Du revenu universel de base à la sécurité sociale professionnelle Sur un texte de Charles Arambourou - 1

Toute grande crise génère un foisonnement de propositions sociales plus ou moins utopiques. Dans le texte reproduit ici,  Charles Arambourou se saisit de la question de la rémunération du travail domestique pour aborder la problématique d’une sécurité sociale professionnelle à travers celle du revenu universel de base. Sa discussion se…

On peut changer de paradigme sans combattre le capitalisme Sur un texte de Charles Arambourou - 2

L’article de Charles Arambourou débattu ici en porte témoignage. Il incarne un phénomène plus vaste décrit ci-après. Depuis Marcuse jusqu’à Postone en passant notamment par Gorz, nous vivons la prolifération d’utopies entraînantes qui visent à faire oublier la nature profonde du capitalisme, à savoir que le capitalisme est d’abord et…

Une grande réforme de la Sécurité sociale : son extension à la sécurité économique "Penser la République Sociale pour le XXIe siècle". T. II

NDLR - Extrait abrégé des pp. 219 à 240 de Penser la République Sociale pour le XXIe siècle. II - Du salariat aux travailleurs associés (Eric Jamet éditeur, 2015. Voir le Sommaire). Pour une présentation graphique de ce qui suit, voir aussi le diaporama associé :  Sécurité Economique et Sociale. °…

Dans quelle crise sommes-nous ? n°7

« La crise c’est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître. »
Antonio Gramsci

Voici donc le septième article de notre série « Dans quelle crise sommes-nous ? » (voir les précédents n°s 1, 2, 3, 4, 5, 6) . Le fait même d’en être au numéro 7 prouve que la crise ouverte en 2007-2008 est structurelle et non conjoncturelle comme le pensaient certains.
Depuis le début de cette série d’articles, nous émettons une autre hypothèse bien moins usitée : la crise dite des subprimes-Lehman est, d’après nous, la crise finale du capitalisme financier occidental. Nous assistons en direct à la fermeture du pli historique vieux d’un demi millénaire puisqu’il s’est développé et structuré ainsi depuis le XVIe siècle.
Restent à envisager « l’épaisseur du trait »… et la violence du choc, c’est-à-dire la vitesse de désagrégation du système et ses soubresauts en termes d’années ou décennies. Il semble tout de même que l’ampleur de la faillite financière et bancaire, et des masses monétaires nécessaires pour renflouer ce corps à l’agonie, induit une rapidité de transition vers un nouveau mode de production basé sur une économie en réseau.

(suite…)

A propos de l’affaiblissement du syndicalisme Retour sur le n° 778 de ReSPUBLICA

Reçu de Denis Billon J'ai lu avec intérêt l'article "Eloge des syndicats"  du dernier numéro.  Le souci constant des capitalistes est de diminuer l'influence possible des syndicats. Une première méthode est la division syndicale. Elle a lieu nationalement. Les USA ont financé FO pour contrebalancer l'influence de la CGT.L'Eglise catholique…

Eloge des syndicats

Puisque chacun prétend se soucier de l’envol des inégalités, pourquoi cette analyse du Fonds monétaire international (FMI) ((Florence Jaumotte et Carolina Osorio Buitron, « Le pouvoir et le peuple » (PDF), Finances & Développement, Washington, DC, mars 2015. )) est-elle passée à ce point inaperçue ? En raison de ses conclusions ? Dans une étude présentée…

Tout à la baisse sur le front du travail, pour les salariés !

L'INSEE contredit la direction de la CFDT : les salaires baissent ! L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a contredit les propos de laurent berger, déclarant que nous ne sommes pas dans une politique d'austérité avec baisse des salaires. L'Insee, dans sa note Insee première n° 1528 de…

Doubler l’euro par des monnaies nationales, ultime fausse solution des myopes de l’économie

Dans une tribune parue le 15 mars dernier dans Libération, sous le titre « L’euro-drachme, ballon d’oxygène pour la Grèce », Thomas Coutrot, co-président d’Attac, Wojtek Kalinovsky, co-directeur de l’institut Veblen et Bruno Théret, de l’IRISSO de Dauphine, prétendent que la Grèce pourrait soulager la contrainte que fait peser l’euro sur sa situation sociale en émettant en complément de la monnaie légale de la zone euro, une monnaie nationale parallèle, l’euro-drachme.
Ils démarquent là une précédente proposition de Nouvelle Donne, qui était de créer un euro-franc qui circulerait parallèlement à l’euro (1)http://www.nouvelledonne.fr/wp-content/uploads/2014/04/LEuroFrancEn16Points_NouvelleDonne.pdf. Cependant, l’idée d’une telle solution pour la Grèce n’est pas nouvelle : dès l’automne 2012, à l’invitation du consul général allemand à Thessalonique et de la fondation Konrad Adenauer, une délégation de la région de Chiemgau (en Bavière) était allée présenter le fonctionnement de sa monnaie régionale, le Chiemgauer, comme base possible d’une alternative à l’usage de l’euro (2)http://regionetzwerk.blogspot.fr/2012/11/chiemgauer-bald-in-griechenland.html. Il semble cependant que le développement des monnaies régionales en Allemagne rencontre de nombreux obstacles et que le concept soit en perte de vitesse : http://regionetzwerk.blogspot.fr/2014/09/regiogelder-auf-basis-nimmt-ab.html. Il s’agirait simplement ici de passer au niveau national.  (suite…)

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 http://www.nouvelledonne.fr/wp-content/uploads/2014/04/LEuroFrancEn16Points_NouvelleDonne.pdf
2 http://regionetzwerk.blogspot.fr/2012/11/chiemgauer-bald-in-griechenland.html. Il semble cependant que le développement des monnaies régionales en Allemagne rencontre de nombreux obstacles et que le concept soit en perte de vitesse : http://regionetzwerk.blogspot.fr/2014/09/regiogelder-auf-basis-nimmt-ab.html

Sur la dette grecque : suite

Après notre précédente chronique, dans laquelle Michel Zerbato répondait à une lectrice, nous avons reçu d'autres réactions dont voici les points saillants, avec les éléments de réponse que nous pouvons leur apporter. Mme Martine H. nous rappelle que « certains pays comme l'Allemagne ont prêté de l'argent à la Grèce pour…

Sur la dette grecque et son remboursement par le contribuable

Reçu de Dominique Gérin le 9 février 2015 : « Une restructuration forte [de la dette grecque] fera payer les contribuables des pays européens à commencer par l’Allemagne », écrivez-vous dans « Pourquoi la stratégie de Syriza est riche d'enseignements ». C'est précisément le chiffon rouge qu'agitent devant nos yeux effarés les…

« Nous sommes au bord du gouffre, avançons donc avec résolution ! »

Cette formule, attribuée à Sully Prudhomme, serait-elle plus juste aujourd’hui que le « Tout va très bien, madame la Marquise, tout va très bien… » que nous entendions il y a encore quelques semaines ? Qu’en est-­il aujourd’hui, 70 ans après la signature des accords financiers de Bretton Woods ?
En fait, les néolibéraux mènent une excellente politique… pour l’oligarchie. A court terme, ils ont réussi à contrer la loi de baisse tendancielle du taux de profit. Mais pour combien de temps encore ?
Au deuxième trimestre, le PIB des première et troisième économies européennes (l’Allemagne et l’Italie) recule de 0,2 % et la seconde (la France) est en stagnation. Les politiques de dévaluation internes (baisse des salaires globaux due aux politiques d’austérité) nous mènent tout droit à la déflation. (suite…)

La santé coûte trop cher… mais à qui rapporte-t-elle ?

A l'heure de l'accentuation des politiques d'austérités néolibérales, au moment même où la doxa médiatique fustige les dépenses publiques excessives, les OPA boursières des entreprises pharmaceutiques ne sont-elles pas financées par l'argent public ? « La santé n’a pas de prix »… mais elle a un coût, vieille rengaine qui s’ajoute à…

Dans quelle crise sommes-nous ? n° 6

« La crise c’est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître. »
Antonio Gramsci

En cette septième année de crise depuis l’éclatement du système financier en 2007-2008, le paysage commence à prendre forme. Dans les articles précédents (« Dans quelle crise sommes nous ? » n°s 1, 2, 3, 4) nous tentions principalement de comprendre la nature profonde de cette crise, mais aussi d’estimer le moment où adviendrait une réplique violente de l’effondrement de 2007-2008. Si nous avons fait preuve d’une certaine clairvoyance sur la rupture historique, rendant par la même hors de propos les approches monétaristes ou keynésienne, nous avons toutefois péché par court-termisme, envisageant un déblocage paroxysmique assez rapide. Puis, nous avons enfin compris qu’une résolution très provisoire était à l’œuvre pour sauver la finance mondialisée (article n°5). Mais les fondamentaux restent présents. La fermeture du « pli historique » de la Renaissance au 16e siècle engendre un nouveau monde avec une recomposition globale financière et monétaire. La crise du « capitalisme tardif » entraîne la destruction rapide de l’ancien monde et la mise au devant de la scène de formes nouvelles d’exploitation. (suite…)