Politique française

Le Sénat est à gauche : voire !

vendredi 7 octobre 2011

Le sénat a basculé, la gauche est majoritaire. Evènement historique, certes, mais quelles en sont les raisons et la signification? Le sénat conçu pour contrecarrer une éventuelle volonté populaire majoritaire à l’assemblée nationale par une majorité qu’on pense plus conservatrice parce que rurale et plus représentée trahit les intentions de ses promoteurs : cela mérite réflexion. Que s’est-il passé? La droite en pleine complicité avec les socialistes met en place une territorialité à partir d’un rapport (on ne peut imaginer plus parfait consensus : Balladur-Mauroy). De quoi s’agit-il? A partir des lois de décentralisation du précité Mauroy casser le système qui rend égaux dans l’hexagone tous les français grâce à leurs communes, leurs départements, leur accès à des services publiques garantis par l’état. Mettre en place, par l’intercommunalité forcée, des régions, dont la géométrie dépendra de l’appétit des grands groupes industrialo-financiers. On en subit déjà les effets : disparition dans nombre de communes de la poste, de l’école, des transports publics, des hôpitaux, augmentation des impôts locaux. C’est cette politique aberrante pour tout républicain qui a été rejetée par les élus locaux qui ont bouleversé la donne au Sénat. Ou plutôt qui ont cru que leur vote serait entendu. Mais il faut se rendre à l’évidence le très consensuel Jean Pierre Bel nouveau président du sénat tout comme son ami François Hollande ne l’entend pas ainsi. Il s’agit d’approfondir la décentralisation, autrement dit aller contre le vote qui l’a porté. Premier acte d’allégeance à l’actuelle politique sarkosyste, la désignation du plus réactionnaire des sénateurs à la présidence de la commission des finances. Mais le discours d’investiture de Bel n’annonçait-il pas cette politique-trahison ? Quand il cite le grand poète républicain Antonio MACHADO, commet-il un contre sens lui le fin lettré et l’hispanophile ou se laisse-t-il aller à un aveu? « Caminante no hay camino, se hace el camino al andar… ». Cette volonté farouche du poète de n’accepter aucune prédestination voulue par le franquisme et une Eglise espagnole moyenâgeuse a peu de chose à voir avec l’homme politique, certes libre mais qui doit affirmer une volonté; celle de Mitterrand en février 1986 s’adressant a Thatcher, reprenant Lénine qui lui même avait du emprunter au génie anglais cette maxime: « où il y a une volonté, il y a un chemin ». Pour Bel-Hollande pas de programme, pas de chemin, pas de volonté en dehors de celle de gouverner pour ne rien faire d’autre que la droite : pas un contresens, un terrible aveu.

Pour le groupe du Parti de Gauche – Gauche Républicaine – Savigny Egalité

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