Combat laïque

Face à l’internationale islamiste, construisons l’internationale laïque !

mardi 19 février 2013

L’Algérie, une résistance détournée

Le 5 juillet 1962 l’Algérie arrachait de haute lutte son indépendance nationale, faisant l’admiration des peuples de la planète.

Malheureusement, l’Algérie du cinquantenaire n’est pas à la fête. Elle met en scène un pays meurtri par plus de 25 années de terrorisme islamiste et qui ne connaît ni l’essor socio-économique, ni la démocratie. La société est paralysée. Elle est écrasée par un système dictatorial. Au lieu de mettre l’Algérie sur les rails de la modernité et du progrès, le pouvoir en place n’a qu’une seule obsession : louvoyer pour perdurer et se reproduire.

N’étaient-ce les immenses sacrifices et la vigilance de ses patriotes, le pays aurait basculé dans l’état théocratique pendant la déferlante islamiste des années 90. Les conséquences en ont été funestes : des dizaines de milliers de victimes et des milliards de dollars d’infrastructures partis en fumée. Au lieu de s’appuyer sur l’extraordinaire sursaut de la société dans son combat contre l’islamisme politique, le pouvoir a préféré brader les intérêts de la République et pactiser avec les assassins.

Rente et corruption, les deux mamelles de la paix sociale

La situation économique et sociale se dégrade de jour en jour. Notre jeunesse a ses horizons obstrués. Pourtant les réserves de change du Trésor s’élèvent à plus de 200 milliards de dollars et le pays n’est plus endetté. C’est pourquoi, celle-ci a toujours vocation à l’exil en Europe pour un hypothétique travail sinon elle est condamnée à grossir les rangs des « hittistes » si bien qu’un jeune sur deux environ souffre du chômage.

Faute de pouvoir faire face à leur responsabilité familiale, des parents poussés vers une pauvreté extrême, se délestent de …leurs enfants pour ne pas les voir crever de faim sous les yeux et on ne compte plus le nombre de fugues !

Au lieu de créer des richesses pour s’inscrire dans une dynamique de développement et de l’emploi, le pouvoir importe une large partie de ses besoins alimentaires et de consommation et n’exporte rien d’autre que …les hydrocarbures !

L’Algérie est devenue un immense réceptacle de marchandises livré à l’informel et l’anarchie est telle que les transactions, petites ou grandes, qui s’y font sont ternies par l’ombre portée de la corruption.

L’Algérie est un pays carbonisé par un système prédateur dont le seul souci est de se repaître du confort de la rente pétrolière et de l’utiliser « généreusement » pour éteindre le feu des explosions populaires qui se comptent par milliers par an sur tout le territoire national et gérer la paix sociale.

La double rupture : Dégager le système en place et l’islamisme politique

Le pouvoir est réfractaire au changement et tourne carrément le dos à la nécessité des mutations. Il fait tout pour sauver un système frappé d’obsolescence en rappelant de vieux chevaux de retour et en faisant croire à la sornette du démiurge qu’il rêve d’introniser à vie au fauteuil présidentiel. Non content de convertir les instances politiques en chambre d’enregistrement, il falsifie les résultats électoraux pour s’y assurer l’hégémonie politique.

Le pouvoir algérien s’arcboute sur un statu quo suicidaire et au lieu de préparer l’avenir, il est dans la dilapidation effrénée de nos réserves en hydrocarbures.

Mais rien ne peut cacher la réalité du terrain. Le terrorisme islamiste revient avec force et fracas sur la scène politique comme nous venons de le vivre à In Amenas. Comment peut-il en être autrement quand le pouvoir se compromet avec l’islamisme politique et en fait un partenaire fréquentable sur la scène politique. En jouant avec le feu de l’islamisme politique il a mis à genou le pays, l’a conduit à la ruine et les infrastructures nationales sont en sursis comme vient de le prouver le carnage de Tiguentourine de la mi-janvier ou la dernière attaque sur le gazoduc de Bouira.

Après les massacres collectifs et les attentats ciblés contre les démocrates des années 90, le terrorisme n’a pas baissé les armes. Au lieu de le combattre, les apprentis sorciers du pouvoir, en échange d’une paix illusoire, lui ont déroulé le tapis rouge pour l’absoudre de ses crimes et le réhabiliter en sonnant les trompettes de la « réconciliation nationale » et « la concorde civile ». Où en sommes-nous aujourd’hui ?

L’escalade du terrorisme n’a pas connu de répit en dépit de toutes les concessions politiques qui lui ont été faites. En effet, ses cibles sont devenues stratégiques et sa machine de guerre s’est perfectionnée à un point tel qu’il met en péril aujourd’hui des armées classiques et l’existence des États nationaux comme le démontre l’exemple du Mali.

L’islamisme « modéré » est le marchepied de la violence

Le terrorisme ne s’est pas éteint. Il ne peut pas s’éteindre. La doctrine de l’islamisme politique est son carburant et la violence est son essence politique. Bien que se présentant sous des étiquettes diverses et des apparences souvent lisses, tous les détachements de l’islamisme sont en fait du même acabit et fournissent la preuve que l’islamisme « modéré » est une véritable  fumisterie.

Promulgué voilà un quart de siècle, le code la famille inspiré de la charia, rebaptisé à juste titre code de « l’infamie » , impose un carcan de souffrance et d’humiliation aux femmes, en en faisant des mineures à vie et des sous-citoyennes. Les Algériennes sont des citoyennes à part entière, et elles aspirent à vivre dans les valeurs de la laïcité, de l’égalité et de l’universalité des droits fondamentaux au même titre que les femmes du monde entier.

Nous ne pouvons qu’être stupéfaits de la sympathie qu’a l’islamisme pseudo « modéré » en Europe et ailleurs au nom de la « diversité », le « dialogue » inter religieux, la tolérance, le respect des « cultures », l’islamophobie, etc. Nous ne pouvons qu’être scandalisés du soutien politique, matériel et moral avéré qu’a ce courant totalitaire dans les médias occidentaux, la société civile occidentale, ses milieux démocrates, ses courants écologiques, jusques et y compris dans les milieux de gauche. L’histoire nous a enseigné et enseigne toujours que de telles compromissions sont porteuses de dangers gravissimes et peuvent conduire à un retour de flammes sans précédent.

La collusion de l’occident et de l’islamisme : une forte odeur de pétrole

Hier, l’Occident portait aux nues des dictateurs arabes, aujourd’hui ses nouvelles marionnettes sont drapées d’oripeaux islamistes. Il s’en accommode pour préserver ses intérêts mais qui peut garantir que cette peste fasciste ne le touchera pas encore une fois à un moment où les voix du fascisme se font entendre  de plus en plus fortement dans ses territoires ?

La pseudo « armée libre de Syrie », ramassis d’islamistes n’a pas réussi à abattre l’allié occidental d’hier, le régime dictatorial de Damas. Mais celui-ci ne semble pas avoir tiré les leçons de l’histoire après pratiquement deux ans de guerre et s’enfonce dans un aveuglement politique qui le condamne à brève échéance à l’effondrement s’il persiste à ignorer les revendications essentielles de son peuple et à différer la mise en place d’une alternative démocratique.  

L’État syrien ne survivra aux visées de la partition programmée et ne mettra en échec l’agression militaire qu’il subit que le jour où il décidera d’un aggiornamento ouvrant la voie à une Syrie laïque, démocratique et plurielle.

De la même manière, l’objectif de l’islamisme politique en Afrique est clair : semer la terreur parmi les populations pour s’imposer comme une force politique incontournable dans la région et ouvrir un boulevard à un état islamiste dans le sahel dont le but est de déstabiliser les États et faire de l’Afrique une nouvelle poudrière.

Pour autant que pourrait être efficace l’intervention militaire française au Mali dans la destruction des bases du terrorisme islamiste, elle n’aura d’incidences positives dans la région du sahel qu’à la condition d’exclure l’islamisme, aussi modéré soit-il, de toute solution politique et d’ouvrir la voie à un processus réellement démocratique.

L’Algérie court le risque de l’implosion !

L’expérience algérienne à cet égard est éloquente. Il est vain de lutter contre le terrorisme quand ceux qui l’alimentent siègent aux plus hautes instances de l’État sinon comment expliquer les complicités dans l’attentat du complexe gazier de Tiguentourine. Il est autant illusoire de croire à une paix durable aussi longtemps que la mosquée reste une tribune politique, le porte-voix de mots d’ordre assassins et que l’Ecole continue d’être sacrifiée sur l’autel du dressage pour faire de nos enfants les kamikazes de demain, sans parler de l’abrutissement des citoyennes et des citoyens par des médias lourds caporalisés.

Voilà 10 ans que le plan américain du « Grand Moyen_Orient » est en marche. Son objectif est clair : garantir à l’Occident les voies d’accès aux sources d’énergie et assurer la sécurité d’Israël. Pour ce faire, celui-ci n’hésitera pas à détruire les États susceptibles de contrarier sa stratégie pour atomiser le monde arabe et y créer de toute pièce des micro-états islamiques à la solde de ses sous-traitants : la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar.

L’islamisme prétendument « modéré » turc, les capacités de nuisance du wahabbisme saoudien et les milliards du Qatar sont déjà mobilisés pour déposséder l’Algérie des acquis arrachés grâce au victorieux mouvement de libération nationale algérien. Nous refusons cette colonisation qui n’avoue pas son nom.

Face à l’internationale islamiste construisons l’internationale laïque

Il nous appartient à toutes et à tous, il est du devoir de toutes les forces démocratiques dans le monde de s’unir dans une internationale démocratique et laïque face à l’internationale islamiste pour mettre un terme au chaos dans lequel l’islamisme politique veut plonger la planète.

Voilà plus d’un quart de siècle que l’islamisme a déclaré une guerre sans merci au peuple algérien. Le danger est en la demeure et aux portes de nos frontières.

Le nœud central de la crise focalise dans le choix du projet de société. Hors de question de l’ajourner sinon il y va du devenir des derniers bastions de résistance de l’État. Ou les horizons de l’Algérie seront modernistes dans la perspective de la République laïque, démocratique et de progrès social ou l’Algérie disparaîtra dans le chaos de la partition et l’éclatement.

Seule la disqualification de l’islamisme politique et celle du système seront les premiers jalons d’une sortie de crise. La situation politique exige des mutations radicales pour libérer les potentialités révolutionnaires de notre peuple et créer les conditions de la mise en place d’une transition nationale démocratique comme l’avançait déjà le PLD dans ses « 10 propositions » en date du 4 février 2011. La place n’est ni aux atermoiements, ni à la politique de la courte vue et de l’opportunisme.

Fidèles aux traditions de lutte des progressistes et des communistes du monde entier, réagissons ensemble avant qu’il ne soit trop tard en synergie avec toutes les forces démocratiques et laïques pour stopper la progression de l’islamisme politique et l’éradiquer faute de quoi la planète entière risque de basculer dans une nouvelle guerre mondiale.

Le bureau national du PLD, Alger le 06/02/2013