Raphaël Glucksmann : la gauche de droite en campagne présidentielle

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Cet article enrichit les analyses critiques de la situation politique en cette période électorale. Les membres du Comité de rédaction de ReSPUBLICA ont à cœur de préserver leur indépendance et d’éviter d’être à la remorque de quelque mouvement que ce soit en définissant ce qui, à leur avis, devrait être la colonne vertébrale d’un authentique programme de « gauche de gauche » liant combat social et combat laïque pour fédérer le peuple, tout en promouvant la République indivisible, laïque, sociale, écologique et démocratique.

Parcours politique éclairant

Né le 15 octobre 1979, Raphaël Glucksmann est un réalisateur de documentaires et actuellement député européen. Il est le petit-fils d’un militant communiste et cadre du renseignement soviétique décédé en 1940, Rubin Glucksmann. Il est le fils d’André Glucksmann, ancien maoïste et membre des « nouveaux philosophes » de Bernard Henri Lévy avant de devenir un néoconservateur campiste pro-américain.

Éloge du néolibéralisme sarkozyste

Les seules constances de Raphaël Glucksmann sont les suivantes :

  • être opposé à la Russie,
  • être néolibéral,
  • être favorable à la stratégie de Terra Nova de 2011 d’abandon de la classe populaire ouvrière et employée,
  • promouvoir une Europe fédérale et un campisme pro-étasunien.

Il est membre du Groupe Spinelli, regroupant des fédéralistes européens, avec son ami Daniel Cohn-Bendit, qui soutient sa candidature à la présidentielle de 2027.

Pour le reste, après quelques années de militantisme humanitaire, il a commencé à se distinguer politiquement en 2006 en rejoignant le parti Alternative libérale favorable au libéralisme économique. Raphaël Glucksmann apparaît dans le comité éditorial et figure au sommaire des trois premiers numéros de la revue néoconservatrice pro-américaine Le meilleur des mondes. Il soutient la candidature de Nicolas Sarkozy en 2007 et est présent à son grand meeting du 29 avril. Le journal L’humanité mentionne les éloges qu’il adresse à Nicolas Sarkozy à cette époque : il décrit ce dernier comme quelqu’un qui « brise les tabous » en faisant preuve de « liberté et d’insolence ».

Conseiller des « élites » néolibérales et européennes

Puis, il devient conseiller du président géorgien pro-américain Mikhaïl Saakachvili, actuellement en prison pour abus de pouvoir, détournement de fonds et franchissement illégal de la frontière. Lors de sa présidence, il a aboli le salaire minimum et la progressivité de l’impôt et a abaissé l’impôt sur les dividendes de 10 à 5 % et celui sur les sociétés de 20 à 15 %, pour faire de la Géorgie l’un des pays du monde avec la plus faible imposition. Il a également licencié 60 000 fonctionnaires, réduisant de façon drastique le fonctionnement des services publics. Le gouvernement devient incapable d’assurer régulièrement le paiement des petites pensions de vieillesse, ainsi que le versement des salaires des agents et des fonctionnaires. Des coupures généralisées de l’approvisionnement en électricité, y compris dans la capitale, sont fréquentes. Un nouveau code du travail libère totalement les employeurs de toutes contraintes en matière d’embauches et de licenciements.

Pendant ce temps-là, la compagne de Raphaël Glucksmann, Eka Zgouladze, est vice-ministre de l’Intérieur de Mikhaïl Saakachvili, avant de devenir vice-ministre ukrainienne à la suite d’une naturalisation expresse réalisée après la « révolution » de Maïdan en Ukraine. Le journaliste d’investigation Marc Endeweld résume bien les années géorgiennes du nouveau candidat à la présidence de la République française(1)Les années géorgiennes de Raphaël Glucksmann : un avant-goût de guerre.. À noter qu’il a déclaré « Cela ne m’a jamais fait vibrer de manifester pour les retraites » (magazine du Monde, 22 mars 2014). Effectivement, la question sociale n’a jamais été sa priorité.

Vers la séquence gauche de droite néolibérale

Il cofonde le parti Place Publique en novembre 2018, puis il développe la stratégie des deux gauches irréconciliables, doublée de celle de Terra Nova de 2011 d’abandon de la classe populaire ouvrière et employée. Cette double stratégie a comme objectif final de faire perdre la gauche tout entière, en espérant rallier l’aile gauche de l’extrême centre macroniste.

Il se présente, associé aux socialistes, aux élections européennes de 2019, où il réalise un score de 6,2 % des suffrages exprimés, et à celles de 2024, où il totalise 13,8 % des suffrages exprimés, les deux fois sur une ligne néolibérale et pro-fédéraliste européenne. Il sera candidat à l’élection primaire fermée du PS (premier tour 9 et 10 octobre 2026, deuxième tour 16 et 17 octobre 2026).

Un personnage à l’opposé de la ligne républicaine et sociale de ReSPUBLICA

Bien évidemment, nous continuerons à analyser les tribulations de cette gauche de droite ultralibérale et antisociale, qui ne peut que nourrir l’extrême droite par l’abandon des travailleurs. Il va sans dire que, si cela continue comme cela jusqu’à l’élection présidentielle des 18 avril et 2 mai 2027, il faudra sans doute penser et agir pour refonder une gauche de gauche favorable à la stratégie de front unique.