Chronique d'Evariste

Passage de l’année du Bœuf à l’année du Tigre : où en est-on ?

samedi 20 février 2010
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L’importance symbolique du Nouvel An chinois nous entraîne à rompre avec notre tropisme franco-français ou de considérer que la vraie vie est uniquement en Europe.

La crise économique de l’été 2007 et la surmultiplication réalisée par le krach bancaire et financier de septembre 2008 n’en finissent pas de s’approfondir. Les charlatans sociaux et politiques1 nous avaient prédit que 2010 voire 2011 serait l’année de la sortie de crise, s’autocongratulant pour les mesures prises pour éteindre l’incendie. Et puis patatras ! Plusieurs pays du monde ont montré des « souffrances » et puis 3 pays de la zone euro montrent de profondes défaillances.

Les dirigeants néolibéraux du monde n’ont fait que retarder les difficultés en transférant les fonds pourris des banques sur la dette des États.

Même, les économistes néolibéraux ont compris que l’accroissement sans fin de l’endettement des États allait fragiliser d’abord les États les moins solides puis par effet domino du à l’interpénétration des économies mondiales, toucher les économies les plus solides. Ils ont compris que rien ne résisterait au tsunami économique, bancaire et financier si les endettements des États continuaient.

Alors, les amis de Warren Buffet2 ont compris que s’ils voulaient conserver leurs privilèges et donc ne rien changer aux dogmes néolibéraux3 , il leur fallait intensifier la lutte des classes et donc considérer les acquis sociaux comme des variables d’ajustement et non comme des données immuables. C’est par une diminution draconienne des financements sociaux dans le monde entier qu’ils réussiront, pensent-ils, à juguler la crise.

C’est dans ce cadre qu’il faut analyser la concomitance dans la plupart des pays développés de l’organisation d’une nouvelle contre-réforme des retraites. Si l’on analyse cela uniquement dans un seul pays, on obscurcit le paysage et cela ne permet pas de comprendre l’ensemble du phénomène.

Bien évidemment, il n’y a pas de fatalité, même avec la crise économique, qui conduirait à devoir diminuer les retraites, augmenter la durée de cotisations ou encore retarder la durée légale du travail. Mais pour cela, il faut changer de paradigme et tourner le dos aux dogmes néolibéraux notamment celui qui tente de justifier que l’actuel partage de la valeur ajoutée4 est NORMAL et que celui de la fin des années 70 et du début des années 80 était ANORMAL. Et si l’on partait de l’idée contraire ? Voilà « une idée qu’elle est bonne » comme disent certains !

Nous ne pouvons donc que nous étonner de ne pas voir ce point s’immiscer dans le débat de la campagne électorale des régionales. Les partis de gauche se rangeraient-ils sagement à l’idée que ce problème n’entre pas dans les prérogatives des conseils régionaux français ? Que cela fasse partie des préoccupations des Français devrait leur suffire ! Et quand la réforme des collectivités locales diminuera encore les prérogatives de ces conseils, est-ce que les partis politiques de gauche diminueront d’autant le nombre de sujets à débattre ? Sont-ils les élus des citoyens ou les sujets des institutions ? Vaste problème sur lequel nous reviendrons.

  1. Karl Marx appelait charlatans ceux qui voulaient combattre la misère, la pauvreté et les inégalités sociales sans mécontenter le capital []
  2. Milliardaire et partisan de la lutte des classes, il est l’auteur de la formule : « Il y a une guerre des classes et ma classe est en train de la gagner » []
  3. Maintien d’une répartition des richesses terriblement injuste avec un transfert de 9,3 points de PIB par an en un quart de siècle soit plus de 170 milliards d’euros par an en euros 2007. Harmonisation des protections sociales par le bas. Marchandisation, privatisation des profits et socialisation des pertes dans la protection sociale. Alliance des dirigeants du monde avec tous les intégrismes et communautarismes ethniques et religieux. Nouvelle gouvernance mondiale (dirigeants des firmes multinationales, associations multilatérales et régionales du type Union européenne, administration étasunienne []
  4. La protection sociale représente en France 31,3 % du PIB c’est-à-dire plus de 80 % au-dessus du budget de l’État tous les ministères confondus. Elle est le premier budget humain et la première préoccupation des Français et des étrangers sur le sol français. []
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