Reconstruire la France par une République sociale

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La France s’enfonce : augmentation phénoménale des injustices sociales, 7 millions de chômeurs en prenant en compte les cinq catégories de l’INSEE, 10 millions de pauvres, mépris grandissant du prolétariat employé et ouvrier y compris à gauche, les dix principes républicains et sociaux (liberté, égalité, fraternité, laïcité, démocratie, solidarité, universalité, sûreté, souveraineté populaire, développement écologique et social) en berne, la sphère de constitution des libertés (école, services publics, sécurité sociale) ouverte à la prédation, la soumission « en même temps » au néolibéralisme et à l’ordolibéralisme allemand, la vague étasunienne moraliste, essentialiste, victimaire, identitaire qui envahit la France en commençant sur sa gauche, un extrême centre macroniste avec ses 9 scandales – pour l’instant – de sa politique contre le virus Sars-Cov-2, le poumon industriel français décapité. En fait une étrange mise à l’écart de la France est organisée.

Les 10 plaies citées aboutissent de fait au constat terminal du paragraphe précédent. Sur les 8 premiers, les articles de ReSPUBLICA et les ouvrages de la « Librairie militante » de ReSPUBLICA en ont abondamment parlé. Nous allons donc préciser ci-dessous les deux dernières plaies insuffisamment présentées.

Les scandales de la politique sanitaire contre le Sars-Cov-2 du dispositif Macron

Après le scandale des masques et des tests avant le premier confinement, on a vu le retard incroyable de la France sur le séquençage du virus et de ses mutations et ce premier déconfinement mal planifié. Nous avons vu la France, seul pays membre permanent du Conseil de sécurité à ne pas être capable de produire un vaccin malgré nos « fleurons » scientifiques et industriels… tout en augmentant considérablement le montant de ses dividendes. Ensuite, on a vu l’incapacité de la France d’acheter efficacement les vaccins existants, puis la distribution erratique de ces vaccins. Nos eurolâtres ont encensé la capacité de l’UE d’avoir dirigé et distribué ces vaccins. Patatras, nous apprenons par le journal Le Monde que les premières livraisons de vaccins fin décembre ont fourni 9750 doses à l’Italie, 19500 à la France et 151125 à l’Allemagne ! Voilà ce qu’on appelle dans l’UE une distribution équitable.

Et rappelons que le confinement n’est pas la meilleure solution et n’est utilisé que parce que les politiques d’austérité menées dans les hôpitaux publics n’ont autorisé que 5000 lits de réanimation pour 68 millions d’habitants et que la politique d’austérité empêche d’employer la meilleure solution pour combattre le coronavirus. Et répétons que la meilleure solution et la moins meurtrière (et de loin) est celle du triptyque « tester les symptomatiques avec résultat dans la journée, tracer rapidement tous les cas contacts et isolement strict des testés positifs en hôtels hospitaliers pour ceux qui ne peuvent s’isoler chez eux ».

Le constat de la décapitation de l’industrie française

Jouons au jeu de la vérité. La part de l’industrie dans le PIB est de 24 % pour l’Allemagne, 21,7 % pour l’Autriche, 20,5 % pour la Finlande, 19 % pour l’Italie, 18,2 % pour la Suède, 17 % pour le Portugal, 16 % pour l’Espagne, 15 % pour les Pays-Bas. Question : quelle est la part de l’industrie dans le PIB en France ?

Deuxième question : quelle est la part de la recherche-développement par rapport au PIB français sachant que pour la Suède, cette part est de 3,39 %, celle de l’Autriche 3,19 %, celle de l’Allemagne 3,17 % et celle de la Finlande 2,79 % ?

Eh bien, la réponse à la première question est 13 % (on fait tout juste mieux que la Grèce qui est à 12 %) ! Et la réponse pour la deuxième question est 2,19 % !

Continuons ! En 2019, la France et l’Allemagne dépensaient toutes les deux 11,2 % du PIB pour la santé mais par habitant l’Allemagne dépensait 20 % en plus (5 900 dollars contre 4 900).

Et là, on ne peut pas incriminer seulement les politiques néolibérales mais la politique spécifique de l’oligarchie capitaliste française à laquelle se sont soumis tous les gouvernements depuis le 3ème gouvernement Mauroy jusqu’à nos jours et donc y compris les gouvernements Jospin, Ayrault et Valls ! Ayant eu la peur de leur vie suite à la plus grande grève de l’histoire de France en mai 68, ils ont préféré décapiter l’industrie française pour casser la classe ouvrière tout en enclenchant un processus de délocalisations terrifiantes et une gentrification féroce pour que les élites puissent ne plus voir la classe populaire ouvrière et employée pour pouvoir développer librement leur mépris de classe. Et il y a encore des militants et des citoyens qui s’étonnent que la France a développé le mouvement des gilets jaunes et pas les autres pays ?

Répéter c’est enseigner : un emploi industriel crée trois emplois induits. Et il y a encore des hommes et des femmes politiques, des intellectuels, des journalistes, qui ânonnent depuis des décennies « créons des emplois » ! Non, il faut créer de l’emploi industriel pour lutter contre le chômage. Et si le capitalisme français n’en est plus capable, et si ce dernier n’est capable que de nous mettre au pouvoir des illusionnistes, tournons la page du capitalisme et construisons une société post-capitaliste d’abord en développant un discours politico-culturel contre-hégémonique !!! Et alors, on pourra créer les postes de services pour répondre aux besoins sociaux des citoyens et de leurs familles ! Et puis, cela nous évitera de rendre la France de plus en plus soumise au grand capital. Dans les formations du Réseau Éducation Populaire, une animation vidéo de quelques minutes montre comment la France est passée des années 60 à nos jours de la deuxième place économique à la septième place parmi les autres nations. Il est temps d’arrêter cette descente aux enfers.

Nous allons voir pour les élections prochaines de 2021 et de 2022, quels seront les candidats et les organisations politiques qui privilégieront le point de vue que nous présentons ici. Car il ne suffit pas de se déclarer radical ou révolutionnaire dans l’abstrait pour l’être, il faut l’être concrètement !

« Si tout le monde se résigne, nous ne sommes plus un pays de liberté », la sœur de Samuel Paty

Mais reconstruire la France, c’est aussi renouer avec les principes émancipateurs énoncés lors des périodes lumineuses de son histoire du 18ème siècle à nos jours. Nous en profitons pour saluer la décision de l’association des professeurs d’histoire-géographie (APHG) de créer un prix Samuel Paty avec sa famille. Devant toutes les lâchetés que nous avons pu voir avant et après son assassinat, l’APHG inaugure un prix à son nom pour des raisons qui sont expliquées par la sœur de Samuel Paty.
Pour ne pas se résigner, oser les 10 principes républicains et sociaux que nous avons présentés en ce début d’article et dans notre livre sur la République sociale.