Livre : Les Dettes illégitimes

L’économiste français, François Chesnais, traite dans son ouvrage, les Dettes illégitimes (1)François Chesnais : Les Dettes illégitimes, quand les banques font main basse sur les politiques publiques, éditions Raisons d’agir, Paris, 2011 : quand les banques font main basse sur les politiques publiques, du thème des dettes publiques des pays européens de la zone euro, et de la nécessité de leur annulation. Et pour cause ! Ces dettes ont souvent été contractées à des fins ou dans des conditions fort douteuses. Elles ont pour cette raison acquis les surnoms peu glorieux de « dettes odieuses » ou de « dettes illégitimes ». Les pays du Sud sont eux aussi confrontés, depuis les années 1980 et 1990, à ce type de dettes. (suite…)

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 François Chesnais : Les Dettes illégitimes, quand les banques font main basse sur les politiques publiques, éditions Raisons d’agir, Paris, 2011

Dans quelle crise sommes-nous ? (3)

« La crise c’est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître »,
Antonio Gramsci

Comme chaque année au moins de juin, nous reprenons la plume pour tenter d’analyser une crise unique dans l’histoire du capitalisme. Une crise qui poursuit son évolution inéluctable en direction de la fin de l’ère du monopolisme financier et bancaire. La banque moderne, née en Italie au tournant des années 1500, est devenue le cœur du système. Rien ne lui échappe et les diverses autonomies économiques ou politiques ont progressivement disparu. Point d’orgue de ce processus : la globalisation achevée après la fin du bloc de l’est en 1989. Au sein de notre courant politique, depuis 1997, nous caractérisons cette période par le concept de « turbo capitalisme ». (suite…)

Qui est Strauss-Kahn ?

L’actualité abonde de sujets. Les acteurs politiques et les évènements défilent. Un clou chasse l’autre, comme dit le proverbe. On oublie vite. Et les médias en tous genres en font chaque jour l’illustration. Or, depuis quelques temps, ces médias nous abreuvent d’articles et de sondages de nature à nous convaincre que Dominique Strauss-Kahn, s’il est candidat aux présidentielles, a toutes les chances de battre Sarkozy. Sans jamais nous rappeler ce qu’il a fait quand il était ministre de Jospin et ce qu’il fait à la tête du FMI. Bien entendu. (suite…)

Au secours, la « TVA sociale » revient ! (ou quand Manuel valse avec le Medef)

Dans le numéro 642 de Respublica, nous attirions l’attention sur le « danger de l’intérieur » que représenterait, pour la gauche, la fiscalisation des prélèvements sociaux proposée par le PS. Mais il est toujours possible de faire pire, comme le prouve la Tribune Libre signée Manuel Valls et Jean-Marie Le Guen, parue dans le Monde du 14 octobre dernier. (suite…)

Financement des retraites : oui aux cotisations, non à l’impôt !

Dans une tribune libre de l’Humanité du 22 septembre 2010, Liêm-Hoang-Ngoc, secrétaire national adjoint du PS, présente les propositions de son parti pour une réforme du financement des retraites. Il s’agirait de recourir à l’impôt (« fiscalisation »), plutôt qu’aux cotisations : « [le projet du PS] fait jouer la solidarité nationale à travers l’impôt (…), à côté des cotisations, dont l’augmentation exclusive (dans une logique pure de salaire indirect) aurait nui au pouvoir d’achat des salariés et à leur emploi dans les PME. »

Or la « fiscalisation » des prélèvements sociaux est un projet 1) économiquement pervers, 2) socialement inéquitable, et 3) fatal à la solidarité. (suite…)

Il y a 25 ans : L’Accord de Plazza dévalue le dollar américain et déclenche la réévaluation forcée des monnaies concurrentes

Le 22 septembre 1985 réunis à l’Hôtel de Plazza à New York, les gouvernements des cinq plus grandes économies capitalistes du monde, USA, Japon, Allemagne de l’Ouest, France et Grande Bretagne décidèrent de dévaluer le dollar américain. 10 milliards de dollars furent ainsi dépensés pour un effet spectaculaire. En quinze mois, le dollar effaçait toute sa montée par rapport au Deutsche Mark et retrouvait, fin 1986, son plus bas niveau historique de 1979. (suite…)

Dans quelle crise sommes-nous ? (2)

« La crise c’est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître » Antonio Gramsci

Il y a un an, dans notre article de juin 2009, nous tentions de définir les caractéristiques profondes de la crise que nous traversions.
Nous insistions tout particulièrement sur son caractère systémique, c’est-à-dire que toute mesure visant à servir de panacée à la crise est en fait un accélérateur de la dépression. Dans cette conjoncture, les remèdes dits keynésiens n’avaient aucune chance de réussite, du fait en particulier du caractère hyper monopoliste du turbocapitalisme contemporain, et de l’imposition de « circuits longs » dans la production et la consommation des marchandises en dehors des espaces nationaux (contrairement aux années trente). (suite…)

Interview de Rafael Correa

Entretien publié sur le site de la Revue de la régulation.

Rafael Correa remporte l’élection présidentielle en Équateur le 26 novembre 2006. Il est investi à ce poste le 15 janvier 2007. Une nouvelle Constitution destinée à « enterrer le modèle néolibéral » et à le remplacer par un nouveau modèle de développement est élaborée par une assemblée constituante. Elle est adoptée par voie référendaire le 28 septembre 2008 et permet d’accélérer les réformes. Soucieux d’asseoir leur légitimité, Rafael Correa organise une élection présidentielle anticipée qu’il remporte au premier tour avec 54 % des voix le 26 avril 2009 pour un mandat de quatre ans. (suite…)

La finance islamique menace la laïcité française

La charia (loi islamique) a tenté de faire son entrée dans la législation française et dans la finance de la place de Paris, mettant à bas le principe de laïcité. Il s’en est fallu de peu que ce ne fut fait le 14 octobre, si le Conseil constitutionnel n’en avait pas écarté le danger, provisoirement il est vrai, en attendant une nouvelle offensive. (suite…)

Trois effets de la mutation du « capitalisme fordiste » vers un « capitalisme cognitif »

Suite de l’article : Les ruptures fondamentales dans le schéma du capitalisme

Les ruptures technologiques apportées par l’automatisation et l’informatisation, dans les années 70, ont eu pour conséquence une mutation de la production mais aussi des impacts sur la nature et les mécanismes de cette production (voir l’article précédent). Par ailleurs, l’abandon du « capitalisme fordiste » pour un « capitalisme cognitif » provoque plusieurs effets, dont trois très importants. (suite…)

A quel modèle de Français Nicolas Sarkozy veut-il que je sois identique ?

Il prétend vouloir rassembler les Français, mais lui-même a pour souci prioritaire de régler des comptes personnels avec l’un d’eux, et qui appartient à son propre camp ? Car si dans les discours des hommes politiques c’est toujours « La France », « La Patrie », l’intérêt général, le bien commun, dans la réalité il existe différents camps, à l’intérieur desquels il y a des clans, et l’on se bat pour son camp, on se bat pour son clan et en réalité on se bat chacun pour soi contre les autres. Quid de l’intérêt général ? (suite…)

Les ruptures fondamentales dans le schéma du capitalisme

Suite de l’article : Les catégories fondamentales du capitalisme

Dans le schéma bien huilé du « capitalisme fordiste », plusieurs ruptures fondamentales vont subvenir à partir des années 70 pour mener à la crise actuelle qui n’est pas une crise d’ajustement, mais bien une crise due aux impossibilités de l‘économisme à faire face aux réalités par ses catégories fondamentales que sont : le travail, l’argent et le trio production / consommation / exploitation. Plus que des catégories de pensées économiques, ces éléments sont le socle du paradigme dominant, c’est-à-dire ce qui permet d’orienter les individus dans la perception (et donc leurs actions pratiques… ) qu’ils ont du monde vivant (écologie), du rapport à autrui (la société) et du rapport à eux-mêmes (construction de sa vie personnelle, identité). (suite…)

Les catégories fondamentales du capitalisme

Dans un article du Monde, daté du dimanche 4 octobre et lundi 5 octobre 2009, Sylvain Cypel exposait : « … par ailleurs, en 2008 la FDIC a dû, dans le cadre du plan de sauvetage financier, garantir 1 500 milliards de dollars de dettes “pourries” de ses adhérents », le FDIC étant la compagnie fédérale de garantie des dépôts bancaires américaine. Rappelons que le budget de l’État français est d’environ 400 milliards d’euros… La garantie portée ne repose donc sur rien de tangible. Comment la machine économique a-t-elle pu en arriver à ce point de rupture avec la réalité et l’entendement ? (suite…)

Penser « la sortie du capitalisme » est une nécessité pour l’avenir politique de la gauche

D’abord parce que nombre de signes de cette crise sont présents sous nos yeux : crises économiques et sociales dans tous les secteurs, mais également crise écologique majeure. Cette situation de dépression économique, engendre une remise en cause globale des fondements idéologiques de notre société, et par là même, elle provoque une crise individuelle au sens d’une perte des repères et des valeurs pour la construction d’une vie. La situation est donc différente de mai 68, et c’est bien la conjonction de ces diverses crises qui n’a rien d’un hasard et met en évidence la fin d’un cycle : le système n’est plus à même de créer du sens, quel que soit le niveau que l’on observe. (suite…)

L’actu plaide pour la refondation de la stratégie de l’union

Nous n’avons de cesse de le clamer dans ReSPUBLICA: pas de combat des républicains de gauche sans celui pour un nouvel internationalisme ! Pas de combat des républicains de gauche sans vérifier constamment les pertinences de sa ligne, de sa stratégie et de ses formes organisationnelles ! Pas de combat des républicains de gauche sans débat démocratique digne de ce nom (information pour tous des dissensus, débat raisonné et application du suffrage universel) bien trop souvent court-circuité par les directions organisationnelles. (suite…)