Chronique d'Evariste

La République sociale contre le terrorisme

samedi 10 janvier 2015
Par
Co-animateur du Réseau Éducation Populaire (REP). Co-auteur de : Néolibéralisme et crise de la dette ; Contre les prédateurs de la santé ; Retraites, l'alternative cachée ; Laïcité: plus de liberté pour tous ; Penser la République sociale pour le 21e siècle ; Pour en finir avec le "trou de la Sécu", repenser la protection sociale du 21e siècle.
Source externe
Afficher cet article dans son contexte d'origine (source : http://www.humanite.fr/la-repu...)

Vendredi, 9 Janvier, 2015
L’Humanité
Par Bernard Teper, 
coanimateur du Réseau Éducation populaire, 
membre du comité de rédaction 
du journal ReSPUBLICA. 

L’horreur de cet attentat meurtrier, un véritable carnage, doit d’abord faire place à notre compassion envers toutes les victimes, tous les blessés, leurs familles et tous les proches : les dessinateurs, les journalistes, les chroniqueurs, les employés et les policiers. Ils sont tombés debout, et c’est la République qui était visée. Ils sont donc nos martyrs, nos héros. Ils sont tombés pour nous.

De Jaurès, directeur de l’Humanité il y a plus de 100 ans, à ce nouvel attentat odieux assassinant Charb, directeur de publication de Charlie Hebdo et plusieurs de ses journalistes – Cabu, Maris, Tignous, Wolinski, en passant par tous les autres journalistes assassinés –, nous voyons bien que c’est toujours la liberté d’expression, et à travers elle la liberté de conscience, qui est visée par les extrémistes fascistes de tous bords. Voilà pourquoi nous devons continuer à affirmer que la liberté d’expression, la liberté de conscience et la laïcité ne sont jamais négociables, et doivent demeurer le sanctuaire inviolable de toute démocratie et particulièrement la nôtre. Face à cet acte de guerre, nous n’avons pas d’autre choix que de nous battre en permanence toujours plus fermement pour que la liberté et son expression (textes, pamphlets, caricatures, photos, vidéos, etc.) demeurent des droits imprescriptibles et pour que ces droits soient respectés.

Les pistes actuellement avancées désignent le terrorisme islamiste. La bataille contre lui doit être sans faille et exempte de toute complaisance. D’un même mouvement, nous saluons les combats salutaires des citoyens français musulmans et de culture musulmane qui se battent aujourd’hui contre la loi du silence, donc pour notre liberté à tous. Leur voix, trop souvent et trop longtemps étouffée, doit couvrir celle des sirènes intégristes. Ils doivent être entendus.

Chacun de nous (gouvernant, élu, citoyen, intellectuel, citoyen éclairé, militant, etc.) devra faire en sorte, selon ses moyens et possibilités, que ces terroristes, ces ennemis de la liberté ne rencontrent pas un terrain favorable, alimenté par des injustices toujours plus grandes et des communautarismes toujours mieux financés, pour mettre à exécution leurs projets funestes.

Pour cela, il convient de tout faire pour que la promesse républicaine, sociale et démocratique puisse enfin s’appliquer à tous. En un mot, retrouver le chemin de la République sociale, c’est participer à isoler les terroristes de toute nature et nous devons tous dire, comme Charb lui-même : « Je préfère mourir debout que vivre à genoux. »1

  1. NDLR – Ce texte de notre camarade Bernard Teper, membre de la rédaction, a été publié par le journal L’Humanité du samedi 10 janvier. Par rapport au texte publié d’origine, nous avons souhaité, avec l’accord de l’auteur, mettre en gras les deux phrases ci-dessus.
    Chaque phrase de ce texte appellera des articles complémentaires dans ReSPUBLICA, notamment sur les origines de ce drame récent. Car, si nous nous réjouissons de la réaction massive du peuple français, nous pensons qu’il faudra bien revenir sur les causes et alors, nous ne sommes pas sûrs que l’unanimité persiste. Nous proposons à nos lecteurs de la région Ile-de-France de rendre hommage à Charlie Hebdo lors d’un ciné-débat avec le film « Caricaturistes: fantassins de la démocratie » de Stéphanie Valloato le dimanche 18 janvier à 14 h précises au cinéma Jacques Tati, allée de la Bouvêche à Orsay (91) joignable par le RER ligne B. []
Par
Co-animateur du Réseau Éducation Populaire (REP). Co-auteur de : Néolibéralisme et crise de la dette ; Contre les prédateurs de la santé ; Retraites, l'alternative cachée ; Laïcité: plus de liberté pour tous ; Penser la République sociale pour le 21e siècle ; Pour en finir avec le "trou de la Sécu", repenser la protection sociale du 21e siècle.

Voir tous les articles de