Politique

Le Peuple ou la dictature de l’illégitimité ?

mardi 26 octobre 2010

Quelle voie du dépassement du blocage du système politique actuel?
6 mobilisations d’ampleur nationale en 6 semaines, des manifestations millionnaires, une l’intersyndicale, une grève quasi totale des raffineries et des dépôts de carburants unie, la mobilisation de la jeunesse lycéenne et étudiante : le « mouvement social » se bat alors que le « mouvement politique institutionnel» en ses assemblées est impuissant.

Pire : il n’offre pas de proposition alternative claire ; même pas d’abrogation des mesures brutalement anti-sociale du gouvernement de le Sarkozy. Les assemblées politiques nationales élues sont impuissantes à bloquer le gouvernement et les mécanismes totalitaires de la constitution actuelle, révisée 2009.
Le président renie ses propres engagements et ceux de sa majorité,
Le 2 mai 2007, avant le second tour de l’élection présidentielle. Interrogé sur le fait de savoir s’il allait satisfaire la demande de Laurence Parisot d’augmenter l’âge de la retraite jusqu’à 63 ans et demi, Nicolas Sarkozy répondait: «Ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français. Je n’ai donc pas de mandat pour faire cela.»

Pourtant, après la remise en cause de la Sécurité Sociale, la réduction des remboursement des dépenses de santé, il continue à démonter les acquis sociaux, maintenant, la retraite par répartition. sur une contre-réforme dont il a fait le point d’orgue de son quinquennat. Dans quelques semaines, nouvel aggravation à l’occasion des votes du Budget et du financement de la Sécurité Sociale pour 2010.

Il faut relayer politiquement le mouvement social. Les citoyens et les familles n’en peuvent plus d’attendre 2012 que cette forfaiture sociale et politique doit être sanctionnée.

Dans cette situation, où est la légitimité ?

Un des éléments de la réponse peut se trouver dans les délibérations du 80 eme Congres de l’Assemblée des départements de France.

Congrès dont le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, annoncé, s’est désisté en dernière minute.

Le congres des 4182 conseillers généraux dont les 102 présidents viennent de refuser unanimement les projets et réformes du gouvernement, la mutilation de leurs mandats, les « lois territoire, la mise en coupe réglée des finances et des moyens des collectivités locales confirmés dans un projet de budget 2011 dans la ligne déjà inacceptable de ceux de 2008, 2009 et 2010.

Conseillers élus au suffrage universel direct dont les « conseils généraux » ont le double rôle de défendre l’unité de la république et la représentation des cantons et des communes.

Ils avaient pour l’essentiel échappé à la mise sous tutelle par la Présidence de la République comme l’est aujourd’hui le Parlement. Ils avaient sauvegardé leur compétence générale, maintenant la flamme de la République dans les profondeurs du peuple.

Ils refusent une « rigueur » supplémentaire insupportable par les électeurs dont les besoins sont accrus par une crise qui n’est pas de leur fait. Les dettes des collectivités ne sont que le dixième de celles de l’Etat : c’est à lui de payer ses dettes envers les départements et de compenser intégralement les charges reportées sur eux, fut-ce aux dépends des banques privées.

Dans cette perspective, le Président de cette Assemblée vient d’appeler de ses vœux la convocation des « Etats Généraux des collectivités locales ».

De ces « Etats Généraux », il pourraient bien n’y avoir qu’un pas qui pourrait les conduire, constatant l’intolérable l’impuissance constitutionnelle du Parlement et la « compétence générale » des Assemblées locales élues, de se transformer en « Etats Généraux » tout court et de se tourner vers les électeurs, comme en 1789 et 1945, en appelant à l’élection d’une assemblée constituante souveraine.

Cette perspective de « refonder la République » serait à la mesure de la volonté de millions de citoyens et des familles de mettre eux-mêmes un terme à l’impuissance du politique à prendre en compte leurs besoins et aspirations. Il ne s’agirait que de faire réellement, pour de bon et sans faire semblant, obstacle aux « contre-réformes » anti-sociales de tous types.

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