2005, 2010 : lorsque que le peuple résiste à la politique des choses

Si « comparaison n’est pas raison », certaines analogies sont susceptibles de faire apparaître des effets de structure et de rendre ainsi le réel plus intelligible. Tel est le cas de la mise en parallèle de ces deux séquences que sont mai 2005 et octobre 2010. La première correspond au référendum sur le Traité Constitutionnel Européen, la seconde, à la mise en oeuvre de la contre-réforme des retraites.
Malgré des différences évidentes, il est néanmoins possible de faire apparaître cinq marqueurs communs. (suite…)

Israël : la dérive du gouvernement d’extrême droite

Jusqu’ici, la doctrine israélienne était que ses forces armées devaient agir avec détermination chaque fois que la sécurité du pays était menacée, mais jamais en dehors de cette condition. Le massacre qui a eu lieu contre une flottille humanitaire dans les eaux internationales ne peut aucunement se justifier par une menace contre la sécurité de l’État d’Israël. Il s’agit donc d’une nouvelle dérive du gouvernement israélien dont l’extrême droitisation se poursuit. (suite…)

Élections régionales 2010 : la droite en crise profonde, mais pas de reconquête populaire de la gauche

Dans ses deux dernières livraisons, votre journal ReSPUBLICA a présenté les 10 leçons du premier tour, Les enseignements du 2e tour des régionales, et Les déficits politico-stratégiques du non de gauche. Il n’y a rien à changer à ces trois textes qui peuvent être donc relus avant celui-là. Mais nous avons des enseignements supplémentaires que révèlent les premières études à la sortie des urnes publiées depuis. (suite…)

Les enseignements du 2e tour des régionales

Lundi 15 mars dernier, votre journal ReSPUBLICA a présenté les 10 leçons du premier tour et les déficits politico-stratégiques du non de gauche.
Il n’y a rien à changer à ces textes qui restent d’actualité et auxquels nous vous renvoyons.
C’est bien l’ensemble de ces 3 textes (les deux précités et celui-ci) qui formeront notre analyse complète des élections régionales.
Nous écrivons ce troisième texte, car si le premier tour a permis de comprendre les rapports de force entre les différentes logiques à l’oeuvre, le deuxième tour permet de mieux comprendre les stratégies des « élites » politiques des différents partis. (suite…)

14 mars : dix points marquants et l’amorçe d’un retour du peuple au vote de gauche

1) C’est un résultat électoral de crise. La carte électorale a énormément bougé. Nous sommes très loin d’une stabilité. La crise économique, le désastre de la politique néolibérale, la nouvelle géosociologie des territoires, le retard politico-stratégique de la gauche, promettent un avenir politique mouvementé à la France et tous ceux qui croient à un avenir linéaire seront « hors sol ».

2) Le chiffre record de l’abstention montre clairement que l’offre politique n’est toujours pas au rendez-vous, surtout pour les couches populaires (ouvriers, employés) majoritaires dans ce pays. Il nécessite d’admettre que l’analyse des résultats est également obérée par cette abstention massive.

3) Le président de la République subit un échec cinglant. Sa majorité néolibérale a reperdu une bonne partie de l’électorat populaire qui l’avait porté à la présidence. Les débats vont donc reprendre au sein de la droite néolibérale, comme chez leurs commanditaires des directions des firmes multinationales. Des turbulences y sont donc prévisibles. (suite…)

Retour sur Copenhague : un fiasco, mais pas un désastre

Ça devait être l’apothéose de la fin d’une année 2009 marquée par le sceau de la crise, la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de Copenhague, le plus grand rassemblement de chefs d’États et de gouvernements de l’histoire de l’ONU (119), a été un flop retentissant. Rappelons qu’il s’agissait de permettre de limiter le réchauffement climatique par une réduction des émissions anthropiques des gaz à effet de serre en trouvant un accord contraignant de réduction d’émissions prenant le relais du protocole de Kyoto, qui prend fin en 2012. (suite…)

Régionales : la gauche de la gauche part en ordre dispersé dans une certaine confusion

29 mai 2005 : le Non de gauche fait 31,3% des voix. Bien plus que le Oui de gauche. La possibilité que le Non de gauche puisse passer dans une élection à deux tours devant les tenants du oui de gauche devient donc envisageable. Cela permettrait de créer de la perspective pour une avancée émancipatrice dans le champ politique. Deux possibilités s’ouvrent alors : soit entamer une stratégie à front large dans la gauche de la gauche à partir d’une recomposition de celle-ci soit courir devant l’illusion des comités unitaires anti-libéraux pratiquant le double consensus mortifère qui a l’inconvénient majeur de ne rien pouvoir trancher par la démocratie. C’est ce deuxième choix qui est fait. Le résultat est une bérézina pour la gauche de la gauche. (suite…)

Nicolas Sarkozy et la boite de Pandore

Dans la mythologie grecque, Pandore fut créée par Zeus pour se venger des hommes. Elle amena avec elle une jarre, qui renfermait tous les maux de l’humanité, dont la Vieillesse, la Maladie, la Guerre, la Famine, la Misère, la Folie, le Vice, la Tromperie et la Passion, ainsi que l’Espérance.

Poussée par la curiosité, Pandore finit par ouvrir sa boite, libérant ainsi tous ces maux. Nicolas Sarkozy, lui, en a fait un programme politique. (suite…)

Quelle issue au Proche-Orient ?

Tout d’abord, permettez-nous de dire que nous trouvons en France de nombreuses positions sur le Proche-Orient qui, loin d’être un soutien à la juste revendication d’un État palestinien à côté de l’État d’Israël, sont des caricatures qui n’aident en rien cette juste cause :

  • Ceux qui aiment se battre avec la peau des autres tout en étant bien calé dans leur sofa des villes-centres des pays nantis.
  • Ceux qui pactisent avec l’extrême droite islamiste (qui écrase les droits légitimes des femmes palestiniennes) en développant l’idée que les ennemis (l’extrême droite islamiste) de leurs ennemis (l’État d’Israël) ne peuvent être que leurs amis.
  • Ceux qui développent un antisémitisme caché sous couvert d’antisionisme.

Une fois que nous avons dit cela, peut-on rester neutre quand on voit la colonisation israélienne se poursuivre, quand on découvre que les dirigeants de l’État d’Israël ont favorisé le Hamas pour casser l’Autorité palestinienne, que la gauche sociale-libérale israélienne a trahi comme ailleurs, que la situation économique et sociale des Palestiniens se dégrade de plus en plus sans espoir possible à court terme, que les dictatures arabes (monarchiques ou pas) ont intérêt à maintenir un état de guerre permanent au Proche-Orient pour leur propagande interne, que les tenants du Choc des civilisations de Huntington qui tiennent toujours le haut du pavé aux États-unis ont le même intérêt ? (suite…)

Sortie de crise : tenter d’y voir clair dans un nuage de poudre aux yeux

Il y a quelque obscénité pour le gouvernement et ses relais médiatiques à parler de sortie de crise aujourd’hui alors que le chômage ne cesse d’augmenter (4,25 millions d’inscrits à Pôle emploi fin septembre toutes catégories confondues ; 2,58 millions en catégorie A, soit une augmentation de 25% en un an et un taux de chômage repassé au dessus des 9% de la population active), le nombre de ménages en situation de surendettement explose (17,6% de dossiers déposés depuis le début de l’année par rapport à 2008), les impôts locaux en hausse sensible (taxe d’habitation : +8,1%, taxe foncière : +9,1%). (suite…)

Un homme qui opprime une femme ne saurait être libre

Elles étaient des milliers, le 17 octobre dernier, dans Paris, à manifester pour une réelle égalité des droits entre les femmes et les hommes, à l’appel du collectif national pour le droit des femmes et le soutien des organisations syndicales, des associations laïques et des partis de gauche. Les manifestantes…

La moraline comme opium du peuple

Chaque jour, le débat politique verse un peu plus dans cette moraline qui n’a que faire de la morale. Chaque jour, des voix s’élèvent pour grossir le concert de l’indignation collective. On s’indigne de l’affaire Clearstream, de l’attribution du prix Nobel, de la hausse du traitement du Président, de la fulgurante ascension de son rejeton, des pratiques sexuelles de Frédéric Mitterrand, de l’attirance de Polanski pour les jeunes filles pubères. A gauche comme à droite, on s’insurge, on pousse des cris d’orfraie, on désigne les coupables et les vertueux. Non seulement ce spectacle renforce l’idée que les hommes politiques sont « tous pourris« , voire « pervers« , mais il tend à faire croire que la politique est une affaire de bons sentiments. (suite…)

L’actu plaide pour la refondation de la stratégie de l’union

Nous n’avons de cesse de le clamer dans ReSPUBLICA: pas de combat des républicains de gauche sans celui pour un nouvel internationalisme ! Pas de combat des républicains de gauche sans vérifier constamment les pertinences de sa ligne, de sa stratégie et de ses formes organisationnelles ! Pas de combat des républicains de gauche sans débat démocratique digne de ce nom (information pour tous des dissensus, débat raisonné et application du suffrage universel) bien trop souvent court-circuité par les directions organisationnelles. (suite…)