérénice Doncque, comédienne – Pascal Dupas, éducateur – Michel Etiévent, écrivain – Bernard Floris, enseignant-chercheur – Denise Foucard, présidente de Culture et Entreprises 94, Officier des Arts et des Lettres, Chevalier de la Légion d’honneur – Michel Fugain – Jacques Gaillot, ancien évêque – Françoise Gerbier, maire de Venon, conseillère régionale – Paul Hickin, artiste graveur, scénographe de théâtre – Jean-Christophe Le Duigou, dirigeant syndical – Jacqueline Madrennes, enseignante – Roger Martelli, historien – Bastien Maupomé, poète – Claude Mazauric, historien – Bernard Merlino – Bernard Miège, universitaire – Paul Muzard – Antoine Porcu, chevalier de la Légion d’honneur, ancien député et conseiller général – Joëlle Prévost, ingénieur CNRS – Luc Quinton, plasticien colleur d’histoires – Jack Ralite, sénateur, animateur des Etats généraux de la culture – Daniel Rigaud, conseiller général de l’Isère – Claude Roussilhe, militant associatif – Guy Rouveyre, conseiller général de l’Isère – Georges Séguy, président d’honneur de l’Institut d’histoire sociale – Lucien Sève, philosophe – François Sikirdji, médecin – Odette Sikirdji, militante associative culturelle – Armand Soler, militant de la cause des sans-papiers – Guy Stoll, militant associatif – Marcel Trillat, réalisateur – Anne Tuaillon, syndicaliste – Patrick Varela, syndicaliste – Robert Veyret, conseiller général de l’Isère – Myriam Zerkaoui, militante antifasciste…

La manifestation du 14 décembre 2009 à Grenoble a d’ores et déjà reçu le soutien de : l’Union départementale CGT Isère – le Collectif des Fonctions publiques de l’Isère – le Comité Ras l’front du voironnais – la Fédération pour une alternative sociale et écologiste (FASE 38)…

signatures à : luc.quinton@laposte.net

  1. 9 décembre 1789, création des départements et 14 décembre 1789, création des municipalités. []