Chronique d'Evariste

Jean-Luc Mélenchon portera les couleurs du Front de Gauche

mardi 21 juin 2011
Par
Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org

Après les autres composantes du Front de Gauche, c’est au tour du PCF de désigner Jean-Luc Mélenchon comme candidat pour les présidentielles 2012.
Ainsi en a décidé le Parti communiste. Souhaitée par la direction nationale du PC, la candidature de Jean-Luc Mélenchon a été adoubée à 75 % par le Conseil national (plus de 100 personnes), puis à 63 % par la conférence nationale (plus de 600 personnes) et enfin à 59,12 % par les adhérents du PCF.

Avec 69 227 inscrits et 48 631 votants (soit 70,25 % de participation), il y a eu 842 bulletins blancs ou nuls (soit 1,73 %). Sur les 47 789 suffrages exprimés, Jean-Luc Mélenchon, député européen et co-président du Parti de gauche a obtenu 28 251 voix (soit 59,12 %) contre 17 594 voix (soit 36,82 %) pour André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme, ancien président de l’ANECR (Association des élus communistes) et partisan du Front de Gauche et 1 944 voix (soit 4,07 %) pour Emmanuel Dang Tran (hostile au Front de Gauche).

Il conviendra sans doute au candidat choisi de tenir compte du fait que plus de 40 % du plus important parti du Front de Gauche préférait un autre candidat. La direction nationale du PCF n’avait pourtant pas ménagé ses efforts pour obtenir ce résultat allant jusqu’à faire en sorte que sur le document d’envoi aux fédérations, le cartouche portant le choix numéro 1 de Jean-Luc Mélenchon était beaucoup plus grand que celui dévolu au choix numéro 2, André Chassaigne !

Cette désignation du candidat du Front de Gauche va permettre à ce rassemblement de commencer sa campagne électorale alors que la plupart des candidats de gauche et de droite ne sont pas encore connus. Se déclarant candidat de la rupture avec les politiques néolibérales et porteur d’un projet politique se référant au modèle laïque de la république sociale, il va donc tenter de rassembler une partie significative du Non de gauche au Traité constitutionnel européen (le non de gauche représentait 31,3 % de l’électorat sur les 55 % du non du 29 mai 2005).

Tout d’abord, convenons que pour les républicains de gauche que nous sommes, c’est la première fois depuis longtemps que cette sensibilité sera présente lors de l’élection présidentielle. Et après la candidature de Jean-Pierre Chevènement, en 2002, qui n’était pas une candidature républicaine de gauche du fait de sa stratégie d’alliance dite des « républicains des deux rives »1, c’est une bonne nouvelle !

Ensuite, Jean-Luc Mélenchon est un candidat de rassemblement qui a milité pour le non de gauche. Ceci est d’importance, car aucune politique républicaine n’est possible dans le carcan néolibéral du Traité de Lisbonne. Bien sûr, Arnaud Montebourg, candidat à la primaire socialiste, a aussi milité pour le Non de gauche et a donc aussi notre sympathie, mais malheureusement pour lui, il n’a pas le soutien de toute la gauche du PS : Benoît Hamon et Henri Emmanuelli ont préféré soutenir Martine Aubry, candidate du oui de gauche, artisan avec Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn de la baisse des salaires de millions d’ouvriers et d’employés avec la deuxième loi sur les 35 heures et l’une des responsables de la montée du refus de soins pour cause financière chez les couches populaires (de 17à 23 % suivant les études) à cause du bas plafond de la CMU qui a placé de nombreux ouvriers et employés sans complémentaire santé dans un moment de recul des prises en charge de la Sécu.

Enfin, Jean-Luc Mélenchon développe une posture de rupture par rapport à la droite et à l’extrême droite sans se complaire dans le conformisme néolibéral d’une bonne partie du PS.
Bien sûr, certains mettent en avant que Jean-Luc Mélenchon a déclaré que le traité de Maastricht était « un compromis de gauche »2, qu’il a été d’une mansuétude incroyable avec le gouvernement Jospin qui a le plus privatisé et qu’il n’a jamais émis des critiques fortes sur les années néolibérales de François Mitterrand.
Et bien, nous pensons que nous ne pouvons pas tenir rigueur toute une vie des erreurs du passé. Tout le monde peut évoluer, c’est le propre de la condition humaine.
Ce qui compte aujourd’hui, c’est sa position dans la bataille de la présidentielle de 2012.

Face à la droite néolibérale, il sera sans doute, par son positionnement, le candidat le plus crédible pour parler aux couches populaires (ouvriers et employés, représentant 53 % de la population française) qui aujourd’hui choisissent d’abord l’abstention et secondairement le vote nauséabond du Front National. Il sera le seul candidat de rassemblement alors que les autres candidats de l’extrême gauche sont pour le repli sur soi. Il sera donc le plus crédible des antilibéraux.

Bien évidemment, autant nous pensons que dans les institutions actuelles, l’élection présidentielle est d’importance (trop à notre goût) autant nous pensons que nous devons marcher sur nos deux jambes : participer à la campagne de l’élection présidentielle, mais aussi développer les fronts de résistance et l’éducation populaire tournée vers l’action.

Reprenons alors une idée de Jean-Luc Melenchon : allier la bataille des urnes avec celle d’une société mobilisée !

  1. Le Pôle républicain comptait 3 députés pasquaïens dont un monarchiste déclaré, et avait tenté une approche avec de Villiers []
  2. Jean-Luc Mélenchon le 9 juin 1992 noté au Journal officiel sur ce qu’allait devenir l’euro: “Demain, avec la monnaie unique, cette monnaie unique de premier vendeur, premier acheteur, premier producteur, représentant la première masse monétaire du monde, l’Europe sera aussi porteuse d civilisation, de culture, de réseaux de solidarité,Demain, avec la monnaie unique, cette monnaie unique de premier vendeur, premier acheteur, premier producteur, représentant la première masse monétaire du monde, l’Europe sera aussi porteuse de civilisation, de culture, de réseaux de solidarité…” []
Par
Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org


Voir tous les articles de