Réaction à la lettre ouverte à M. Peillon

Au nom de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité je tiens à dire notre accord avec la lettre à M. Peillon envoyée par l'Observatoire de la laïcité scolaire de Seine-Maritime. L'OCL a plusieurs fois souligné publiquement que les revendications de la hiérarchie catholique pour le développement de l'enseignement confessionnel était de…

Lettre ouverte à M. Peillon

Au mépris de la loi de 1905 portant sur la séparation des églises et de l’État, c’est au nom des  » voies nouvelles de la contribution de l’enseignement catholique à l’œuvre d’intérêt général que constituent la formation et l’éducation des enfants » que M. Éric de Labarre, secrétaire général de l’enseignement catholique, a annoncé, sans démenti de votre part, juste avant le début de la concertation sur la refondation de l’école ouverte le 5 juillet, que l’enseignement privé bénéficierait de 70 postes en primaire à la rentrée, d’un contingent d’assistants d’éducation sur les 1 500 prévus ainsi que des aménagements pour permettre aux stagiaires du second degré privé de se former. (suite…)

Quel statut pour les services sociaux en Europe ?

En l’état du droit communautaire, les services sociaux sont considérés comme des entreprises exerçant une activité économique sur un marché dans lequel, pour ne pas fausser la concurrence, les aides d’État sont interdites, sauf dérogations complexes fondées sur l’intérêt général. La libéralisation de toutes les activités, dont celles des services, se réalise en réalité depuis 1957 par différents instruments juridiques, confortés par l’accord général sur le commerce des services de l’OMC. Cette norme néolibérale pèse sur l’organisation et les pratiques sociales, ouvrant plus encore la porte à leur chalandisation (1)M. Chauvière, Trop de gestion tue le social. Essai sur une discrète chalandisation, La Découverte, Paris, 2010 (1ère éd. 2007) , préparant leur marchandisation. Elle affecte ainsi la signification de l’intérêt général à destination des ayants droit et engloutit le contrat social-démocrate, notamment les valeurs du service public et de la coopération entre partenaires. (suite…)

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 M. Chauvière, Trop de gestion tue le social. Essai sur une discrète chalandisation, La Découverte, Paris, 2010 (1ère éd. 2007)

Santé : chronique avril-mai 2012

A quand la suppression des franchises ? Près de deux tiers des Français interrogés par l'institut CSA sont défavorables au système des franchises sur les soins retenues sur les remboursements effectués par l'assurance maladie, c'est ce que montre un sondage commandé par l'association Aides. Cela corrobore l'ancienne enquête d'opinion Ipsos réalisée…

Santé : que penser des engagements du nouveau Président ?

Voici le résumé des engagements pris durant la campagne par François Hollande, dans le domaine de la santé, de la dépendance et du handicap. Beaucoup de bonnes mesures sont prévues, nous verrons si elles seront concrétisées, dans la mesure où certains engagements ne sont pas chiffrés (pas de chiffrage sur les Missions d’intérêt général et d’aide à la contractualisation -MIGAC- supplémentaires, ni sur la réforme de la tarification à l’activité -T2A).
Nous pouvons regretter que cela n’aille pas assez loin avec certaines propositions comportant des risques : pas de suppression des dépassements d’honoraires, malheureuse confirmation du secteur 2, manque de clarté sur les partenariats publics-privés, pas d’engagement à augmenter le remboursement de l’assurance-maladie, autorisation d’une contractualisation mutuelles-assurance-maladie hors intervention de l’assurance-maladie, rien sur le développement des maisons de retraite publiques, rien sur l’arrêt de la tendance à la privatisation des lits hospitaliers, etc. (Pour comparer avec des propositions plus conformes aux intérêts des assurés sociaux concernant le système de santé et d’assurance-maladie, voir les pages 56 à 92 du livre Contre les prédateurs de la santé, écrit par Catherine Jousse, Christophe Prudhomme et Bernard Teper dans la collection « Osez la République sociale » (2ème édition, éd.) (suite…)

Souffrir au travail dans ce monde cruel

L’utilisation de techniques de plus en plus contraignantes et sophistiquées, l’accroissement des cadences de travail, les impératifs de productivité et la rentabilité, la concurrence internationale et la demande des actionnaires de profits de plus en plus importants font qu’un grand nombre de salariés déclarent éprouver une souffrance au travail. Ce phénomène est en constante augmentation depuis ces dix dernières années aussi bien dans les entreprises privées que dans la fonction publique qui de façon insidieuse s’inspire des méthodes de management anglo-saxonnes en remplaçant peu à peu l’aspect humain par la rentabilité et la gestion. (suite…)

Le service public de l’eau: l’actualité du débat

L’eau pose les mêmes questions que celles évoquées à l’occasion de la campagne présidentielle française. Il est donc logique d’effectuer un parallèle entre l’analyse faite sur l’eau, bien public, à l’occasion du Forum mondial de Marseille (mars 2012) et la grande confrontation démocratique à laquelle est convié le peuple français, y compris les réactions populaires suscitées par le FAME (1)Cf. Colloque (26/01/12), organisé par l’Assemblée Nationale en préparation de ce Forum, qui a suscité une contre- manifestation publique du Fame (Forum Alternatif Mondial de l’Eau) animé par nombre d’ONG. à l’occasion des événements de Marseille. (suite…)

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 Cf. Colloque (26/01/12), organisé par l’Assemblée Nationale en préparation de ce Forum, qui a suscité une contre- manifestation publique du Fame (Forum Alternatif Mondial de l’Eau) animé par nombre d’ONG.

Entretien avec Jean-Luc Mélenchon (5/5)

Voici les 2 derniers extraits de l’entetien exclusif qui a été accordé par Jean-Luc Mélenchon à la rédaction de ReSPUBLICA. Cette semaine il est question de services publics, protection sociale et planification écologique. Vous pouvez voir l’ensemble de l’entretien en cliquant ici : entretien avec Jean-Luc Mélenchon. (suite…)

L’actualité en matière de santé et protection sociale

Nous vivons une période formidable ! Alors que le manque de personnels dans le secteur de la santé et de la protection sociale devient évident, que le management des personnels par le stress devient la règle, que la gabegie de la gestion hospitalière au profit des directeurs devient patente… les inégalités sociales de santé progressent de plus en plus, l’accès aux soins n’est plus égalitaire. La déformation du partage de la valeur ajoutée au détriment des salaires directs et des prestations sociales s’accélère, seules les personnes à partir du 8ème décile de revenus et les actionnaires tirent leur épingle du jeu.
Est-il fou de souhaiter que cela change et que l’on parte vraiment des besoins sociaux, sanitaires et médicaux ? Pourtant, de nombreux sujets liés à la santé et à l’assurance-maladie sont toujours dans l’angle mort de la campagne présidentielle, même si des questions comme la T2A ou le rôle des complémentaires émergent, nous allons le voir. (suite…)

Contre le quotient familial : aller au fond du dossier… et au-delà

Grâce à Christiane Marty, coauteure du livre Un impôt juste pour une société juste (Syllepse, 2011), les lecteurs de Respublica auront d’emblée, en faveur de la suppression du quotient familial, un argumentaire simple et vigoureux dans le premier article de ce numéro. Dans le blog de Jean Gadrey sur le site de Alternatives économiques, on en trouvera une version plus longue et davantage chiffrée  sous le titre « Le quotient familial, un coûteux privilège de classe » qui a ouvert un débat d »économistes et suscité de nombreuses et immédiates réactions. (suite…)

Le quotient familial, un privilège de classe bien plus qu’une aide aux familles

Un débat sur le bien fondé du quotient familial s’est engagé dernièrement sur la scène politique. Défendu à droite, critiqué à gauche, le quotient familial… divise. Rappelons que ce terme désigne le dispositif qui prend en compte les enfants dans le calcul de l’impôt sur le revenu. Il procure aux ménages une réduction d’impôt qui augmente – assez logiquement – avec le nombre d’enfants mais surtout – ce qui est problématique – avec le revenu. L’avantage fiscal est en effet très fortement concentré au bénéfice des ménages disposant des revenus les plus élevés : les 10% de foyers avec les plus hauts revenus se partagent 46% du total de la réduction d’impôt liée au quotient familial (soit 6,4 milliards d’euros en 2009) tandis que les 50 % les plus pauvres se partagent seulement 10 % de la somme (c’est-à-dire moins de 1,4 milliard). (suite…)

Ce que révèle le 3e plan d’austérité de Sarkozy : fiscaliser la protection sociale pour détruire les institutions salariales

Le MEDEF est aux anges, il peut faire couler le champagne. En une demi-année, voilà le troisième plan de rigueur et d’austérité de l’ordolibéralisme français. Les ménages et notamment les couches populaires (53% de la population française) et les couches moyennes intermédiaires (24% de la population française) seront les principaux payeurs, alors qu’ils ne sont en rien responsables de la triple crise actuelle. Le capital, qui est la cause de la triple crise, ne sera appelé à contribuer que de façon très minime et seulement après les présidentielles…
Et, de surcroît, les mesures annoncées manifestent le mépris des citoyens et de la démocratie. (suite…)

La République doit-elle promouvoir le mariage ?

La secrétaire d'État chargée de la famille, Claude Greff, en présentant sa politique de soutien à la parentalité vient d'affirmer : « Le mariage est un acte républicain porteur des valeurs de ''liberté, égalité et fraternité''... Pour la République, la création d’une union entre deux personnes soucieuses de fonder une famille…

Sécurité sociale : comment étatiser pour mieux privatiser

Depuis longtemps, les contributeurs de ReSPUBLICA et les conférenciers du Réseau Éducation Populaire (REP) expliquent inlassablement que le projet du modèle politique néolibéral a pour objectif prioritaire la privatisation des secteurs rentables de la sécurité sociale dont le budget est supérieur au budget de l’État. Ils expliquent aussi que pour les néolibéraux la phase de l’étatisation est un point de passage nécessaire. (suite…)