Economie

La chimère d’une monnaie nationale complémentaire de la monnaie unique

mercredi 17 juin 2015
Par
Universitaire.
Auteur de "Néolibéralisme et crise de la dette, aux éditions "Osez la République Sociale"

La critique que j’ai consacrée en avril dernier à l’hypothèse de l’euro-drachme  a suscité une réaction de M. Bernard Guibert et un échange par courrier électronique s’en est suivi.
L’argumentation de M. Guibert, reprise en note1 mérite que l’on s’y attarde longuement, car au-delà des points d’analyse monétaire qu’elle soulève, elle renvoie implicitement à une stratégie politique de gestion de la crise qui se développe depuis quelque temps dans la mouvance alter-européiste et que l’on peut qualifier de fort dangereuse pour la République. En effet, suivre les européistes qui souhaitent sauver l’euro en le complétant par des monnaies nationales circulant en parallèle, conduirait ni plus ni moins à organiser une sorte de dualisme social du pays : d’une part ceux qui seront intégrés dans l’accumulation mondialisée du capital, d’autre part ceux qui vivront leur vie « à côté », en parallèle. Cette stratégie n’est pas forcément pensée en toute conscience, mais cette philosophie sociale délétère pour la république est bien sous-jacente.

La première chose à clarifier est la nature du régime monétaire : monnaie unique, monnaie commune, monnaie complémentaire, etc. C’est une caractérisation approximative de ces régimes qui permet de tenir un discours visant, non pas à rejeter en bloc la construction européenne issue de Maastricht, mais simplement à la corriger du « vice de construction de la monnaie unique » résultat des « dogmes consternants de l’ordo-libéralisme ». Selon ce discours, ce n’est pas le principe de fonctionnement de l’euro qui impose l’austérité à ses utilisateurs, mais sa nature juridique. Il serait dès lors possible de corriger ledit « vice de construction » de l’euro en le complétant par des monnaies nationales parallèles. Dès lors, les utilisateurs de cet euro ainsi ravalé au statut de monnaie commune, retrouveraient leur souveraineté monétaire perdue et pourraient échapper aux diktats ordo-libéraux inscrits dans le marbre des Traités.

La réalité est tout autre quand on examine de près l’architecture des différents régimes existants ou proposés. Car, d’abord, la monnaie unique n’est pas une monnaie au sens où on l’entend généralement. D’abord, une monnaie au sens plein doit s’adosser à un pouvoir politique : pas de monnaie du capitalisme sans État-nation, donc pas d’euro monnaie unique sans Europe fédérale. Ensuite, et plus grave, le schéma proposé implique une société partitionnée en deux : d’un côté ceux qui auront accès la monnaie commune et à l’économie mondialisée, de l’autre ceux qui utiliseront la monnaie nationale dans un circuit territorial plus ou moins fermé. Cette sorte d’apartheid social est déjà là, la montée des économies solidaire ou circulaire en atteste, avec le développement des monnaies locales. On nous propose ici, via les euro-monnaies nationales d’en entériner l’émergence et de l’institutionnaliser.

Monnaie et république

Le mot république désigne deux choses : la chose publique, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas privé, qui appartient à tous, et le régime politique d’un État-nation démocratique, c’est-à-dire dans lequel le peuple élit la direction de l’État.

Le rapport étroit entre ces deux sens du mot est évident, mais dans une société de classes il peut être vide de sens. La république reste formelle si la classe dominante détient seule l’ensemble des leviers du pouvoir et impose aux classes dominées leurs conditions de vie : Jaurès savait qu’une vraie république devait être sociale, et qu’à cette fin, la démocratie devait descendre dans l’atelier.

La marche vers la république réelle fait toute sa place au travail : redistribution, services publics, protection sociale, etc. De ce point de vue Keynes était républicain, qui reconnaissait le salaire comme débouché, et non seulement comme coût, et le keynésianisme a pu accompagner l’avancée de la république le temps des Trente glorieuses.

a- Monnaie et production capitaliste

Les libéraux désignent l’économie capitaliste par l’expression « économie de marché », qui n’est pas totalement inappropriée, mais insuffisante, car le marché est vide de rapports de production, et sans production, pas de marché, puisque le marché est production pour autrui. Le marché est à la fois le vecteur et le masque du rapport capitaliste, dont la monnaie est au cœur du fonctionnement.

Dans une économie de marché, la monnaie sert d’équivalent général dans les échanges. Dans le système capitaliste, elle devient le support de la forme argent que prend le capital dans le cycle de sa valorisation : A-M…[Prod]…M’-A’. Au départ du cycle, le système bancaire crée la monnaie en prêtant aux capitalistes l’argent nécessaire pour l’achat des moyens de production et de la force de travail. À la fin du cycle, les capitalistes qui ont pu écouler leur production avec profit remboursent le prêt initial augmenté de l’intérêt à payer. Quand tout va bien, donc, les conditions sociales de la production sont reproduites, monnaie comprise, et le cycle peut recommencer.

Marx et Keynes l’ont tous deux affirmé, c’est dans la production qu’apparaît le surplus de richesse réelle que la circulation fait apparaître comme profit monétaire. C’est dans la production que se joue le sort de la monnaie : les banques la crée si elles croient au profit et le marché valide ce pari quand profit il y a.

b- Monnaie et État-nation

La monnaie est donc d’ordre privé, chaque banque créant sa propre monnaie. Mais les échanges marchands se font entre clients de différentes banques, et c’est le rôle de la banque centrale d’homogénéiser ces différentes monnaies en les rendant échangeables entre elles. Ce qui donne à la banque centrale la responsabilité de la pérennité du système bancaire. La politique de la banque centrale est donc au cœur de la reproduction du capital, et en servant en quelque sorte de banque des banques, elle peut veillant à bloquer les paris trop risqués des unes, aider les autres à surmonter des difficultés passagères, etc.

Cette fonction de régulation de la banque centrale passe par sa capacité d’agir sur la quantité de monnaie et sur les mécanismes de fixation du taux de l’intérêt. L’importance de ces deux grandeurs dans la détermination générale des prix donne à la politique monétaire de la banque centrale une dimension directement politique. Les monnaies privées sont ainsi socialisées en monnaie souveraine, qui est monnaie de la république dans la mesure où le peuple contrôle l’action de l’État, ce qui pose la question du périmètre d’action de son pouvoir.

Les purs libéraux expliquent que seuls les marchés peuvent faire émerger la vérité des prix, seule garante de l’intérêt général de la société, et réclament l’indépendance de la banque centrale, afin que règne la rationalité économique2. A contrario, les « interventionnistes », persuadés que l’État peut et doit prendre sa part dans le jeu économique et social, font de la banque centrale un pilier essentiel de son action volontariste3.

Il reste une question essentielle liée la dimension nationale du capitalisme : sauf à vivre en autarcie, la monnaie doit pouvoir couvrir les échanges internationaux et la politique monétaire doit assurer la convertibilité de la monnaie nationale en monnaies étrangères.

Monnaie commune, monnaie unique et souveraineté nationale

L’économie mondiale a fonctionné sous différentes architectures du système monétaire international laissant plus ou moins de latitude à la politique monétaire, de l’étalon-or, qui imposait une discipline rigide, à différentes formes de monnaie dirigée, qui visent à préserver la souveraineté nationale.

Le principe de l’étalon-or repose sur des taux de conversion entre monnaies nationales fixés une fois pour toutes et c’est l’équilibre de la balance des paiements qui dicte la conduite de l’État : en cas de déficit, il faut restaurer ladite compétitivité, en réduisant les coûts salariaux, ce qui dynamise en principe les exportations mais réduit les débouchés intérieurs. L’option de la dévaluation est tout aussi risquée avec le danger de l’inflation, qui renchérit le crédit. Afin de sauver sa souveraineté monétaire perdue, l’Europe avait cherché une échappatoire au dilemme austérité-inflation dans une forme de coopération, d’abord dans le cadre du SME et de l’ÉCU monnaie commune virtuelle, puis, après l’échec, dans celui de l’intégration par la monnaie unique inaboutie qu’est l’euro.

a- Monnaie commune et coopération internationale

La notion de monnaie commune intervient dans le cadre d’un ensemble d’États qui se constituent en zone monétaire pour utiliser cette monnaie en sus et à côté des monnaies nationales. La monnaie commune est gérée par la banque centrale de la zone, chaque monnaie nationale est gérée par la banque centrale nationale. L’objectif des participants à la zone est de préserver sa monnaie en réservant la monnaie nationale aux échanges internes et en utilisant la seule monnaie commune dans leurs échanges extérieurs. La définition du taux de conversion entre les deux monnaies renvoie aux modalités de coopération prévues dans les traités instituant la zone.

Dans les relations économiques internationales, si les échanges réels sont déséquilibrés, le pays déficitaire doit payer4, soit en richesse réelle (or, etc), soit en devises acceptées, qu’il aura en réserve ou qu’il obtiendra par emprunt auprès d’une banque centrale ou sur les marchés. Si on ne lui fait pas crédit, ou trop cher, il doit redevenir compétitif, et il a le choix entre la dévaluation externe (dépréciation de la monnaie nationale par redéfinition de son taux de change) ou la dévaluation interne (baisse des coûts salariaux).

Mais les deux termes du choix ont des inconvénients. D’un côté, si la dévaluation externe enchérit les importations plus qu’elle ne dynamise les exportations, elle peut enclencher des effets pervers, dont l’inflation, la hausse des taux d’intérêt, etc. De l’autre, la casse des salaires, directs ou socialisés (via la casse de services publics et de la protection sociale), bute sur les effets mécaniques de l’austérité, qui sont pertes de débouchés, ralentissement de l’investissement, etc., tout cela conduisant à la déflation, qui n’aide pas à résorber le chômage.

La monnaie commune tente de stabiliser les taux de change des monnaies nationales en les déconnectant du marché mondial, dans ses dimensions tant monétaire et financière que commerciale. La monnaie commune supporte les conditions d’insertion dans les REI de la zone dans son ensemble, tandis que les monnaies nationales ajustent leur taux de change en monnaie commune. Mais cela doit rester dans la limite des marges de fluctuation considérées comme « normales », dans la mesure où une dévaluation excessive dans un pays en difficulté ferait porter le poids du non-ajustement des déséquilibres sur les pays plus solides, qui subiraient l’inflation, la dégradation de leurs termes de l’échange, etc.

Les limites à la souveraineté nationale sont ainsi celles de la solidarité des participants : si elle est faible, le dépassement de ces marges est considéré comme indice de laxisme social et les pays fourmis accusent les cigales de générer au sein de la zone une inflation aux effets délétères sur leur propre économie.

Le schéma de la monnaie commune peut fonctionner tant que la crise des balances des paiements est conjoncturelle, passagère, mais si cette crise dure, le système implose quand les dévaluations deviennent cumulatives et insupportables. Le respect des règles communes ne laisse pas d’autre choix que l’austérité. C’est ainsi que dans le cadre du SME, les difficultés durables de certains pays, dont la France, à rétablir leurs comptes ont très vite conduit leurs monnaies à sortir des marges « normales » par rapport à l’ÉCU5 Dès lors, finies les règles de solidarité, chacun joue son jeu, l’Allemagne post-réunification imposant par sa politique monétaire des taux réels élevés (« l’étau des taux ») au reste de la zone, qui subit le chômage consécutif à l’austérité salariale ainsi imposée. Fin de fait du SME en 1993.

b- Monnaie unique et dénationalisation de la monnaie

Le passage à la monnaie unique était censé pallier les lacunes et défaillances du SME, les parités irrévocablement fixes mettant fin aux dévaluations de pays désormais soumis à la discipline des critères de Maastricht. Dans le cadre de la monnaie unique, l’Allemagne acceptait de jouer collectif dans l’intérêt du « grand marché européen » et ses partenaires acceptaient que son ordo-libéralisme soit gravé dans le marbre des traités. Les politiques économiques seraient ainsi orientées vers la stabilité, et la convergence des économies qui en résulterait serait garante de la cohésion de la zone.

Une monnaie unique, tel l’euro, est définie pour une zone monétaire constituée de pays souverains qui décident de remplacer leur monnaie nationale par cette monnaie qui circule librement dans toute la zone. Parités irrévocablement fixes et fin des des taux de change impliquent la fin des dévaluations. Mais l’euro monnaie unique ne dispose pas d’une banque centrale unique pour les banques de la zone, conduisant une politique monétaire unique pour les pays de la zone. Car la BCE n’est pas une banque centrale au sens plein du terme : certes, elle conduit la politique monétaire pour l’ensemble de la zone euro, selon sa vision de l’intérêt de la zone dans son ensemble, certes elle contrôle l’émission monétaire en refinançant les banques commerciales de la zone, mais elle ne le fait qu’en tant que bras armé du SEBC, le Système européen de banques centrales, véritable banque centrale, composé de la BCE et des banques centrales nationales.

C’est le SEBC, piloté par le Conseil des gouverneurs (les membres du directoire de la BCE et les gouverneurs des BCN) qui détermine la politique monétaire. Or, ce SEBC n’est pas adossé à un pouvoir politique unique, mais aux pouvoirs politiques nationaux. Certes, la BCE est déclarée indépendante, mais elle est dirigée par un directoire de six personnes nommées par les chefs d’État ou de gouvernement. De plus, chaque gouverneur de BCN a sa propre vision vision de l’intérêt national dans le cadre du rapport de son pays au processus d’intégration européenne. Certes, les institutions monétaires nationales ont toutes à peu près la même conception du monde économique et financier, mais la techno-bureaucratie de l’UE doit donc composer avec les bureaucraties nationales.

Là gît la faiblesse congénitale de l’euro monnaie unique : la dimension politique et donc nationale du capitalisme inscrit la monnaie unique dans une logique fédérale d’intégration vers un État-nation européen, mais ce sont les États qui construisent les nations, et l’intégration européenne, purement économique et financière, ne peut générer qu’un fédéralisme techno-bureaucratique politiquement incapable d’opérer les transferts nécessaires à l’homogénéisation de la zone. La monnaie unique est en réalité bien autre chose que ce qui fut vendu aux peuples : une monnaie sans souveraineté politique, une monnaie dénationalisée, et au total une pure chimère, non viable à terme.

Monnaie unique et austérité

L’euro suppose convergence et homogénéité : comme pas de politique, donc pas de solidarité pour les transferts nécessaires, les partiés irrévocablement fixes reproduisent le principe de l’étalon-or, imposant l’austérité pour les faibles. Ainsi, l’euro détruit les bases sur lesquels il est fondé : comme l’étalon-or fonctionne à la charge du pays leader (tout le monde ne peut pas exporter en même temps, il faut donc que quelqu’un finance – Keynes avait compris, avec bancor), sa crise sape les fondements du système.

a- Monnaie unique et orthodoxie financière

La durabilité du schéma de monnaie unique inventé pour succéder à celui du SME présuppose donc l’homogénéité des économies nationales, ou au moins leur convergence, ce que devait assurer le respect des critères dits de Maastricht. Hélas, point de convergence, au contraire, malgré les écarts de conduite, à commencer par l’Allemagne et la France, qui oublièrent lesdits critères dès 2003. Car la gestion austéritaire de la crise, surtout après 2007, a creusé les écarts, ainsi que pouvait le prévoir tout bon keynésien, et les pays ont divergé, assez dangereusement pour que la BCE en vienne à mener une politique monétaire de moins en moins conventionnelle : quantitative easing, rachats de titres, etc. Dans les faits l’euro de Maastricht est bel et bien mort, même si dans les têtes il est toujours question de le pérenniser.

Pour les européistes, l’abandon de l’euro serait un choc gravissime, soit qu’il mettrait fin à la dynamique d’intégration fédérale, soit que la fermeture des frontières qui en résulterait ferait resurgir le spectre de la stagflation. Mais l’euro est une machine anti-salariale qui fonctionne à l’image du système de l’étalon or un temps prolongé dans le cadre du bloc or des années trente. Et il ne peut amener que la déflation. Dans la mesure où il n’est que l’instrument de l’action des lois du capital via la gestion politique de la crise du capital, l’euro n’est pas la raison de l’austérité, ni Bruxelles le diable : on ne peut pas envisager de politique alternative dans le cadre des traités européens en vigueur.

Aujourd’hui, la monnaie n’est plus définie par rapport à l’or, mais l’euro est bâti sur le modèle l’orthodoxie financière. Les critères de Maastricht, qui n’avaient pas sauvé le SME mais qui restent en vigueur, venaient de la doctrine classique : équilibre des finances publiques et stabilité des prix, et ils sont nécessaires à l’euro. Comme l’or étalon, l’euro est une monnaie commune pour les pays de la zone, puisqu’ils règlent leurs échanges en cette monnaie, mais, les parités étant irrévocablement fixes, l’euro monnaie unique circule aussi, et exclusivement, au sein des pays de la zone.

Ainsi, contrairement à l’opinion largement répandue à gauche de la gauche, l’austérité imposée aux pays faibles de la zone euro n’est pas la conséquence d’un décret idéologique d’une UE ordo-libérale, elle résulte de la construction même de l’euro en tant que monnaie unique. Monnaie sans État et sans nation créée pour pallier l’échec du SME à éviter les dévaluations et faire converger les économies, donc dans l’objectif néo-libéral d’inflation zéro, l’euro monnaie unique implique les impératifs que la variante ordo-libérale est à même de légitimer idéologiquement : ancrage à l’euro par des parités « irrévocablement fixes », banque centrale indépendante et règles de gestion nationale orthodoxe des finances publiques, les fameux critères de Maastricht.

b- Monnaie unique et contrainte extérieure au sein de la zone

La concurrence pour les débouchés est une concurrence entre nations, y compris au sein de la zone euro, car le capitalisme mondialisé reste constitué de capitalismes nationaux, et il en résulte une hétérogénéité permanente qui varie au gré de l’histoire. En conséquence, la mécanique monétaire va faire qu’au sein de la zone euro, le pays « fort », au sens d’excédentaire, va imposer aux pays « faibles » de recourir à la « dévaluation interne », c’est-à-dire mettre en œuvre des politiques d’austérité, puisque le retour à la compétitivité par dévaluation externe leur est interdit. En étalon or, ils y sont contraints par l’impossibilité de payer les importations sans exportations en contrepartie. En euro monnaie unique, le canal de transmission est le système de paiements en euro TARGET2.

Au sein de la zone euro, les échanges internationaux semblent se faire tout simplement, en euros, mais les euros étant créés par crédit bancaire, un euro créé par une banque française est un euro français, tandis qu’il doit circuler comme un euro allemand ou grec. Quand un importateur français de produits allemands paie son achat en euros, sa banque doit payer ces euros à la banque de l’exportateur, ce qui endette mécaniquement la BdF auprès de la Bundesbank. Ce qui se traduit dans le bilan de la BCE par une inscription à son passif d’une dette envers la Bundesbank (elle doit lui fournir les euros pour boucler la transaction) et à son actif d’une créance sur la BdF (elle lui prête ces euros). Si les déficits extérieurs français s’accumulent, les créances de la BCE sur la BdF s’accumulent en même temps que ses dettes envers Buba.

Le bilan de la Buba est donc déséquilibré, ainsi que celui de la BCE et en dehors de toute perspective de retour de l’économie française à la compétitivité, cela finit nécessairement par inquiéter l’Allemagne, notamment garante, pour sa quote-part, du bilan de la BCE, et dont les banques sont elles-mêmes très fragilisées depuis la crise des subprime et la fin de l’euphorie financière. L’Allemagne va donc insister sur le strict respect de l’orthodoxie monétaire et freiner des quatre fers sur la politique monétaire que conduit la BCE dans le cadre de ses prérogatives. Cependant, la défense des intérêts nationaux ne peut pas aller jusqu’à mettre le système en danger, dont l’intérêt général est discuté entre bureaucraties nationales et européennes. Dont la BCE qui a ainsi dû tordre quelques bras pour pouvoir se lancer dans des politiques « non conventionnelles » et déclarer qu’elle ferait tout le nécessaire pour sauver l’euro.

Au total, le système de l’euro ne peut perdurer qu’en obtenant la convergence réelle entre économies, laquelle ne peut résulter que de l’ajustement réel de la zone sur le plus fort, via l’austérité : casse des salaires directs ou socialisés (protection sociale et services publics), ce qui prend des formes plus ou moins brutales selon les pays. Comme le bloc-or des années 30 alors fait autour de la France, la monnaie unique porte le projet libéral de naturalisation des lois de l’économie et de la société, mécanisme qui fait de la performance du pays le plus compétitif de la zone la norme à suivre par les autres.

Via l’euro, la dénationalisation de la monnaie est le cœur du projet de gestion néo-libérale du capitalisme en crise, et elle donne le pouvoir à une bureaucratie oligarchique sans légitimité démocratique directe. Un pays « faible » qui adhère à l’euro renonce à la souveraineté monétaire et accepte l’austérité par obligation de s’aligner sur le plus compétitif. Il ne peut donc en aucune manière espérer l’émergence d’une « autre Europe » dans ce cadre et ne peut qu’assister à la régression de sa République. Peut-il alors placer quelque espoir dans la proposition de réaménagement à froid de l’euro par adjonction d’euro-monnaies que soutient notre contradicteur ?

La chimère d’une monnaie nationale complémentaire de la monnaie unique

À gauche de la gauche, l’opposition aux politiques d’austérité est toujours peu ou prou d’inspiration keynésienne, qu’elle préconise une sortie de l’euro afin de retrouver la souveraineté monétaire ou qu’elle préfère un autre euro pour une autre Europe. L’alternative généralement retenue à la monnaie unique est le retour à une monnaie commune. Le schéma proposé de l’euro-drachme s’inscrit dans cette perspective, mais conserve l’euro : l’émission d’une monnaie nationale complémentaire de l’euro pallierait l’impossibilité d’ajuster la valeur de l’euro à la compétitivité nationale, ramenant ainsi l’euro au statut de monnaie commune. Mais la coexistence des deux monnaies partitionnerait le pays en une part euro-compatible, mondialisée, et une part inadaptée, ce qui renforcerait la dualisation de la société, jusqu’ici regrettée6 et désormais institutionnalisée.

a- La chimère d’une monnaie complémentaire

En réponse à la crise mondiale, diverses formes d’« autres monnaies »7 gagnent du terrain. Avec la financiarisation mondialisée du capitalisme, la monnaie échappe au contrôle citoyen, elle apparaît comme un maître extérieur dictant sa loi et dirigeant les vies. En réaction, les promoteurs des SEL ou monnaies locales complémentaires tentent de re-territorialiser la monnaie, afin d’en retrouver solidairement la maîtrise à l’échelle locale.

Le principe de ces « autres monnaies » est que la prospérité reposant sur les échanges, une monnaie purement véhiculaire du pouvoir d’achat redynamiserait son territoire. L’idée en remonte Silvio Gesell, qui proposa il y a un siècle sa « monnaie fondante » : puisque la thésaurisant induit les crises en soustrayant du marché une partie des débouchés potentiels, une monnaie « fondante », c’est-à-dire qui perd régulièrement de la valeur, qui incite ses détenteurs à l’utiliser pour acheter des marchandises, résout le problème. Dans les années vingt-trente, une foison de théories monétaires, que Keynes a saluées8, ont creusé cette même veine utopique.

Une monnaie locale ne pourra donc pas être l’objet d’un prêt, elle sera dédiée à la seule circulation des marchandises. Selon leurs concepteurs, ces monnaies ont en outre l’avantage d’échapper à la finance et aux maux qu’elle engendre.

De nombreuses expériences ont donné des résultats jugés probants par leurs promoteurs. Mais ce qui est vrai pour le niveau local ne l’est pas nécessairement pour le niveau national. Car la monnaie légale étant créée dans le crédit à la production, c’est la quantité de richesse produite, et donc la productivité du travail, qui donne son pouvoir d’achat à la monnaie, faisant ainsi sa valeur. Tandis que la nature des « autres monnaies » et le volontarisme qui préside à leur gestion les soustraient aux lois de l’économie capitaliste, ce qui implique que le principe même de leur articulation à la production suppose une autre économie.

Les SEL pensent contourner le problème en échangeant des heures selon des prix discutés entre participants au système : l’activité des participants n’est pas évaluée selon la productivité, mais par une délibération en quelque sorte politique. Mais s’il s’agit bien d’un pas de côté par rapport à l’économie capitaliste dans laquelle ils baignent, ils ne pourront s’y substituer totalement que quand la rareté ne sera plus un problème.

Par contre, sous cet angle les monnaies complémentaires sont totalement chimériques : articulées à la monnaie nationale, ne visant donc pas à la remplacer, elles ne peuvent qu’échanger une richesse dont la disponibilité reste contrainte par les lois du marché capitaliste. D’autant que la souveraineté monétaire locale ne concerne pas le crédit, donc pas la production et la création de richesse, qui reste l’apanage de la « vraie » monnaie : la monnaie locale ne saurait en aucune manière contribuer à une solution à la crise, tout juste un palliatif. Comme les SEL, les monnaies locales sont des monnaies de résistance, mais qui ne portent pas un projet républicain de transformation sociale.

Un projet républicain intègre le travail à la délibération politique au sein du collectif national, en construisant à cette fin un modèle de socialisation du salaire fondé sur une redistribution de revenu, via l’impôt ou la cotisation. En mettant en avant la société civile, les « autres monnaies » dépolitisent la gestion sociale, elles vont avec ceux qui souhaitent alléger le poids du modèle social sans en diminuer l’efficacité9, dans le sens d’une république à deux vitesses.

Transposée à l’échelle nationale, l’idée d’une monnaie complémentaire émise par l’État souffre des mêmes maux et défauts que les monnaies complémentaires locales.

b- Une monnaie nationale complémentaire aggraverait l’apartheid social

L’idée d’une monnaie complémentaire émise par l’État n’est pas nouvelle et est de plus en plus discutée, y compris dans les instances dirigeantes grecques ou européennes 10 : T. Meyer (de la Deutsche Bank), avait étudié dès 2012 la possibilité de doubler l’euro par une monnaie nationale parallèle, le Geuro, émis par l’État grec pour payer les traitements de ses fonctionnaires et les retraites.

Ce qui renvoie à la Théorie monétaire moderne11 selon laquelle la « vraie » monnaie, distincte de la monnaie de crédit, est émise par l’État par le biais de sa dépense, via le Trésor public et la Banque centrale. Dans ce cadre conceptuel, la monnaie, par nature coupée du crédit et de la production, vient chapeauter le système du crédit, en complément de ce dernier, sans que le refinancement des banques commerciales par la banque centrale soit directement lié à la contrainte de bouclage du circuit monétaire du capital.

En principe, le pouvoir d’achat de cette monnaie publique n’est pas lié à l’activité productive et il n’est pas déterminé par la productivité du travail : l’État crée le pouvoir d’achat à partir de rien et autant que de besoin. Dès lors, les traitements des fonctionnaires ne sont pas une ponction sur la valeur ajoutée du pays, puisque leur versement même par l’État crée la valeur correspondante. C’est cette négation de la contrainte économique liée au travail productif de richesse qui permet en outre toutes les utopies tournant autour de la notion de revenu universel, selon une idée pré-keynésienne au fond toujours la même depuis Proudhon : la monnaie portant le pouvoir d’achat, l’émission souveraine de monnaie peut pallier l’insuffisance de pouvoir d’achat cause des crises.

On peut cependant considérer avec T. Meyer, ou B. Guibert, que la monnaie ainsi créée peut progressivement infuser dans l’économie du pays et accéder à toutes les fonctions de la monnaie, y compris de financement de l’activité. Certes, mais le pouvoir d’achat de cette monnaie sera alors déterminé par l’activité productive de ses utilisateurs, par définition inférieure à celle des utilisateurs de l’euro (sinon à quoi bon une seconde monnaie). L’articulation des deux circuits monétaires imposera dès lors de dévaluer la plus faible, pour pouvoir la changer en l’autre. Sauf miracle économique, l’euro sera le plus fort, et la conséquence en sera la dépréciation du travail payé en monnaie parallèle, ce qui répond en fait à l’impératif capitaliste de baisse du coût du travail des salariés les moins efficaces.

Le taux de change monnaie nationale-euro serait alors le moyen de préserver une apparente unité nationale tout en gérant l’hétérogénéité de l’appareil productif national, en déchargeant le « secteur exposé », comme on disait dans les années 70, du poids mort du « secteur abrité ». Afin de sauver l’euro et l’UE, certains européistes préconisent la coexistence de deux Europes, l’une du nord (financièrement orthodoxe et compétitive) et l’autre du sud (les laxistes « pays Club méd »). La monnaie double fait la partition au sein même des pays qui ne peuvent pas suivre, ce qui fait du dualisme social naguère combattu au Sud, une solution à la crise du Nord12.

En effet, la création étatique d’une monnaie nationale doublant l’euro ne ferait pas exactement retour à un schéma de monnaie commune, puisque les deux circuits monétaires coexisteraient au sein du pays, à l’image de ce qu’il se passe dans les économies « dollarisées », d’Amérique latine par exemple, dans lesquelles la monnaie nationale coexiste en interne avec le dollar. En monnaie commune, tous les citoyens sont égaux devant la monnaie nationale, au moins formellement, tandis que dans le cas d’une monnaie doublant la monnaie unique, ils sont discriminés selon leur employabilité : d’un côté, ceux qui, mobiles et compétitifs, seront dans la mondialisation et le circuit transnational de l’euro, et de l’autre, ceux qui, « non mondialisables », car trop coûteux en regard de leur productivité, seront confinés dans le circuit local de la monnaie nationale.

Le SME, bâti sur l’idée d’une monnaie commune virtuelle (l’ÉCU) avait échoué à éviter les dévaluations externes récurrentes qui euthanasiaient le rentier que la financiarisation anti-crise mettait au centre. Pour résoudre la contradiction, il avait laissé la place à l’euro monnaie unique et à la dévaluation interne, d’autant plus brutale que le pays était économiquement faible (peu compétitif). À la fin, la crise de l’euro met en danger l’UE elle-même, mais on peut douter que cette idée de monnaie parallèle puisse être une bonne solution, car en réalité elle s’inscrit parfaitement dans le projet néo-libéral de sortie de crise par la casse du salaire, d’abord socialisé (coût des services publics et de la protection sociale), puis direct.

La conséquence sociale d’une monnaie double serait donc un renforcement du processus de laminage des classes moyennes et de la polarisation de la richesse. Tout le contraire d’une marche vers la république de pleine réalité. Le piquant de l’affaire est qu’une idée qui se présente comme une alternative au néo-libéralisme se révèle en réalité vouloir restaurer la compétitivité du pays par une forme de dévaluation interne concernant les seuls salariés inefficaces, ainsi lentement euthanasiés pour avoir été rendus inemployables par une mondialisation profitant des pays à bas salaires. Tout le contraire de Keynes, qui lui recommandait d’euthanasier les rentiers.

Conclusion

Économiquement, un système de monnaie double est au mieux utopique, au pire un cheval de Troie du néo-libéralisme. Politiquement, il est anti-républicain puisque conduisant à un pays à deux vitesses qui distingue des citoyens de première et de seconde zone. Si la république veut stopper sa régression, elle doit défaire cette chimère moderne, à la fois fol espoir et bête malfaisante.

 

  1. Bernard Guibert m’écrit : Les auteurs de la tribune du 15 mars ne proposent pas de remplacer la monnaie unique par des monnaies locales mais de corriger le vice de construction de la monnaie unique, copie conforme du vice du deutschemark et de sa catastrophique banque centrale, en revenant à la monnaie commune qui fonctionnait correctement sous le nom de serpent monétaire européen.
    À ma connaissance aucun des auteurs ne souhaite la disparition pure et simple de l’euro, mais le repli momentané sur la monnaie commune qui avait été envisagée comme alternative à la monnaie unique au moment de Maastricht.
    Et vous me paraissez charger le projet de monnaie commune de trop de défauts.
    • L’euro commun ne serait pas virtuel à la différence de l’écu et serait un moyen de paiement international même à l’intérieur de l’union européenne.
    • Les changes seraient certes fixes, mais ne seraient pas irrévocables et pourraient être ajustés de manière concertée puisque, à la différence des années 80, il existe désormais une banque centrale, la banque centrale européenne.
    • L’euro actuel interdit la solidarité, comme l’a imposé la BuBa. Mais si l’euro n’était pas hypothéqué par son vice fondamental de construction, il devrait organiser la solidarité entre États. Et on voit bien que la position actuelle de l’Allemagne est intenable à long terme et que la banque centrale européenne grâce à l’intelligence de Draghi lui « tord le bras ».
    Mais la banque centrale européenne ne peut tout faire à la place des États, ni techniquement puisqu’il s’agit de coordonner les politiques budgétaires, ni politiquement puisqu’elle est irresponsable, autre nom de sa soi-disant « indépendance ».
    Ce qui me paraît détestable dans la situation actuelle, est que la Constitution allemande dans le marbre de laquelle est gravé cet ordolibéralisme impose à tout le reste de l’Europe une politique d’austérité imbécile et criminelle. Elle est définie comme une simple nécessité juridique et non économique — ce qui correspond au suffixe « ordo ». Ce dernier est caricaturalement mis en œuvre par le stupide et criminel juridisme du ministère des finances allemand Schaüble, malgré tout le bien qu’on peut légitimement penser de ses qualités humaines et intellectuelles. Cette politique contraste en sa défaveur avec l’intelligence économique de son adversaire grec Varoufakis. C’est une politique qui est un non-sens économique. Elle est profondément anti keynésienne.
    Le Conseil constitutionnel de Karlsruhe impose ainsi la Constitution ordolibérale allemande à toute l’Europe. Celui-ci fait le lit du néolibéralisme en Europe. Et ce dernier impose à celle-ci des politiques d’austérité stupides qui ne servent même pas les intérêts bien compris du capitalisme mondialisé à la différence de la politique cynique américaine. Du coup toute politique nationale qui prétend rompre avec ce dogmatisme criminel est soumis à la Cour constitutionnelle de Karlsruhe pour savoir si elle est bien conforme aux dogmes néolibéraux de la Constitution allemande. Et voilà comment l’Allemagne exerce sa dictature économique dévastatrice sur l’Europe.
    Quant à la nature de ce pouvoir, il s’agit d’une dictature juridico-politique et non d’une meilleure performance économique contrairement aux idées reçues ou, a fortiori et heureusement, d’une dictature militaire comme cela a pu être le cas pendant la deuxième guerre mondiale.
    Certes il y a crise permanente du capitalisme. Mais la forme paroxystique qu’elle a prise depuis 2008 correspond à une phase où spécifiquement les créations des différentes monnaies nationales et internationales ont été privatisées selon la théorie catastrophique des vertus auto régulatrices des marchés financiers. Il faudrait en conséquence « déprivatiser » la création monétaire, ce qui ne signifierait pas nationaliser les banques commerciales financières privées, mais respecter le caractère spécifique de la dette publique en revenant à la possibilité de son financement par la banque centrale, ce qui pourrait être fait avec des eurobonds si la BuBa ne s’y opposait pas farouchement.
    Au degré de généralité de notre discussion, je voulais seulement rappeler que nous ne sommes pas condamnés au tout ou rien de la monnaie unique ou de la monnaie nationale et qu’entre les deux il y avait la possibilité de définir tout un éventail de monnaies communes sans priver la monnaie nationale dérivée — la drachme pour la Grèce — de ses fonctions classiques, de moyen de circulation, de moyen de thésaurisation, de crédit et de moyen de paiement en les limitant à l’espace domestique national ni de ses vertus de financement du budget public et de la dette publique
    Quant aux monnaies locales, que vous semblez considérer avec mépris comme un rideau de fumée destinée à abuser le peuple, ce serait trop long de plaider pour elles. Ce sont des expériences qui, contrairement à vous insinuez, sont loin d’avoir été des échecs. Le contrexemple le plus récent est celui des monnaies locales en Argentine qui a permis à ce malade de ne pas mourir de la médication imposée par le FMI.
    Ces monnaies ne sont que des moyens de circulation. La fonte du fondant proposé par Jacques Duboin était même un moyen très astucieux d’accélérer la circulation monétaire en période de pénurie de liquidités. J’irai même jusqu’à prétendre qu’elle pourrait contribuer à déprivatiser la création monétaire. []
  2. Milton Friedman avait espéré que l’on puisse un jour remplacer les banquiers centraux par des ordinateurs. []
  3. Les keynésiens lui ajoutent la politique budgétaire ainsi que celle des prix et des revenus. []
  4. Un importateur qui règle ses fournisseurs endette par là même son pays auprès de celui de ses fournisseurs, puisqu’il faut convertir la monnaie nationale en monnaie extérieure. []
  5. On peut à bon droit considérer qu’à partir de 1985, avec l’accord prévoyant que les banques centrales de la zone pourront utiliser l’ÉCU comme monnaie de réserve à la place du dollar, l’ÉCU est devenu monnaie commune. []
  6. Cf http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/la_dualisation_sociale_de_leurope.pdf []
  7. D’autres monnaies pour une nouvelle prospérité : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/154000250/ []
  8. En se référant à cette « brave armée des hérétiques » qui, de Gesell à Major Douglas a combattu l’orthodoxie financière et la rareté monétaire. L’« abondancisme » de Jacques Duboin relèvait du même esprit. []
  9. Par exemple : http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20140203trib000813520/reduire-la-depense-publique-sans-casser-le-modele-social.html. []
  10. Voir par exemple http://l-arene-nue.blogspot.fr/2015/03/la-grece-en-route-vers-la-double-monnaie.html. []
  11. On la dit aussi néo-chartaliste (pour une première approche, https://frappermonnaie.wordpress.com). []
  12. Comme le soutient Bernard Conte, La Grèce préfigure la tiers-mondialisation de l’Europe : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article767. []
Par
Universitaire.
Auteur de "Néolibéralisme et crise de la dette, aux éditions "Osez la République Sociale"


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