Combattre le racisme

Pourquoi le  P.I.R. et Mme Houria Bouteldja ne sont pas fréquentables

mercredi 27 décembre 2017

Houria Bouteldja est une des trois porte-parole du Parti des Indigènes de la République (PIR). Nous vous proposons une lecture commentée de son livre Les Blancs, les Juifs et nous (La Fabrique Editions) sur la base de citations.

Enfin les catégories que j’utilise : « Blancs », « Juifs », « Femmes indigènes » et « indigènes » sont sociales et politiques. Elles sont des produits de l’histoire moderne au même titre qu’ « ouvriers » ou « femmes ». Elles n’informent aucunement sur la subjectivité ou un quelconque déterminisme biologique des individus mais sur leur condition et leur statut.  p.13

Dès le départ, H. Bouteldja tourne le dos à une analyse en termes de classes sociales. En effet toute son analyse est interclassiste, mais pas seulement. Le P.I.R. est à venir…

Fusillez Sartre !

Ce mot d’ordre d’anciens combattants sur les Champs Elysées le 3 octobre 1960 caractérise les pp. 15 à 28.

Après avoir reconnu  qu’en matière de colonialisme et de racisme, fidèle à sa conscience d’adolescent, il ne se trompera presque jamais. On le retrouvera mobilisé contre le « cancer » de l’apartheid, contre le régime ségrégationniste des Etats Unis, en soutien à la révolution cubaine et au Viet Minh. Il se déclarera même porteur de valises du FLN. 

Mais aujourd’hui, H. Bouteldja écrit « Fusillez Sartre ! Ce ne sont plus les nostalgiques de l’Algérie Française qui le proclament. C’est moi l’indigène. »

Quel crime Sartre a-t-il commis ? En 1948, il prend position pour la création de l’Etat hébreu ! Certes on doit  critiquer cette prise de position. Mais la cheffe des Indigènes oublie juste un détail : les pensées, les idées se construisent dans une histoire et dans des territoires. On ne peut décontextualiser l’erreur de Sartre sans rappeler la période : juste après la Shoah, la seconde Guerre mondiale ! L’histoire du mouvement social est pleine de penseurs, d’idées qui furent révolutionnaires en leur temps et qui nous paraissent dépassées/insuffisantes/ incomplètes aujourd’hui. En ouvrant d’autres possibles, elles ont néanmoins permis leur propre dépassement.

Alors critiquer Sartre (ou tout autre) sans concession, comme l’a fait Josie Fanon, oui. Mais le «fusiller», même symboliquement, c’est déjà une forme de totalitarisme. Reprendre en toute connaissance un mot d’ordre d’extrême droite, c’est déjà un choix politique.
On peut aussi faire un détour avec des propos récents concernant Clémentine Autain qui a fait le choix de dire qu’Houria Bouteldja n’est pas une camarade. La réponse de Bouteldja sur le site du PIR est éclairante : « Chère Clémentine, peut-être qu’en dépit du réel, maintiendras-tu que je ne suis pas ta « camarade », en revanche, je peux t’assurer d’une chose qui t’indifférera peut-être dans l’immédiat mais que tu méditeras dans un avenir proche : si c’est la lutte qui fait le camarade, c’est bien l’ennemi qui fait le traître. » Site du PIR 24 novembre 2017.

Ce chapitre qui n’est pas sans un certain lyrisme vagabond n’est pas avare de citations qui devraient toutes/tous nous amener à réfléchir sur les arrières pensées des intellectuel-le-s des Indigènes. 

Morceaux choisis

Je suis dans la strate la plus basse des profiteurs. Au-dessus de moi, il y a les profiteurs blancs. Le peuple blanc, propriétaire de la France : prolétaires, fonctionnaires, classes moyennes. Mes oppresseurs. Ils sont les petits actionnaires de la vaste entreprise de spoliation du monde. Au-dessus, il y a la classe des grands possédants, des capitalistes, des grands financiers qui ont su négocier avec les classes subalternes blanches, en échange de leur complicité, une meilleure répartition des richesses du gigantesque hold-up et la participation –très encadrée- au processus de décision politique qu’on appelle fièrement « démocratie ». 

Houria Bouteldja pointe des contradictions apparentes au sein du prolétariat. Oui, on peut être à la fois opprimé et oppresseur. Mais le poser en esquivant la lutte des classes qui sévit au sein même des « blancs », c’est basculer dans une vision ethnique des rapports de forces. Elle oublie que chez les « racisé-e-s », il y a aussi des bourgeois, des actionnaires, des propriétaires. Elle oublie que les prolétaires, les fonctionnaires « blancs » ne sont en aucun cas les actionnaires de la vaste spoliation du monde, mais qu’ils en subissent aussi une partie des effets. Même si elle est moindre que celle subit par les peuples du « Sud ».

Elle cite Sadri Khiari son « alter ego » des Indigènes : « Parce qu’elle est le partenaire indispensable des indigènes, la gauche est leur adversaire premier. ». Sadri Khiari est aussi un porte-parole du PIR. Le troisième étant Youssef Boussoumah.

On a ici l’impression de relire les textes de tous les crypto-léninistes et autres avant-gardes autoproclamées que le premier ennemi est celui qui est le plus proche. On voit où ce genre de théorie stalinienne a mené la gauche révolutionnaire après 1968.

Vous, les Blancs

Je pense donc je suis l’homme moderne, viril, capitaliste et impérialiste. Le « je » cartésien va jeter les fondements philosophiques de la blanchité. Il va séculariser les attributs de Dieu et les transférer vers le dieu Occident qui au fond n’est rien d’autre qu’une parabole de l’homme blanc. 

Nous y voilà ! Bien sûr il y a tout lieu de critiquer le capitalisme, l’impérialisme avec leurs cortèges d’horreurs et d’exploitation… Mais pas parce qu’il a pris la place de « Dieu ». D’ailleurs le « dieu Occident » est-il le seul à avoir imposé par la guerre sa religion. Les conquêtes faites au nom de l’Islam dans toute la Méditerranée n’ont-elles pas existé ?

Que dire de ce concept de « blanchité », si ce n’est qu’une vision, ethnicisante des rapports  de classes ? Les invasions capitalistes ont été subies par des peuples « blancs ». N’y-a-t-il pas eu des invasions entre puissances africaines et /ou asiatiques ?

Il n’y a pas d’homosexuels en Iran » C’est Ahmadinejad qui parle. Cette réplique m’a percé le cerveau. Je l’encadre et je l’admire…  p. 32

Le cerveau percé, voilà une explication possible de cette horreur…

Stupéfaction. Tollé général. Ou presque. Du moins je le suppose. Les cyniques blancs comprennent. Les anti-impérialistes encaissent. Les autres – la bonne conscience – ont les boyaux qui se tordent. Le sentiment qui suit : la haine. Et moi, j’exulte. Normalement, je dois saisir ce moment du récit pour rassurer : « Je ne suis pas homophobe et je n’ai pas de sympathie particulière pour Ahmadinejad.  Je n’en ferai rien … p. 33

Une pensée pour les anti-impérialistes et autres cyniques blancs qui ont de la bienveillance pour cette auteure et son parti politique…

…A l’affirmation « Il n’y a pas de torture à Abou Ghraib », répond l’écho « Il n’y a pas d’homosexuels en Iran ». La rhétorique persane à l’usage des progressistes blancs fait mouche. Les deux mensonges s’annulent, la vérité éclate. Elle devient grimace. Ne reste que la laideur…et les poètes. Mais qu’elle est laide cette gauche

Comme si deux mensonges pouvaient faire éclater la vérité, celle des atrocités commises à Abou Ghraid et en Iran…Houria Bouteldja n’envisage que la « mauvaise conscience », elle nous interdit la conscience. Rhétorique somme toute assez religieuse. C’est sur la culpabilité des anticolonialistes/anti-impérialistes/anticapitalistes, qu’elle sous-tend toute sa rhétorique…

Vous le savez

Vous savez que vous êtes blancs lorsque vous vous mariez avec un Antillais, lorsque vous partagez un mafé chez votre copine sénégalaise ou lorsque vous vous baladez à Saint-Denis, Bamako ou Tanger…  p 37

…Entre le bénéficiaire final et le spolié premier, il y a toute une chaîne d’intermédiaires…L’indigène spolié est vulgaire. Le Blanc spoliateur est raffiné. A bout de la chaîne, il y a la barbarie, à l’autre la civilisation. C’est bon d’être innocents, vous êtes humanistes. Ce n’est pas le moindre de vos talents. Ce rôle, vous l’interpréter avec un brio et une maestria inégalables. Je ne peux que m’incliner…  p. 38

Je vous le concède volontiers, vous n’avez pas choisi d’être blancs. Vous n’êtes pas coupables. Juste responsables. S’il y a un fardeau qui mérite d’être porté, c’est celui-là. La race blanche a été inventée pour les besoins de vos bourgeoisies en devenir car toute alliance entre les esclaves pas encore noirs et les prolos pas encore blancs devenait une menace pour elle… p. 41

La bourgeoisie américaine vous a proposé un deal : vous intéresser à la Traite des Noirs et ainsi vous solidariser de l’exploitation des esclaves. La bourgeoisie a ainsi inventé une communauté d’intérêts entre elle et vous, ou vos ancêtres si vous voulez. C’est ainsi que progressivement, en s’institutionnalisant, la race blanche a été inventée. En fait la race, entre les mains des bourgeois blancs, est un instrument de gestion, entre vos mains, un salaire, une distinction. Depuis, ce qui nous sépare n’est ni plus ni moins qu’un conflit d’intérêts entre races aussi puissant et structuré que le conflit de classe…  p.  42

Pour ce qui est de l’esclavage, l’auteure oublie juste un détail. Qui capturait les Africains qui allaient être déportés dans le cadre du commerce triangulaire ? D’autres Africains, des Arabes, qui vendaient les esclaves aux marchands Européens…

Pour ce qui est de la bourgeoisie, est-elle « blanche », en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie ? Non, mais ces bourgeoisies s’entendent bien pour faire fonctionner le capitalisme…

Quant à nos ancêtres dont nous serions assignés à porter le fardeau de la culpabilité, deux réponses. Les théories de la responsabilité collective d’un peuple pour des fautes commises ont conduit à la guerre des Balkans entre Serbes, Croates et Bosniens… Par ailleurs, il n’est pas certain que les méchants prolétaires « blancs » aient beaucoup profité de l’esclavage, en particulier les enfants « blancs » qui travaillaient dans les mines…

Vous les Juifs

On ne reconnaît pas un Juif parce ce qu’il se déclare Juif mais à sa soif de vouloir se fondre dans la blanchité, de plébisciter son oppresseur et de vouloir incarner les canons de la modernité. Comme nous.  p. 49

Je vous reconnais entre mille. Votre zèle est trahison. Il y en a même parmi vous qui combattent le racisme anti-blanc.  …
Vous n’êtes pas le véritable peuple élu.  p. 50

Comme je vous l’ai dit, vous m’êtes à la fois familiers et étrangers. Familiers parce que non-Blancs insolubles dans la blanchité antisémite mais étrangers parce que blanchis, intégrés dans un échelon supérieur de la hiérarchie raciale. 

L’auteure ne parle pas de hiérarchie sociale, mais bien de hiérarchie raciale… « Le philosémitisme, ça use. Tout comme le paternalisme. Trop gluants pour être vrais ». Le philosémitisme est une thèse défendue par l’extrême droite française dans les années 1930….

 Nous les Femmes indigènes

Mon corps ne m’appartient pas. Aucun magistère ne me fera endosser un mot d’ordre conçu par et pour des féministes blanches.  p71

J’appartiens à ma famille, mon clan, à mon quartier, à ma race, à l’Algérie, à l’Islam. p. 72

Pas de commentaires. Une pensée pour les féministes qui soutiennent l’auteure…

Sait-on combien de nos sœurs se sont suicidées, prises dans le feu de la bataille que se sont livrée les deux patriarcats ? Le Blanc, conquérant et sûr de lui, l’indigène, dominé et aux abois.  p. 76

D’abord l’indifférence quasi-totale de cette élite au patriarcat blanc qui structure et détermine la vie de millions de femmes. Et pourtant, tous les indices montrent que la condition des femmes françaises se dégrade (viols, violences conjugales, écarts de salaires, exploitation du corps des femmes à des fins commerciales…). Ensuite ils se mettent en rangs serrés pour dénoncer sans appel des violences faites aux femmes de banlieues, quand l’auteur est noir ou arabe. Le sexisme des mecs de quartiers est une barbarie sans cause et sans origine. Voyez, tous ces phallocrates blancs qui se découvrent féministes lorsque le banlieusard apparaît ?  p. 77

Là nous sommes d’accord avec l’auteure. La dénonciation du double jeu de certains. La dénonciation du patriarcat dominant. Mais cela doit-il nous amener à ne pas dénoncer le patriarcat des opprimés ?

L’idée d’un féminisme « décolonial » comme « un compromis entre une certaine résistance au féminisme chez nous et dans le tiers monde et la réalité massive et inquiétante des violences multidimensionnelles qui nous sont faites, violence produites par des Etats et le néo-libéralisme » est intéressante. Mais d’entrée l’auteure refuse toute forme d’universalisme au féminisme. Que le féminisme, comme d’autres mouvements émancipateurs ,se construise dans des territoires et des contextes historiques, nous sommes d’accord. Pourtant le féminisme est né des luttes des femmes. N’ont-elles eu lieu qu’en Occident ? Non. Le féminisme, comme d’autres mouvements émancipateurs, n’est sans doute pas seulement un phénomène exporté avec le colonialisme… C’est oublier le féminisme porté par les femmes égyptiennes, tunisiennes, algériennes pour ne parler que d’elles…

Une femme noire violée par un noir doit-elle refuser de porter plainte, comme dans l’exemple cité par l’auteure ?

« Nous savons notamment que les hommes de chez nous sont tous opprimés que nous, selon d’autres modalités ». Les prolétaires blancs sont aussi opprimés, cela excuse-t-il le patriarcat ?

« Le féminisme décolonial doit avoir comme impératif de refuser radicalement les discours et pratiques qui stigmatisent nos frères et qui dans le même temps innocentent le patriarcat blanc. ».  La lutte contre le patriarcat  est à mener partout.

Nous les Indigènes

Adoptons le point de vue des Indiens d’Amérique. Que disent-ils ? [….] Ils nous disent : expansion capitaliste donc lutte des classes sociales, nous répondons : expansion coloniale donc lutte des races sociales.  p. 116

Qui mieux que nous peut devenir cette force de proposition ? Qui mieux que nous peut contraindre , par le jeu des rapports de force, les Blancs antiracistes et anti-impérialistes à combattre les politiques impérialistes et néolibérales de leur pays, aider à décoloniser leurs organisations et renoncer à dicter la meilleure façon de lutter ?  p. 120

Désolé, « camarade » H. Bouteldja, mais les « blancs » antiracistes et anti-impérialistes militaient avant que le Parti des  Indigènes de la République existe.

Allahou Akbar !

C’est le dernier chapitre (p. 127). Trois citations faites par H. Bouteldja

  • « Dieu est mort, Marx est mort, et moi-même je ne me sens pas très bien», Woody Allen
  • « Allah est beau et aime ce qui est beau », hadith rapporté par Muslim
  • « Il n’y a de Dieu que Dieu», profession de foi en Islam

La prégnance des références religieuses dans ce livre, montre que l’auteure est clairement une politico-religieuse. Ce qui est son droit le plus absolu, mais qui doit être pris en compte dans l’analyse.

Si l’auteure déroule un certain nombre de critiques pertinentes de la société capitaliste mais qu’elle ne nomme jamais comme cela. Sans doute que sa vision interclassiste et essentialiste s’accommode très bien du capitalisme. Tout comme la plupart des courants politico-religieux. Sa pensée se situe clairement dans ce courant :

Mais ce cri –Allahou Akbar !- terrorise les vaniteux qui y voient un projet de déchéance. Ils ont bien raison de le redouter car son potentiel égalitaire est réel : remettre les hommes, tous les hommes, à leur place,  sans hiérarchie aucune. Une seule entité est autorisée à dominer : Dieu.

Tous égaux et soumis à Dieu ! Sans pour cela qu’elle allume la République et la Laïcité avec tant de passion.

La conclusion est à l’image de la thèse de l’auteure :

Mais trêve de larmes et de regrets. Le passé n’est plus. Nous sommes la somme de nos lâchetés et de nos résistances. Nous serons ce que nous aurons mérité d’être. C’est tout. Ce qui est vrai pour nous tous, Blancs ou Noirs. C’est là que se pose la question du grand NOUS. Le Nous de notre rencontre, le Nous du dépassement de la race et de son abolition, le Nous de la nouvelle identité politique que nous devons inventer ensemble, le Nous de la majorité décoloniale. Le Nous de la diversité de nos croyances, de nos convictions et de nos identités, le Nous de leur complémentarité et de leur irréductibilité. Le Nous de cette paix que nous aurons méritée parce que payée le prix fort. Le Nous d’une politique de l’amour, qui ne sera jamais une politique du cœur. Car pour réaliser cet amour, nul besoin de s’aimer ou de s’apitoyer. Il suffira de se reconnaître et d’incarner ce moment « juste avant la haine » pour la repousser autant que faire se peut et, avec l’énergie du désespoir, conjurer le pire. Ce sera le Nous de l’amour révolutionnaire.

Alors commençons par le commencement. Répétons-le autant que nécessaire : Allahou Akbar ! Détournons Descartes et faisons redescendre tout ce qui s’élève.

Ce grand Nous, c’est la classe sociale que nous nommons le salariat. Une classe sociale doit combattre toutes les formes de Capitalisme, de Colonialisme, d’Impérialisme, de Patriarcat, de Racisme, d’Oppression etc. Y compris en déconstruisant en interne les schémas réactionnaires. En aucun cela ne peut être un projet politico-religieux. Mais le sens d’un combat laïque et social.

En fait, quoiqu’elle en dise dans son avant-propos et dans sa conclusion, Houria Bouteldja développe une thèse de « racisme inversé ». Une sorte « d’apartheid » politique  qui ne peut conduire qu’à des affrontements entre prolétaires de différentes origines. Pointer les différentes formes d’oppression au sein même des classes populaires est important et intéressant, mais parler « d’amour révolutionnaire » après ce tombereau de haine et de racisme, relève de l’imposture. Mais après tout, l’auteure fait jouer sa libre conscience, qu’elle ne nous accorde pas.

Le plus grave est cette espèce de bienveillance envers cette thèse et le parti qui l’incarne (le PIR) de la part d’une partie de l’intelligentsia altermondialiste. Cette bienveillance n’est pas de nature à travailler à une prise de conscience anticolonialiste, anti-impérialiste au sein du mouvement social. Les thèses du PIR et d’Houria Bouteldja sont autant de fractures supplémentaires au sein du salariat…

En effet, eux qui suivent la logique des « Indigènes », participent à l’effacement de la lutte des classes au profit de la lutte des races, des luttes ethniques et religieuses. Mais aussi à l’effacement de la bataille de l’émancipation au profit du soutien à l’obscurantisme.

Cette logique mortifère « indigéniste »  touche toutes les organisations politiques de transformation sociale et la plupart des organisations syndicales.

Il est invraisemblable que des membres du PIR ou compagnons/compagnes de route du PIR soient invité.e.s comme intervenant.e.s dans un stage syndical.

L’appartenance au Parti des Indigènes est incompatible avec une adhésion à un syndicat, une association ou un mouvement politique luttant pour l’émancipation sociale.

On peut parfaitement appeler à une manifestation contre les violences policières, sans cosigner un texte avec cette mouvance ou siéger à la même tribune d’un meeting, etc.