Comprendre les déceptions du « printemps arabe » implique d’analyser la situation sociale et politique dans les pays arabes et/ou musulmans – et au delà

Dans un de ses textes, Tariq Mira (député algérien de Bejaïa) rappelle que Mario Vargas Llosa, futur prix Nobel, déclarait, alors qu’il devait participer à un colloque d’écrivains latino-américains « Le Mexique, c’est une dictature presque parfaite parce qu’invisible ». Il fut expulsé. (suite…)

Les intégrismes religieux unis contre la liberté d’expression : c’est en France que ça se passe !

Fanatisés par leur conception particulière de la religion, des intégristes catholiques s’en sont pris à la liberté de création et de représentation théâtrale (Sur le concept du visage du fils de Dieu, de Romeo Castellucci au Théâtre de la Ville), causant de graves troubles à l’ordre public. Si les précédents ne manquent pas (attentat de 1988 contre un cinéma projetant La dernière tentation du Christ de Martin Scorsese, saccage récent de l’œuvre Piss Christ d’Andres Serrano), le plus étonnant cette fois est le soutien apporté par un contingent d’intégristes musulmans dont les propos confus sont rapportés sur le site islamenfrance.fr. C’est par ailleurs sur ce site qu’a été publié le 31 octobre un appel « pour rigoler » à brûler Charlie Hebdo. (suite…)

Charlie Hebdo et création artistique

Tout le monde a besoin de laïcité ! En France comme ailleurs,la création artistique ne doit pas être interdite par les religieux intégristes ! Le PG condamne l’incendie criminel qui a frappé les locaux du journal Charlie Hebdo cette nuit. Même si nous ignorons encore l’identité des coupables, il nous…

Au nom de la démocratie : ce que les laïques et les femmes ont à perdre dans les élections tunisiennes

À la veille des élections en Tunisie, élections qui vont déterminer l’avenir du pays ainsi que celui du monde arabe, les bien-pensants occidentaux et les intégristes musulmans se réjouissent en choeur des « premières élections libres de Tunisie » et de son accession à la « démocratie ». (suite…)

Tunisie : Opération « Aatakni », retour aux fondamentaux révolutionnaires

L’affaire Persépolis n’en finit pas de créer des remous en Tunisie. A une semaine d’élections censées représenter l’aboutissement du processus révolutionnaire, une partie de la jeunesse révolutionnaire se mobilise comme au bon vieux temps et remet ça. Celle-là même qui avait été à l’avant-garde du combat contre la censure ayant mené à terme à la chute du régime. Cette fois sa cible est double : les autorités judiciaires et leur tentation réactionnaire, ainsi que l’ordre moral qui a survécu à la dictature.  (suite…)

Livre : Le Rendez-vous des civilisations

L’ouvrage, Le Rendez-vous des civilisations, de Youssef Courbage et d’Emmanuel Todd (1)Le Rendez-vous des civilisations, Youssef Courbage et Emmanuel Todd, édition du Seuil, 2007, Paris
Youssef Courbage est démographe et Emmanuel Todd est historien et anthropologue.
se veut une réponse à des thèses telles que celles contenues dans des livres tels que celui du, Choc des civilisations, du néoconservateur états-unien, Samuel Huntington, membre du courant politique, connu comme l’un des instruments les plus serviles du complexe militaro-industriel états-unien. (suite…)

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 Le Rendez-vous des civilisations, Youssef Courbage et Emmanuel Todd, édition du Seuil, 2007, Paris
Youssef Courbage est démographe et Emmanuel Todd est historien et anthropologue.

Algérie. Chérifa Bouatta : la révolution arabe en cours « réfute la thèse des « spécifités », qui condamnaient nos peuples à vivre sous la dictature »

Madame Chérifa Bouatta est en Algérie, professeure de psychologie à l’université d’Alger, membre d’une association de psychologue, la SARP, et directrice de la revue, Psychologie. Elle est aussi membre, depuis les années 1980, de l’association, Défense et promotion des droits des femmes. Cette association revendique l’égalité totale des droits entre les hommes et les femmes. Mais pas seulement, parce que l’expérience des autres pays leur a montré l’insuffisance de l’égalité juridique. C’est pour cette raison qu’elle estime qu’il leur faut être vigilantes, car les pouvoirs politiques en place, peuvent facilement brader les droits des femmes, lesquelles sont partie prenante de tous les mouvements sociaux et politiques, qui traversent leurs pays, en l’occurrence l’Algérie. Enfin, Madame Bouatta est également membre du récent Observatoire national contre les violences faites aux femmes, en Algérie. (suite…)

Peut-on faire confiance aux islamistes?

Le monde arabe est en pleine ébullition depuis plusieurs mois. Devenus le centre d’attention d’un monde qui l’avait ignoré jusque là, les pays que l’on a coutume d’appeler « arabo-musulmans » se sont soudainement réveillés depuis la mort du désormais célèbre Mohamed Bouazizi, qui ne fut que l’un des éléments déclencheurs d’une révolution qui bouillonnait déjà dans les esprits de pas mal de Tunisiens. Révolution tunisienne qui, comme le fit jadis la grande révolution de 1789, servit elle-même ensuite de phare guidant les pays avoisinants sous le joug de dictatures et de régimes religieux totalitaires. La chute du despote Ben Ali ne fit que raviver la flamme de ces peuples avides de liberté, entrainant la chute d’un deuxième dictateur, véritable frère jumeau du premier tant dans les idées que dans l’apparence, le dénommé Moubarak. Ces deux chutes créèrent une onde de choc sans pareille, provoquant séismes démocratiques, affolant tyrans et totalitaires et redonnant de l’espérance à des populations qui en manquaient cruellement. (suite…)

Pays-bas : de quel antisémitisme parlons-nous ?

Article extrait de la Lettre d’information du Centre communautaire laïc juif

Figure marquante du parti libéral néerlandais, Frits Bolkestein a appelé les Juifs des Pays-Bas à émigrer en raison de l’antisémitisme qu’il attribue aux jeunes Marocains. Simon Epstein, historien israélien spécialiste de l’antisémitisme, et Maurice Swirc, journaliste néerlandais, réfutent cette vision catastrophiste dans l’analyse qu’ils font de la situation néerlandaise. (suite…)

Tunisie. Bochra Belhadj Hmida : « pas de démocratie sans l’égalité totale entre les hommes et les femmes »

Notre journal militant, ReSPUBLICA, poursuit sa campagne de solidarité avec le peuple et les démocrates tunisiens dans la révolution qu’ils viennent de déclencher dans leur pays, et qui s’est soldée en premier lieu par la fuite du président dictateur, Zine al Abidine Ben Ali.
Bochra Belhadj Hmida, figure de proue du féminisme en Tunisie a accepté de répondre de Tunis à nos questions, afin de mieux faire connaître à nos lecteurs la lutte des femmes tunisiennes et les enjeux actuels quant à leurs droits.
(suite…)

L’héritage des parents collatéraux en islam : une spoliation

Il faut savoir qu’en islam, l’inégalité en matière d’héritage ne consiste pas seulement au fait que la femme reçoit la moitié de la part impartie à l’homme. Cette inégalité consiste également en plusieurs autres dispositions tout aussi iniques et scandaleuses : entre frères et sœurs, entre conjoints, entre enfants biologiques et enfants « adoptif » (1)Selon le Code algérien de la famille, l’enfant « adoptif » en islam n’a pas droit automatiquement. Il faudrait que son tuteur lui attribue par voie testamentaire une part n’excédant pas le tiers de la valeur monétaire du bien hérité. Toutefois, le tuteur peut lui octroyer davantage, à condition qu’il obtienne l’accord des autres héritiers. Ceci du fait que l’islam avait interdit l’adoption, pour que Mohammed, le Prophète des musulmans, déjà polygyne, puisse avec la bénédiction d’Allah épouser une femme, envers laquelle il a eu le coup de foudre. Il s’agissait de Zeineb, la femme de Zeid, son fils adoptif, que celui-ci a dû divorcer à cette fin. C’est pour cette raison qu’Allah substitua dans le Coran le tutorat sur l’enfant à l’adoption, qui existait depuis des siècles en Arabie préislamique et même à l’aube de l’islam. (Voir mon article).(suite…)

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 Selon le Code algérien de la famille, l’enfant « adoptif » en islam n’a pas droit automatiquement. Il faudrait que son tuteur lui attribue par voie testamentaire une part n’excédant pas le tiers de la valeur monétaire du bien hérité. Toutefois, le tuteur peut lui octroyer davantage, à condition qu’il obtienne l’accord des autres héritiers. Ceci du fait que l’islam avait interdit l’adoption, pour que Mohammed, le Prophète des musulmans, déjà polygyne, puisse avec la bénédiction d’Allah épouser une femme, envers laquelle il a eu le coup de foudre. Il s’agissait de Zeineb, la femme de Zeid, son fils adoptif, que celui-ci a dû divorcer à cette fin. C’est pour cette raison qu’Allah substitua dans le Coran le tutorat sur l’enfant à l’adoption, qui existait depuis des siècles en Arabie préislamique et même à l’aube de l’islam. (Voir mon article).