« Ni DUI ni 155 » : Tentative de lexique pour la crise catalane espagnole Vers le scrutin du 21 décembre – chronique n°2

Suite de l’article du 15 novembre (chronique n°1, à retrouver ici). Ces dernières semaines, la Catalogne espagnole mais aussi Madrid ont connu des manifestations géantes, « contre la DUI », « contre le 155 », et bien entendu « ni DUI ni 155 » … Comment dépasser le moment de sidération que peuvent provoquer ces mots…

Espagne/Grande-Bretagne/France : où en est la gauche ?

Malgré la fronde de la majorité parlementaire du parti travailliste britannique contre Jeremy Corbyn, ce dernier s’est renforcé à la tête du parti. Les élections régionales espagnoles en Galice et au Pays basque ont montré une légère poussée de la droite et de Podemos au détriment des autres partis. En France, la décomposition des partis de la gauche de la gauche se poursuit. Seule, pour l’instant, la candidature de Jean-Luc Mélenchon suscite un espoir à gauche. Mais tout cela s’effectue dans le cadre d’un effondrement prévisible de la gauche toute entière (gauche de la gauche et gauche gouvernementale). La question se pose donc de savoir si on peut éviter un deuxième tour « droite versus extrême droite ».

Grande-Bretagne

Avec 77 % de participation au sein du parti travailliste britannique, 61,8 % des voix, soit 313.209, sont allées à Jeremy Corbyn, contre 193 229 à Owen Smith, le candidat de la majorité des députés de la formation. A noter que Jeremy Corbin a fait 61 000 voix de plus qu’en 2015.

Pour comprendre l’enjeu politique, il faut savoir que la majorité des députés et Owen Smith sont des néolibéraux, européistes alors que la base sociale ouvrière du parti travailliste a voté le Brexit. Ce scrutin était devenu nécessaire depuis que la majorité des députés avaient reproché à Jeremy Corbyn d’avoir soutenu avec peu de ferveur l’option de rester dans l’Union européenne. La majorité puissante qu’a obtenue Jeremy Corbyn est due au soutien des syndicats, des ouvriers, des employés et des jeunes qui ont voulu rompre avec les politiques néolibérales de la direction d’avant 2015. (suite…)

Islamophobie, le nouveau tabou À propos du rapport « sur l’islamophobie en Espagne en 2015 »

Publié en espagnol dans M’Sur le 4 juin 2016, traduction d'Alberto Arricruz (http://msur.es/2016/06/04/topper-islamofobia-tabu/) On ne va pas être en reste, se sont-ils dit. Voyez Israël, comme ça leur est facile : n’importe qui voulant critiquer ses politiques se fait accuser d’antisémitisme et le tour est joué. L’occupation de la Palestine ? Le…

Espagne : quand la gauche radicale s’érige en nouvel étendard de la laïcité

L’incertitude sur la formation du futur gouvernement espagnol est la conséquence de la récente recomposition du paysage politique due à l’émergence de nouvelles forces aux élections générales de décembre 2015, tels Podemos d’extrême gauche issu du « mouvement des Indignés » de mai 2011, ou le parti de centre-droit Ciudadanos. Cette incertitude…

L’approche de Pablo Iglesias sur quelques grandes questions politiques : florilège Choix de textes traduits et présentés par Alberto Serrano

Pablo Iglesias, quelques jours avant le scrutin du 20 décembre, recevait les journalistes du quotidien en ligne « Publico » dans son désormais célèbre mais toujours modeste appartement, hérité de sa grand-mère, dans le quartier populaire madrilène de Vallecas. La forme et le fond Interrogé sur le ton très rude et la…

Changer de cap "Guerre" ou statégies de sécurité

Article original : http://politica.elpais.com/politica/2015/11/14/actualidad/1447531737_149008.html Toute stratégie doit être révisée en permanence en fonction des menaces émergentes. À la lumière des attentats cruels et tragiques de ce vendredi à Paris, nous avons la responsabilité de repenser les stratégies de sécurité qui, depuis 2001, sont appliquées à la lutte contre le terrorisme.…

Grèce : réflexions après la bataille Un point de vue d'Espagne

Pablo Bustunduy Amador est secrétaire aux relations internationales de Podemos. Son article a été publié le 1er septembre 2015 dans publico.es : nous pensons qu'il garde son intérêt au lendemain des élections du 20 septembre et les éclaire utilement. Traduit de l'espagnol par Alberto Arricruz (Podemos Paris). L’issue de la crise…

24M : les peuples d’Espagne ouvrent les fenêtres et aèrent en grand

Alberto Serrano est militant de Podemos Paris. En Espagne, on écrit les dates importantes en concaténant le nombre du jour avec l’initiale du mois : par exemple le 23F désigne la tentative de putsch du 23 février 1982, le 15M nomme l’irruption de la révolte populaire « des indignés » le 15 mai…

Podemos : analyse d’un phénomène politique de masse

Note de l'auteur : Ces notes ont été écrites afin d'apporter aux Verts quelques éléments de réflexion et une grille de lecture sur Podemos, le nouveau phénomène politique de masse en Espagne. Étant donné la grande volatilité de la situation politique en Espagne et du flou qui entoure encore certains…

Leçon de stratégie politique à l’usage de ceux qui veulent changer le monde

Je sais pertinemment que la clé pour comprendre l'histoire des cinq siècles passés est l'émergence de catégories sociales spécifiques, appelées “classes”. Laissez-moi vous raconter une anecdote. Quand le mouvement des Indignés a commencé, sur la place de la Puerta del Sol, des étudiants de mon département, le département de sciences…

Progression de l’autre gauche en Europe et régression du Front de gauche en France : pourquoi ?

Dans le dernier édito de Respublica intitulé  25 mai 2014 : désastre des gauches en France ! Que faire ?​, nous avons montré que le désastre des gauches touchait aussi le Front de gauche et plus généralement toute la gauche de la gauche française sans exception. Et pourtant, l’autre gauche progresse dans de nombreux pays européens (Portugal, Espagne, Grèce, etc.). Quelques pistes pour répondre à ce paradoxe.
En 2009, Syriza faisait 4,7 % des voix et le Front de gauche, plus de 6%. Puis les deux partis progressent. Le Front de gauche atteint plus de 11% à la présidentielle de 2012.
En 2014, Syriza est le premier parti de Grèce avec 26,57 % et le Front de gauche perd 5 %  avec un peu plus de 6%. Devant l’enthousiasme romantique des militants du Front de gauche persuadés que l’attelage du Front de gauche les amènera à la victoire, le désastre français était pourtant programmé.
D’un côté, Syriza axe toute sa campagne contre les politiques concrètes d’austérité. Pendant ce temps, la gauche de la gauche française privilégie le relativisme culturel, priorise  l’écosocialisme, et témoigne de confusion stratégique (alliée au PS en promouvant un discours de rupture). En quelques mots, Syriza se préoccupe de ceux qui souffrent quand la gauche de la gauche française a des préoccupations plus abstraites pour la classe populaire ouvrière et employée, majoritaire dans notre pays, laissant les confessions prendre une part prédominante dans le caritatif et l’associatif . (suite…)