Chronique d'Evariste

Les différents Mai 68

lundi 28 mai 2018
Par
Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org

Il y eut un mouvement étudiant, un mouvement de la jeunesse étudiante et ouvrière, un mouvement ouvrier et une aspiration de type libertaire. Il y eut très peu de convergence des luttes sociales et politiques. Mais nous avons pu vérifier une loi historique tendancielle à savoir que si une avancée sociale et politique ne s’effectue que dans une crise paroxystique, ce n’est jamais selon un affrontement ordonné et prévu à l’avance.

Avant d’analyser la séquence française, il faut rappeler que cette séquence française doit être pensée dans le contexte international  qui a beaucoup influencé la séquence française et que les différents Mai 68 ne peuvent être analysés que par rapport au passé, la guerre de trente ans (1914-1944), la période de la reconstruction, mais aussi l’avenir dans  la projection des Mai 68 dans les années 70 et le passage au modèle politique néolibéral qui a permis, dès 1983, à l’oligarchie de reconstituer les taux de profits qui ont été largement impactés par la baisse des taux de profits dans l’économie réelle. Malheureusement aucune organisation n’a été capable de penser cette complexité, de la clarifier puis d’en faire une bataille culturelle gramscienne. C’est-à-dire de lier les combats politique, économique et culturel.

I – Le mouvement étudiant

Il faut commencer par noter que les mouvements étudiants de 1967-68 ont été précédés par une forte massification de l’Université. Elle mettait alors pour la première fois des étudiants des classes populaires avec des étudiants des couches moyennes intermédiaires et supérieures.

La grande bourgeoisie avait un besoin de plus de cadres et techniciens mais elle n’a pas été capable d’empêcher une crise de l’emploi qui menaçait donc les étudiants. Par ailleurs, la contradiction éclata entre les objectifs annoncés par l’université (esprit critique, égalité, etc.) et le fait que l’on préparait les étudiants à servir servilement les intérêts de l’oligarchie capitaliste. Puis, l’ordre moral et sexuel devenait étouffant. En dernier lieu, les étudiants, étant coupés du cycle de production, ils avaient donc tendance à l’idéalisme philosophique et donc à ne répondre aux abstractions de l’oligarchie que par des abstractions contradictoires sans appréhender complètement le réel.

Notons également, l’importance des luttes de libération nationale (Vietnam, Algérie) et anti-impérialistes qui ont largement politisées l’ensemble de la jeunesse dans les années qui ont précédé Mai 68.

Devant la mobilisation d’une forte minorité des étudiants, le gouvernement prend trois décisions : laisser intervenir contre les étudiants de gauche les fascistes du mouvement « Occident », violer la franchise des locaux universitaires, et faire intervenir la police avec brutalité.

Sur ce dernier point, au lieu d’appliquer la règle bourgeoise de « séparer la gauche du centre puis de frapper la gauche », elle décide de frapper le mouvement dans son entier. Cela a radicalisé les étudiants ! Et obligé Pompidou de reculer dès le 11 mai.

Mitterrand et le camp socialiste critique l’action du gouvernement envers les étudiants sans analyser au-delà la séquence du moment. Le PCF par son secrétaire à l’organisation Georges Marchais fustige le mouvement étudiant et focalise, par une attaque odieuse, sur Daniel Cohn-Bendit dans un éditorial de l’Humanité du 3 mai 1968 :

« De faux révolutionnaires à démasquer »

Comme toujours lorsque progresse l’union des forces ouvrières et démocratiques, les groupuscules gauchistes s’agitent dans tous les milieux. Ils sont particulièrement actifs parmi les étudiants. À l’université de Nanterre, par exemple, on trouve : les « maoïstes » ; les « Jeunesses communistes révolutionnaires » qui groupent une partie des trotskystes ; le « Comité de liaison des étudiants révolutionnaires », lui aussi à majorité trotskyste ; les anarchistes ; divers autres groupes plus ou moins folkloriques. Malgré leurs contradictions, ces groupuscules – quelques centaines d’étudiants – se sont unifiés dans ce qu’ils appellent « Le Mouvement du 22 mars Nanterre » dirigé par l’anarchiste allemand Cohn-Bendit.
Non satisfaits de l’agitation qu’ils mènent dans les milieux étudiants – agitation qui va à l’encontre des intérêts de la masse des étudiants et favorise les provocations fascistes – voilà que ces pseudo-révolutionnaires émettent maintenant la prétention de donner des leçons au mouvement ouvrier. De plus en plus on les trouve aux portes des entreprises ou dans les centres de travailleurs immigrés distribuant tracts et autres matériels de propagande.
Ces faux révolutionnaires doivent être énergiquement démasqués car, objectivement, ils servent les intérêts du pouvoir gaulliste et des grands monopoles capitalistes…Cependant, on ne saurait sous-estimer leur malfaisante besogne qui tente de jeter le trouble, le doute, le scepticisme parmi les travailleurs et, notamment, les jeunes. D’autant que leurs activités s’inscrivent dans le cadre de la campagne anticommuniste du pouvoir gaulliste et des autres forces réactionnaires. De plus, des journaux, des revues, des hebdomadaires – dont certains se réclamant de la gauche – leur accordent de l’importance et diffusent à longueur de colonnes leurs élucubrations. Enfin et surtout parce que l’aventurisme gauchiste porte le plus grand préjudice au mouvement révolutionnaire.
En développant l’anticommunisme, les groupuscules gauchistes servent les intérêts de la bourgeoisie et du grand capital… il faut combattre et isoler complètement tous les groupuscules gauchistes qui cherchent à nuire au mouvement démocratique en se couvrant de la phraséologie révolutionnaire. Nous les combattrons d’autant mieux que nous ferons toujours plus connaître les propositions du Parti et sa politique unitaire pour le progrès social, la démocratie, la paix et le socialisme.
Georges Marchais

Face à la position de Georges Marchais, le mouvement étudiant qui souhaitait en parole la révolution mettait à l’ordre du jour des slogans qui reflétaient les aspirations étudiantes . Par exemple : « il est interdit d’interdire », « Changer la vie », « chasser le flic qui est dans votre tête », « « Jouir sans entraves », etc. Tous ces mots d’ordre ne sont pas exempts de confusion et de contradiction notamment parce qu’on était loin de l’analyse matérialiste du réel et donc sans aucune chance d’aller vers l’idéal. Cette même confusion advint également ultérieurement lors de la poussée altermondialiste. Et ce mouvement étudiant donna d’une part les cadres futurs des organisations syndicales et politiques de gauche mais aussi les futurs cadres du social-libéralisme et du macronisme.

L’importance prise par Daniel Cohn-Bendit et le mouvement des 142 (devenu « mouvement du 22 mars » le 29 mars) est inversement proportionnel aux autres organisations syndicales et politiques des étudiants qui n’ont, eux, pas compris le mouvement étudiant dans le présent du dit mouvement.

II – La jeunesse étudiante et ouvrière

Mai 68 procède aussi d’une rencontre rarement étudiée entre la jeunesse ouvrière et une partie de  la jeunesse étudiante. Nous ne pouvons pas ici relater tous les faits de fraternisation réalisés dans la jeunesse en général. Cela s’est fait sous différentes formes. D’abord avec la participation de nombreux jeunes ouvriers dans les rassemblements étudiants et dans les manifestations. Mais aussi dans l’établissement de longue durée des étudiants en condition ouvrière dans les usines. Ce mouvement de fraternisation a été freiné voire empêché par l’action de la puissante CGT prenant à la lettre la position de Georges Marchais noté ci-dessus.

Mais c’est la partie de Mai 68 qui a été la plus politique et la plus révolutionnaire. C’est cette rencontre qui a permis ce grand mouvement historique et qui a poussé le plus loin possible la séquence de mai 68.

C’est dans ce mouvement-là qu’a resurgi la nécessité de « la double besogne » de la Charte d’Amiens reprise par Jean Jaurès à savoir l’articulation des revendications immédiates avec le processus de large transformation sociale et politique. Et c’est cette « double besogne » que la CGT d’alors a refusé lors de l’entrevue Seguy-Chirac. Prenons un exemple. La CGT n’a même pas demandé l’annulation des ordonnances de De Gaulle de 1967 qui tournaient le dos à la Sécu du Conseil national de la Résistance(CNR), Sécurité sociale qui était la pointe avancée du programme du CNR  voulue par la direction de la confédération CGT d’alors !!

III – La plus grande grève de l’histoire de France

Commençons par dire que  le nombre de jours de grève augmente année après année atteignant 4,2 millions dans le secteur privé en 1967. Sans même parler de la grande grève des mineurs de 1963, l’année 1967 et le début de 1968 sont marqués par un certain nombre de conflits très durs qui dénotent une situation explosive : Peugeot, Rhodiaceta, Saviem, etc. Avec en plus les ordonnances de De Gaulle de 1967 démarrant l’étatisation de la sécurité sociale. Ajouter à cela que l’impact de fraternisation de la jeunesse ouvrière et de la jeunesse étudiante  a donné du tonus aux jeunes ouvriers qui ont déclenché les premiers mouvements de grève dans les usines sans mots d’ordre de la Confédération CGT. Ce n’est qu’ensuite, avec des dizaines d’entreprises en grève  que la Confédération CGT a agit pour généraliser le mouvement de grève et porter des revendications salariales. Comme en 1789.Comme en 1917. Comme en 1936.Comme en juin 40. C’est une loi de l’histoire : C’est la base qui démarre les grands mouvements de l’histoire puis ce sont les organisations les plus structurés qui prennent en charge les mouvements sociaux et politiques. Et c’est devenu la plus grande grève de l’histoire de France par son ampleur. Dans cette période seule, seul le couple PC-CGT, encore sous influence de l’Union soviétique, était en mesure de conduire le mouvement après les phases de démarrage. Et l’Union soviétique a souhaité l’accord De Gaulle-PCF-CGT et ce fut la rencontre Séguy-Chirac qui ouvrait sur les accords de Grenelle. La décision géopolitique de l’Union soviétique a entraîné le PCF et la CGT d’alors à se servir de ce mouvement d’ampleur que pour provoquer un nouveau partage des gains de productivité sans remettre en cause Yalta. Certains se sont dit qu’il aurait été possible d’aller plus loin. Sans organisation révolutionnaire influente dans les masses populaires, aucune sortie du capitalisme n’était possible. Car si c’est toujours la base qui démarre les mouvements d’ampleur, il faut toujours des organisations syndicales et politiques pour les pousser ou pas le plus loin possible.

IV – La poussée sociétale libertaire : crise de la famille,
mouvement féministe, révolte de la jeunesse

Au sortir de la Seconde guerre mondiale la société française demeure encore, par beaucoup d’aspects, en retard idéologique par rapport au développement économique de la période de la reconstruction. Le modèle familial, le rôle des femmes, la jeunesse infantilisée par un ordre moral et sexuel d’un autre âge. Tout cela va exploser. Cette poussé libertaire a permis de rattraper le retard induit par la chape de plomb gaulliste sur le plan des mœurs et des problèmes sociétaux. Mais bien entendu, cette poussée sociétale libertaire n’était plus compatible avec la société gaulliste et le poids du catholicisme, mais toujours compatible avec le capitalisme.

Sans en nier l’impact durable, nous n’analyserons pas davantage ce Mai-là dans la mesure où il occupe abondamment la Une des médias actuellement, au détriment des trois précédents, occultés pour des raisons évidentes.

V – Comprendre la période dans une séquence longue

Isaac Joshua a de ce point de vue bien présenté la séquence. Nous lui empruntons son analyse. En France, la guerre a entraîné un violent recul du PIB (de 29 % en volume de 1913 à 1945) mais également énormément de destructions, d’usure et de non-renouvellement du capital fixe. De 1931 à 1945, le stock net de capital fixe aura chuté de 35%, le stock net d’équipements, de 41%. L’investissement en matériel des entreprises françaises ne retrouvera son sommet de 1929 qu’en 1950, tant nous partons d’un niveau dégradé à la fin du second conflit mondial ; entre 1930 et 1945, l’âge moyen de ce matériel s’est accru de près de 50 %1.

Comme il était logique, la « guerre de Trente ans 1914-1944 » (expression utilisée pour montrer que les deux Guerres mondiales sont liées) a été suivie par un violent mouvement de rattrapage, au sens de « rattraper les Etats-Unis », mais également au sens de « rattraper son retard » par rapport à ce qui aurait pu avoir lieu si la tendance de long terme s’était prolongée sur sa lancée. A cette guerre de 30 ans a répondu un rattrapage de 30 ans (1945-75). Dès que les conditions du redémarrage de l’activité ont été réunies, une vague d’accumulation s’est gonflée, alimentée par la possibilité d’importer l’avance technique déjà acquise par les Etats-Unis, et par l’existence de nombreuses occasions rentables d’investir, elles-mêmes suscitées par l’élimination d’énormes masses de capital. L’âge moyen du matériel d’industrie français s’est ainsi réduit de moitié, passant de quatorze années en 1946 à près de sept ans au début des années 19702. Le renouvellement d’ampleur du stock de capital fixe, son rajeunissement massif et la diffusion accélérée des innovations ont poussé vers le haut la productivité du travail donc du capital, soutenant le taux de profit, entraînant une expansion accélérée. De 1950 à 1973, le taux de croissance annuel moyen du PIB français se situe 3,4 points au-dessus du taux de croissance annuel moyen de ce PIB sur la période 1870-1913, que nous pouvons considérer comme représentatif de la tendance de long terme du rythme de la croissance française d’avant-guerre3.

Un rattrapage qui s’est inévitablement accompagné de bouleversements sociaux qui n’ont pas eu, faute de temps, leur traduction dans une superstructure (institutions, mœurs, culture, etc.) demeurée figée, en décalage total avec une société profondément transformée. Une évolution qui aurait dû avoir lieu de toutes façons a été considérablement retardée par le choc de la guerre de 30 ans, puis réalisée à marches forcées. Obligeant ce faisant la « superstructure » à un ajustement réalisé avec un grand retard, et donc à grand fracas, dans la brutalité d’une explosion.

La bonne image ici est celle de la tectonique des plaques. Celle-ci nous apprend que les plaques continentales glissent l’une sur l’autre. Les poussées sont gigantesques, mais les forces de frottement s’y opposent. L’ajustement tarde à se faire, les forces s’accumulent en des endroits précis et toute la structure lâche d’un coup. C’est le tremblement de terre, qui provoque d’énormes dégâts, mais rétablit, pour un temps, l’équilibre.

VI – Montée en puissance du salariat et apparition des « partenaires sociaux »

Telle est la description que nous pouvons faire si nous suivons la montée en puissance du salariat. Celle-ci se fait aux dépens de la petite production marchande, une petite production qui est, pour l’essentiel, celle de l’agriculture. Or, la grande crise et les deux conflits mondiaux étaient des moments qui n’étaient guère favorables à la mobilité de la main-d’œuvre paysanne, des moments qui incitaient plutôt au repli sur l’exploitation. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant de constater que les effectifs de l’emploi en agriculture sont à peu près les mêmes au début et à la fin de la guerre de Trente ans, passant de 7,601 millions en 1913 à 7,484 millions en 1946. Trente-trois ans sont passés sans pratiquement faire bouger le curseur. Par contre, dès la Libération intervenue, la voie est enfin libre, la croissance économique très rapide et, du coup, la demande de travail particulièrement élevée dans le monde des entreprises. Il s’agit alors de rattraper le temps perdu : de 1946 à 1968, l’emploi salarié s’accroît deux fois plus vite que le rythme auquel il s’était accru de 1913 à 1946. Cet emploi salarié représentait 55 % de l’emploi total en 1913 ; nous sommes à 77 % en 1968. A quelques points près, nous passons de la moitié aux trois-quarts4

Or, l’environnement de petite production (paysannerie, artisanat, etc.) dans lequel le capitalisme a longtemps baigné a, dans le passé, atténué la portée de ses crises. En effet, l’hétérogénéité du milieu économique induit des comportements divergents qui diluent la déferlante. Au contraire, l’homogénéité de ce milieu fait que les agents économiques réagissent de la même façon et frappent tous dans le même sens, ce qui démultiplie l’impact initial. Nous pouvons donc dire que s’il y a prépondérance du salariat, cela crée une continuité des comportements qui déblaie le chemin pour le déferlement des vagues dépressives. Une telle prépondérance est un élément aggravant d’une grande portée dans la propagation et l’amplification des crises. La régulation fordiste a tenté de répondre au nouvel état des choses, un état où, qui dit consommateur, dit salarié. Pour éviter la transformation d’une défaillance passagère en dépression, il fallait soutenir la demande globale le temps que l’activité reparte. Avec le fordisme, il s’agissait, en somme, d’une réponse (temporaire) à l’actualité de la crise à dominante salariale. Ce qui passait par un rôle accru de l’Etat, par une place grandissante des transferts sociaux dans le revenu disponible des ménages, et enfin par l’affirmation d’un nouveau rapport salarial.

On le voit : pour répondre à la rapide généralisation du salariat, le fordisme était une nécessité. Mais cela n’a pas suffi à en faire une réalité. En effet, le patronat s’y est violemment opposé, rejetant tout particulièrement la concertation sociale ainsi que la gestion globale de l’économie sous la conduite de l’Etat. Or – il est frappant de le constater -, pour que ce modèle de concertation sociale se mette véritablement en place, il faudra attendre la grande négociation de 68, il faudra attendre les Accords de Grenelle. Il aura fallu 10 millions de grévistes pour que, brutalement, les pendules soient remises à l’heure, et pour qu’enfin, aux nouvelles exigences de l’économie, on fasse correspondre un nouvel espace de la négociation sociale.
En effet, le « projet de protocole d’accord » de Grenelle traite du SMIG, de la réduction de la durée du travail, de la formation, etc. Mais, pour ce qui nous concerne ici, le point essentiel est celui sur le droit syndical. Pour la première fois, dans le cadre d’un accord tripartite (syndicats, patronat, Etat), la section syndicale d’entreprise est reconnue, la liberté d’en créer garantie, ses moyens d’expression énumérés, les délégués syndicaux protégés, etc. Mais la portée des « Accords » va bien au-delà. Elle tient à leur existence même. Le patronat a toujours voulu imposer l’exclusivité de sa loi au sein de l’entreprise. Les 25, 26 et 27 mai 68, à Grenelle, la société a affirmé avec force sa primauté, celle d’une concertation sociale qui s’introduit dans l’entreprise et la réglemente. C’est à partir de là que l’on parlera, de plus en fréquemment, de « partenaires sociaux », à partir de là que les différents domaines de la vie d’entreprise seront autant de sujets de négociation collective. Mais exit « la double besogne » évoquée plus haut !

VII – Nos tâches

D’abord étudier les évolutions du temps long incluant les grands événements dont les divers Mai 68. Lier ce travail de mémoire avec l’analyse et la bataille actuelle. Très peu de débats sérieux ont eu lieu pour ce cinquantenaire de Mai 68. Alors que le mouvement réformateur néolibéral a, contrairement à notre camp, pris les bonnes mesures pour que l’oligarchie garde le pouvoir. Tant sur le plan de la bataille pour l’hégémonie culturelle néolibérale que sur les modifications de l’importance des classes sociales, de l’externalisation des coûts et des délocalisations qui ont supprimées les grandes concentrations ouvrières, des modifications de l’urbanisme, du changement des institutions, de l’éradication des conquis de 1945, de l’incorporation des demandes sociétales pour mieux combattre le social, le laïque et l’écologie refondée, etc.

Il nous reste à faire le travail que la majorité des militants rechignent à faire, à savoir faire une analyse critique, matérialiste, dialectique, du réel pour se préparer à la prochaine crise paroxystique, pour voir promues les conditions de la révolution avec la ligne politique, la stratégie et les organisations nécessaires.

Alors, on en débat quand ?

  1. Isaac Johsua, Une trajectoire du capital. De la crise de 1929 à celle de la nouvelle économie, Syllepse, pp. 50, 51, 53. []
  2. Isaac Johsua, Une trajectoire du capital…, ouvrage cité, p. 58. []
  3. Isaac Johsua, Une trajectoire du capital…., ouvrage cité, p.57. Données en volume. []
  4. Pierre Villa, Un siècle de données macro-économiques, INSEE, 1994. []
Par
Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org


Voir tous les articles de