Archaïsme et libéralisme économique : le libre échange

Traiter d'archaïques leurs opposants est une constante chez les partisans du libéralisme économique. Élément de communication électorale certes mais pas seulement. En effet, nombre de libéraux et néo libéraux le pensent effectivement, faute d'avoir réfléchi à la question. Et pourtant, non seulement ils proposent et mettent en œuvre des thèses…

Dans quelle crise sommes-nous ? n° 8

« La crise c’est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître. »
Antonio Gramsci

 

Les événements se sont accélérés depuis le dernier article de la série « dans quelle crise sommes-nous ? », daté de juin 2015.

Rappelons que cette série d’articles, au rythme annuel depuis 2009 (voir les précédents n°s 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7) , considère la crise dite des subprimes-Lehman de 2007-2008 comme le début de la fermeture du pli historique du XVIe siècle. Plus qu’une crise systémique, il s’agit en fait de la fin du capitalisme financier tel qu’il a pu évoluer depuis 500 ans. Un nouveau monde « en réseau » est en création et le combat pour son contrôle exacerbe les contradictions actuelles.

Depuis 8 ans, la crise est devenue globale. D’abord financière et économique, celle-ci s’est propagée progressivement à la sphère politique et culturelle des pays développés. L’évolution de ces bouleversements est de plus en plus mal contrôlée par les monopoles financiers.

Mais la crise, par sa dynamique propre, commence à faire apparaître un nouveau monde, avec de nouvelles formes d’organisation d’extraction de la plus-value qui modifient les rapports sociaux d’exploitation. Les monopoles financiers tentent d’en avoir la maîtrise, ce qui s’avère une entreprise délicate.

L’ordre règne à Athènes

Sur le plan politique, l’Europe apparaît comme le « maillon faible » dans l’espace du milliard de riches (Amérique du nord, Europe, Japon-Corée du sud, Océanie) depuis déjà plusieurs années. Elle subit une crise aux multiples facettes : économique, politique et sécuritaire avec l’afflux des réfugiés des guerres du Moyen-Orient. Par ailleurs, le capitalisme US et son « porte-avion » britannique en Europe menacent de quitter ce navire en perdition. (suite…)

J-M Harribey sur le travail productif : entre incompréhension et imposture

D’entrée, le titre surprend : "épistémologie du travail productif ". Diable ! une nouvelle discipline du savoir ? Et puis, réflexion faite, il s’agit d’une métonymie : dans le langage familier, voire journalistique, on peut boire un verre, le contexte signifiant quel est le contenu, mais scientifiquement parlant, on boit le contenu précis…

Que s’est-il dit au Sommet pour un plan B (Paris, 23-24 janvier 2016) ? Une synthèse

Lire le document complet, établi sur la base d'une prise de notes par Y. Thiébaut et qui porte sur les séances plénières et les tables rondes : « L’euro à quelles conditions », « Pour reconquérir une souveraineté économique », « Audit, moratoire, défaut : pour maîtriser les outils », « Pour reconquérir une souveraineté économique ». En voici un…

Travail productif : Jean-Marie Harribey révise Marx Version courte

Dans son commentaire de ma réaction à la réponse de C. Arambourou, mon ami et néanmoins ancien collègue Jean-Marie Harribey (JMH) réitère une argumentation qu’il m’a déjà opposée, quant à mon point de vue, que je crois marxiste, sur l’improductivité du travail dans les services ((Dans la Lettre d’Espaces Marx…

Encore un retour sur le travail productif

Permettez-moi de m’immiscer très brièvement dans la discussion théorique sur laquelle mon ami et ancien collègue Michel Zerbato (MZ) revient régulièrement, notamment ces derniers temps en réponse à Charles Arambourou. Je souscris à de nombreux points que soulève MZ (distinction entre travail et force de travail, distinction entre production et…

La crise économique est-elle de retour ?

Janvier 2016 : l’économie mondiale tangue. Les bourses décrochent. La nervosité des marchés est de plus en plus visible. « Les contradictions s'aiguisent entre impérialismes. » Comme nous sommes dans le très court terme, donc dans le très complexe, il faudrait être dedans pour savoir exactement ce qu'il se passe. Ce qui…

Deux jours de formation proposés par ReSPUBLICA et le REP 12 et 13 décembre 2015, à Paris

Nous avons le plaisir de vous proposer un week-end de formation sur des questions économiques fondamentales, assuré par Michel Zerbato, universitaire, membre de la Rédaction de RePUBLICA, auteur de Néolibéralisme et crise de la dette (éditions "Osez la République sociale"). Voir tous les articles de Michel Zerbato. Inscription obligatoire ICI.…

Retour sur la notion de travail productif Réponse à la réponse de Charles Arambourou

Quelques remarques ponctuelles suite aux échanges précédents. • Peut-on concevoir de rémunérer les êtres humains sans contrepartie, au sens de « travail productif », simplement parce qu’ils existent ? Ben oui, on peut toujours tout concevoir ! Certes pas dans les paradigmes anciens, mais dans les nouveaux, on ne s’en prive pas. • « Il…

Les salaires français en 2012 et 2013 : l’enfumage libéral !

Comme chaque année l'Insee publie une note retraçant l'évolution des salaires pour l'année N-2 dans le secteur privé et les entreprises publiques. Ainsi, la note N°1565 Insee Première de septembre 2015 retrace l'évolution pour 2013, comme la N°1528 de décembre 2014 retraçait l'évolution pour 2012. Ces notes sont établies à…

Zone euro : le plan C entre dans le débat

Le 18 janvier 1957, Pierre Mendès-France déclarait à l’Assemblée nationale : « L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement ”une politique”, au sens le plus large du mot, nationale et internationale. » Sa critique cinglante des traités de Rome montre le caractère prémonitoire de son analyse de ce qui fut la première pierre de l’ordolibéralisme dans la construction européenne.
Quant à ceux qui allaient constituer plus tard « les alters », ils n’ont vu la menace qu’en 1986, lors de la signature de l’Acte unique européen. D’autres membres de l’Autre gauche française actuelle ont même voté oui à Maastricht en 1992. Il a fallu le célèbre édito d’Ignacio Ramonet dans le Monde diplomatique de décembre 1997, intitulé « Désarmer les marchés », la création d’Attac et, plus tard, la bataille pour le non au traité constitutionnel européen (TCE) pour coaguler le non de gauche du 29 mai 2005 : 31,3% des voix exprimées. Ce non de gauche était plus important que le non de droite et d’extrême droite, mais aussi plus important que le oui de gauche. L’Autre gauche a donc fantasmé sur la possibilité d’un débouché politique de ces 31,3 % des voix. Errare humanum est, perseverare diabolicum ! Ce non de gauche au TCE ne correspondait à aucun oui pour une ligne et une stratégie cohérentes. Ces 31,3 % se sont déchirés autour de « mots magiques » qui structurent la multitude des organisations existantes. Les nostalgiques des impasses révolutionnaires d’hier ont développé un néo-gauchisme, les porteurs de solutions simplistes totalement idéalistes se sont comportés comme les messies d’une nouvelle alliance, les escrocs promoteurs du communautarisme anglo-saxon comme nouveau paradis de la révolution ont fait florès dans l’Autre gauche, tandis que d’autres se transformaient en syndics comptables pour protéger leur volume d’élus par des alliances à géométrie variable. Conséquence : le vote populaire des ouvriers et des employés pour le non de gauche se réfugie alors dans l’abstention et les responsables de l’Autre gauche française perdent totalement le lien avec les couches populaires qui avaient constitué la majorité des 31,3 % des voix. (suite…)

Du revenu universel de base à la sécurité sociale professionnelle Sur un texte de Charles Arambourou - 1

Toute grande crise génère un foisonnement de propositions sociales plus ou moins utopiques. Dans le texte reproduit ici,  Charles Arambourou se saisit de la question de la rémunération du travail domestique pour aborder la problématique d’une sécurité sociale professionnelle à travers celle du revenu universel de base. Sa discussion se…

On peut changer de paradigme sans combattre le capitalisme Sur un texte de Charles Arambourou - 2

L’article de Charles Arambourou débattu ici en porte témoignage. Il incarne un phénomène plus vaste décrit ci-après. Depuis Marcuse jusqu’à Postone en passant notamment par Gorz, nous vivons la prolifération d’utopies entraînantes qui visent à faire oublier la nature profonde du capitalisme, à savoir que le capitalisme est d’abord et…

Une grande réforme de la Sécurité sociale : son extension à la sécurité économique "Penser la République Sociale pour le XXIe siècle". T. II

NDLR - Extrait abrégé des pp. 219 à 240 de Penser la République Sociale pour le XXIe siècle. II - Du salariat aux travailleurs associés (Eric Jamet éditeur, 2015. Voir le Sommaire). Pour une présentation graphique de ce qui suit, voir aussi le diaporama associé :  Sécurité Economique et Sociale. °…