Sur la dette grecque : suite

Après notre précédente chronique, dans laquelle Michel Zerbato répondait à une lectrice, nous avons reçu d'autres réactions dont voici les points saillants, avec les éléments de réponse que nous pouvons leur apporter. Mme Martine H. nous rappelle que « certains pays comme l'Allemagne ont prêté de l'argent à la Grèce pour…

Après janvier 2015, l’Autre gauche dans l’impasse !

Les trois événements de janvier 2015 (les assassinats des 7, 8 et 9 janvier, la victoire électorale de Syriza du 25 janvier, la démonstration de force de Podemos du 31 janvier) n’ont pas appris grand-chose aux gauches françaises. Quant aux dirigeants politiques néolibéraux (François Hollande, le gouvernement Valls et la direction du PS), non contents d’avoir tué, dans le temps présent, l’idée de « gauche » en France, ils ont réagi en rajoutant un « catéchisme républicain » à une école des compétences largement dévouée aux désirs du patronat. À aucun moment, la direction néolibérale autour de François Hollande n’a voulu travailler sur les causes du séisme des 7, 8 et 9 janvier, dont Copenhague a eu droit à une réplique de même nature un mois plus tard. Son appel à des intervenants extérieurs à l’école pour prodiguer le nouveau « catéchisme républicain » n’est pas de bon augure pour la suite de l’histoire.

Quand à l’Autre gauche, elle se réduit de plus en plus à la fraction idéologique de la petite et moyenne bourgeoisie, qui ne possède plus aucune force propulsive pour s’allier avec la classe populaire ouvrière et employée, majoritaire en France, mais dont la plus grande partie s’abstient aux élections en partie par défiance envers elle. Pire, n’ayant rien appris de l’histoire des années 30, cette gauche observe, stupéfaite, que les couches déclassées tant de la classe populaire ouvrière et employée que des couches moyennes intermédiaires, lorgnent de plus en plus vers le FN. Les résultats de la 4e circonscription législative du Doubs sonnent le désastre imminent. Dans une circonscription populaire, le Front de gauche allié au NPA et aux chevènementistes du MRC font 3,6 % ! La voie royale vers la marginalité. (suite…)

Sur la dette grecque et son remboursement par le contribuable

Reçu de Dominique Gérin le 9 février 2015 : « Une restructuration forte [de la dette grecque] fera payer les contribuables des pays européens à commencer par l’Allemagne », écrivez-vous dans « Pourquoi la stratégie de Syriza est riche d'enseignements ». C'est précisément le chiffon rouge qu'agitent devant nos yeux effarés les…

Pourquoi la stratégie de Syriza est-elle riche d’enseignements ?

Jusqu’ici la stratégie de la douceur pour faire plier Angela Merkel a échoué. François Hollande pensait que sa victoire électorale dans la deuxième économie de la zone euro lui permettrait d’aller quémander un assouplissement de la politique néolibérale à la chancelière allemande. Un mois après son élection, il acceptait le diktat allemand qui refusait de faire payer ses contribuables. De même Matteo Renzi pensait que sa victoire électorale dans la troisième économie de la zone euro lui permettrait d’aller quémander lui aussi un assouplissement de même nature. Il eut droit à un ridicule plan Juncker. Ce matamore accepta le diktat allemand qui refusait une fois de plus de faire payer ses contribuables.

Alexis Tsipras et de Yannis Varoufakis ne pouvait pas tenter une troisième fois d’engager la stratégie de la douceur car l’économie de la Grèce est encore moins forte que celle de la France et de l’Italie. A noter que ce ne sont plus les banques qui sont majoritaires dans la masse des créances grecques, mais les institutions européennes et donc les Etats de la zone euro (1)Sur 320 milliards d’euros de dette publique grecque, 32 milliards sont détenus par le FMI, 141,8 milliards par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et donc par chaque Etat au prorata de son importance, 27,7 milliards par la BCE, 53 milliards par des États européens ayant accordé des prêts bilatéraux. . D’autre part, l’économie grecque est, selon le ministre grec des finances Yannis Varoufakis, « aux abois » car les échéances des remboursements des dettes sont proches (cet été pour la BCE). (suite…)

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 Sur 320 milliards d’euros de dette publique grecque, 32 milliards sont détenus par le FMI, 141,8 milliards par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et donc par chaque Etat au prorata de son importance, 27,7 milliards par la BCE, 53 milliards par des États européens ayant accordé des prêts bilatéraux.

Premiers enseignements de la victoire de Syriza en Grèce pour la situation francaise

Après la crise de 2007-2008 qui a envoyé une onde de choc sur le néolibéralisme mondial, la victoire des amis d’Alexis Tsipras est la première secousse importante pour l’ordolibéralisme européen. L’agenda européen est bouleversé. C’est un tournant historique puisque les deux forces néolibérales (droite et parti socialiste) qui ont gouverné la Grèce depuis 40 ans, ensemble ou séparées, sortent éliminées à court terme de la course au pouvoir.
Qui a gagné ? Une coalition de gauche anti-austérité demandant une relance économique, une relance des bas salaires, une lutte efficace contre le chômage, la restructuration forte de la dette.
Un nouveau rapport des forces est constitué qui permet au moins un espoir que ne permettaient pas les politiques néolibérales.
Le peuple grec a fait le constat que les politiques d’austérité augmentaient la dette, le chômage, la misère, la pauvreté.
Cette victoire ne règle pas la situation mais ouvre un processus bloqué par les néolibéraux de droite et de gauche. Il est à noter que comme les premières « aides » ont surtout permis le remboursement aux banques privées à but lucratif pour les actionnaires, aujourd’hui la grande majorité des créances grecques sont auprès des institutions européennes, ce qui va rendre le rapport de forces d’autant plus violent.

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CETA : la dinde va-t-elle préparer le repas de Noël ?

La presse annonce, plutôt discrètement, le bouclage de la négociation UE-Canada du CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement, en français AECG : Accord économique et commercial global), négocié par le Canada et l’Union européenne, mais la ratification n’en est pas certaine, notamment car les autorités allemandes sont réticentes ((Cf, par exemple,…

Le fiasco de l’opération « chefs de file » au Parlement européen

Lors de la campagne des élections au Parlement européen de mai dernier, on nous avait promis un pas décisif vers la résorption du « déficit démocratique » qui — chacun en convient — caractérise l’architecture et le fonctionnement des institutions communautaires. Le remède miracle était le suivant : chaque formation…

Dans quelle crise sommes-nous ? n° 6

« La crise c’est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître. »
Antonio Gramsci

En cette septième année de crise depuis l’éclatement du système financier en 2007-2008, le paysage commence à prendre forme. Dans les articles précédents (« Dans quelle crise sommes nous ? » n°s 1, 2, 3, 4) nous tentions principalement de comprendre la nature profonde de cette crise, mais aussi d’estimer le moment où adviendrait une réplique violente de l’effondrement de 2007-2008. Si nous avons fait preuve d’une certaine clairvoyance sur la rupture historique, rendant par la même hors de propos les approches monétaristes ou keynésienne, nous avons toutefois péché par court-termisme, envisageant un déblocage paroxysmique assez rapide. Puis, nous avons enfin compris qu’une résolution très provisoire était à l’œuvre pour sauver la finance mondialisée (article n°5). Mais les fondamentaux restent présents. La fermeture du « pli historique » de la Renaissance au 16e siècle engendre un nouveau monde avec une recomposition globale financière et monétaire. La crise du « capitalisme tardif » entraîne la destruction rapide de l’ancien monde et la mise au devant de la scène de formes nouvelles d’exploitation. (suite…)

Progression de l’autre gauche en Europe et régression du Front de gauche en France : pourquoi ?

Dans le dernier édito de Respublica intitulé  25 mai 2014 : désastre des gauches en France ! Que faire ?​, nous avons montré que le désastre des gauches touchait aussi le Front de gauche et plus généralement toute la gauche de la gauche française sans exception. Et pourtant, l’autre gauche progresse dans de nombreux pays européens (Portugal, Espagne, Grèce, etc.). Quelques pistes pour répondre à ce paradoxe.
En 2009, Syriza faisait 4,7 % des voix et le Front de gauche, plus de 6%. Puis les deux partis progressent. Le Front de gauche atteint plus de 11% à la présidentielle de 2012.
En 2014, Syriza est le premier parti de Grèce avec 26,57 % et le Front de gauche perd 5 %  avec un peu plus de 6%. Devant l’enthousiasme romantique des militants du Front de gauche persuadés que l’attelage du Front de gauche les amènera à la victoire, le désastre français était pourtant programmé.
D’un côté, Syriza axe toute sa campagne contre les politiques concrètes d’austérité. Pendant ce temps, la gauche de la gauche française privilégie le relativisme culturel, priorise  l’écosocialisme, et témoigne de confusion stratégique (alliée au PS en promouvant un discours de rupture). En quelques mots, Syriza se préoccupe de ceux qui souffrent quand la gauche de la gauche française a des préoccupations plus abstraites pour la classe populaire ouvrière et employée, majoritaire dans notre pays, laissant les confessions prendre une part prédominante dans le caritatif et l’associatif . (suite…)

Stéphane Le Foll ment sur les subventions de l’UE à l’exportation

Version révisée par l'auteur du texte paru le 23 mai sur le blog de Médiapart. Dans l'émission de France 2 Des paroles et des actes du 22 mai consacrée aux élections européennes, Stéphane Le Foll a répété : « Vous mentez… Il est faux de dire que l'Europe subventionne ses exportations…

Européennes 2014 : forts enjeux, multiplication des listes et éparpillement des gauches

Est-ce une élection inutile ? Que nenni ! Les enjeux sont multiples et forts.
D’un côté, l’oligarchie capitaliste développe l’idéologie néolibérale traditionnelle, à savoir qu’il n’y a pas d’alternative à leur politique. Ce point de vue peut-être symbolisé par le propos de Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman : « [Les] difficultés économiques que causent les transformations du monde […] bousculent nos propres institutions, d’abord nationales, mais aussi européennes. Au point même qu’un « discours anti-mondialisation » peut être tenu sans crainte du ridicule par des responsables politiques dépassés par les événements. Bientôt nous verrons d’éminents hommes politiques créer un mouvement contre le mauvais temps, quelque chose d’inévitable mais qu’on peut aménager ! C’est d’ailleurs un scandale que la Commission européenne n’ait pas trouvé le moyen de nous garantir un droit légitime au soleil tous les jours ! » (1)http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20140505trib000828388/les-vrais-enjeux-des-elections-europeennes.html. Cette diatribe rappelle la « Pétition des fabricants de chandelles, bougies, lampes, chandeliers, réverbères, mouchettes, éteignoirs, et des producteurs de suif, huile, résine, alcool, et généralement de tout ce qui concerne l’éclairage », rédigée en 1845 par F. Bastiat, pape de l’ultra-libéralisme. À travers la complainte du marchand de suif contre la « compétition ruineuse d’un rival étranger », le soleil, Bastiat voulait dénoncer la montée des thèses protectionnistes.
(suite…)

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20140505trib000828388/les-vrais-enjeux-des-elections-europeennes.html. Cette diatribe rappelle la « Pétition des fabricants de chandelles, bougies, lampes, chandeliers, réverbères, mouchettes, éteignoirs, et des producteurs de suif, huile, résine, alcool, et généralement de tout ce qui concerne l’éclairage », rédigée en 1845 par F. Bastiat, pape de l’ultra-libéralisme. À travers la complainte du marchand de suif contre la « compétition ruineuse d’un rival étranger », le soleil, Bastiat voulait dénoncer la montée des thèses protectionnistes.

Pour sortir du carcan de l’Union européenne et de la zone euro

Une seule solution : transformer les gauches de la gauche en gauche de gauche !
Repartons d’un texte critique précédent intitulé « L’euro: les 6 positions en présence »,  où nous décrivions la position néolibérale commune à la droite néolibérale décomplexée et à la gauche néolibérale complexée.
Nous résumions d’abord la position souverainiste des extrêmes droites qui ne sont, comme dans les années 30, que la dernière solution offerte au grand patronat et aux néolibéraux lorsque qu’ils n’auront pas d’autre choix, après en avoir arraché des lambeaux, que de supprimer totalement l’application des principes sociaux républicains.
Ajoutons aujourd’hui que ces deux positions (néolibérale « de base » et droitisation extrême si les politiques des 30 dernières années ne suffisent pas à contenir les peuples) sont en fait les positions du bloc des gardiens du capitalisme. (suite…)

Ultra-libéralisme et social-libéralisme, même combat contre les services publics ? L’évolution de l’Enseignement supérieur et de la Recherche depuis 1984

La mise en œuvre de politiques économiques au bénéfice d’un capitalisme globalisé s’appuyant sur une logique de l’offre et non sur la demande sociale, modifie complètement les missions et le rôle des services publics avec des conséquences très négatives pour les agents de ceux-ci (délabrement des conditions de travail, baisse…

« La gauche radicale et ses tabous. Pourquoi le Front de gauche échoue face au Front national » par A. Bernier

Un livre ((Publié au Seuil, janvier 2014, 176 p. Voir aussi son article "Sortir de l'euro ne fera pas tout".)) à lire dans la séquence politique actuelle. Pourquoi ? Les conséquences des politiques néolibérales de droite (UMP) ou de gauche (majorité PS et EELV) deviennent de plus en plus scandaleuses. Dans…

Décision historique pour les couples de même sexe en Grèce

Le 7 novembre 2013, dans une décision historique dans l’affaire Vallianatos et autres c. Grèce, la Cour européenne des droits de l’homme a estimé que, en refusant l’accès à l’union civile pour les couples de même sexe, la Grèce a violé la Convention européenne des droits de l’homme. Dans une…

Vers un nouveau krach

Dormez, braves gens, l'oligarchie s'occupe de tout ! Elle s'occupe même de promouvoir l'idée que son but serait le retour de la croissance et de la prospérité. Un mensonge de plus. En réalité, son seul but est de se reproduire, et à cette fin elle doit faire se reproduire le…

L’euro : les six positions en présence

Depuis que s’est ouverte la crise de l’euro, le pourtant nécessaire débat contradictoire et théorique se résume à une floraison de textes et de discours qui sont autant de monologues d’économistes et dirigeants politiques, syndicaux et associatifs. Beaucoup de militants se bousculent pour entendre ici et là, et notamment dans les universités d’été, les « stars » de ce faux débat dans des réunions qui se terminent uniquement par une mesure de l’applaudimètre sur des présentations courtes. Quant à la formation économique et politique nécessaire pour que les militants tranchent cette importante question, elle n’est délivrée dans aucune grande organisation, chacune ayant défini sa position au niveau de sa direction nationale, sans débat démocratique interne. Triste temps !

(suite…)

Lignes directrices de l’Union européenne sur la liberté de religion et de conviction : la FHE salue un texte équilibré

NDLR - Soulignons que, pour la France, mettre en totale pratique la décriminalisation du délit de blasphème implique d'abroger l'article 166 du code pénal local en vigueur en Alsace-Moselle Les Ministres des Affaires Etrangères européens, réunis en Conseil à Luxembourg lundi 24 juin, ont adopté les nouvelles « Lignes directrices de…