Appel pour le colloque du 19 février « République sociale et laïcité au XXIe siècle »

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Marie-Noëlle Lienemann sénatrice de Paris et les membres de l’appel « Combat Laïque, Combat social : fédérer le peuple » ainsi que le média ReSPUBLICA ont le plaisir de vous inviter au colloque qu’ils organisent samedi 19 février 2022 intitulé « République sociale et laïcité au XXIe siècle ».

Le colloque se déroulera de 9 h à 18 h, salle Clemenceau au Palais du Luxembourg, 15 rue de Vaugirard, Paris 6e. L’inscription par courriel à l’adresse evariste@gaucherepublicaine.org est obligatoire avant le 15 février à midi.

L’accueil à l’entrée du Palais du Luxembourg commencera dès 9 h. Le colloque démarrera à 10 h.

Pour accéder au Sénat, il vous faudra présenter une pièce d’identité (carte nationale d’identité ou passeport, pas de permis de conduire ou de carte vitale avec photo) ainsi que le Pass sanitaire. Le respect des gestes barrières est recommandé et le port du masque est obligatoire.

Vous trouverez le détail du programme prévisionnel du colloque ci-dessous.

10 h : accueil par Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris.

10 h 15 : introduction aux travaux de la journée et présentation de la démarche « combat laïque, combat social : fédérer le peuple ».

10 h 30 : La laïcité comme principe d’organisation de la République sociale par Bernard Teper, Réseau éducation populaire.

11 h : discussion avec la salle.

12 h pause déjeuner

13 h 30 De Bourdieu au wokisme : la réhabilitation suspecte de l’identité, par Frédéric Pierru, chercheur en sciences sociales (CNRS)

14 h : discussion avec la salle.

15 h : quelle stratégie et perspectives militantes-débat général.

16h 30 : Actualité de la loi dite « séparatisme » et ses applications réglementaires, par Arnaud de Morgny, juriste en droit public.

17 h : discussion avec la salle.

18 h : fin du colloque.

Entre mars 2020 et mars 2021, les atteintes à la laïcité ont augmenté de 12 % et plus particulièrement au collège, pour atteindre le chiffre de 610. Lors de l’hommage rendu à Samuel Paty, le professeur d’histoire-géographie lâchement assassiné par un islamiste sur le fondement d’un mensonge, 200 atteintes ont été signalées au ministère de l’Éducation nationale par les établissements. Pire deux sondages estimaient que 8% des lycéens ne condamnaient pas l’assassinat de Samuel Paty et que 50 % des lycéens étaient favorables au port ostentatoire de signes religieux à l’école. Selon l’IFOP, 9 % des enseignants estimaient que Samuel Paty a eu tort de montrer les caricatures du prophète de la religion musulmane à sa classe, et 16 % ne souhaitaient pas répondre. Et il est utile de rappeler la sinistre affaire Mila et l’inadéquation de la réponse institutionnelle face aux menaces de mort et de viol dont cette jeune fille a été l’objet parce ce qu’elle aurait insulté la religion musulmane – alors que la critique des idées et des idéologies, même religieuses, fait partie de la liberté d’expression

En réponse à tout cela, le gouvernement a fait inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, la « loi confortant le respect des principes de la République » dite loi séparatisme, en février. Elle fut adoptée le 24 août 2021. Or, tout en prétendant conforter la laïcité, ce texte légalise à posteriori des comportements fiscaux douteux voire illégaux et élargit les exceptions en faveur des cultes.

En avril 2021, la Ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la Citoyenneté a annoncé qu’elle allait organiser les États généraux de la laïcité. Un projet qu’Emmanuel Macron a lui-même, critiqué en conseil des ministres quelques jours plus tard ! Et cela au lendemain du vote en 1ère lecture de la loi Séparatisme ! Comme pour trancher, Jean-Michel Blanquer met en exergue une journée de la Laïcité le 9 décembre et lance une campagne officielle en septembre 2021, qui au lieu de promouvoir l’émancipation laïque promeut le semblable, le multiculturalisme et le « vivre ensemble ». Si la laïcité permet de vivre ensemble, elle ne s’y résume pas.

Cette confusion sur la notion de laïcité n’est pas le seul fait du gouvernement. Nous pouvons constater, hélas, que la notion de laïcité est devenue un mot glissant ; que cette notion voit sa définition varier selon les partis politiques qui en parlent pour la promouvoir ou pour l’attaquer, lui donnant des sens qu’elle n’a pas si nous l’abordons de manière rigoureuse. Ainsi la Laïcité sert-elle de caution à des choix qui ne relèvent pas de son champ d’application ou pour d’autres, est tenue pour un principe d’exclusion – ce qu’elle n’est pas. Or, il est indispensable à la fois d’adopter une définition rigoureuse et commune de la laïcité (ce qui était le cas jusqu’au serment de Vincennes de 1961) pour mener des débats sérieux et fondés.

Enfin, les thèmes principalement abordés par différents candidats à l’élection présidentielle, jusqu’à présent, relèvent de l’identité, de l’immigration, de l’insécurité, de la souveraineté, peu des questions sociales et pas ou mal de laïcité.

Face aux attaques qui s’accentuent contre la laïcité de la part des cultes et de certains de leurs fidèles, face à l’instrumentalisation et au double jeu de la part du gouvernement, face au fétichisme de la loi de 1905 (dans sa version et dans le droit positif actuels, c’est-à-dire défigurée) de la partde certains défenseurs de la laïcité – ce qui les rend inopérants –, face aux confusions sur la définition de la laïcité ou à sa mise à l’écart du débat présidentiel, il est essentiel que les militants laïques se réunissent pour rappeler le sens de leur combat et qu’ils s’organisent pour défendre concrètement cette condition de l’émancipation républicaine en actes qu’est la laïcité.

Ce colloque a pour objet d’être un nouveau point de départ d’une remobilisation militante républicaine et laïque. Cependant nul besoin d’attendre ce colloque pour se mobiliser. Si vous souhaitez participer activement à notre combat commun pour une République sociale, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse evariste@gaucherepublicaine.org ; plusieurs formes d’action seront envisagées : donc si vous savez dessiner, filmer, monter des vidéos, réaliser des dessins animés, organiser des actions d’éducation populaire ou que vous avez des idées auxquelles nous n’avons pas pensé, il est temps de s’organiser.

Enfin, pour que ce colloque ne soit pas une nouvelle initiative sans lendemain, il est important que ses conclusions puissent être diffusées largement ; nous avons donc besoin de volontaires pour rédiger des synthèses des ateliers thématiques. Afin de faciliter ce travail, nous mettrons à disposition des rédacteurs, l’enregistrement audio de chaque atelier.

Hauts les cœurs ! et merci pour votre engagement.