École laïque : préparer l’après-Blanquer

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Titre d'un dossier Services publics ou barbarie

Pierre Hayat est agrégé et docteur en philosophie.

L’ampleur inédite de la grève du 13 janvier à l’Éducation nationale est à la mesure du chaos sanitaire et du désastre pédagogique qui atteint aujourd’hui l’École. Ce jour-là, la colère a pris le pas sur l’abattement face à la politique autoritariste d’un ministre qui a fait du mensonge son mode de fonctionnement ordinaire.

Une seule et même crise

À quelques semaines de l’élection présidentielle, les professeurs de lycée sont massivement déboussolés et désemparés. Transformés en prestataires de services, parfois en coachs ou animateurs, ils ne reconnaissent plus leur métier et ne voient pas comment avoir prise sur la réalité d’un Lycée méthodiquement désorganisé. Une crise dans la crise semble atteindre l’Éducation nationale : crise d’une profession en perte de sens, dans un Lycée détourné de ses missions essentielles. En réalité, une seule et même crise affecte l’École, celle de ses premiers serviteurs étant l’envers de la crise de l’École elle-même. Cette crise systémique affecte l’ensemble des services publics, soumis à la même politique néo-libérale de la rentabilité maximale et du New public management qui organise la précarité, la surveillance et la caporalisation des personnelsi. Boîte à outils de la liquidation des droits syndicaux et des services publics, le Code général de la Fonction publique publié en décembre dernier, entérine un affaissement démocratique et socialii. Cette régression historique serait-elle inéluctable ? Ou peut-on escompter bousculer les rapports de force ? Serait-il trop hasardeux à l’Éducation nationale de se situer dans la perspective d’un véritable après-Blanquer, par-delà le changement des personnes ?

DE CLAUDE ALLÈGRE À JEAN-MICHEL BLANQUER

Une destruction méthodique du métier d’enseignant

Quel bilan dresser de cinq années de Blanquer à la tête du ministère de l’Éducation nationale sinon celui d’un effondrement républicain ? Les réformes systémiques du lycée, du baccalauréat et de l’admission dans le Supérieur, ont été imposées à marche forcéeiii. Continûment soutenu par le président de la République, le ministre, sourd et aveugle aux aberrations obvies de ses réformes et aux impréparations en cascade, veut laisser de son passage au ministère de l’Éducation nationale l’image d’un politicien qui aura réussi ce que Claude Allègre, ministre de l’Éducation nationale de 1997 à 2000, avait partiellement raté : imposer au Lycée un utilitarisme étroit selon lequel les savoirs à enseigner au lycée sont ceux qui seront rentables sur le marché du travailiv.

Un politicien qui aura réussi ce que Claude Allègre avait partiellement raté : imposer au Lycée un utilitarisme étroit selon lequel les savoirs à enseigner au lycée sont ceux qui seront rentables sur le marché du travail.

Jean-Michel Blanquer aura également su se maintenir malgré le désastre institutionnel du baccalauréat 2021v, la qualité déplorable des outils informatiques mis à la disposition des enseignants et la scandaleuse carence en matière de protection sanitaire des personnels et des élèvesvi.

Mais sa réussite politicienne majeure est d’avoir écrasé les enseignants : brisé leur métier, institué leur division, méprisé ostensiblement leurs syndicats majoritaires et ignoré les associations de professeurs spécialistes.

La soumission des corps de personnels de direction et d’inspection

Jean-Michel Blanquer aura également su profiter du SNPDEN, médiatique syndicat corporatiste, majoritaire parmi les personnels de direction du Secondaire, entièrement acquis au management néo-libéral. Désormais étranger à la laïcité scolaire et républicaine, ce syndicat ne pousse pas au soutien des professeurs en cas de difficultés et réclame l’accroissement des pouvoirs, déjà exorbitants, des proviseurs ainsi que la liquidation complète du baccalauréatvii. L’Inspection générale, quant à elle, statutairement réduite à des missions fonctionnelles, est mise à disposition politique directe du ministre en exerciceviii. Les inspecteurs qui se font les relais zélés des oukases ministériels sont récompensés et ceux qui tentent de protéger le travail des professeurs mettent en péril leur carrière et leur santé.

Une École qui tourne le dos au souci de vérité

Imprégné du même scientisme dogmatique que son prédécesseur lointain, Blanquer impose les « sciences cognitives » quand Allègre imposait la « psycho-pédagogie ». Mais Claude Allègre fustigeait la transmission des connaissances prétendument élitistes, alors que Jean-Michel Blanquer se présente comme le héraut de l’instruction. Ses réformes désastreuses montrent que l’imposture aura été complète. L’énormité récurrente de l’écart entre les annonces ministérielles et la réalité, confirme que le ministère de l’Éducation nationale offre le spectacle inquiétant d’une institution qui a tourné le dos à la vérité. Deux faits résument cet effondrement intellectuel et moral de l’Éducation nationale. D’une part, Samuel Paty a été abandonné alors qu’il tentait désespérément de se sortir de « l’implacable engrenage qui a fini par le tuer »ix. D’autre part, un an après, l’Éducation nationale a recommandé sans vergogne d’évoquer cet effroyable épisode de la décapitation d’un professeur par un fanatique islamiste, dans une indifférence à la vérité des faitsx. La mission première de l’École est pourtant de donner l’exemple du souci de vérité, d’autant que le complotisme tend aujourd’hui à gangréner la démocratiexi.

SOLIDARITÉ DES MÉTIERS DE L’ÉDUCATION NATIONALE

Associer un engagement solidaire à une solidarité objective

Quelle force les professeurs peuvent-ils opposer à un pouvoir qui détruit leur métier sinon la légitimité que leur confère leur expertise professionnelle ? Pour escompter infléchir un rapport de force qui leur est aujourd’hui défavorable, ce combat est à mener dans la solidarité concrète, continue et active avec les autres métiers qui concourent à faire vivre l’Éducation nationalexii.

On ne dressera pas un inventaire exhaustif de ces métiers mais on peut rappeler, par exemple, que l’enseignement est impossible sans une vie scolaire en capacité d’intervenir pour assurer aux enseignants et aux élèves le meilleur cadre de travail possible. Aujourd’hui, le conseiller principal d’éducation est accaparé par des tâches administratives, sommé de jouer un rôle d’assistance sociale, souvent soumis aux pressions du proviseur qui l’isole des enseignants et l’utilise contre eux. Mais enseignants et CPE parviennent le plus souvent à travailler ensemble en confiance, en dehors de toute relation de subordination et de contrôle contraint. En contrepoint de cette coopération professionnelle, il n’est pas insensé, quand cela s’avère nécessaire, de les voir contester ensemble une politique ministérielle. Cela se fait parfois.

Les métiers de la santé, de l’entretien et de l’administration

Il en est de même des métiers de la santé, de l’entretien et de l’administration. Durement maltraités par la hiérarchie qui multiplie les exigences de toutes natures, les premiers sont débordés, épuisés, surexploités et culpabilisés en cette période de pandémie. Les agents d’entretien et d’accueil, qui sont placés sous la double tutelle du proviseur et de l’intendant, tout en étant des agents territoriaux, sont eux aussi démoralisés et déboussolés. En nombre notoirement insuffisant, la profession souffre d’un accroissement insensé de contractuels et de vacataires, recrutés en urgence pour peu de temps, quand la coupe a trop débordé. Proviseurs et intendants organisent souvent la zizanie entre eux et avec les enseignants lorsque les salles de classe ne sont pas nettoyées, par exemple. Une grève de ces personnels se remarque. Il arrive que des professeurs organisent en amont une caisse de grève en soutien à leur action. L’efficacité de ce geste solidaire peut être spectaculaire.

Les personnels administratifs sont, quant à eux, les plus invisibles. Ils souffrent aujourd’hui d’un défaut de reconnaissance, d’une pénurie de titulaires stables, et d’un management particulièrement déréglé : tantôt maltraités au point qu’il devient urgent de leur accorder une mutation, tantôt instrumentalisés contre les professeurs. Dans tous les cas, il demeure possible de joindre à la solidarité objective des métiers, une solidarité de nature syndicale. Il a été souvent observé que les personnels non enseignants sont très disposés à saisir la main tendue des enseignants et à leur manifester en retour leur soutien, pour qu’ensemble ils œuvrent à la défense conjointe de leur propre métier et de l’École publiquexiii.

De la souffrance au travail à l’autoréalisation de la personne ?

Cette libre solidarité des métiers permet une reconnaissance réciproque de la spécificité professionnelle et une « valorisation du travail » de chacunxiv. Aujourd’hui, le New management public associé au tout-numérique impose une surveillance en continu de chacun par chacun. La souffrance au travail prend des formes inédites. Le remède à cette solidarité liberticide ne réside pas dans l’isolement et dans la segmentation des métiers mais dans leur libre coopération. Cela suppose que des marges d’autonomie professionnelle soient libérés pour chacun. On se donne alors des chances de réduire les burn-out et même « d’accroître les opportunités librement choisies d’autoréalisation de la personne »xv. À l’Éducation nationale, cette solidarité des métiers s’entend à partir des finalités essentielles de l’École, chaque métier ayant vocation à garantir la meilleure instruction possible.

TRAVAIL DE L’ÉLÈVE ET TRAVAIL DE L’ENSEIGNANT

Enjeux scolaires et pédagogiques

Une deuxième perspective pour escompter modifier les rapports de force au lycée ne relève pas directement d’actions identifiables, mais du sens donné au mot « travail » lorsqu’on use de ce terme, notamment à travers les injonctions fréquemment adressées aux élèves, ou sur l’état général de l’École. Ainsi, professeurs et élèves sont censés « travailler ». Encore faut-il préciser que les uns exercent une activité salariée tandis que les autres sont en situation d’étude. Le professeur n’est en conséquence ni chef ni employeur ni vendeur, et l’élève n’est ni le subalterne du professeur ni son employeur (par ses parents interposés), ni son client. La relation pédagogique véritable ne relève pas, ou ne devrait pas relever, de ces catégories.

Si Ferdinand Buisson et Henri Marion parlaient de l’élève comme d’un « collaborateur du maître », ils ne voyaient pas en lui le subalterne ou le collègue de travail du professeur. Ils signifiaient que dans la transmission des connaissances, l’élève doit tenir un rôle actif puisqu’il lui revient de s’approprier les connaissances à acquérirxvi.

Le travail conjoint du professeur et de l’élève peut apparaître clairement comme un rapport interhumain de liberté instruite à liberté en construction.

Ainsi explicité, le travail conjoint du professeur et de l’élève peut apparaître clairement comme un rapport interhumain de liberté instruite à liberté en construction. On montre par là-même que la relation pédagogique véritable est incompatible avec la transformation du métier d’enseignant en exécutant de consignes managériales, en vue du formatage de l’élèvexvii. Toutefois, l’instruction correspond à une forme d’utilité sociale différée : une République a besoin de citoyens instruits, capables de juger par eux-mêmes et de faire barrage, par exemple, à la démagogie qui mine la démocratie. Cette précision aide à faire saisir les différences entre le professeur de l’enseignement public et un précepteur employé pour assurer l’éducation de la progéniture d’un Grand.

Enjeux politiques et historiques

Il reste que la République n’a pas seulement besoin d’une École qui instruise. Elle a également le devoir de garantir à chacun l’instruction la plus solide. Ce devoir est l’envers du droit fondamental de chaque être humain à l’instruction. Le travail de l’élève peut ainsi être opposé au travail directement utile de l’enfant, qu’il s’agisse d’un travail salarié ou d’un travail domestique. La grande conquête de l’École républicaine est d’avoir rendu l’instruction obligatoire, en même temps que gratuite et affranchie de la religion. Cela signifie concrètement qu’on ne reconnaît pas aux parents une prétendue « liberté » ou un pseudo « droit » de faire obstacle à l’instruction de leurs enfants, qui ne sont pas leur propriétéxviii.

Il peut être roboratif de rappeler cet enjeu humain fondamental, toujours actuel, non seulement parce que toute avancée peut comporter des reculs mais parce qu’aujourd’hui, l’instruction n’est pas garantie partout dans le monde et qu’elle fait même l’objet de luttes farouches. Cette clarification contribue également à prouver l’inanité de l’actuel consumérisme scolaire et, à l’inverse, la justesse d’un des fondements de la laïcité : l’instruction n’est pas une prestation commerciale mais un droit universel de la personne humaine.

PARENTS D’ÉLÈVES CITOYENS

Du parent d’élève consommateur au parent d’élève citoyen

Une troisième perspective possible pour infléchir le rapport de force en faveur de l’École publique concerne prioritairement les parents d’élèves. Les professeurs observent souvent que les parents qui aident le plus efficacement leurs enfants affichent généralement une confiance de principe en l’École et dans le travail des enseignants. Une telle conduite pousse effectivement leur enfant à tirer le meilleur bénéfice d’un cours et l’incite à entrer dans une relation de confiance avec leur professeur, reconnu dans son rôle. À l’inverse, il est déstabilisant pour un élève de voir ses parents s’égarer dans des demandes indéfinies et immatures. Mais l’institution n’écoute que ces derniersxix. De fait, il est plus facile pour un parent d’élève de se plaindre de l’absence d’une prestation auprès de personnes qui n’en sont pas responsables, que de contribuer positivement à la bonne marche de l’École.

Il est plus facile pour un parent d’élève de se plaindre de l’absence d’une prestation auprès de personnes qui n’en sont pas responsables, que de contribuer positivement à la bonne marche de l’École.

Assurément, les associations de parents d’élèves se manifestent pour réclamer une augmentation de moyens, une meilleure lisibilité de la carte scolaire ou une organisation de la protection sanitaire. Mais le plus souvent, elles le font en qualité de représentants légaux d’usagers de l’École, voire en consommateurs d’École et donneurs de leçons. Croyant aller au plus simple, les enseignants, de leur côté, valident généralement cette posture, en s’adressant à eux sur l’unique fondement de l’intérêt immédiat de leurs enfants.

Des comités locaux de parents citoyens

Il semble cependant possible pour les familles de ne pas se placer du seul point de vue de l’intérêt de leurs propres enfants mais dans la perspective générale de l’École publique. Cela peut aller jusqu’à exiger que les concours de recrutement des professeurs se fondent sur de solides connaissances disciplinaires, sans lesquelles le métier d’enseignant est privé de légitimitéxx. Sur le terrain, cela suppose, par exemple, que des parents prennent l’initiative de défendre la liberté pédagogique d’un enseignant quand un proviseur y a fait obstacle. Lorsque des agents d’entretien ou de cantine manquent cruellement, ils ne se contentent pas de réclamer l’embauche dans l’urgence de vacataires mais font savoir que des postes de fonctionnaires sont indispensables. Si le professeur documentaliste est l’objet de brimades ou de harcèlement de la part du chef d’établissement, un citoyen soucieux de la bonne marche de l’École publique est concerné. Mis directement au courant de la situation parce que son enfant est scolarisé dans ce lycée, il peut se manifester comme parent d’élève citoyen.

Une telle démarche peut être tentée dans le cadre du conseil local d’une Fédération de parents d’élèves. Mais cela peut être décourageant lorsqu’au sein de ce conseil local, une habitude consumériste s’est installée ou que l’idéologie communautariste s’est imposée comme une évidence intimidantexxi. Partout où cela est possible, des citoyens parents d’enfants scolarisés peuvent alors constituer des collectifs locaux de parents d’élèvesxxii.

Reconstruire

Nous avons suggéré trois voies d’actions modestes et concrètes, parmi bien d’autres possibles à l’Éducation nationale, pour tenter de reconstruire l’École laïque, par la base : la solidarité des métiers qui composent l’Éducation nationale ; la réévaluation et la clarification du sens du travail à l’École ; l’intervention des familles laïques. Mais il serait imprudent de se raconter des histoires. Lorsque Jean-Michel Blanquer aura quitté son poste de ministre de l’Éducation nationale, il laissera un lycée en piteux état et des personnels dans le désarroixxiii. Il ne sera pas aisé de reconstruire compte tenu de la profondeur des destructions.

Expert en contrefaçon, Blanquer aura offert à la laïcité un cadeau empoisonné : l’avoir associée à sa politique incompatible avec les fondements de la laïcité scolaire.

Expert en contrefaçon, Blanquer aura offert à la laïcité un cadeau empoisonné : l’avoir associée à sa politique incompatible avec les fondements de la laïcité scolaire. Le dernier événement en date est un colloque qui s’est tenu à la Sorbonne contre la déconstruction et le wokisme, que le ministre de l’Éducation nationale a ouvert pour y reconnaître son volontarisme idéologiquexxiv. Certains des détracteurs les plus virulents de ce colloque y ont vu, non sans raison, un détournement de l’enceinte universitaire : en fait de colloque universitaire, il s’est agi d’un meeting politique. Ils ont ainsi dénoncé bruyamment ce qui relève de leur pratique ordinaire, pour le wokismexxv. Ce jeu de miroir signe à ce jour une triple défaite : d’une gauche laïque laminée ; d’une Université à la dérive ; d’une Éducation nationale massacrée.

Dans ce contexte délétère d’incurie, de maltraitance et de pantalonnades, on ne s’étonne pas de la sous-utilisation par les professeurs des outils dont dispose le ministère de l’Éducation nationale en matière de laïcitéxxvi. Mais, comme il y a un siècle, l’École laïque est l’objet d’une attente toujours plus forte de la part du pays et même d’une solide confiance, comme en témoigne l’enracinement de la loi scolaire du 15 mars 2004xxvii. L’École ne se sauvera pas seule.

NOTES

i L’appel initié en décembre dernier signé par une large majorité des magistrats fait apparaître des similitudes fortes avec la situation des enseignants. Ces fonctionnaires s’élèvent contre la « perte de sens » de leur métier à qui on impose de se transformer en « exécutants statistiques ». Ils pensent d’abord aux justiciables, comme les soignants aux malades et les enseignants aux élèves, face à « une justice qui maltraite les justiciables, mais également ceux qui œuvrent à son fonctionnement ». Ils s’adressent néanmoins à l’ensemble de la société, la Justice, comme l’École, ayant pour enjeu la santé d’une société démocratique.

Voir : https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/11/23/l-appel-de-3-000-magistrats-et-d-une-centaine-de-greffiers-nous-ne-voulons-plus-d-une-justice-qui-n-ecoute-pas-et-qui-chronometre-tout_6103309_3232.html

ii https://ufsecgt.fr/spip.php?article8717

iii Nous renvoyons à notre précédent article Les réformes Blanquer contre l’École de la République

iv Dès leur entrée en Seconde, les lycéens de 15 ans sont conditionnés à ne s’intéresser qu’à leurs « spécialités » à venir et à leur dossier Parcoursup qui détermineront leurs études supérieures et leur métier.

v http://www.appep.net/bac-2021-une-commission-denquete-parlementaire-simpose/

vi https://www.lejdd.fr/Societe/Sante/tribune-covid-19-50-personnels-de-sante-alertent-olivier-veran-sur-la-circulation-du-virus-chez-les-enfants-4084593

vii Les chefs d’établissement du Secondaire sont utilisés comme fer de la politique brutale de Jean-Michel Blanquer. Sur le terrain, certains font pression avec zèle pour supprimer le maximum de postes de fonctionnaires, à remplacer par des contractuels et de vacataires. Pour parvenir à leurs fins sans faire de vagues, ils se donnent beaucoup de peine à diviser les personnels, en circonvenant quelques-uns et en brisant quelques autres. Il arrive cependant que la pratique de ce sport en vogue chez les tenants du New public management à l’Éducation nationale, s’avère plus périlleuse que prévu, pour ressembler au maniement maladroit du boomerang.

viii https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000039146771/

ix https://www.godf.org/index.php/actualite/details/liens/position/nom/Prises-de-position/slug/propos-de-remerciements-de-madame-paty-prononcs-loccasion-de-la-remise-du-prix-du-grand-orient-de-france-dcern-titre-posthume-samuel-paty-le-2-dcembre-2021

x https://eduscol.education.fr/document/11975/download

xi Le ministère de l’Éducation nationale aurait dû manifester une exigence de vérité d’autant plus vive qu’il s’agissait pour lui de reconnaître ses propres errements.

xii https://www.cgteduc.fr/index.php/actualit-mainmenu-352/communiqus-mainmenu-444/3281-rentree-2022-toujours-faire-plus-avec-moins

xiii Il y a à également lieu de réfléchir au métier d’accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH), aux assistants d’éducation qui encadrent les élèves, à la dramatique destruction programmée du métier de Conseil d’orientation psychologue, et à l’ensemble des métiers et des compétences du numérique qui œuvrent en mille façons à la marche de l’Éducation nationale. Les enjeux politiques, pédagogiques, sanitaires et même anthropologiques de ces derniers sont considérables.

xiv Bruno Trentin, La cité du travail. Le fordisme et la gauche, préface de Jacques Delors, introduction d’Alain Supiot, Fayard, 2012, p. 427.

xv Ibid, p. 420.

xvi « Quand on travaille avec l’enfant, qu’il pense, parle et agit sous nos yeux, comment se tromper sur ses besoins ? On insiste autant qu’il est nécessaire, ni plus ni moins ; car on sent à merveille s’il a saisi et demande à passer outre, ou s’il lui faut du temps pour achever de se reconnaître. », Revue Pédagogique du 15 janvier 1888. Repris dans Pierre Hayat, La raison dans l’éducation. Henri Marion et l’instruction publique, Kimé, 2012, p. 114.

xvii « L’élève est sans cesse mis en demeure de voir par lui-même et de juger sur le vif, non de réciter une leçon ou un credo mis en formule. Le professeur qui fait agir et penser s’oblige par cela même à agir toujours, lui aussi, à penser vraiment, sincèrement devant ses élèves », id.

xviii « On ne refera pas une loi ainsi conçue : ‘L’instruction primaire n’est pas obligatoire ; les parents sont libres d’instruire ou non leurs enfants’ », Ferdinand Buisson, « L’instruction primaire en France de 1789 à 1889 », Revue pédagogique du 15 janvier 1889. Repris dans Ferdinand Buisson, Éducation et République, introduction de Pierre Hayat, Kimé, 2003, p. 97.

xix Les proviseurs sont souvent agacés d’entendre des parents manifester leur satisfaction du travail des professeurs de leurs enfants, surtout lorsque ces professeurs sont des syndicalistes.

xx https://www.lejdd.fr/Societe/Education/tribune-une-trentaine-dassociations-denseignants-denonce-des-recrutements-au-rabais-4024797

http://www.appep.net/motion-pour-le-retrait-de-la-reforme-des-concours-du-capes-et-du-capet/

xxi « Dans les limites de ses attributions », la FCPE a longtemps invité ses adhérents à « exercer pleinement leur rôle de citoyens » et à promouvoir un « humanisme laïque » d’après lequel « l’homme doit être libre de penser, libre d’exprimer ses pensées, libre d’en changer » et ainsi de disposer du « droit de jouir des mêmes droits et d’avoir les mêmes obligations, quelle que soit la couleur de sa peau, ou l’origine de ses ancêtres », Jean Cornec, Laïcité, illustrations de Jean Eiffel, Sudel, 1965, p. 247 ; p. 517.

xxii En toute rigueur, on pourrait parler de « citoyens parents d’élèves » de préférence à « parents d’élèves citoyens ». Il ne s’agit pas, en effet, de se découvrir citoyen en qualité de parent d’élève, mais d’affirmer ses exigences citoyennes dans le cadre de l’établissement qui scolarise son enfant.

xxiii Quelques personnes auront été trompées ou auront su profiter de la politique violente du New public management appliquée à l’École.

xxiv http://collegedephilosophie.blogspot.com/2021/12/colloque-apres-la-deconstruction.html

xxv Voir, par exemple : https://lettres.sorbonne-universite.fr/evenements/colloque-fondements-de-la-discrimination-contemporaine

xxvi Voir, par exemple : https://www.education.gouv.fr/bo/13/Hebdo33/MENE1322761C.htm

Et le vademecum disponible en ligne.

Pour notre part, nous avons mis à disposition des ressources complémentaires dans le cadre de l’académie de Paris et de l’Association des Professeurs de l’Enseignement Public (APPEP). Voir, par exemple : le livret.

http://www.appep.net/table-des-matieres/

xxvii En 1910, Ferdinand Buisson soulignait une tendance des démocraties à ne pas se contenter des « résultats admirables obtenus, et s’aviser qu’ils sont peu de choses. (…) Est-ce fini ? Jamais. Demain on découvrira les lacunes d’hier. », Manuel Général de l’Instruction Primaire, 17 septembre 1910. Repris dans Ferdinand Buisson, Éducation et République, op. cit. , p. 318.