Europe

Poussée de la gauche de transformation sociale et de l’extrême droite en Grèce

lundi 7 mai 2012
Par
Co-animateur du Réseau Éducation Populaire (REP). Co-auteur de : Néolibéralisme et crise de la dette ; Contre les prédateurs de la santé ; Retraites, l'alternative cachée ; Laïcité: plus de liberté pour tous ; Penser la République sociale pour le 21e siècle ; Pour en finir avec le "trou de la Sécu", repenser la protection sociale du 21e siècle.

Les élections législatives grecques ont donné les résultats suivants :

  • Extrême droite néonazie – Aube dorée – 7 % – 21 sièges
  • Droite néolibérale – Nouvelle démocratie – 18,9 % – 108 sièges
  • Droite anti-austérité – Grecs indépendants – 10,6 % – 33 sièges
  • Gauche néolibérale – PASOK – 13,2 % – 41 sièges
  • Gauche démocratique (scission de droite de Syrisa) – 6,1 % – 19 sièges
  • Coalition de la Gauche radicale- SYRIZA- 16,8 % — 52 sieges
  • 

Parti communiste anti-unitaire – KKE – 8,5 % — 26 sieges

COMMENT FONCTIONNE LE MODE ÉLECTORAL GREC POUR LES LÉGISLATIVES

Pour comprendre ce tableau, il faut comprendre le mode électoral grec pour les législatives.
Depuis 2004, c’est un système mixte, basé sur le scrutin proportionnel avec une dose de scrutins majoritaires (loi « Skandalidis », du nom du député socialiste qui en est l’inspirateur).
Le but de ce mode de scrutin est que le Parlement exprime la diversité des opinions tout en renforçant le parti arrivé en tête pour faciliter la formation d’une majorité parlementaire.
Pour qu’un parti grec entre au Parlement, il doit recueillir 3 % des voix.
Sur les 300 sièges du Parlement, 250 sont attribués à la proportionnelle calculée en ne prenant en compte que les partis ayant dépassé 3 %.
Les 50 sièges restants sont attribués au parti ayant obtenu le plus de voix, quel qu’ait été le pourcentage obtenu.

Pour qu’un parti politique grec puisse devenir majoritaire, c’est-à-dire obtenir au moins 151 députés sur 300 au Parlement, il doit donc obtenir 40,4 % du total des voix des partis ayant dépassé 3 %.
Par conséquent, plus le pourcentage total des partis ayant obtenu moins de 3 % est grand, moins le parti arrivé en tête a besoin d’un score important pour avoir la majorité absolue au Parlement.
Un exemple : si le pourcentage total de tous les partis à moins de 3 % est de 3 %, la proportionnelle se calcule sur la base des 97 % restants, ce qui signifie qu’un parti voulant gouverner seul doit atteindre : 97×40,4 %= 39,18 % soit environ 39,2 %. Si le pourcentage total de tous les partis à moins de 3 % est de 5 %, la proportionnelle se calcule sur la base des 95 % restants, ce qui signifie qu’un parti voulant gouverner seul doit atteindre : 95×40,4 %= 38,38 % soit environ 38,4 %.

ANALYSE

Le premier commentaire est de déplorer le caractère anti-unitaire du KKE qui aurait permis avec une alliance Syrisa-KKE qui aurait alors pris les 50 postes supplémentaires qui auraient été enlevés à la droite néolibérale. La gauche aurait alors été majoritaire avec l’équivalent du Front de Gauche en groupe majoritaire dans la majorité de gauche.

La coalition de la gauche radicale SYRIZA arrive première dans toutes les grandes villes et pour les moins de 55 ans. Le PC recule dans ses bastions populaires. Les néonazis sont partout présents et font une grande percée dans les villes. Le PASOK est désormais absent des grandes villes. Les enquêtes montrent que SYRIZA doit son succès à sa promesse d’essayer de former un gouvernement de gauche annulant les Memoranda (politique d’austérité) et en ne payant pas la dette illégitime.

Nous voyons donc se déployer notre analyse à savoir que l’approfondissement de la crise entraîne une poussée de la gauche anti-libérale et de l’extrême droite. Il est donc nécessaire d’étudier avec sérieux les conditions de la transformation sociale et politique que nous avons déployées dans nos deux derniers éditoriaux.

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Co-animateur du Réseau Éducation Populaire (REP). Co-auteur de : Néolibéralisme et crise de la dette ; Contre les prédateurs de la santé ; Retraites, l'alternative cachée ; Laïcité: plus de liberté pour tous ; Penser la République sociale pour le 21e siècle ; Pour en finir avec le "trou de la Sécu", repenser la protection sociale du 21e siècle.

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