Appel aux dons

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Comme chaque année au mois d’octobre, nous revenons pour vous demander de soutenir financièrement ReSPUBLICA. Vous êtes notre seule source de financement. Notre indépendance politique est à ce prix.

Et, cette année, notre appel intervient dans une situation d’une exceptionnelle gravité, car la France va mal, très mal. La crise économique, sociale, politique et démocratique que nous analysons depuis des années est désormais face à nous.

Après presque dix années de macronisme, derrière les discours lénifiants sur l’attractivité et la réindustrialisation, la désindustrialisation continue. Des usines ferment, des emplois productifs disparaissent, des territoires entiers s’enfoncent et les services publics sont partout fragilisés. À cela s’ajoute désormais le spectre d’une crise financière. La dette publique atteint des sommets et la France se trouve dangereusement exposée à une crise de la dette qui pourrait demain servir de prétexte à une nouvelle offensive contre les retraites, la Sécurité sociale, les services publics et l’ensemble de nos conquêtes sociales.

Pendant ce temps, le Rassemblement national attend son heure. Une partie du peuple français est à bout. À bout des promesses non tenues, du mépris social, du recul des services publics, de l’impuissance politique. Et lorsqu’un peuple ne voit plus d’issue, il peut être tenté de tout essayer. Y compris les pires erreurs. Le danger est là. Mais dénoncer le RN ne suffit pas. Encore faut-il comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là.

Et la gauche porte une part importante de responsabilité. Divisée, enfermée dans ses querelles d’appareils, ses stratégies électorales et ses calculs à courte vue, elle a perdu, parfois volontairement pour le Parti socialiste, le lien avec une partie importante des couches populaires. Par ailleurs, une partie de la gauche, et singulièrement La France Insoumise, a abandonné le combat laïque, alors qu’il constitue à nos yeux la première condition politique de l’unité populaire, alors que le principe de laïcité se suffit à lui-même et n’a pas besoin d’être adjectivé. Adjectiver la laïcité, c’est réduire sa portée émancipatrice et libératrice.

À force de substituer les identités particulières à ce qui nous est commun, de céder au communautarisme et à certaines dérives du wokisme, cette gauche s’éloigne de l’universalisme républicain. Or, on ne construira pas l’unité du peuple en le découpant en communautés, en origines ou en identités. La République sociale suppose au contraire de rassembler autour de ce qui est commun pour mener ensemble le combat pour l’émancipation.

Et, comme si cela ne suffisait pas, la guerre menace de plus en plus l’Europe. La guerre en Ukraine se poursuit, le risque de son extension grandit et la course au réarmement s’accélère. Nous sommes bien dans cette « zone des tempêtes » que ReSPUBLICA décrit depuis plusieurs années.

Alors, faut-il désespérer ? … Certainement pas ! Car, au milieu de cette sombre situation, une soudaine étincelle a brillé : la jeunesse. Alors que l’espoir semblait avoir disparu, alors que beaucoup pensaient la mobilisation revendicative devenue impossible, une partie de la jeunesse a ramassé l’étendard du mouvement social tombé à terre. Elle s’est levée courageusement et s’est lancée dans le combat pour la justice et l’égalité, contre les inégalités et contre la liquidation des services publics. Cette révolte, cette énergie, ce refus du monde qu’on lui prépare constituent une magnifique raison d’espérer.

Il faut maintenant transformer cette révolte en projet d’émancipation. Et ce projet existe. C’est la République sociale. Une République laïque, sociale, démocratique, écologique, universaliste et souveraine, capable de rassembler le peuple autour de l’intérêt général. Et quelque chose bouge également sur le terrain des idées. Nous le constatons dans les réactions à nos articles, dans les rencontres et les débats auxquels nous participons : notre discours laïque, social et républicain passe de mieux en mieux. La nécessité de reconstruire une perspective politique articulant la question sociale, la laïcité, les services publics, la souveraineté populaire et l’universalisme républicain rencontre un écho croissant.

Voilà pourquoi ReSPUBLICA est utile. Voilà pourquoi ReSPUBLICA doit grandir.

Chaque semaine, bénévolement et en toute indépendance, nous essayons d’analyser, de débattre, de proposer. De donner des arguments plutôt que des slogans. De participer, avec nos moyens, à la reconstruction intellectuelle et politique du camp de la République sociale.

Mais, pour mener la bataille des idées, il faut des outils. Et pour faire vivre ces outils, disons les choses simplement : il faut aussi de l’argent ! Pas celui des banques. Pas celui des grands groupes. Pas celui d’un milliardaire qui achèterait un journal comme on achète de l’influence. Le vôtre ! Celui de nos lectrices et de nos lecteurs. Car c’est précisément votre soutien qui garantit notre indépendance. Nous avons besoin de moyens pour améliorer ReSPUBLICA, élargir notre audience, organiser des rencontres, diffuser davantage nos analyses, réaliser des vidéos, des podcasts, réaliser des émissions radiophoniques, bref, faire entendre plus fortement cette voix laïque, sociale et républicaine.

Alors, comme chaque année, nous faisons appel à vous. Donnez selon vos possibilités. Un peu, beaucoup, davantage si vous le pouvez ! Mais donnez. Et faites connaître ReSPUBLICA autour de vous. Car, dans la tempête qui vient, nous aurons besoin d’idées claires, de convictions solides et, surtout, d’une espérance politique. Cette espérance porte un nom : la République sociale.

Faisons-la vivre. Et pour cela, faisons vivre ReSPUBLICA !

Votre Comité de Rédaction