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Combat laïque + combat social, encore et toujours

vendredi 2 mars 2018
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Agir en même temps sur la question sociale et la question laïque est un impératif catégorique (au sens de Kant) pour tout citoyen et salarié qui résiste au mouvement réformateur néolibéral – allié aux communautarismes et intégrismes ethniques ou religieux – et souhaite une alternative post-capitaliste. Bien sûr, la partie de la gauche et de l’extrême gauche qui pactise avec les communautarismes et les intégrismes constitue une cinquième colonne empêchant la souveraineté et le rassemblement de la classe populaire ouvrière et employée et la mobilisation du peuple. Nous interviendrons le plus souvent sous ces deux éclairages.
Cela dit une fois de plus, force est de constater que le comité central macronien a décidé, après la sinistre loi Travail passée avec une mascarade anti-démocratique de concertation en juillet-août, de frapper de nouveau et encore plus le monde du travail. Nous devons donc répondre par le combat social. Contrairement à notre camp qui malheureusement se disperse dans un nombre incroyable de dossiers sans rapport de forces véritable, le comité central macronien agit en rangs serrés sur les seuls dossiers prioritaires pour les gérants du capital. Il décide d’abandonner l’opération Notre-Dame-des-Landes par peur de l’enlisement et surtout pour se concentrer sur ses priorités. Et bien sûr les médias aux ordres organisent exclusivement des débats entre journalistes, commentateurs et « experts » macroniens. Jamais on n’a vu une telle asymétrie dans les commentaires médiatiques. L’attaque est ciblée sur l’assurance-chômage, la formation professionnelle, les cheminots, les retraites, les services publics et la fonction publique. Là, nous sommes dans le dur de l’attaque.

L’assurance-chômage

Contrairement aux déclarations médiatiques qui n’engagent que ceux qui y croient, il n’est toujours pas question d’un droit équivalent à celui des salariés pour les travailleurs indépendants : refus du patronat d’une cotisation pour la financer.
Suppression du congé individuel de formation par le patronat qui fut un conquis social important ouvrant sur des formations diplômantes à l’initiative des salariés. Et remplacement par un nouveau processus qui devait ouvrir des droits pour les salariés démissionnaires. Mais avec des conditions patronales draconiennes : sept ans d’ancienneté dans l’emploi sans interruption ou cinq ans chez le même employeur à condition de construire un projet avec un conseil en évolution professionnelle (CEP), de faire adopter ce projet par le Comité paritaire interprofessionnel régional pour l’Emploi et la Formation (Coparef ), puis de le faire valider par Pôle-emploi. Vous avez compris que le principal critère sera l’adéquation aux souhaits du patronat. Belle usine à gaz, non ? Et tout cela aux conditions patronales c’est-à-dire que le plafonnement financier sera de 150 millions d’euros pour toute la France, permettant de couvrir seulement quelques milliers de travailleurs. Et ces formations ne seront plus diplômantes mais seulement basées sur des formations courtes.
En dernier lieu, développement des contrats précaires conformément à la loi Travail, dans toutes les branches et non seulement dans 4 branches. Bien évidemment, refus d’une augmentation des cotisations.
On voit là toute la différence avec l’alternative d’une sécurité sociale professionnelle permettant un revenu de remplacement à toutes et à tous.

Formation professionnelle

Cette négociation est menée en parallèle à celle sur l’assurance-chômage. Le patronat souhaite remplacer le congé individuel de formation (CIF) par un dispositif de transition professionnelle. Mais avec un montant de cotisations patronales en baisse.
Puis une refonte de l’apprentissage, de la certification et une aggravation des conditions de travail des jeunes apprentis (suppression des prud’hommes, augmentation du temps de travail, diminution des protections en matière de santé et de sécurité, etc.)

La SNCF

Disons d’abord que cette attaque est une attaque qui nous vient des traités et des décisions de l’Union européenne qui obligent les Etats-membres à pratiquer sur les mêmes rails la fameuse concurrence libre et faussée, si bien que le secteur privé pourra exploiter que les lignes rentables (de même que les actionnaires se jettent sur les cliniques privées à but lucratif qui ne travaillent que sur les actes rentables, en concurrence avec l’hôpital public qui lui pratique tous les actes). Et pour la SNCF, engager la suppression de nombreuses gares et de lignes secondaires (comme l’actuelle diminution des horaires de La Poste et la fermeture des bureaux de poste). On se rappelle les catastrophes ayant suivi les privatisations des trains britanniques décidées par Mme Thatcher. Seules les régions riches pourront pallier ce retrait de l’Etat. Et tant pis pour les régions pauvres !
Par ailleurs, cela va de pair avec la volonté macronienne de remplacer le rail par la route : avantager le transport routier en finançant la route par l’Etat, alors que c’est la SNCF qui doit financer ses voies au prix d’une dette que l’Etat ne veut pas prendre à sa charge. Sans oublier le caractère anti-écologique du report modal du rail vers la route. Idem pour le fret ferroviaire en chute libre. C’est là que l’on mesure la mascarade de la COP21 !
Dernier point, le comité central macronien veut casser le statut des cheminots pour permettre encore plus de précarité et pour détruire le service public, car quel service public sans un statut protecteur des agents des services publics ?

Les retraites

Là encore, il est question de passer du système actuel – sans négociation – à un système par points ou en comptes notionnels. Accompagné du refus patronal, donc macronien, d’une hausse des cotisations, seule façon d’améliorer les conditions de vie des petites retraites sous le seuil de pauvreté. Donc, dans les deux cas, les pensions des retraites seront sur une tendance baissière comme elles le sont depuis la réforme de 1993 (baisse de plus de 20 % des pensions de retraite).
Le comité central macronien peut bien faire de la propagande pour masquer cette réalité en utilisant de façon prématurée les 37 milliards du Fonds de réserve des retraites, tant pis pour les jeunes qui arriveront à la retraite dans quelques décennies. Ils auraient intérêt à se mobiliser fortement car là, ce sera pire que ce qu’ils ont pu croire précédemment !

Action publique 2022

Nous vous renvoyons à notre dernière chronique, au site de la Convergence nationale Services publics et  du dernier communiqué relayé dans ce numéro de ReSPUBLICA. Reste désormais à répondre au questionnaire de la convergence, puis de vous mobiliser le 22 mars à l’appel d’une Intersyndicale et le 24 mars dans la salle Henaf de la Bourse du travail de Paris.

Sans oublier le combat laïque !

Là encore, nous vous convions à vous reporter à notre dernière chronique appelant à une première réunion de discussion de la campagne «  Combat laïque Combat social » au Maltais rouge (40 rue de Malte 75011) le samedi 10 mars 2018 de 13h 30 à 18h 30. Des réunions en province se préparent à Mulhouse, en Auvergne, dans l’Ouest, dans le Limousin, etc… Entrez dans la dynamique ! Contactez-nous !
Nous vous suggérons également de lire un texte de Marie Perret sur le double jeu macronien sur l’école et les limites du « en même temps » . Soulignons également le scandale des nombreuses suppressions de classes en maternelle et primaire (par exemple plus de 180 classes rien que dans le Val-de-Marne, quelle saignée incroyable !).
En dernier lieu, toujours se méfier des dithyrambes de ceux qui ne lient pas le combat laïque et social. L’entreprise Paprec qui avait eu son heure médiatique avec « une charte laïque » pour l’entreprise, a licencié un délégué CGT, Mamadou Kanté. Le tribunal a décidé sa réintégration1. Mais avec beaucoup moins de flonflons médiatiques!

Conclusion provisoire : mobilisez-vous ! Et engagez-vous dans nos campagnes qui lient le combat laïque au combat social ! N’hésitez pas à nous contacter.

  1. cgt.fr/Mahamadou-Kante-obtient-une-decision-favorable-de-la-Cour-d-appel-de-Paris.html []
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