Slovénie : élections législatives du 22 mars 2026
Les sigles des partis pour mieux comprendre
Levica : mouvement de gauche pour une transformation fondamentale de l’ordre économique et social en faveur des travailleurs.
Vesna : centre gauche, parti vert.
Nouvelle Slovénie, NSi : parti populaire chrétien ou démocratie chrétienne : pro-UE. Pour la stabilité et le retour aux vertus civiques.
Parti Populaire Slovène SLS/Focus : centre droit.
Demokrati : centre droit.
Fokus : centre droit pour une ouverture sociétale et un ancrage occidental.
Prerod ou Renaissance : pro UE, centre gauche pour une responsabilité écologique et un ancrage local.
Resnika ou La vérité : droite eurosceptique pour une démocratie directe et très critique des institutions mondiales.
SD, socio-démocrates : pour l’état de droit démocratique.
SDS, parti démocratique slovène : pour une transformation illibérale de l’État.
SLS, parti démocrate-chrétien : présent dans le monde rural, pour l’identité nationale et les valeurs chrétiennes.
Gibanje Svoboda, Mouvement pour la Liberté : pro UE, social-démocrate, pour un libéralisme social et une modernisation écologique.
Résultats électoraux
Les deux partis dominants électoralement sont GS (Gibanje Svoboda, mouvement pro-UE et social-démocrate, partisan d’un libéralisme social et d’une modernisation écologique), stable à 28,6 %, et le SDS (parti démocratique slovène partisan d’une transformation illibérale de l’État), également stable à 28 %. Le NSF (Nouvelle Slovénie/Parti Populaire Slovène/Focus, plutôt partisan d’une ouverture sociétale et d’un ancrage occidental) atteint 9,3 %. Les autres partis se situent entre 6 et 3 %.
Globalement, les mouvements du centre-gauche à la gauche rassemblent 43,9 % des suffrages. Quant aux mouvements se situant du centre droit à la droite, ils regroupent près de 50 % des électeurs (49,6 %).
Le gouvernement actuel ne dispose plus de majorité parlementaire. Une alliance composée de Svoboda, SD et Levica ne pourrait pas poursuivre son action gouvernementale en l’état
Positions sociétales et sociales
Pour toutes les questions d’égalité hommes/femmes, de séparation des Églises et de l’État et de refus des discriminations LGBTQIA+, ce sont, sans surprise, les conservateurs qui s’y opposent et les mouvements de gauches qui y sont favorables.
S’agissant de l’UE, il n’y a qu’un parti vraiment eurosceptique, Resnica ou La Vérité. Levika, gauche de transformation, sans s’opposer à l’UE, est critique.
Recul de la gauche
Les partis attachés à la volonté d’une redistribution plus équilibrée des richesses créées sont Levika, gauche, et, dans une moindre mesure, SD, social-démocrate.
Il en ressort qu’une gauche de gauche ne dispose pas vraiment de la faveur des électeurs. Au sein de la gauche, c’est le GS (Svoboda) ou Mouvement pour la Liberté, favorable au libéralisme économique teinté de social, qui domine et qui a fait mentir les sondages en arrivant en tête devant les conservateurs. Il faut bien constater un net recul de GS, qui passe de 41 sièges en 2022 à 29 sièges.
Certainement, un scandale d’ingérence révélant les liens avec Black Cube, agence de renseignement privée israélien à laquelle le leader conservateur est lié, a empêché celui-ci de devancer, comme prévu par les sondages, le GS.
Danemark : élections législatives du 24 mars 2026
Les sigles des partis pour mieux comprendre
Socialdemokraterne, social-démocrate : centre gauche.
Socialistisk Folkeparti : parti populaire socialiste, gauche pour l’écologie et le climat.
Venstre : parti libéral, centre droit.
[Ny] Liberal Alliance : alliance libérale.
Dansk Folkeparti : parti populaire danois, droite « populiste ».
Moderaterne : les Modérés, Libéral Transversal.
Konservative Folkeparti : parti populaire conservateur, centre droit.
Enhedslisten / De Rød-Grønne : liste de l’unité / Les Rouge-Verts, gauche.
Danmarksdemokraterne : les Démocrates Danois, droite.
Radikale Venstre : parti social-libéral, centre gauche.
Résultats électoraux
Affaiblissement des partis historiques social-démocrate et libéral
L’alliance sortante gouvernementale, Socialdemokraterne, Venstre et Moderaterne, ne semble pas en mesure de conduire le gouvernement. En effet, même arrivés en tête, les sociaux-démocrates de la Première ministre sortante, avec 21,9 % des voix et 38 sièges, ne disposent pas d’une avance suffisante pour former une majorité.
L’autre enseignement est que les deux grands partis historiques subissent une érosion, le Parti Libéral, qui passe de 23 à 18, comme le Parti social-démocrate, qui, lui, recule fortement, de 50 à 38.
Légère hausse de la gauche de gauche
Le Parti populaire socialiste, quant à lui, réalise une percée avec 11,6 % des voix et obtient 20 sièges (15 en 2022). Sa campagne a été fondée sur la critique de la coalition sortante et notamment du Parti libéral. La ligne directrice a été la défense de l’état de droit social. De même, la liste de l’unité, Rouges et Verts, passe de 9 sièges en 2022 à 11 en 2026.
Hausse légère de l’extrême droite
Un des enseignements du scrutin est la progression de l’extrême droite. Le parti populaire danois multiplie par trois son score par rapport à 2022 et atteint 9,7 % (16 sièges).
Hémicycle morcelé
La majorité absolue est de 90 sièges sur 179 au total. Le « bloc de gauche » obtient 84 sièges. Le bloc bleu, de la droite à l’extrême droite, cumule 77 sièges.
Finalement, les résultats aboutissent à un hémicycle très morcelé.
Gestion des flux migratoires
L’orientation politique en matière d’immigration a-t-elle joué en défaveur de la Première ministre sortante ? Cette orientation est marquée par une ligne très dure, singulière au sein de la gauche européenne. Certains médias enjoignaient aux gauches de s’inspirer du modèle danois pour reconquérir les votes populaires.
Cela doit questionner la gauche, y compris dans notre pays. Entre une stratégie d’ouverture sans-frontiériste d’accueil et une fermeture quasi totale, il y a une alternative qui s’appuie sur la souveraineté nationale fondée sur la souveraineté du peuple. Une nation doit pouvoir être souveraine quant à la gestion des flux migratoires. La frontière n’est pas étanche. Elle permet des échanges entre ouverture et fermeture maîtrisées. Il faut bien reconnaître que, pour les grands patrons, l’immigration constitue une armée de réserve utilisée pour remettre en cause les conquis sociaux. Une politique migratoire de gauche doit concilier humanisme et protection et surtout assurer l’intégration par l’acceptation des valeurs de la République et du principe de laïcité.
