La forte poussée de l’extrême droite allemande continue en Rhénanie-Palatinat

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Nouvelle alerte en Allemagne : après l’élection régionale du Bade-Wurtemberg du 8 mars 2026(1)Outre-Rhin, en Bade-Wurtemberg, forte poussée de l’extrême droite et écroulement des sociaux-démocrates – ReSPUBLICA., la région de la Rhénanie-Palatinat autour de Mayence vient de voter. Le taux de participation est de 68,5 %. On observe un très fort recul des sociaux-démocrates du SPD actuellement à la tête de la région avec les écologistes du Grüne.

La droite conservatrice de la CDU est en tête avec 31 % (+3,3 % depuis les dernières élections régionales du 14 mars 2021) devant le SPD, à 25,9 % (-9,8 %). Il est probable que ces deux partis s’allient, mais cette fois-ci sous la direction de la droite conservatrice CDU. Sinon, ce sera la crise, car la droite conservatrice CDU ne veut pas s’allier avec l’extrême droite qui, en Allemagne, est beaucoup plus extrémiste que dans d’autres pays européens. Comme dans le Bade-Wurtemberg (autour de Stuttgart), l’AFD (le parti d’extrême droite) fait plus que doubler son score, pour obtenir 19,5 % (+ 11,2 %). Les écologistes perdent 1,4 %, pour obtenir 7,9 %.

Tous les autres partis n’auront pas d’élus, car ils font moins de 5 % : cela concerne Die Linke (La gauche) et BSW (Alliance Sarah Wagenknecht) à gauche, ainsi que les électeurs libres de FW (libéraux conservateurs) et les libéraux du FDP (libéraux) pour la droite.

Analyse provisoire pour les élections futures

Jusqu’ici, l’extrême droite de l’AFD n’existait que dans la partie est de l’Allemagne et réalisait des résultats marginaux à l’ouest. Les dernières élections régionales 2026 organisées dans deux régions de l’ouest, le Bade-Wurtemberg (autour de Stuttgart) et la Rhénanie-Palatinat (autour de Mayence) ont montré le doublement des votes de l’AFD dans ces territoires, à près de 20 %. Mais trois régions doivent voter en septembre 2026 dans l’est de l’Allemagne. Et les projections sont très dangereuses.

En Saxe-Anhalt (autour de Magdebourg), les sondages donnent 39 % des voix pour l’extrême droite de l’AFD (+18,2 % depuis le 6 juin 2021), 26 % pour la droite conservatrice de la CDU (-11,1 %), 11 % pour Die Linke (=), 8 % pour SPD (-0,4 %) et 6 % pour BSW (+6 %). Tous les autres partis sont en dessous des 5 %.

Concernant la capitale, Berlin, les sondages donnent 22 % pour la CDU (-6,2 %), 16,7 % pour l’AFD (+7,6 %), 15,9 % pour Die Linke (+3,7 %), 15,7 % pour SPD (-2,7 %) et 15,4 % pour Grüne (-3 %). Tous les autres font moins de 5 %.

Quant à la région du Mecklembourg-Poméranie occidentale (autour de Schwerin et Rostock au nord-est de l’Allemagne sur la frontière polonaise), les sondages donnent l’AFD à 34,6 % (+17,9 %), le SPD à 25,4 % (-14,2 % depuis le 26 septembre 2021), le CDU à 12,3 % (-1 %), Die Linke à 10,3 % (+0,4 %) et BSW à 5,1 % (+5,1 %). Tous les autres partis font moins de 5 %, y compris Grüne.

Si l’on étudie les résultats des élections régionales de 2026 et la situation politique de l’Allemagne fédérale, force est de constater le décrochage XXL des sociaux-démocrates du SPD, qui pâtissent du virage à droite de leur partenaire fédéral du CDU, la poussée exceptionnelle de l’extrême droite allemande (qui est donnée par les sondages à près de 25 % sur le plan fédéral), la faible progression de la droite conservatrice CDU du pouvoir fédéral, la quasi-disparition de la droite libérale pur sucre, le maintien en légère baisse des écologistes qui s’allient aussi bien avec la droite (comme dans le Bade-Wurtemberg) qu’avec la gauche, et la division de la gauche.

Pour comprendre le tableau général, il faut dire que l’Allemagne est, de loin, la première économie européenne, et qu’elle possède une large majorité autour de la CDU au sein de l’Union européenne grâce à son hinterland de l’Est européen et à ses bons rapports avec l’Italie et les Pays-Bas. Le débat commence à faire rage au sein du SPD. Par exemple, Georg Maier, chef d’État du SPD en Thuringe (autour d’Erfurt), appelle son parti à corriger radicalement la trajectoire : « nous ne sommes plus un parti ouvrier, c’est-à-dire mortel à long terme », a déclaré Maier à Stern, « nous ne pouvons pas revenir à la routine ».

Selon la politologue Julia Reischenbach, le Parti de gauche (Die Linke) fait également face à son ancrage sociologique. Jusqu’à présent, ses sujets se sont principalement ancrés dans les milieux urbains et, « dans les espaces urbains, parmi les jeunes femmes », explique Julia Reuschenbach. Mais cela ne suffit plus.