Le livre de R. Debray et D. Leschi : « La laïcité au quotidien »

Régis Debray et Didier Leschi se sont associés pour proposer ce petit « guide pratique » La laïcité au quotidien (Folio, 2015). À travers 38 questions classées en entrées alphabétiques, c’est autant un guide sur « ce qu’il faut faire » qu’un exercice du jugement, lequel fait appel à la loi et aussi au…

Travail productif : Jean-Marie Harribey révise Marx Version courte

Dans son commentaire de ma réaction à la réponse de C. Arambourou, mon ami et néanmoins ancien collègue Jean-Marie Harribey (JMH) réitère une argumentation qu’il m’a déjà opposée, quant à mon point de vue, que je crois marxiste, sur l’improductivité du travail dans les services ((Dans la Lettre d’Espaces Marx…

Encore un retour sur le travail productif

Permettez-moi de m’immiscer très brièvement dans la discussion théorique sur laquelle mon ami et ancien collègue Michel Zerbato (MZ) revient régulièrement, notamment ces derniers temps en réponse à Charles Arambourou. Je souscris à de nombreux points que soulève MZ (distinction entre travail et force de travail, distinction entre production et…

Jaurès, Boudiaf, Rabin : comprendre les stratégies de l’extrême droite Et ne pas être complice de la décomposition des gauches

31 juillet 1914, 29 juin 1992, 4 novembre 1995 : Jean Jaurès, Mohamed Boudiaf, Yitzak Rabin, que de similitudes dans la stratégie de tension de l’extrême droite à trois moments paroxystiques en France, en Algérie, en Israël, avec le meurtre d'hommes-clés pour figer la situation au profit des extrêmes nationaliste, islamiste,…

La crise économique est-elle de retour ?

Janvier 2016 : l’économie mondiale tangue. Les bourses décrochent. La nervosité des marchés est de plus en plus visible. « Les contradictions s'aiguisent entre impérialismes. » Comme nous sommes dans le très court terme, donc dans le très complexe, il faudrait être dedans pour savoir exactement ce qu'il se passe. Ce qui…

Le Front national et les fonctionnaires Une étude du CEVIPOF

Cette note sur l'analyse du vote FN chez les fonctionnaires corrobore et amplifie l'analyse faite par ReSPUBLICA au lendemain du deuxième tour des régionales : voir https://www.gaucherepublicaine.org/chronique-devariste/regionales-2015-le-processus-de-decomposition-de-la-gauche-de-la-gauche-est-engage/7397189. Précisons que les fonctionnaires de catégorie C dont il est question ici s'apparentent aux ouvriers et employés évoqués dans notre texte. Lire l'étude…

Merci pour ces commémorations !

Le rideau est tombé sur la séquence "commémorations" des attentats de janvier 2015. En attendant les prochaines, en mars, pour honorer la mémoire des victimes de Mohamed Merah et à l'automne prochain, pour perpétuer celle des victimes des attentats du 13 novembre et en espérant que dans l'intervalle il n'y…

Les retards de la gauche de la gauche en matière d’analyse et de nouvelles pratiques sociales

Comme déjà indiqué dans une précédente chronique (1)https://www.gaucherepublicaine.org/chronique-devariste/regionales-2015-le-processus-de-decomposition-de-la-gauche-de-la-gauche-est-engage/7397189, la gauche de la gauche voit reculer son influence en milieu populaire (53 % de la population). Elle semble incapable de penser la fracture sociale qui s’est opérée. Mais cela ne suffit pas à comprendre la mutation en cours dans les recompositions politiques. Car la mutation sociale des partis s’accompagne d’une nouvelle ségrégation spatiale. C’est la fracture spatiale. Cet autre phénomène qui accompagne le précédent est le phénomène de gentrification en cours depuis plusieurs décennies largement soutenu par le mouvement réformateur néolibéral. La cécité de la gauche de la gauche a été également encouragée par les élus de toutes les gauches (y compris le PC) et par leurs conseillers, urbanistes et architectes, bureaucrates de la politique de la ville, qui ont accompagné ce mouvement dont la cause principale est la dynamique intrinsèque de la formation sociale capitaliste en crise du profit.

Fractures spatiale et sociale

Ce phénomène montre qu’il y a trois dynamiques principales dont le fil conducteur à l’œuvre est de voir, petit à petit, les couches populaires partir vers la périphérie et les classes bourgeoises reconquérir les villes centre et même certaines banlieues. Bien évidemment, tout cela a été accéléré par la volonté de désindustrialisation de l’oligarchie capitaliste, par la suppression progressive des grandes concentrations ouvrières, et par la dissuasion du marché immobilier en forte hausse lié au fait que les le mouvement réformateur néolibéral a toujours favorisé la rente.

D’abord la dynamique des métropoles, regroupant de plus en plus les gagnants de la mondialisation (ou qui se considèrent comme en faisant partie), soit la majorité des couches moyennes supérieures, une partie des non-salariés aisés et une partie des couches moyennes intermédiaires. C’est l’une des conséquences des actes I, II, III de la décentralisation qui s’est concrétisée récemment avec la loi Notre et la loi Mapam. De ce point de vue, chaque gouvernement a fait pire que le précédent. C’est aussi là que se crée l’emploi. A noter que c’est la première fois dans le capitalisme que la majorité des salariés ne vivent pas là où sont créés les emplois !

Puis, la France périphérique, composée des zones péri-urbaines (regroupant les villes qui ne sont pas des métropoles) et rurales, qui font vivre 60 % de la population française. C’est cette France qui voit augmenter fortement les couches populaires abandonnées par les dirigeants nationaux des partis néolibéraux de droite et de gauche mais aussi de la gauche de la gauche. Malgré beaucoup de publicité, cette France ne crée que peu d’emplois par rapport aux métropoles. Le fait que de nombreux endroits de cette France périphérique sont des zones dortoirs de plus en plus éloignées des métropoles où se trouvent le plus d’emplois, modifie bien plus l’aménagement du territoire que d’autres sujets dont on parle beaucoup plus.

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La Laïcité, défi du XXIe siècle, de Gérard Delfau

Évoquant les meurtres politiques et antisémites des 7-9 janvier 2015, Gérard Delfau, président de l’association ÉGALE (Égalité. Laïcité. Europe), écrit dans son dernier ouvrage La Laïcité, défi du XXIe siècle (L’Harmattan, 2015) : « Nous sommes entrés dans une période tragique de notre histoire ». Mais le livre ne préjuge pas…

A demain Gramsci, de Gaël Brustier

En cette fin d'année morose pour les républicains en général et la gauche en particulier, voila un livre à recommander pour ceux qui croient encore en la possibilité d'une gauche des idées tournée vers l'action. Avec A demain Gramsci (Ed. du Cerf, 2015), Gaël Brustier nous livre une analyse aussi…

Combattre efficacement le FN : avec la gauche de gauche… si elle existe !

Ce n’est pas avec le social-libéralisme que le FN sera battu. Car le FN fait son beurre sur les ravages causés par les gestions néo-libérales : insécurités physique, sociale et culturelle, relégations territoriales, dislocation des repères symboliques, absence de perspective politique progressiste. Les promesses économiques du FN sont connues : taxation de 15% des résultats nets des 50 plus fortes capitalisations boursières, nationalisation des banques, création de nouvelles tranches d’impôts sur les hauts revenus, augmentation de 200 euros des salaires inférieurs à 1,4 SMIC, retraite à 60 ans. Ce « programme économique », assorti de l’idée que l’immigration est  l’arme du grand capital  « pour peser à la baisse sur les salaires et les droits sociaux des travailleurs français », ne peut être que populaire. Il a fait partie des munitions dont le FN s’est doté pour récupérer le 6 décembre 2015 des centaines de milliers de votes ouvriers et employés qui allaient naguère à la gauche. Avec sa phraséologie huilée et bien adaptée aux souffrances sociales, il peut aujourd’hui escompter, pour les prochaines échéances électorales, accentuer le passage des couches populaires de la gauche à l’extrême droite, en conquérant les suffrages d’ouvriers et employés qui se sont abstenus le 6 décembre. (1)Voir la chronique d’Evariste dans le n° 798.

C’est pourquoi le premier axe de notre travail d’éducation populaire est de montrer que le programme économique du FN est une immense escroquerie, puisqu’il ignore la réalité de la crise structurelle qui mine le capitalisme et qu’il impute l’austérité aux seuls intérêts du capital et de la finance. Au lieu de proposer une autre politique favorable aux couches populaires, il maintient la croyance fataliste dans la légitimité des possédants.

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Notes de bas de page

« A demain Gramsci », de Gaël Brustier

En cette fin d'année morose pour les républicains en général et la gauche en particulier, voila un livre à recommander pour ceux qui croient encore en la possibilité d'une gauche des idées tournée vers l'action. Avec A demain Gramsci (édition du Cerf, 2015), Gaël Brustier nous livre une analyse aussi…

Réapprendre à lire. De la querelle des méthodes à l’action pédagogique, de S. Garcia et A.-C. Oller

Tout le monde est aujourd'hui obligé d'admettre que notre système éducatif connaît de graves difficultés. Très médiatisées, les enquêtes internationales montrent en effet sans conteste (malgré tous leurs défauts) que ses résultats d'ensemble sont très médiocres et qu'il contribue à aggraver, au lieu de les atténuer, les inégalités scolaires d'origine…

Régionales 2015 : le processus de décomposition de la gauche de la gauche est engagé

Deux dates ont marqué positivement l’histoire de l’Autre gauche en notre siècle. Les 31,3 % du non de gauche le 29 mai 2005 et les 11,1 % du score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2012. Dans le premier cas, les pitreries des comités anti-libéraux ont anéanti cette inédite massification, supérieure au non de droite et d’extrême droite, au oui de gauche ou au oui de droite. Dans le deuxième cas, l’anéantissement eut des causes multiples : les pitreries du gauchisme, maladie infantile de la transformation culturelle, sociale et politique, la confusion savamment entretenue entre la nécessité de lutter contre tous les racismes (dont celui qui est anti-musulman) et la soumission idéologique d’une partie de la gauche de la gauche au communautarisme des Indigènes de la république et aux positions réactionnaires des Frères musulmans, la prolifération des projets magiques irrationnels des Yaka et des Faukon censés nous donner les clés du paradis, la schizophrénie d’une partie des élus communistes qui critiquent avec vigueur le gouvernement mais qui acceptent une solidarité de gestion sans faille avec les socialistes tant décriés.

Résultat : toute la « gauche » (y compris les socialistes) représente aujourd’hui autour de 30 % des électeurs inscrits. Le Front de gauche a perdu plus de la moitié des électeurs de 2012. C’est donc une bérézina. La décomposition de la gauche de la gauche est largement engagée. Cette gauche de la gauche ne s’en relèvera pas tant la refondation nécessaire demanderait d’inversions des priorités, de nouvelles stratégies et pratiques sociales. Nous y reviendrons en fin d’article.

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