Quelle empreinte carbone pour la France ?
En 2024, l’empreinte carbone de la France est estimée à 563 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 éq). Ramenée à l’ensemble de la population, l’empreinte carbone est de 8,2 t CO2 éq par personne, légèrement inférieure à la moyenne de l’UE. Les émissions importées représentent la moitié de l’empreinte. L’empreinte carbone de la France a diminué de 20 % depuis 1990 sous l’effet de la réduction des émissions intérieures (- 34 %, y compris celles des ménages), tandis que celles associées aux importations se sont légèrement accrues (+ 2 %). Cette réduction est-elle due à la désindustrialisation ? En partie certainement. Ce n’est qu’un constat et en aucune manière une position défavorable à une sérieuse politique de transition écologique. Une réindustrialisation et une relocalisation de la production sont nécessaires à condition d’être vertueuses par rapport aux enjeux climatiques, ainsi qu’aux enjeux de préservation de la biodiversité et de réduction de la pollution.
Répartition des sources de cette empreinte
Les émissions associées aux importations représentent la moitié de l’empreinte (50 %, soit 284 Mt CO2 éq). Parmi celles-ci, 110 Mt CO2 éq (19 %) sont associées à des biens et services destinés à la demande finale intérieure et 174 Mt CO2 éq (31 %) à des importations de matières premières ou des produits semi-finis pour répondre aux besoins de l’appareil productif en France.
Les émissions intérieures (50 %) se composent de 99 Mt CO2 éq émises directement par les ménages (18 %) via l’équipement de chauffage de leur logement ou la combustion de carburants de leurs véhicules et de 180 Mt CO2 éq (32 %) associées à la production intérieure de biens et services destinés à la demande finale française.
Deux chiffres doivent être également étudiés. Les émissions intérieures liées aux exportations représentent 125 Mt CO2 éq. L’empreinte carbone d’un français est supérieure de 42 % à la moyenne mondiale.
Jamais les minima conventionnels des salaires n’ont été autant en dessous du SMIC
Nous disons depuis des années que toute la politique d’exonérations de cotisations sociales produit une trappe à bas salaire. La seule indexation qui n’a pas été supprimée par les gérants de nos oligarques est la revalorisation du SMIC. Du fait de l’augmentation de l’inflation, le SMIC a été augmenté au 1er juin 2026 dernier de 2,41 %. Ceci a eu pour conséquence un tassement des grilles de rémunérations. 862 000 agents publics se sont retrouvés en dessous du SMIC réactualisé. 2,2 millions de salariés du secteur privé également (soit 14,2 % des salariés). Donc, environ 3 millions de salariés ont été revalorisés.
La tendance au renforcement de la part des smicards dans le salariat est visible pour qui sait regarder. Pour la première fois, 126 branches professionnelles sur 179 ont eu leurs minima conventionnels en dessous du SMIC. C’est le résultat de la politique d’exonérations de cotisations sociales salariales qui conduit à la double peine pour les travailleurs à faible salaire. Les travailleurs à bas salaire voient la suppression d’une part croissante de leurs salaires socialisés en direction de la Sécurité sociale (ce qui diminue les recettes des services publics financés par la Sécurité sociale) et ne bénéficient que rarement d’augmentations de salaire par leur entreprise.
Comme l’année dernière, Patrick Martin, président du Medef, frappe fort pour défendre les intérêts de la grande bourgeoisie
La récréation médiatique est terminée. Patrick Martin, président du Medef, donne le « la » pour que les gérants du capital entrent en scène. Marine Le Pen, Bruno Retailleau, Edouard Philippe, Gabriel Attal et peut-être Raphaël Glucksmann font travailler leurs équipes sur cette base. Le représentant du grand patronat a dévoilé ses 50 mesures pour faire 100 milliards d’euros d’économies d’ici à 2030, dont 44 milliards dès l’année 2027.
Vous avez aimé le débat budgétaire des budgets de l’État (PLF) et de la Sécurité sociale (PLFSS) de l’année 2026 ? Vous allez adorer celui pour l’année 2027, qui sera encore plus antisocial que le précédent. En avant les exonérations de cotisations sociales et l’octroi de 25 milliards d’euros, dont 16 pour les cotisations dites patronales afin de financer les dividendes. Pour le bouclage financier, la fameuse TVA dite sociale, celle qui est la plus défavorable aux travailleurs, serait augmentée de deux points. Et puis, bien sûr, un alourdissement de la fiscalité de 6 milliards serait acté pour les retraités. Une montée nationale est en discussion, pour le mois de novembre, dans le « groupe des 9 » qui représente le syndicalisme des retraités. Proposons aux syndicalistes de salariés de les rejoindre le même jour !
Les budgets 2027 (PLF et PLFSS) en préparation, plus antisociaux, tu meurs !
Le couple Macron-Lecornu prépare une accélération du processus austéritaire dès la discussion budgétaire d’octobre 2026 pour les budgets de l’État et de la Sécurité sociale (PLF et PLFSS) de l’année 2026. Alors que la date limite est la fin de l’année 2026, il déclare qu’il souhaite une adoption avant « février » ! Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, déclare également qu’il « n’y aura pas de hausse d’impôts », y compris de hausse d’impôts des plus riches. Alors que l’on sait que le haut de l’échelle en revenus ou en patrimoine paie en pourcentage beaucoup moins d’impôts et de cotisations sociales que la majorité des salariés.
Le comité d’alerte sur les finances publiques réuni le 7 juillet a décidé 1 milliard de nouveaux crédits gelés sur les budgets 2026 qui font suite aux 6 milliards du mois d’avril. Sans dire où ces nouvelles coupes auront lieu. Un troisième comité d’alerte sera convoqué plus tard s’il y a de nouvelles « dérives », notamment dans les collectivités locales !
Le Premier ministre souhaite aussi mettre dans le débat budgétaire à l’automne le remboursement de médicaments « qui ne servent plus à grand-chose » (sic !) ou le coût des arrêts maladie, « mère de toutes les batailles » (sic !), qui ne peut « pas attendre la présidentielle » (sic !).
Après les reculs écologiques de l’épisode des dix ans de l’extrême centre macroniste, le couple Macron-Lecornu va-t-il continuer à faire reculer la transition écologique et énergétique, alors que le fiasco gouvernemental est patent avec les canicules directement liées au dérèglement climatique et aux gaz à effet de serre ?
Le gouvernement d’extrême centre est hostile à la loi spéciale visant à une simple reconduction des budgets précédents. Il a donc délégué Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, pour défendre l’idée d’un passage en 49-3 afin de faire passer un budget « sobre, technique, raisonnable. »
L’extrême centre et la bureaucratie gouvernementale participent du recul démocratique
Hadrien Mathoux du journal Marianne remarque le lien entre la bureaucratie de l’État et le recul démocratique français quand le citoyen n’est plus en mesure de comprendre comment fonctionne l’État alors qu’il est censé être partie prenante de la souveraineté du peuple.
La Cour des comptes a dénombré 474 dispositifs de niches fiscales (exemptions et crédits d’impôt notamment). La direction générale des finances publiques estime qu’il y a environ le même nombre d’impôts et taxes. Sans compter les 1 153 organismes publics nationaux ou agences dénichés par un rapport sénatorial ni les opérateurs. Le contournement des « rigidités de l’administration » a bon dos ! Sans oublier le « millefeuille » des collectivités dont la justification n’est plus possible. Et, bien sûr, les exemptions, particularismes et statuts particuliers à foison.
La part des salaires dans les richesses produites a baissé de 8,2 points de PIB depuis 1981
La part des salaires par rapport aux richesses produites (somme des valeurs ajoutées) en 1981 était de 73,8 %. En 2024, elle a été abaissée à 65,6 % par les néolibéraux de l’extrême centre, de la droite et de la gauche. Soit un écart de 8,2 points de PIB. Ce qui représente, avec un PIB de 3 000 milliards d’euros environ, une somme équivalente aux aides de l’État aux entreprises sans contreparties (211 milliards d’euros selon la commission économique du Sénat et 270 milliards d’euros selon les auteurs du livre Le grand détournement).
