Lutter contre le néo-libéralisme

Nous ne voulons pas de votre charité, nous voulons l’égalité !

jeudi 1 septembre 2011

Sur le modèle des riches américains, habitués à ce genre d’opérations qui mêlent charité et communication, 16 grandes fortunes françaises ont lancé un appel à les taxer… un peu.

On nous jette la pièce !

Car loin de proposer la mise en place d’un impôt qui touche réellement les revenus et les patrimoines des plus riches, ils nous proposent une « contribution exceptionnelle » et bien sûr « raisonnable » afin de participer à l’effort national qu’ils appellent de leurs voeux. Pour résumer, un peu de charité symbolique pour faire passer la pilule de l’austérité qui va toucher tous les autres français !
La générosité ayant ses limites, les signataires posent leurs conditions. Ils se permettent meme de glisser dans leur appel une menace à peine voilée : « Cette contribution serait calculée dans des proportions raisonnables, dans le souci d’éviter les effets économiques indésirables tels que la fuite des capitaux ou l’accroissement de l’évasion fiscale. ». Le message est clair : si nos impôts augmentent réellement, nous partirons dans les paradis fiscaux. La « conscien[ce] d’avoir pleinement bénéficié d’un modèle français et d’un environnement européen » trouve vite ses limites.

Les Français n’ont pas à recevoir de leçon de la part des promoteurs de la logique économique qui nous a mis dans la situation actuelle. Ces gens sont, pour la plupart, des anciens hauts fonctionnaires qui ont été formés gratuitement dans les plus grandes écoles françaises. Ils sont passés dans le privé à la faveur des privatisations, des amitiés politiques et de la connivence du capitalisme d’État français. En résumé, ils sont le produit d’une époque où les élites abandonnent le service de l’État pour servir le capitalisme financier. Comment ne pas évoquer également Mme Bettencourt1, qui ose signer cet appel alors que son taux d’imposition est proche de celui d’un cadre, grâce à des petites mains embauchées pour s’occuper de sa fortune, dont celles de la propre épouse du ministre des Finances de l’époque, M. Woerth. Mme Bettencourt peut faite l’aumone aux français, après que ceux-ci lui aient fait un chèque de 30 millions d’euros au titre du bouclier fiscal.

La solution n’est ni dans l’austérité, ni dans la charité des plus riches

Il suffit de partir du bilan de ses trente dernières années pour savoir ce qu’il faut faire : depuis 1983, 190 milliards d’euros annuels supplémentaires ont été prélevés sur le travail et transférés sur le capital. Ces trente années de néolibéralisme nous laissent sur le carreau, à force de dérégulation, de socialisation des pertes et de privatisation des bénéfices, de multiplication des niches sociales et fiscales qui trouent l’impot sur le Revenu. A grands coups de traités européens et de politiques monétaristes conduites d’abord par les banques centrales nationales puis de la BCE, les déficits se sont creusés. Et c’est au peuple que les agences de notation présentent la facture. Il est l’heure de savoir qui va payer : ceux qui se sont le plus enrichis pendant cette période ou nous ?
Le gouvernement a choisi son camp, sans surprise. Donc s’il y a un appel à faire maintenant, c’est à taxer, VRAIMENT et DURABLEMENT, les plus riches.

  1. Première fortune française avec près de 20 milliards d’euros, grâce à l’héritage d’une entreprise, L’Oréal, qui aurait dû être nationalisée à la libération suite à la collaboration de son créateur Eugène Schuller. []