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Nous publions trois livres pour des débats citoyens sur l’actualité

lundi 15 avril 2019
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Lecteurs de Respublica, membres de notre Réseau, voici trois livres susceptibles de répondre à la demande sociale sur les problèmes de notre temps. Tous les trois édités par Eric Jamet Editeur et les Editions du Borrego dans la collection Respublica :

  • par notre ami HO Hai Quang et son livre « Le Capital en toute simplicité » ;
  • par notre ami Philippe Hervé et son livre « Dans quelle crise sommes-nous ? » ;
  • par notre ami Yves Thiébaut et son livre «  Traités européens : l’esquive ».

Concernant le premier ouvrage mentionné, notre ami HO Hai Quang, docteur d’État et maître de conférences en sciences économiques, montre que Le Capital contient les éléments qui permettent de comprendre le fonctionnement du capitalisme et les crises qui le secouent. Mais il réalise le tour de force d’expliquer l’actualité de la pensée de Karl Marx avec les mots de tous les jours. Fini les mots compliqués qui humilient les citoyens et les travailleurs.
Pour le deuxième, notre ami Philippe Hervé analyse la crise du capitalisme depuis la chute de Lehman Brothers en 2008. Il sort des impasses d’une alternative uniquement basées sur un néo-keynésianisme qui ne correspond plus à la période. Il analyse et fait réfléchir sur le fait que le pli historique ouvert au 16e siècle est peut-être arrivé à son terme et demande de penser l’alternative en rupture avec ce pli historique. Ce livre montre aussi l’évolution d’une pensée durant la dernière décennie puisque ce livre a été écrit sur dix ans.
Pour le troisième livre, notre ami Yves Thiébaut , montre que la confusion des pensées sur l’éventuelle sortie des traités européens, voire de l’euro, dans le débat d’aujourd’hui empêche le peuple et ses citoyens d’être maîtres de leur destin. Il montre que toute sortie des traités et de la monnaie, toute sortie, ne seront pas un long fleuve tranquille tellement le mouvement ordolibéral a verrouillé l’Union européenne. Pour s’en libérer, et c’est possible, il faut d’abord comprendre le système bancaire européen puis cibler les enjeux de souveraineté et enfin évaluer les voies de sortie des traités.

Trois livres et trois débats dans tous les coins de France, départements d’outre-mer compris.
Alors, une centaine de débats dans toute la France grâce à vous, bien sûr que c’est possible ! Si vous le voulez bien !

« Le Capital en toute simplicité »

L’économie politique, en tant que discipline spécialisée, distincte de la philosophie et de la politique, est née en Europe au 16e siècle. Le domaine qu’elle étudie est l’économie capitaliste. Les auteurs des courants de pensée dominants (mercantilistes, classiques, néoclassiques, keynésiens, monétaristes…) cherchent à comprendre son fonctionnement pour pouvoir mieux conseiller ceux qui dirigent l’État. Ils leur proposent d’appliquer des politiques qui permettraient d’assurer la continuité de la croissance économique et la pérennité du capitalisme.
Karl Marx se place dans une optique totalement différente. La formule que lui et Engels ont utilisée dans le Manifeste du parti communiste pour résumer la dynamique sociale est célèbre :  “L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte des classes”.
Le Capital s’inscrit dans cette perspective générale : en écrivant cette œuvre, l’objectif de Marx est de dévoiler les ressorts des luttes de classes dans le capitalisme. N’attaquant pas les problèmes économiques sous le même angle que ses prédécesseurs, il a été conduit à élaborer un ensemble de nouveaux concepts. Présentant sa vision de l’organisation des sociétés humaines, il écrit :

“Le résultat général auquel j’arrivai et qui, une fois acquis, servit de fil conducteur à mes études, peut brièvement se formuler ainsi : dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui correspondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives matérielles. L’ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société…Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel en général” (Karl Marx, Préface de la Contribution à la critique de l’économie politique, 1969, p. 4).
Les concepts que Marx a forgés sont complexes ; il n’est pas aisé de saisir leur contenu et de voir comment ils sont articulés les uns aux autres. Ici réside une première difficulté de lecture du Capital.

Une seconde difficulté tient au fait que Marx cherche constamment à dépasser les apparences immédiates parce qu’elles sont souvent trompeuses. Prenons un exemple. L’observation montre que le soleil tourne autour de la terre. Mais il n’en est rien : les scientifiques ont rigoureusement démontré que c’est au contraire la terre qui tourne autour du soleil, et cette vérité a mis du temps avant de s’imposer définitivement. En économie, on a affaire au même phénomène. Par exemple, l’opinion publique accepte sans discussions que dans un marché concurrentiel, les prix sont gouvernés par la “loi de l’offre et de la demande”. Mais il s’agit d’une apparence. La démonstration que les prix dépendent en fait de bien d’autres facteurs est complexe et pas forcément évidente à comprendre.
Le Capital en toute simplicité a été rédigé en visant deux objectifs : 1) Exposer les principales thèses du Capital avec des mots simples et présenter le fonctionnement du capitalisme en utilisant, quand cela est nécessaire, des exemples numériques ne nécessitant aucune connaissance mathématiques particulière. 2) Montrer que cette œuvre permet de comprendre la marche actuelle de l’économie. C’est d’ailleurs ce qu’admet la banque Natixis (filiale de BPCE, 2e groupe bancaire en France). Après avoir étudié les séries statistiques de la période 1996-2018 relatives à l’économie des principaux pays capitalistes (États-Unis + Royaume-Uni + zone euro + Japon), Natixis conclut :
la dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue Karl Marx” (Natixis, Flash Economie, 2 février 2018).

 

« Dans quelle crise sommes-nous ? »

Mars 2019 : Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne, annonce par conférence de presse l’ouverture d’un méga-plan de prêt aux banques. Deux exemples : il s’agit de prêter sur deux ans 3 à 400 milliards d’euros aux banques italiennes en déroute, ou encore 150 à 200 milliards d’euros aux banques françaises en grande difficulté.
Une information qui passe totalement inaperçue dans notre pays. Aucune réaction n’est à noter. Même les opposants les plus pugnaces au capitalisme se montrent aussi passifs que le reste des observateurs. Depuis la crise des subprimes-Lehman en 2007-2008, les injections de liquidités par dizaines de milliers de milliards de dollars s’effectuent dans l’indifférence générale… comme une sorte de routine.
Pourtant les « quantitative easing » sont à la base d’un gigantesque transfert de richesse qui permet au capitalisme financier mondial de survivre aux dépens des peuples et des nations.
« Dans quelle crise sommes-nous ? » de Philippe Hervé tente de décrypter et de comprendre la machinerie du Capital, bref le moment historique que nous vivons depuis l’implosion du système financier international il y a 10 ans.
En fait, le capitalisme classique, dit de « marché », est mort cliniquement à la fin des années 2000. Reste un système bancaire zombie, incapable de boucler ses fins de mois sans l’aide des banques centrales et le déversement permanent d’argent frais par milliards. On peut parler aujourd’hui de « capitalisme assisté » dans la mesure où les lois du marché ne s’appliquent plus, en particulier la plus déterminante d’entre elles, celle sur les faillites devenues impossibles pour les banques dites « systémiques ».
Naturellement, ces planches à billets fonctionnant en permanence devraient entraîner une hyper inflation. Pour pallier ce problème, les économies occidentales et européennes, en particulier, sont intentionnellement mises en récession pour réduire la masse monétaire globale d’un montant égal ou peu différent des injections de liquidités. Philippe Hervé a baptisé cette compensation financière, et donc ce transfert gigantesque de richesse, de « Grand Radiateur Monétaire ». Ce dispositif est la base de l’exploitation et de l’oppression des peuples dans la phase historique que nous traversons. La finance n’est pas « folle » comme le pensent certains experts, même de gauche : il s’agit de la mise en place d’un dispositif de survie artificielle d’un système financier qui en fait a déjà implosé en 2007-2008. La dénomination du mode de production d’aujourd’hui est bien définie par le vocable de Capitalisme Monétaire.
Chaque mois de juin pendant 10 ans, Philippe Hervé a rédigé un article annuel pour faire le point sur l’évolution de la crise et de ses conséquences tant politiques que sociales. Il s’agit d’une recherche avec ses tâtonnements et parfois ses méprises. Par exemple, la compréhension pleine et entière du « Grand Radiateur Monétaire » n’apparait que trois ans après le début de sa mise en place effective en 2010.
Toutefois, la volonté de l’auteur est surtout d’ouvrir le débat sur « Le » sujet central du capitalisme d’aujourd’hui qui détermine les événements « en aval » tels que l’arrivée au pouvoir de Trump, le Brexit, le nouveau pouvoir en Italie ou encore le mouvement des gilets jaunes en France. L’évolution de ce « capitalisme assisté » a pour conséquence de précipiter dans le chaos les sphères politiques et sociales dans tous les pays développés. Car les intérêts des classes sociales, et au sein même de celles-ci, divergent en provoquant une accentuation des affrontements.
Cette tentative de compréhension de la crise est nécessaire et indispensable pour percevoir la fin d’un mode de production. L’école philosophique de Francfort proposait le concept de « capitalisme tardif ». Philippe Hervé reprend ce concept et l’élargit. Pour lui, le pli historique ouvert au 16e siècle par la diffusion progressive du système bancaire, d’abord dans la vallée lombarde puis dans le reste de l’Europe, est en train de se refermer sous nos yeux. Un nouveau monde va remplacer l’ancien, et ce genre d’accouchement est souvent compliqué et parfois très douloureux.
Voilà pourquoi la phrase de Gramsci définissant la crise a été mise en exergue de ce livre : « la crise c’est quand le vieux monde se meurt et que le jeune hésite à naître ».

 

« Traités européens : l’esquive » (UE : on la change ou on la quitte ?) – à paraître

Le livre a une double ambition : d’abord amener tout un chacun à imiter l’auteur, simple professionnel de la banque, en osant se saisir des questions économiques trop souvent confisquées par l’élite dominante et ensuite explorer comment s’esquiver des contraintes de cette Union européenne, qui elle-même ne cesse d’esquiver la question politique à l’aide de l’axiome du « no alternative ».
Le livre expose donc le plus simplement possible les notions économiques de base : notions d’équilibre des échanges, leur importance, le rôle de la monnaie et des banques, ainsi que le système bancaire européen, les flux monétaires, les politiques monétaires et budgétaires. Il introduit le raisonnement qui conduit à l’idée que les traités de l’UE et la monnaie unique ne pouvaient pas fonctionner, qu’ils constituent une impasse du point de vue du bon sens économique si du moins l’objectif naturel est que les pays vivent en paix dans la coopération. Les analyses des économistes hétérodoxes sont résumées et illustrées par des recherches statistiques personnelles.

Le cœur du livre aborde la seconde ambition : comment s’esquiver ? six voies de sortie totale ou partielle des contraintes, pas nécessairement de l’UE ni de la monnaie unique, sont identifiées et explorées tant sous les aspects techniques que stratégiques :
♦ Renégocier les traités ;
♦ Rester dans l’UE avec l’euro au prix de dérogations ;
♦ Rester dans l’UE en s’affranchissant de la contrainte monétaire par un « euro-franc » ;
♦ Sortir de l’UE et de l’euro avec d’autres pays pour créer une autre union, avec à terme la mise en place d’une monnaie commune ;
♦ Rester dans l’UE mais en revenant à une monnaie nationale comme le Danemark ou la Suède ;
♦ Sortir de l’euro puis de l’UE, laisser ouvert le champ des coopérations futures.
Car la sortie n’est pas un but en soi, il s’agit avant tout d’avoir les moyens de mettre en œuvre notre politique, pour l’auteur celle du projet écosocialiste, grâce aux premières mesures : contrôle des capitaux, souveraineté monétaire et budgétaire, protectionnisme solidaire.
L’aspect stratégique est essentiel, les pistes n’ont pas les mêmes probabilités de réalisation et d’ailleurs le peuple aura à se prononcer. Il s’agit aussi d’alerter les responsables politiques sur les lois, les mesures techniques et les points de blocage dus à la très grande intégration des systèmes européens, à anticiper dès maintenant.
Le livre se veut une source d’informations et la dénonciation des fausses évidences pour que le lecteur aiguise son sens critique. Ainsi, le retour au franc est étudié dans tous ses aspects et si le passage serait difficile et à préparer bien à l’avance, il ne serait pas la catastrophe complaisamment annoncée. De même, une monnaie commune, dont le fonctionnement est décrit en détail, ne suffirait pas à elle seule à corriger les dysfonctionnements.
Des annexes techniques approfondissent certains thèmes abordés dans le corps du livre.

Ce livre est à paraître, n’hésitez pas à demander à être prévenu en écrivant à Evariste.

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