Critique du film Les survivants du Che de Christophe Dimitri Réveille

Vous consultez actuellement Critique du film <em>Les survivants du Che</em> de Christophe Dimitri Réveille

Face à un monde confronté à une croissance exponentielle des inégalités sociales, « que faire ? ». « D’abord un journal », répondait Lénine. « Puis, la bataille culturelle », disait Gramsci. Nous en sommes là. La suite suivra au rythme de l’histoire, qui est rarement l’histoire de nos désirs personnels. Déjà, Policarpa a écrit un article dans ReSPUBLICA sur plusieurs films présentés au Festival de Cannes. Ayant lu cet article et m’apercevant que Les survivants du Che passait au cinéma près de chez moi, je me suis précipité pour le voir.

Après la Révolution cubaine (1959), six guérilleros ont suivi Che Guevara pour étendre le soulèvement au-delà de l’île. En 1967, le Che est assassiné dans l’école de La Higuera. C’est le début du film, où l’on voit ces guerriers, poursuivis par plusieurs milliers de soldats dirigés par la CIA étasunienne, dans un périple de 2400 km jusqu’à leur arrivée au Chili, puis à Cuba. Le film, avec des images d’archives, des animations, des interviews exclusives réalisées soixante ans plus tard, nous fait vivre un chapitre d’histoire méconnu. Sa force est qu’il dépeint la complexité du réel vécu et non l’histoire officielle vue des États-Unis ou de la propagande romancée des gauchistes (au sens de la maladie infantile du communisme de Lénine) du monde entier. La mort d’El Nato, l’un des guérilleros, est très poignante et typique de leur détermination et de leur solidarité.  

Le réalisateur a déjà réalisé une biographie et un roman graphique sur l’un des guérilleros, Benigno, paysan de son état, devenu après cette histoire très critique du castrisme. Puis, le réalisateur est parti à la recherche des militaires, dont Gary Prado interviewé dans le film, de l’agent de la CIA, Félix Rodriguez, d’El Negro du PC bolivien, qui leur a servi de guide dans l’Altiplano bolivien, et enfin de Pombo et d’Urbano, encore vivants. Inti et Dario sont morts trop tôt.

Le film nous apprend que de Gaulle a aidé au rapatriement des guérilleros, de même qu’Eduardo Frei et surtout Salvador Allende dans leur récupération au Chili. On voit Régis Debray en prison, puis en interview. Dans le film, le narrateur qui prête sa voix est l’acteur Vincent Lindon.

L’urgence pour tout lecteur de l’article de Policarpa et de celui-ci est d’aller voir ce film et d’en faire la promotion. Et, bien sûr, d’en débattre ensuite.