Brèves

A qui profite le crime ?

jeudi 27 décembre 2012
Par
Co-animateur du Réseau Éducation Populaire (REP). Co-auteur de : Néolibéralisme et crise de la dette ; Contre les prédateurs de la santé ; Retraites, l'alternative cachée ; Laïcité: plus de liberté pour tous ; Penser la République sociale pour le 21e siècle ; Pour en finir avec le "trou de la Sécu", repenser la protection sociale du 21e siècle.

Tenez-vous bien et ouvrez les yeux ! La Commission européenne vient de publier son dernier document sur les aides d’État, le Tableau de bord des aides d’État portant sur l’année 2011. Et là, nous sommes dans le grandiose. Les aides d’État non liées à la crise s’élèvent à 64, 3 Mds d’euros, soit 0,5% du PIB européen, 4 fois moins que les 2 % des années 1980. Quant aux aides à l’économie réelle (là où on produit les richesses !), elles s’élèvent à 48 Mds d’euros, soit 0,037 % du PIB de l’UE, en diminution de plus de 50 % par rapport à l’année précédente. Tout cela est bien peu.
Par contre, concernant les aides d’État accordées au secteur bancaire et financier dans le cadre de la crise, nous en sommes déjà à 1 600 Mds d’euros, du 15 septembre 2008, chute de Lehman Brothers, à fin 2011, soit 13 % du PIB. Pour les deux tiers, il s’agit de garanties publiques au financement des banques.

La responsabilité du capitalisme

Alors qu’en pensez-vous ? A votre avis, au service de qui sont nos États ? Alors que dans les techniques de management du néolibéralisme, il est prévu de multiplier les évaluations des salariés, ne pourrait-on pas évaluer le capitalisme au regard des besoins du peuple, à commencer par les couches populaires ouvriers employés ? Si on mesurait l’efficience du capitalisme en rapportant les aides d’État à l’économie réelle aux aides globales au secteur financier, il y a longtemps que la raison aurait fait germer l’idée que l’on devrait chercher un modèle culturel, économique, social et politique alternatif à un modèle dont la majorité des salariés n’ont plus rien à attendre !
Car c’est bien la crise du capitalisme qui est responsable de l’augmentation du chômage, du stress, des inégalités sociales, du mal-vivre, de la pauvreté, de la précarité, etc. En soutenant les banques, les États viennent au secours de l’argent parce qu’il est le nerf du système capitaliste, et ils font payer la crise aux peuples. La survie de ce modèle de société toujours moins légitime repose donc sur la légalité d’un soutien public dont les modalités sont prévues par les textes. Quand le peuple décidera-t-il de faire coller la légalité à la légitimité ?

Par
Co-animateur du Réseau Éducation Populaire (REP). Co-auteur de : Néolibéralisme et crise de la dette ; Contre les prédateurs de la santé ; Retraites, l'alternative cachée ; Laïcité: plus de liberté pour tous ; Penser la République sociale pour le 21e siècle ; Pour en finir avec le "trou de la Sécu", repenser la protection sociale du 21e siècle.

Voir tous les articles de